- Cumuler auto-entreprise et allocations-chômage : c’est possible !
- Si votre auto-entreprise génère des revenus, 70 % de votre chiffre d’affaires (après un abattement forfaitaire qui dépend de votre activité) sera déduit du montant de vos ARE, et le cumul est en principe limité à 60 % de vos droits restants ;
- Pour toucher l’ARE en auto-entreprise, il faut réunir plusieurs conditions : avoir été involontairement privé d’emploi, résider en France ou encore s’inscrire sur France Travail ;
- Un auto-entrepreneur peut également toucher l’ARCE ainsi que l’ATI.
Vous souhaitez créer votre auto-entreprise ? Saviez-vous qu’à certaines conditions bien précises, vous pouvez cumuler le statut d’auto-entrepreneur et les allocations-chômage ? Quelles sont les aides à votre disposition ? Comment en bénéficier ? Nous vous expliquons tout !

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Cumuler allocations-chômage et statut d’auto-entrepreneur, est-ce possible ?
L’ARE, qu’est-ce que c’est ?
L’allocation de retour à l’emploi (ARE) est une aide financière versée par France Travail (ex-Pôle emploi). Il s’agit d’un revenu de remplacement versé, sous certaines conditions, aux personnes inscrites comme demandeurs d’emploi et involontairement privées d’emploi, y compris lorsqu’elles créent ou reprennent une entreprise.
Un cumul est-il possible ?
Tout à fait ! Le cumul du chômage et du statut d’auto-entrepreneur est possible… c’est un grand avantage du statut d’auto-entrepreneur ! Ainsi, vous pouvez créer votre auto-entreprise tout en bénéficiant de l’ARE, à condition de respecter certaines conditions précises.
Si vous êtes auto-entrepreneur et ne dégagez aucune rémunération de votre activité, vos allocations pourront être maintenues dans leur intégralité. À partir du moment où vous émettez des factures et générez un chiffre d’affaires (quel que soit son montant), votre ARE n’est que partiellement maintenue.
Comment calculer votre ARE ? France Travail prend comme base 70 % de votre chiffre d’affaires moins l’abattement forfaitaire, qui dépend de votre activité. Il s’élève à :
- 71 % du chiffre d’affaires pour les activités de vente et assimilées ;
- 50 % du chiffre d’affaires pour les prestations de services et locations meublées ;
- 34 % du chiffre d’affaires pour les activités libérales relevant des bénéfices non commerciaux.
Le montant obtenu est ensuite déduit de votre ARE initiale pour obtenir votre nouvelle ARE d’auto-entrepreneur.
⚠️ Attention : Pour les droits à l’ARE ouverts à la suite d’une fin de contrat de travail intervenue à compter du 1er avril 2025, le cumul de l’allocation avec les revenus d’une activité non salariée est en principe limité à 60 % des droits restants au démarrage effectif de l’activité. Lorsque ces droits sont épuisés, vous pouvez, sous certaines conditions et notamment en l’absence de revenus issus de votre activité, solliciter l’instance paritaire régionale (IPR) pour demander le versement des 40 % restants.
💡 Le saviez-vous ? Cumuler prime d’activité, statut d’auto-entrepreneur et chômage, c’est possible ! Pour prétendre à la prime d’activité, vous devez impérativement exercer une activité professionnelle, ce qui est le cas si vous êtes auto-entrepreneur. Dans ce cas, la CAF retranche la totalité de vos allocations-chômage dans son calcul de la prime d’activité.
Les conditions pour toucher l’ARE
1️⃣ Être involontairement privé d’emploi
Dans un premier temps, pour toucher l’ARE, vous devez être involontairement privé d’emploi :
- suite à une rupture conventionnelle ;
- suite à un licenciement qui intervient après une période d’activité de plus de six mois ;
- suite à une démission considérée comme légitime ;
- après le terme d’un CDD non reconduit.
2️⃣ Être apte physiquement à travailler
Vous devez également être apte physiquement à exercer un emploi.
3️⃣ Résider en France
Pour bénéficier de l’ARE, vous devez également résider en France plus de 6 mois au cours de l’année civile durant laquelle a lieu le versement des allocations. Autrement dit, un auto-entrepreneur basé à l’étranger ne pourra pas toucher l’ARE s’il ne remplit pas cette condition de résidence.
4️⃣ Ne pas avoir atteint l’âge de départ à la retraite
L’âge maximum pour bénéficier des allocations-chômage est l’âge légal de départ à la retraite. Depuis le 1er septembre 2026, celui-ci dépend de votre année de naissance : il est par exemple de 62 ans et 9 mois pour les personnes nées en 1963, et peut atteindre 63 ans pour certaines personnes nées en 1965. Ainsi, que vous ayez 25 ans ou 60 ans, vous pourrez bénéficier de l’ARE !
5️⃣ Vous inscrire sur France Travail
Vous devez obligatoirement vous inscrire sur France Travail comme demandeur d’emploi. Cette inscription doit se faire dans les 12 mois suivant la fin de votre contrat de travail. Cette période peut être prolongée dans certaines situations (congé maladie par exemple). Vous devez prouver votre souhait de retrouver un emploi ou de créer/reprendre une entreprise, puis vous actualiser chaque mois.
Les modalités de gestion des premiers versements de l’ARE lorsqu’on est auto-entrepreneur dépendent de la fréquence à laquelle vous déclarez votre chiffre d’affaires à l’Urssaf. Ainsi, lors de votre inscription sur France Travail (ex-Pôle emploi), vous devrez impérativement indiquer la périodicité de vos déclarations (mensuelle ou trimestrielle).
💡 Le saviez-vous ? Même si l’auto-entrepreneur ne réalise aucun chiffre d’affaires, il doit tout de même s’actualiser sur France Travail. Ne pas déclarer votre CA entraînera une suspension de vos aides.
6️⃣ Ne pas avoir déposé de demande d’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE)
L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE) ne se cumule pas avec le maintien mensuel de l’ARE au titre de la même création ou reprise d’entreprise. Vous devez donc choisir entre le versement d’un complément d’ARE chaque mois et le versement de l’ARCE sous forme de capital, en deux fois.
7️⃣ Justifier d’une période minimale de travail
Enfin, vous devez justifier de 130 jours ou 910 heures travaillés au cours d’une période de 24 mois.
Depuis le 1er avril 2026, une exception existe : certaines personnes n’ayant pas eu de droits ARE ouverts depuis au moins 20 ans (ou n’en ayant jamais eu) peuvent ouvrir des droits avec 108 jours ou 758 heures travaillés, soit environ 5 mois, sous conditions.
👴🏽 Bon à savoir : Vous avez 55 ans ou plus ? Depuis le 1er avril 2025, la période de référence de 24 mois est portée à 36 mois.

Toucher le chômage suite à une démission pour création d’une auto-entreprise, est-ce possible ?
Vous êtes salarié et souhaitez adopter le statut d’auto-entrepreneur ? En principe, une démission ne vous ouvre pas de droits au chômage. Il existe néanmoins quelques exceptions.
1️⃣ La rupture conventionnelle
Elle vous donne le droit de toucher l’ARE après un délai de carence de 7 jours suivant votre inscription à France Travail.
2️⃣ La démission pour projet de création d’entreprise
Vous démissionnez dans le cadre d’un projet professionnel ? Vous pourrez éventuellement toucher l’ARE sous certaines conditions cumulatives :
- vous étiez en CDI dans l’entreprise et y travaillez depuis 5 ans ou plus ;
- votre démission doit être considérée comme légitime.
Avant de donner votre démission pour créer une entreprise, vous devez au préalable demander un avis au conseil en évolution professionnelle (CEP). En parallèle, il sera nécessaire de présenter votre business plan à la commission paritaire interprofessionnelle de votre région (CPIR), afin d’obtenir une attestation validant le caractère réel et sérieux de votre projet. Une fois l’attestation obtenue, vous disposerez de 6 mois pour faire votre demande d’indemnités auprès de France Travail.
💡 Le saviez-vous ? Aujourd’hui, la création d’une micro-entreprise se fait en ligne ! Vous devez immatriculer votre entreprise auprès de l’INPI (auparavant, cette inscription avait lieu auprès de votre Centre de formalités des entreprises, ou CFE), puis créer un compte Urssaf. Ces démarches d’immatriculation sont gratuites !

L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise : une alternative à l’ARE
L’ARCE, qu’est-ce que c’est ?
L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise, ou ARCE, permet à l’auto-entrepreneur de percevoir une partie de ses allocations-chômage sous forme de capital et de l’injecter dans son projet d’entreprise. Cette aide est versée par France Travail.
Quelles sont les conditions pour en bénéficier ?
Pour bénéficier de l’ARCE, vous devez remplir les trois conditions suivantes :
- avoir créé ou repris une entreprise en France après la fin de votre contrat de travail et, au plus tôt, à compter de votre inscription comme demandeur d’emploi ;
- bénéficier de droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) ;
- bénéficier de l’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (ACRE), qui permet une exonération de certaines cotisations sociales pendant une durée limitée.
⚠️ Attention : Depuis le 1er janvier 2026, la demande d’ACRE doit être effectuée auprès de l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début de votre activité. Sans ACRE, pas d’ARCE : ne laissez pas passer ce délai !
Quel est le montant de l’ARCE ?
Depuis juillet 2023, le montant de l’ARCE est égal à 60 % du capital restant des droits à l’ARE (contre 45 % auparavant). Une participation de 3 % pour le financement des retraites complémentaires est déduite du montant du capital.
Le versement de l’ARCE s’effectue en 2 fois :
1️⃣ Un 1er versement égal à la moitié de l’aide est effectué à la date à laquelle le demandeur réunit toutes les conditions d’attribution.
2️⃣ Un 2e versement intervient six mois après la date de création ou de reprise d’entreprise, à condition que l’intéressé exerce toujours l’activité pour laquelle l’aide a été accordée. Depuis le 1er avril 2025, ce 2e versement est également soumis à la condition de ne pas être en CDI à temps plein.
Comment faire la demande ?
La demande d’ARCE doit être faite auprès de France Travail. Vous devrez remettre un justificatif attestant de la création ou de la reprise d’une entreprise dans le cadre du dispositif ACRE, par exemple un justificatif d’immatriculation ou un extrait Kbis 🖥
💡 Que faire en cas de fermeture de votre entreprise ? En cas de cessation d’activité de l’entreprise, le demandeur d’emploi retrouve les droits à l’allocation-chômage qui lui restaient à la veille de la création ou de la reprise de son entreprise. Ces droits sont toutefois diminués du montant de l’ARCE qui lui a été versée. Pour toucher les sommes restantes, il devra impérativement se réinscrire comme demandeur d’emploi.
ARCE ou ARE, que choisir ?
Parce que l’ARE et l’ARCE ne sont pas cumulables, vous devrez obligatoirement choisir l’une de ces allocations.
Je choisis l’ARCE quand :
- j’ai un fort besoin d’investissement en début d’activité ;
- je prévois un CA élevé, puisque l’ARCE n’est pas liée à mon chiffre d’affaires.
Je choisis l’ARE si :
- je n’ai pas besoin d’un gros capital de départ pour créer mon auto-entreprise, puisque l’ARE se présente comme le versement d’un revenu régulier ;
- mon CA est peu élevé.

Les auto-entrepreneurs peuvent toucher l’ATI
L’ATI, qu’est-ce que c’est ?
Vous êtes travailleur indépendant et vous cessez votre activité de manière involontaire et définitive ? Vous avez peut-être droit à l’allocation des travailleurs indépendants (ATI). Si vous remplissez toutes les conditions, elle peut vous être versée pendant 6 mois, afin de sécuriser votre transition professionnelle.
Les conditions pour bénéficier de l’ATI lorsqu’on est auto-entrepreneur
Vous pouvez toucher l’ATI à condition de respecter les conditions cumulatives suivantes :
- avoir exercé une activité non salariée pendant au moins 2 ans sans interruption ;
- avoir été placé en redressement ou liquidation judiciaire, ou avoir cessé votre activité définitivement ;
- être à la recherche active et effective d’un emploi ;
- avoir perçu au moins 10 000 € de revenus (charges déduites) sur une des deux dernières années ;
- avoir des ressources, hors celles de votre entreprise, inférieures au montant du RSA.
Pour vérifier si vous êtes éligible à l’ATI, c’est 👉 par ici 👈 !
💡 Depuis 2022, vous pouvez toucher l’ATI si vous avez fermé votre auto-entreprise car elle n’était économiquement pas viable.
Quel est le montant de l’ATI ?
L’ATI correspond à un montant forfaitaire journalier de 26,30 € (19,73 € à Mayotte), soit environ 800 € par mois, pendant 6 mois (182 jours), à partir de votre inscription. Il n’y a ni différé d’indemnisation ni délai d’attente.
Si le revenu mensuel moyen de l’auto-entrepreneur durant son activité non salariée était inférieur au montant forfaitaire, l’ATI peut être réduite jusqu’à 19,73 € au plus bas. À Mayotte, elle est au minimum de 13,15 € (400 € par mois).
💡 Bon à savoir : L’ATI est soumise à la CSG, à la CRDS et à l’impôt sur le revenu.
Comment faire la demande ? 💻
Pour bénéficier de l’ATI, vous devez impérativement vous inscrire auprès de France Travail dans les 12 mois suivant la cessation de votre activité non salariée (à partir de la décision judiciaire ou de la fermeture de l’entreprise). Un dossier vous sera envoyé, que vous devrez renvoyer avec les pièces demandées. Celles-ci varient selon votre situation : extrait Kbis ou document équivalent, exemplaire de vos statuts, justificatif d’affiliation au régime général de la Sécurité sociale…

Vous avez la moindre interrogation au sujet du chômage en auto-entreprise ? Laissez-nous un message, nous nous ferons un réel plaisir de vous éclairer ! 💡



Bonjour,
à la question « J’exerçais une activité d’auto-entrepreneur en parallèle de mon emploi salarié, je viens de perdre cet emploi, puis-je bénéficier du chômage ? » vous écrivez : « pour profiter de ce dispositif, votre micro-entreprise doit impérativement avoir encaissé du chiffre d’affaires avant que ne vous quitte votre emploi salarié. »…
Cela soulève plusieurs questions :
– Y a-t-il un montant minimum de CA à encaisser ?
– Que se passe-t-il si on a créé sa micro-entreprise AVANT de s’inscrire à France Travail mais que l’on n’a malheureusement pas encaissé de CA avant la fin du contrat de travail ; est-ce que cela veut dire que nous ne pourrons pas percevoir d’ARE ?
Par avance merci beaucoup pour vos éclaircissements.
Bonjour Hélène,
Je vous invite à contacter directement France Travail pour avoir plus de renseignement à ce sujet.