- Le TJM (taux journalier moyen) est le tarif journalier que vous facturez à vos clients en tant que freelance ;
- Votre salaire net réel dépend de votre statut juridique, de votre TJM et du nombre de jours facturables dans l’année ;
- Un simulateur TJM permet de partir du revenu net souhaité pour remonter au TJM minimum à pratiquer ;
- Les cotisations sociales varient fortement selon le statut : de 12,3 % en AE BIC vente à plus de 80 % du salaire brut en SASU ;
- Pour affiner le calcul, il faut intégrer vos charges fixes (mutuelle, logiciels, loyer de bureau…) avant d’estimer votre revenu disponible.
Passer en freelance, c’est souvent décider de son tarif à la va-vite, en regardant ce que pratique la concurrence. Résultat : beaucoup d’indépendants sous-estiment leur TJM minimum et se retrouvent avec un salaire net freelance bien inférieur à leurs attentes. Un simulateur TJM permet justement d’inverser le raisonnement : partir du revenu net visé, intégrer toutes les charges, et calculer le taux journalier à ne pas descendre en dessous.

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Qu’est-ce qu’un simulateur TJM freelance ?
Définition
Un simulateur TJM freelance est un outil qui calcule le taux journalier minimum à facturer pour atteindre un niveau de revenu net cible. Il prend en compte trois grandes variables : le statut juridique (qui détermine les cotisations sociales), les charges fixes d’exploitation, et le nombre de jours effectivement facturables dans l’année.
Sans simulateur, le calcul est souvent incomplet. On pense à déduire les cotisations sociales, parfois les charges, mais on oublie les jours non facturables : prospection, formation, administration, jours de maladie. Sur une année, ces jours représentent en moyenne 30 à 50 jours, soit 15 à 20 % du temps de travail théorique.
Un freelance qui travaille 5 jours par semaine n’est pas facturable 5 jours par semaine. En pratique, le nombre de jours facturables tourne autour de 180 à 220 jours par an selon les secteurs et les modes de fonctionnement.
Ce qu’un simulateur calcule vraiment
Un bon simulateur ne se contente pas de diviser un revenu cible par un nombre de jours. Il remonte le calcul en sens inverse : à partir du revenu net mensuel souhaité, il reconstitue le chiffre d’affaires brut nécessaire pour couvrir, dans l’ordre, les charges fixes, les cotisations sociales, la CFE et la fiscalité. Le TJM affiché est celui qui permet d’atteindre exactement ce CA avec le nombre de jours facturables renseigné.
- un TJM plancher (le seuil minimal) ;
- un TJM recommandé (avec marge de sécurité pour les périodes creuses) ;
- et un TJM confort (pour constituer une épargne).
Pour fixer votre tarif, le TJM recommandé est le point de départ le plus pertinent.
Comment passer du TJM au salaire net freelance ?
La formule de base
La conversion TJM vers salaire net suit une logique simple : multiplier le TJM par le nombre de jours facturables pour obtenir le chiffre d’affaires annuel, puis déduire cotisations sociales, charges fixes et fiscalité. Ce qui reste est votre revenu net disponible.
La difficulté vient du fait que chaque statut juridique applique ses propres règles de calcul. Le taux de cotisations sociales d’un auto-entrepreneur BNC (25,60 % du CA) n’a rien à voir avec celui d’un président de SASU (environ 80 % du salaire brut charges comprises). Pour un même TJM, le salaire net peut donc varier du simple au double selon le statut.
Les jours facturables : un paramètre souvent sous-estimé
Pour calculer un TJM réaliste, il faut partir du nombre de jours véritablement facturés, pas du nombre de jours théoriquement disponibles. En pratique, il faut déduire des 365 jours annuels : les week-ends (104 jours), les congés et jours fériés (environ 30 jours) et les jours non facturables liés à l’activité commerciale et administrative (20 à 30 jours minimum).
Exemple
Lucas est développeur freelance. Il prend 5 semaines de vacances et consacre 20 jours par an à la prospection et à l’administratif. Son nombre de jours facturables réels s’élève à 365 – 104 – 25 – 20 = 216 jours. Avec un TJM de 400 €, son CA annuel brut est de 86 400 €, et non de 400 × 261 jours ouvrés = 104 400 €.
L’impact de la marge de sécurité
La marge de sécurité est un pourcentage appliqué au TJM minimum pour couvrir les aléas : une mission qui tarde à démarrer, un client qui paie en retard, une semaine d’arrêt non prévue.
Une marge de 10 % est un minimum raisonnable pour une activité bien établie. Pour un freelance qui démarre ou dont le carnet de commandes est irrégulier, monter à 20 % est plus prudent. Concrètement, une marge de 10 % sur un TJM plancher de 308 € donne un TJM recommandé de 339 €.
Quel impact à le statut juridique sur le salaire net ?
La variation des cotisations sociales
Le statut juridique est la variable qui pèse le plus lourd dans le passage du TJM HT au revenu net. Voici les principaux statuts utilisés par les freelances et leurs taux de prélèvement sur le chiffre d’affaires.
| Statut | Cotisations sociales | Fiscalité | TJM estimé pour 3 500 € nets/mois |
| AE BIC vente | 12,3 % du CA | IR sur bénéfice | ~287 € |
| AE BNC | 25,60 % du CA | IR sur bénéfice | ~339 € |
| AE BIC services | 21,20 % du CA | IR sur bénéfice | ~320 € |
| EURL à l’IS | ~45 % de la rémunération | IS 15 % / 25 % + PS dividendes | ~396 € |
| SASU | ~80 % du salaire brut | IS 15 % / 25 % + PFU dividendes | ~419 € |
| Portage salarial | ~55 % du brut + commission 10 % | IR sur salaire | ~432 € |
Ces estimations sont calculées pour 211 jours facturables par an, avec 502 € de charges fixes mensuelles et une marge de sécurité de 10 %. Votre situation personnelle peut faire varier ces chiffres de manière significative.
Pourquoi l’auto-entrepreneur affiche le TJM le plus bas ?
Le régime micro-entrepreneur applique ses cotisations directement sur le chiffre d’affaires, sans déduction de charges réelles. C’est ce qui rend le calcul simple et le TJM minimum plus accessible.
EURL et SASU : la répartition rémunération/dividendes change tout
Pour ces deux statuts, le TJM minimum dépend fortement du choix entre rémunération et dividendes.
- En EURL, le gérant TNS paie environ 45 % de cotisations sur sa rémunération, mais les dividendes ne supportent que les prélèvements sociaux ;
- En SASU, le président assimilé salarié paie environ 70 % de charges sociales sur son salaire, mais les dividendes sont soumis à la flat tax à 31,4 % (PFU).
Quelles charges intégrer dans votre simulation TJM ?
Les charges fixes incontournables
Pour qu’un simulateur TJM soit utile, il doit intégrer vos charges fixes réelles. Ces charges sont couvertes par votre chiffre d’affaires avant que vous puissiez percevoir le moindre euro de revenu net. Les charges les plus courantes chez un freelance sont : la mutuelle santé, les abonnements logiciels, les frais de déplacement et les éventuels frais de co-working.
La comptabilité représente aussi un poste à ne pas négliger. Un logiciel comptable comme Indy coûte dès 12 €/mois pour les micro-entrepreneurs, ce qui est bien inférieur aux honoraires d’un expert-comptable traditionnel.
La CFE, charge souvent oubliée
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est due par tous les freelances, quel que soit leur statut. Son montant varie selon la commune d’exercice, mais tourne généralement autour de 200 à 600 € par an pour les premières années d’activité. Elle est exonérée la première année de création.
Exemple
Sophie est consultante en marketing freelance, statut AE BNC. Elle vise 3 500 € nets par mois. Ses charges mensuelles s’élèvent à 502 € (mutuelle 70 €, logiciels 80 €, déplacements 70 €, comptabilité 12 €, téléphone 20 €, co-working 200 €, matériel 50 €). En intégrant la CFE (227 €/an) et ses 211 jours facturables, son TJM minimum calculé est de 339 € HT.
Les charges variables à anticiper
Au-delà des charges fixes, certains postes variables méritent d’être anticipés. Les frais de formation professionnelle sont souvent absents des simulations, alors qu’un freelance investit en moyenne 1 000 à 3 000 € par an pour maintenir son niveau de compétences.
Le matériel informatique représente aussi un amortissement annuel non négligeable : un ordinateur à 1 800 € amorti sur 3 ans, c’est 50 € par mois à intégrer dans le calcul.
Enfin, la prévoyance et l’épargne retraite, inexistantes par défaut en auto-entreprise, peuvent représenter 100 à 300 € mensuels supplémentaires selon le niveau de couverture souhaité.
TJM freelance selon le métier : des écarts significatifs ?
Le TJM minimum calculé par un simulateur donne le plancher à ne pas franchir. Mais le TJM pratiqué sur le marché dépend aussi du secteur d’activité et de l’expérience. Pour un développeur freelance, les TJM du marché en 2026 oscillent entre 400 € et 900 € selon la technologie et le niveau de séniorité. Un consultant en stratégie ou un expert en cybersécurité peut dépasser 1 000 €/jour.
La simulation TJM reste indispensable même quand le marché vous permet de pratiquer des tarifs élevés. Elle vous dit combien vous devez facturer au minimum pour vivre confortablement, et vous aide à identifier les périodes creuses à risque.
Un TJM trop bas ne se compense pas par un volume de jours plus important : le nombre de jours facturables est plafonné par nature. Mieux vaut un TJM plus élevé avec moins de clients qu’un TJM bradé qui vous empêche de dégager un revenu décent.
Versement libératoire : une option à simuler séparément ?
Qu’est-ce que le versement libératoire ?
Le versement libératoire de l’IR est une option fiscale disponible pour les auto-entrepreneurs sous conditions de revenus. Elle permet de payer l’impôt sur le revenu directement sur le CA, en même temps que les cotisations sociales, à un taux de 2,2 % pour les activités BNC. Cette option simplifie la gestion mais n’est pas toujours avantageuse : elle est intéressante si votre taux marginal d’imposition (TMI) est de 11 % ou plus.
Un bon simulateur TJM doit permettre d’activer ou désactiver cette option pour visualiser son impact sur le TJM minimum. En pratique, le versement libératoire augmente légèrement le TJM minimum (il faut couvrir les 2,2 % supplémentaires) mais vous évite une régularisation d’IR en fin d’année, ce qui facilite la trésorerie.
À qui profite vraiment le versement libératoire ?
L’option n’est accessible qu’aux auto-entrepreneurs dont le revenu fiscal de référence de l’année N-2 ne dépasse pas 29 315 € par part de quotient familial (seuil 2026). Pour les freelances dont le TMI est de 0 %, le versement libératoire est systématiquement désavantageux : ils paieraient 2,2 % d’IR alors qu’ils n’en doivent pas. Pour ceux à 11 % de TMI, l’option est neutre à légèrement favorable grâce à la simplicité de gestion. Elle prend tout son intérêt à partir de 30 % de TMI, où le prélèvement forfaitaire de 2,2 % représente une économie réelle par rapport à l’imposition au barème progressif.
Pour vérifier votre éligibilité, consultez votre avis d’imposition N-2 et repérez la ligne « revenu fiscal de référence ». Divisez ce montant par votre nombre de parts fiscales et comparez au seuil de 29 315 € (2026).
