Le compte 68 – Dotations aux amortissements, aux dépréciations et aux provisions fait partie de la classe 6 du (PCG), qui regroupe l’ensemble des comptes de charges d’une entreprise. Il a pour rôle de refléter comptablement la diminution de valeur des actifs (matériel, stocks, immobilisations financières, etc.) ainsi que les risques ou charges probables auxquels l’entreprise pourrait être confrontée.

Qu’est-ce que le compte 68 ?
Le compte 68 sert à enregistrer les charges calculées liées :
- à l’amortissement des immobilisations ;
- à la dépréciation des actifs lorsque leur valeur diminue ;
- à la constitution de provisions pour couvrir des risques ou des charges probables.
Ces écritures n’entraînent pas de sortie de trésorerie immédiate. Elles traduisent une perte de valeur ou un risque futur, afin de présenter une image fidèle de la situation financière de l’entreprise.
Le compte 68 se subdivise en plusieurs sous-comptes, parmi lesquels :
- 681 – Dotations aux amortissements et aux dépréciations des immobilisations ;
- 686 – Dotations aux dépréciations des éléments financiers ;
- 687 – Dotations aux provisions pour risques et charges.
Les règles relatives au compte 68
Enregistrement comptable
Le fonctionnement du compte 68 repose sur un principe simple :
- Débit : le compte 68 est débité lors de la constatation d’une dotation (amortissement, dépréciation ou provision) ;
- Crédit : le compte de contrepartie est un compte d’amortissement (28), de dépréciation (29 ou 39) ou de provision (15).
Ces écritures sont généralement passées à la clôture de l’exercice.
Justification des écritures
Chaque dotation enregistrée au compte 68 doit être justifiée par :
- un plan d’amortissement pour les immobilisations ;
- une évaluation objective de la perte de valeur pour les dépréciations ;
- une estimation fiable du risque ou de la charge future pour les provisions.
Ces éléments sont indispensables en cas de contrôle comptable ou fiscal.
Déductibilité fiscale
Les dotations comptabilisées au compte 68 sont en principe déductibles fiscalement, à condition qu’elles soient :
- justifiées ;
- probables ;
- correctement évaluées.
Bon à savoir : certaines dotations, notamment les provisions non justifiées ou excessives, peuvent être réintégrées fiscalement.
Exemples d’opérations
Exemple n°1 : Dotation aux amortissements
Une entreprise constate une dotation annuelle de 1 200 € pour un matériel informatique.
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
| 6811 | Dotation aux amortissements | 1 200 € | |
| 28183 | Amortissement du matériel | 1 200 € |
Exemple n°2 : Dotation à une provision pour litige
L’entreprise anticipe un risque juridique estimé à 3 000 €.
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
| 6875 | Dotation provision pour litiges | 3 000 € | |
| 151 | Provision pour risques | 3 000 € |
Nos conseils pratiques
Évaluez vos actifs avec prudence
Une dotation doit toujours reposer sur une estimation réaliste. Une surévaluation peut entraîner un redressement fiscal.
Documentez toutes vos estimations
Gardez une trace écrite de vos calculs et justificatifs (factures, expertises, plans d’amortissement). Cela simplifie les contrôles comptables ou fiscaux.
Anticipez vos écritures de fin d’exercice
Les comptes 68 sont majoritairement utilisés à la clôture. Préparer vos amortissements et provisions en amont facilite la production des comptes annuels.
Consultez d’autres comptes de la classe 6 – Comptes de charges :
- Compte 6414 – Indemnités et avantages divers ;
- Compte 645 – Charges de sécurité sociale et de prévoyance ;
- Compte 606 – Achats non stockés de matières et fournitures ;
- Compte 602 – Achats stockés – Autres approvisionnements.
Vous avez des questions sur le compte 68 ou sur les dotations comptables ? Laissez-nous un commentaire, nous vous répondrons avec plaisir 🤝
