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Changement de statut salarié à auto‑entrepreneur : démarches et conséquences

En résumé

  • Les différences sont fondamentales entre le statut de salarié et celui d’auto-entrepreneur. En effet, le salarié perçoit une rémunération fixe avec protection sociale complète, tandis que l’auto-entrepreneur génère des revenus variables, mais gagne en autonomie totale ;
  • Les démarches nécessitent de vérifier l’absence de clause de non-concurrence dans votre contrat puis de vous inscrire gratuitement sur le Guichet Unique géré par l’INPI ;
  • Les conséquences du changement sont importantes : perte des congés payés, des droits au chômage et des indemnités maladie immédiates. Vous financez intégralement votre mutuelle et votre pension de retraite future sera moins avantageuse ;
  • Le cumul salarié/auto-entrepreneur reste autorisé sans clause d’exclusivité et en respectant le devoir de loyauté envers votre employeur. Vous pouvez alors diversifier vos revenus et tester votre projet sans pression financière. 

Vous êtes salarié et envisagez de développer une activité indépendante en parallèle ? Le changement de statut de salarié à auto-entrepreneur séduit par sa simplicité : cumul autorisé, protection sociale maintenue, revenus complémentaires. Pourtant, cette transition soulève des interrogations majeures. Quelles démarches accomplir ? Comment cumuler les deux activités sans risquer un licenciement ? Quels pièges éviter pour réussir votre projet ? Décryptage complet dans cet article.

Changement de statut salarié à auto‑entrepreneur : démarches et conséquences

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Comprendre le passage du statut de salarié à auto‑entrepreneur

Les différences fondamentales entre salarié et auto‑entrepreneur

Passer de salarié à auto-entrepreneur change radicalement trois aspects de votre vie professionnelle :

  • La rémunération : en tant que salarié, vous percevez un salaire fixe chaque mois, quelle que soit l’activité de l’entreprise. Ce montant ne peut descendre sous le SMIC. L’auto-entrepreneur, en revanche, ne se verse aucun salaire : ses revenus dépendent directement de son chiffre d’affaires. Un mois sans client signifie un mois sans revenu ;
  • La protection sociale : le salarié bénéficie du régime général avec congés payés, indemnités maladie et droits au chômage, tandis que l’auto-entrepreneur relève du régime SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) avec une couverture sociale nettement réduite ;
  • L’autonomie : le salarié dépend de son employeur qui fixe horaires, lieu de travail et missions à accomplir. L’auto-entrepreneur organise librement son emploi du temps, choisit ses clients et détermine ses tarifs.

Conséquence : votre choix dépend de ce que vous privilégiez entre stabilité financière et liberté d’organisation. Cette réflexion s’applique également si vous envisagez de passer d’entreprise individuelle à auto-entrepreneur, deux statuts offrant une autonomie similaire.

Pourquoi changer de statut ?

Gagner en autonomie

De nombreux salariés souhaitent échapper à la subordination hiérarchique. Concrètement, l’auto-entrepreneur choisit ses clients, ses projets et organise librement son emploi du temps. Cette liberté permet également de travailler depuis n’importe quel lieu, offrant une flexibilité incomparable pour concilier vie professionnelle et personnelle.

Se réaliser professionnellement

Le salariat peut générer une perte de sens ou un épuisement professionnel. Transformer une passion en activité rémunératrice ou valoriser une compétence spécifique redonne du sens à son travail quotidien. Cette démarche permet de construire un projet aligné avec ses valeurs personnelles.

Augmenter ses revenus

Contrairement au salariat où votre rémunération reste plafonnée par votre grille salariale, l’auto-entrepreneuriat offre un potentiel de revenus illimité. Vous fixez vos tarifs et multipliez vos sources de revenus selon votre volume d’activité.

Les démarches pour passer de salarié à auto‑entrepreneur

Changement de statut salarié à auto‑entrepreneur : démarches et conséquences

Vérifier la compatibilité avec son contrat de travail

La clause de non-concurrence

Celle-ci vous interdit d’exercer une activité concurrente à celle de votre ancien employeur après la rupture de votre contrat de travail. Pour être valable et opposable, cette clause doit respecter quatre conditions cumulatives fixées par la jurisprudence :

  • Être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l’entreprise ;
  • Être limitée dans le temps (généralement 1 à 2 ans maximum) ;
  • Être limitée géographiquement à un secteur précis ;
  • Prévoir une contrepartie financière

Les conséquences en cas de violation

Si vous créez une auto-entreprise en violation d’une clause de non-concurrence valable, votre ancien employeur peut exiger le versement de dommages et intérêts, obtenir la cessation de votre activité par décision judiciaire et réclamer le remboursement de la contrepartie financière que vous avez perçue.

Bon à savoir : en cas de doute sur la validité ou la portée d’une clause de non-concurrence, consultez un avocat spécialisé en droit du travail avant de lancer votre activité.

Déclarer son activité

La procédure d’inscription

La création de l’entreprise s’effectue gratuitement sur le Guichet Unique, géré par l’INPI (cliquez ici pour y accéder). Vous devez commencer par déterminer la catégorie de votre activité :

  • Les prestations de services commerciales et artisanales relèvent des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) ;
  • Les activités libérales dépendent des Bénéfices Non Commerciaux (BNC).

Cette distinction impacte vos taux de cotisations sociales et votre fiscalité.

Les pièces justificatives et options fiscales

Vous devez fournir une copie de votre pièce d’identité et un justificatif de domicile. Pour certaines activités réglementées (coiffure, bâtiment, etc.), des diplômes ou qualifications professionnelles sont exigés.

Validation et lancement

L’INSEE vous attribue ensuite vos numéros SIREN et SIRET sous 8 à 15 jours. Ces identifiants officialisent votre activité et vous permettent de facturer légalement.

Les conséquences du changement de statut

Sur la protection sociale et la retraite

Perte des droits sociaux

Le passage de salarié à auto-entrepreneur modifie radicalement votre protection sociale. Vous quittez le régime général pour rejoindre la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants), avec des garanties sensiblement réduites.

Tout d’abord, vous perdez immédiatement vos droits aux congés payés, vos droits au chômage et votre maintien de salaire en cas d’arrêt maladie. Les indemnités journalières ne deviennent accessibles qu’après un an d’affiliation et sous condition d’un chiffre d’affaires minimum. Enfin, le délai de carence s’établit à 3 jours, mais les montants versés s’avèrent nettement inférieurs aux prestations du régime général.

Impact sur la retraite

Concernant la retraite, les droits au régime de la SSI s’avèrent bien moins avantageux. La validation de vos trimestres dépend de votre chiffre d’affaires annuel : un CA trop faible ne génère aucun trimestre. Votre pension future sera mécaniquement inférieure à celle d’un salarié à revenus équivalents.

Financement de votre couverture

Vous devez également financer intégralement votre mutuelle santé et votre prévoyance, alors que votre employeur prenait en charge au moins 50% de ces cotisations. Les accidents du travail ne sont plus couverts automatiquement, nécessitant une option payante spécifique.

Bon à savoir : afin de compenser ces pertes de droits, souscrivez une complémentaire santé adaptée aux indépendants et une prévoyance couvrant les arrêts de travail prolongés. Cette réflexion sur la protection sociale s’impose également lors d’un passage de SASU à auto-entrepreneur.

Sur la fiscalité et les cotisations

Votre nouveau régime fiscal

En devenant auto-entrepreneur, vous abandonnez la catégorie “ traitements et salaires” pour basculer vers les BIC ou les BNC. L’administration fiscale applique un abattement forfaitaire sur votre chiffre d’affaires pour calculer votre revenu imposable :

  • 71% pour la vente de marchandises ;
  • 50% pour les prestations de services commerciales ;
  • 34% pour les activités libérales ;
  •  

Ainsi, si vous réalisez 10 000 € de chiffre d’affaires en prestations de services BNC, seuls 6 600 € sont soumis à votre taux marginal d’imposition.

Le versement libératoire

Vous pouvez opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu si votre revenu fiscal de référence N-2 respecte certains plafonds. Concrètement, cette option vous permet de régler votre impôt en même temps que vos cotisations sociales, à un taux fixe de :

  • 1% pour les ventes ;
  • 1,7% pour les services BIC
  • 2,2% pour les services BNC.

Ces montants sont calculés à partir de votre chiffre d’affaires. Cette simplification facilite votre gestion de trésorerie et évite les régularisations fiscales l’année suivante. Cette optimisation fiscale motive également certains entrepreneurs à envisager une transformation de SARL en SASU ou une transformation d’EURL en SASU.

Sur la relation avec l’ancien employeur et les droits au chômage

La démission simple : aucun droit au chômage

Si vous démissionnez de votre poste pour devenir auto-entrepreneur, vous ne bénéficiez d’aucun droit à l’allocation de retour à l’emploi (ARE). La démission constitue une rupture volontaire du contrat qui n’ouvre aucun droit aux allocations chômage.

La rupture conventionnelle : droits préservés

Négocier une rupture conventionnelle avec votre employeur représente une alternative intéressante. Cette procédure amiable vous permet de percevoir vos droits au chômage tout en lançant votre activité d’auto-entrepreneur. Toutefois, votre employeur reste libre d’accepter ou de la refuser.

L’exception du projet de reconversion professionnelle

Vous pouvez exceptionnellement bénéficier de l’ARE après démission si vous faites valider un projet de reconversion professionnelle par Transition Pro. Pour accéder à ce dispositif, vous devez avoir travaillé pendant au moins 1 300 jours sur les 5 dernières années. Une fois le projet validé, vous disposez de 6 mois pour démissionner et vous inscrire auprès de France Travail.

Bon à savoir : pour faire valider votre projet de reconversion, vous devez d’abord obtenir un Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) auprès d’un conseiller agréé. Ce rendez-vous gratuit vous permet de vérifier la faisabilité de votre projet et de constituer votre dossier de demande auprès de Transition Pro.

Cumul salarié et auto‑entrepreneur : est‑il possible ?

Que dit la loi ?

Le principe de liberté d’entreprendre

Le Code du travail consacre la liberté d’entreprendre comme un droit fondamental. L’article L8221-6 précise que “toute personne peut créer ou reprendre une entreprise, quels que soient sa nationalité, son âge, son sexe ou son statut professionnel”. Ce principe autorise explicitement le cumul entre une activité salariée et une activité indépendante en auto-entrepreneur.

Les deux conditions à respecter

Ce cumul reste toutefois soumis à deux conditions principales :

  • Respecter la clause d’exclusivité éventuellement présente dans votre contrat de travail ;
  • Ne pas manquer à votre obligation de loyauté envers votre employeur.

Les professions interdites de cumul

Certaines professions restent interdites de cumul, c’est le cas :

  • Des fonctionnaires : ils ne peuvent exercer d’activité lucrative en dehors de leur fonction publique, sauf dérogations spécifiques ;
  • Des professions réglementées comme les avocats ou médecins : ces professionnels doivent respecter les règles de leurs ordres, qui peuvent limiter le cumul ;
  • Certains métiers liés à la sécurité ou défense nationale : ces professions interdisent toute activité parallèle.

Les limites imposées par le contrat de travail (clause d’exclusivité, loyauté)

La clause d’exclusivité

Cette clause contractuelle interdit formellement à un salarié d’exercer toute activité professionnelle rémunérée en parallèle de son emploi principal, qu’elle soit salariée ou indépendante. Elle vise à garantir que le salarié consacre l’intégralité de son temps et de son énergie professionnelle à son employeur.

La loi Pacte de 2019 a toutefois limité considérablement sa portée : cette clause devient juridiquement nulle et inopposable pour les salariés à temps partiel. Ces derniers peuvent donc créer leur auto-entreprise sans que leur employeur puisse légalement s’y opposer, même si le contrat contient une clause d’exclusivité. Cette souplesse dans la création d’activité se retrouve aussi lors d’un passage d’EI à EURL.

Le devoir de loyauté

L’obligation de loyauté s’impose à tout salarié, même en l’absence de clause contractuelle écrite. Elle interdit d’exercer une activité concurrençant directement l’employeur, de démarcher sa clientèle, de divulguer des informations confidentielles ou d’utiliser les ressources de l’entreprise à des fins personnelles.

Bon à savoir : le non-respect de cette obligation expose à un licenciement pour faute grave, voire des poursuites judiciaires pour concurrence déloyale.

Les avantages et inconvénients du cumul

Les avantages du cumul

Le cumul salarié-auto-entrepreneur offre une transition sécurisée vers l’entrepreneuriat, avec plusieurs atouts majeurs :

  • Test sans risque : validation de votre concept avant une éventuelle transition totale ;
  • Protection sociale complète : maintien des congés payés, droits au chômage et indemnités maladie du régime général ;
  • Pension de retraite majorée : cotisations cumulées dans les deux régimes pour augmenter vos droits futurs ;
  • Diversification des revenus : génération de revenus complémentaires pour améliorer votre pouvoir d’achat.

Les inconvénients du cumul

Ce dispositif présente néanmoins des contraintes importantes à anticiper :

  • Double cotisation sociale : 23% sur votre salaire brut + 12,3 % à 25,60 % sur votre CA, sans droits supplémentaires immédiats ;
  • Charge de travail importante : risque d’épuisement professionnel en jonglant entre deux activités ;
  • Complexité administrative : deux déclarations fiscales annuelles et gestion comptable parallèle ;
  • Temps limité : disponibilité réduite pour développer votre clientèle et votre activité.

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par Sandra Grisard

Ancienne comptable reconvertie dans l’écriture, Sandra connaît les rouages de la gestion d’entreprise sur le bout des doigts. Aujourd’hui, elle met son expertise au service des indépendants en partageant des conseils concrets, simples et utiles pour gagner du temps et éviter les erreurs.

Questions fréquentes

Comment quitter son travail pour devenir auto-entrepreneur ?

Vous pouvez démissionner, négocier une rupture conventionnelle ou faire valider un projet de reconversion par Transition Pro, sous conditions, avant démission. 

Comment passer de salarié à auto-entrepreneur ? I

Inscrivez-vous gratuitement sur le Guichet Unique INPI, déterminez votre catégorie d'activité (BIC ou BNC), fournissez vos pièces justificatives et attendez l'attribution de votre SIRET sous 8 à 15 jours.

Est-il possible de cumuler un emploi salarié avec un statut d'auto-entrepreneur ?

Oui, le cumul est autorisé sous conditions : absence de clause d'exclusivité (sauf temps partiel), respect de votre obligation de loyauté et activité non concurrente à votre employeur.

Est-il possible de cumuler les cotisations sociales d'un salarié et d'un auto-entrepreneur ?

Oui, vous cotisez doublement : environ 22% sur votre salaire brut et 12,3 % à 25,60 % sur votre chiffre d'affaires. Toutefois, vous ne bénéficiez pas de droits supplémentaires immédiats.

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