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Passer de micro-entrepreneur à SARL: guide complet

En résumé

  • Passer de micro-entrepreneur à SARL implique trois étapes clés : créer la SARL, transférer l’activité (apport ou cession du fonds), puis fermer la micro-entreprise. Il n’existe pas de transformation juridique directe ;
  • La SARL permet de supprimer les plafonds de chiffre d’affaires et de déduire les charges réelles, contrairement à la micro-entreprise fondée sur un abattement forfaitaire ;
  • Le changement de statut modifie la fiscalité (IS par défaut, option IR possible) et le régime social du dirigeant, selon qu’il est gérant majoritaire ou minoritaire ;
  • La SARL est particulièrement adaptée aux projets qui évoluent: association, embauche, financement, transmission et structuration sur le long terme.

La micro-entreprise est souvent le point de départ d’un projet entrepreneurial : création rapide, peu de formalités, charges simples à calculer. Mais ce cadre montre vite ses limites ! Lorsque l’activité se développe, une question revient souvent : faut-il passer d’auto-entrepreneur à société ? Dans ce guide, nous détaillons les étapes, les impacts fiscaux et sociaux, ainsi que les raisons concrètes de passer de micro-entrepreneur à la SARL en fonction de votre profil.

Passer de micro-entrepreneur à SARL: guide complet

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Comment passer de micro-entrepreneur à SARL?

Étape 1 : Établir les statuts de la future SARL

Les statuts sont le socle juridique de la SARL. Établis en création d’entreprise, organisent le fonctionnement de la société et les relations entre associés.

Ils précisent :

  • l’identité des associés ;
  • le montant du capital social ;
  • la répartition des parts ;
  • les règles de prise de décision ;
  • les pouvoirs du gérant ;
  • les conditions de cession des parts.

Gardez en tête que la SARL est une forme juridique très encadrée par le Code de commerce. La liberté statutaire reste plus limitée que dans une SAS. Chaque clause doit être cohérente avec votre projet.

Exemple

Deux associés créent une SARL. L’un détient 60 % des parts sociales, l’autre 40 %. Les statuts doivent préciser qui est gérant, s’il est majoritaire ou minoritaire, et comment les décisions importantes sont prises.

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Étape 2 : Réaliser les apports et libérer le capital social

Les différents types d’apport

La SARL doit disposer d’un capital social de 1 euro minimum. Il est composé des apports réalisés par les associés. En pratique, un capital plus élevé renforce la crédibilité de l’entreprise, notamment auprès des banques et partenaires.

Ces apports peuvent être :

  • en numéraire (argent) ;
  • en nature (matériel, véhicule, fonds de commerce, brevet).

Vous avez peut-être également entendu parler d’apports en industrie (compétences, savoir-faire…). Ces derniers donnent droit à des parts sociales mais ne sont pas comptabilisés dans le montant du capital social.

Les fonds sont déposés sur un compte en banque professionnel ouvert au nom de votre société en formation. Une attestation de dépôt est délivrée ; elle sera exigée pour l’immatriculation.

💡En SARL, la responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports. En cas de difficultés financières de la société, les associés ne supportent les pertes qu’à hauteur de ce qu’ils ont investi dans le capital sauf faute de gestion.

Apporter le fonds de commerce de la micro

L’activité exercée en micro-entreprise peut constituer un fonds de commerce (clientèle, nom commercial, matériel) à valoriser pour la création de votre nouvelle structure.

Ce fonds peut être :

  • Apporté au capital de la SARL ;
  • Vendu à la SARL.

L’apport permet de recevoir des parts sociales. La cession permet de récupérer immédiatement des liquidités. Le choix dépend de votre situation personnelle et financière.

Étape 3 : Immatriculer la SARL et publier un avis de constitution

Une fois les statuts finalisés et le capital déposé, la SARL doit être immatriculée.

Les démarches se font sur le guichet unique des formalités des entreprises (consulter). Le dossier comprend :

  • Les statuts signés ;
  • L’attestation de dépôt de capital ;
  • L’identité du gérant ;
  • La déclaration des bénéficiaires effectifs.

En parallèle, un avis de constitution doit être publié dans un journal d’annonces légales. Cette publication informe les tiers de la création de la société.

À l’issue de l’immatriculation, la SARL obtient :

  • Un numéro SIREN ;
  • Un numéro SIRET ;
  • Un extrait Kbis.

La société existe ensuite juridiquement.

Étape 4 : Clôturer définitivement votre micro-entreprise

Une fois l’activité transférée à la SARL, la micro-entreprise n’a plus vocation à exister. Elle doit être fermée officiellement.

La cessation d’activité se déclare sur le guichet unique des formalités d’entreprise. La démarche est gratuite. Elle doit être effectuée dans les 30 jours suivant l’arrêt réel de l’activité.

Avant de tourner la page, quelques obligations restent à remplir :

  • Déclarer le dernier chiffre d’affaires ;
  • Déclarer la TVA, le cas échéant ;
  • Régler les dernières cotisations sociales.

⚠️ Il n’est pas possible de cumuler une micro-entreprise et une SARL si vous devenez gérant majoritaire de la société. Le cumul reste possible uniquement si vous êtes gérant minoritaire ou égalitaire.

Quels sont les impacts fiscaux et sociaux du passage de la micro-entreprise à la SARL ?

De l’impôt sur le revenu à l’impôt sur les sociétés : le changement fiscal

En micro-entreprise, la fiscalité repose sur une logique simple :

  • L’impôt est calculé à partir du chiffre d’affaires encaissé ;
  • Un abattement forfaitaire est appliqué selon l’activité, sans tenir compte des charges réellement supportées ;

Vous êtes ensuite imposé à l’impôt sur le revenu, dans votre foyer fiscal.

En SARL, le raisonnement est différent. L’entreprise est imposée sur son résultat réel, c’est-à-dire le chiffre d’affaires diminué des charges effectivement engagées (loyer, matériel, frais bancaires, logiciels, accompagnement par un expert-comptable…).

Par conséquent, la fiscalité reflète mieux la réalité économique de l’activité.

Aussi, la SARL relève de l’impôt sur les sociétés (IS) :

  • 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfices, sous conditions ;
  • 25 % au-delà.

💡Sous conditions, une SARL peut aussi opter pour l’impôt sur le revenu pendant 5 exercices maximum. Cette option peut être pertinente lors des premières années d’activité, avant un passage à l’IS.

Le régime social du gérant en SARL vs. être micro-entrepreneur

En micro-entreprise, vous relevez du régime des travailleurs non salariés (TNS). Les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires, selon un taux déterminé par l’administration fiscale.

Exemple

Vous exercez une activité de prestation de services en micro-entreprise. Vous encaissez 4 000 € de chiffre d’affaires sur un mois. Vos cotisations sociales s’élèvent à 25,6 % (pour 2026), soit 1 024 €. Si vous aviez déclaré 0 €, vous n’auriez pas de cotisations sociales à régler.

En SARL, le régime social du dirigeant dépend de sa position dans le capital de la société :

  • Gérant majoritaire : vous relevez du régime des travailleurs non salariés. Les cotisations sont calculées sur votre rémunération, et non sur le chiffre d’affaires ;
  • Gérant minoritaire ou égalitaire : vous êtes assimilé salarié. Les cotisations sont calculées comme pour un salarié cadre, hors assurance chômage.

Comprendre la rémunération en SARL

En SARL, le dirigeant peut se rémunérer de deux façons :

  • une rémunération mensuelle ou ponctuelle selon les statuts ;
  • des dividendes.

La rémunération est une charge déductible pour la société. Elle ouvre également des droits sociaux.

Les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales dans les mêmes conditions. Pour les gérants majoritaires, la part excédant 10% du capital est assujettie aux cotisations. Pour les autres, les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales (mais n’ouvrent pas de droits sociaux).

Ce mécanisme permet d’optimiser la rémunération à condition de bien anticiper les équilibres financiers.

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Pourquoi passer de micro-entrepreneur à SARL?

La volonté d’entreprendre à plusieurs

Intégrer des associés

La micro-entreprise est conçue pour travailler seul. Dès que l’on souhaite s’associer, elle devient inadaptée.

La SARL permet :

  • D’intégrer un ou plusieurs associés ;
  • De répartir les rôles ;
  • De sécuriser juridiquement la collaboration.

Créer une SARL de famille

La SARL de famille est une SARL dont les associés sont membres d’une même famille. Son principal atout est fiscal : elle peut rester à l’impôt sur le revenu (IR) sans limite de durée, contrairement à une SARL classique où l’option IR est temporaire.

Avec cette option :

  • Les bénéfices sont imposés directement chez les associés, dans le foyer fiscal ;
  • Vous bénéficiez du cadre protecteur d’une société (responsabilité limitée, règles de gouvernance, transmission) ;
  • Vous conservez une fiscalité simple et lisible, proche de l’entreprise individuelle.

Exemple

Vous créez une activité de location meublée ou un commerce avec votre frère ou sœur. Vous souhaitez rester à l’IR pour accompagner un démarrage progressif. La SARL de famille permet ce compromis : structure sociétaire + IR durable.

Intégrer un conjoint collaborateur

Enfin, la SARL permet d’intégrer un conjoint collaborateur qui vous aide ponctuellement.

En pratique, le conjoint collaborateur :

  • Est lié avec vous via un mariage, un pacs ou un concubinage ;
  • N’est pas rémunéré ;
  • Ne détient pas forcément de parts ;
  • N’est pas salarié ;
  • Bénéficie d’une protection sociale (retraite notamment) via ce statut en versant des cotisations ;
  • Agit au nom de l’entreprise pour certains actes de gestion, selon le cadre.

Le statut de conjoint collaborateur est temporaire : il ne peut pas être conservé plus de 5ans (cumulés).

Pour certains projets entrepreneuriaux, d’autres statuts peuvent aussi être envisagés, comme :

Le choix dépend du nombre d’associés et du niveau de flexibilité recherché.

Le changement vers une structure stable et pérenne

La micro-entreprise est pensée pour démarrer vite, pas pour croître longtemps. Elle est plafonnée par définition.

Dès que votre chiffre d’affaires approche les seuils légaux :

  • 188 700 € pour les activités de vente ;
  • 77 700 € pour les prestations de services ;

Ces plafonds peuvent freiner le développement : refuser des contrats, différer des investissements, lisser artificiellement le chiffre d’affaires.

À cela s’ajoute une autre limite structurelle : l’abattement forfaitaire. En micro-entreprise, les charges ne sont jamais déduites pour leur montant réel. Si votre activité génère beaucoup de frais (locaux, matériel, sous-traitance), le régime devient rapidement peu avantageux.

La SARL supprime cette contrainte. Il n’existe aucun plafond de chiffre d’affaires et les charges sont déductibles sur leur base réelle. L’entreprise peut se développer sans risque de sortie brutale de régime ni pénalisation fiscale liée aux frais.

Sur le plan juridique, la SARL offre aussi une protection plus solide. La responsabilité des associés est limitée aux apports, sauf faute de gestion. Ce cadre devient essentiel lorsque les montants, les engagements et les risques augmentent.

Cette structure facilite également :

  • L’accès au financement bancaire ou via des investisseurs ;
  • L’embauche de salariés ;
  • La transmission de l’entreprise.

Pour un projet appelé à durer, à croître ou à se structurer dans le temps, la SARL offre une base solide. Elle permet de passer d’une logique de plafond à une logique de développement.

Tableau comparatif des avantages de la SARL vs la micro-entreprise

CritèreMicro-entrepriseSARL
Plafond de chiffre d’affairesOuiNon
Déduction des chargesNonOui
FiscalitéIRIS (option IR possible)
Protection du patrimoineLimitéeResponsabilité limitée
AssociationImpossiblePossible
RecrutementOui mais rare et pas avantageuxOui
ComptabilitéSimplifiéeComplète

Des questions sur le passage d’une micro-entreprise à une SARL ? Ou sur la création d’une société en général ? Laissez-nous un petit commentaire sous l’article, on prendra le temps de vous répondre ☺️

par Clémentine Pougnet

Rédactrice pour Indy, la comptabilité des indépendants tout simplement. Freelance depuis plusieurs années, Clémentine connait bien les galères des indépendants et partage dans ses articles des conseils précieux pour se simplifier la vie.

Questions fréquentes

Peut-on transformer directement une micro-entreprise en SARL ?

Non. La micro-entreprise est une entreprise individuelle. Il n’existe pas de transformation juridique directe: il faut créer une SARL, y transférer l’activité, puis fermer la micro-entreprise.

Quel est le coût minimum pour créer une SARL ?

Le coût administratif minimum est d’environ 350 €, comprenant les frais d’immatriculation et la publication de l’annonce légale, hors accompagnement et hors transfert du fonds de commerce.

Peut-on garder le même nom commercial ?

Oui. Même si la SARL obtient un nouveau numéro SIREN, le nom commercial peut être conservé. En revanche, si une marque a été déposée à l’INPI, elle doit être cédée à la société.

La SARL est-elle toujours le meilleur choix ?

Pas forcément. Selon la situation, une EURL, une SASU ou une SAS peuvent être plus adaptées, notamment en fonction du nombre d’associés, du régime social souhaité et de la stratégie de rémunération.

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