- Aucun diplôme n’est légalement obligatoire pour devenir psychanalyste. Le parcours reconnu comprend une cure didactique, une supervision clinique et une formation théorique dans une école psychanalytique. La reconnaissance s’obtient par cooptation entre pairs ;
- Les revenus relèvent de la catégorie BNC. Plusieurs formes juridiques sont accessibles aux psychanalystes : l’entreprise individuelle (au régime réel ou micro), la SASU ou l’EURL. L’immatriculation s’effectue en ligne via le Guichet Unique INPI dans les 15 jours suivant le début d’activité ;
- Un livre des recettes suffit en micro-entreprise. Au régime réel, une comptabilité de trésorerie s’impose avec livre-journal et registre des immobilisations. Les sociétés ont des démarches plus complexes à réaliser ;
- Le psychanalyste relève du statut de travailleur non salarié, à l’exception du président de SASU qui bénéficie du régime assimilé salarié. Les cotisations sociales TNS représentent environ 45 % du bénéfice net. L’URSSAF collecte l’ensemble des cotisations.
Vous envisagez de concrétiser votre idée de création d’entreprise et de devenir psychanalyste ? Cette profession non réglementée offre une grande liberté d’installation, mais soulève de nombreuses questions pratiques. Faut-il détenir un diplôme spécifique pour exercer légalement ? Quel statut juridique adopter selon votre situation ? Quelles sont les obligations comptables, fiscales et sociales ? Découvrez toutes les démarches pour devenir psychanalyste indépendant et exercer en toute conformité.

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Quelles démarches pour créer son activité de psychanalyste ?
Faut-il un diplôme ou une reconnaissance spécifique ?
Profession non réglementée : aucun diplôme obligatoire
La psychanalyse ne figure pas au nombre des professions réglementées, selon un arrêt du Conseil d’État de 1990, que vous pouvez retrouver ici. Contrairement au fait de devenir médecin ou sage-femme, le titre de psychanalyste n’est donc pas protégé par la loi. Ainsi, n’importe quelle personne peut légalement s’installer et exercer cette activité sans diplôme spécifique.
Le parcours reconnu par les pairs
Toutefois, la crédibilité professionnelle repose sur un parcours rigoureux reconnu par les écoles et sociétés psychanalytiques. Concrètement, trois piliers structurent cette formation : une cure didactique personnelle (de 6 à 12 ans minimum), une supervision clinique continue et une formation théorique approfondie. Les principales institutions reconnues incluent la SPP (Société Psychanalytique de Paris), l’APF (Association Psychanalytique de France) et l’ECF (École de la Cause Freudienne).
Les étapes administratives pour déclarer son activité de psychanalyste (URSSAF, CFE, SIRET)
Immatriculation au Guichet Unique INPI
L’installation en tant que psychanalyste nécessite une immatriculation auprès du Guichet Unique de l’INPI, anciennement Centre de Formalités des Entreprises (CFE). Munissez-vous d’une carte d’identité et d’un justificatif de domicile pour compléter cette formalité en ligne. Cette profession libérale se voit attribuer le code APE 8690F (Activités de santé humaine non classées ailleurs). La déclaration doit intervenir dans les 15 jours suivant le début d’activité. Votre numéro SIRET vous parviendra ensuite sous 8 à 15 jours.
Inscription URSSAF automatique
L’immatriculation déclenche automatiquement votre inscription à l’URSSAF en tant que travailleur non salarié (TNS). Vous recevrez vos identifiants pour déclarer vos cotisations sociales mensuellement ou trimestriellement (micro-entreprise) ou annuellement (régime réel).
Faut-il s’enregistrer auprès d’un ordre, d’une ARS ou d’un registre professionnel pour devenir psychanalyste ?
Contrairement aux infirmières libérales par exemple, aucun ordre professionnel n’encadre l’activité de psychanalyste. L’Agence Régionale de Santé (ARS) n’intervient pas non plus. Le registre ADELI (Automatisation des Listes), qui recense les professionnels de santé réglementés, ne concerne pas davantage les psychanalystes. Cette liberté d’installation découle directement du statut non réglementé de la profession.
Quel statut juridique choisir pour exercer la psychanalyse ?

Micro-entreprise (avantages, limites, plafond de chiffre d’affaires)
La micro-entreprise constitue le statut idéal pour devenir psychanalyste et démarrer votre activité en toute simplicité. Ce régime s’applique jusqu’à 83 600 €de chiffre d’affaires (CA) annuel. En cas de dépassement durant deux années consécutives, vous basculez automatiquement au régime réel le 1ᵉʳ janvier de l’année suivante.
Le tableau ci-dessous compare les principaux avantages et inconvénients de ce régime :
| Avantages | Inconvénients |
| ✅Création gratuite et rapide | ❌Frais professionnels non déductibles (abattement forfaitaire uniquement) |
| ✅Patrimoine personnel et professionnel séparés automatiquement depuis 2022 | ❌Cotisations URSSAF calculées sur le CA (et pas sur le bénéfice) |
| ✅Franchise de TVA – Taxe sur la Valeur Ajoutée (dispense de déclarations complexes) sauf option | ❌Pas de récupération de TVA sur les achats (sauf option ou dépassement des seuils) |
| ✅Comptabilité simplifiée (livre des recettes uniquement) : gain de coût et de temps considérable (pas besoin d’un professionnel comptable) | ❌Plafond de CA limite le développement de l’activité |
| ✅Modalité simplifiée du calcul des cotisations sociales | |
| ✅Option possible pour le versement libératoire de l’impôt | &tbsp; |
Entreprise individuelle classique (régime réel, responsabilité, fiscalité)
Fonctionnement et responsabilité
L’entreprise individuelle (EI) au régime réel offre davantage de flexibilité que la micro-entreprise. En effet, aucun plafond de chiffre d’affaires ne limite le développement.
Comme pour la micro-entreprise, la séparation automatique entre patrimoine personnel et professionnel protège les biens privés sans formalités supplémentaires.
Fiscalité : quand opter pour le régime réel ?
Ce régime devient intéressant lorsque les charges professionnelles dépassent l’abattement forfaitaire de 34 % appliqué en micro-entreprise. Ainsi, un psychanalyste louant un cabinet à 800 € mensuel (9 600 € annuels) dépasse quasiment les 34 % d’abattement sur un chiffre d’affaires de 30 000 €, rendant le régime réel plus avantageux.
Créer une société (SEL, SASU, EURL) : pour qui et pourquoi ?
Quand créer une société : avantages stratégiques
La création d’une société s’avère pertinente lorsque le CA dépasse 100 000 € annuels. Avantage majeur : la responsabilité reste limitée au montant du capital social. Concrètement, les créanciers professionnels ne peuvent saisir le patrimoine personnel. Enfin, la structure sociétale renforce la crédibilité auprès des établissements bancaires, ce qui peut être nécessaire en cas de demande de financements.
SASU vs EURL : différences clés
Deux formes juridiques unipersonnelles sont possibles pour devenir psychanalyste : la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) et l’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée). Le tableau suivant détaille leurs différences :
| Critère | SASU | EURL |
| Régime fiscal | IS par défaut (option IR possible 5 ans max) | IR par défaut (option IS possible) |
| Statut social president | Assimilé salarié (régime général) | TNS (Sécurité Sociale des Indépendants) |
| Cotisations sociales | ~70-80 % de la rémunération | ~45 % du bénéfice net |
| Charges sociales dividendes | Prélèvements sociaux (PS) de 18,6% | Uniquement EURL à l’IS : Dividendes < 10 % du capital social : 18,6% PS Dividendes > 10 % du capital social : Cotisations sociales TNS ~45 % |
| Protection sociale | Elevée | Moyenne |
| Liberté statutaire | Très élevée (statuts flexibles) | Moyenne (cadre plus strict) |
| Comptabilité | Complexe (bilan, compte de résultat, annexes) et dépôt des comptes aux greffes | Complexe (bilan, compte de résultat, annexes) et dépôt des comptes aux greffes |
Comptabilité, fiscalité et protection sociale du psychanalyste
Régime fiscal applicable (BNC, franchise de TVA, charges déductibles)
Catégorie BNC et déclaration du chiffre d’affaires
Le psychanalyste indépendant déclare ses revenus dans la catégorie des Bénéfices Non Commerciaux (BNC). En micro-entreprise, il est nécessaire de compléter la déclaration complémentaire 2042-C-PRO (case 5HQ) avec le chiffre d’affaires brut (avant abattement).
Au régime réel, en revanche, vous devez télétransmettre la déclaration 2035 accompagnée des annexes 2035-A et 2035-B, détaillant les recettes et charges professionnelles.
Enfin, en SASU ou EURL à l’IS, vous devez déposer la déclaration 2065 accompagnée de la liasse fiscale (tableaux 2033-A à 2033-G). Une EURL à l’impôt sur le revenu (IR) suit le même régime qu’une EI au régime réel (déclaration 2035).
Franchise de TVA : seuils et dépassement
Le régime de franchise en base de TVA dispense de facturer et de déclarer la TVA jusqu’à certains seuils :
| Seuil | Montant | Conséquence |
| Seuil de base | CA < 37 500 € | Franchise de TVA (pas de TVA facturée ni récupérée) |
| Seuil majoré (tolérance) | 37 500 € > CA < 41 250 € | Franchise maintenue 1 an |
| Au-delà du seuil majoré | CA > 41 250 € | Assujettissement à la TVA dès le 1ᵉʳ jour du dépassement |
Si vous réalisez 39 000 € en 2026 (dépassement du seuil de base mais < seuil majoré), vous conservez la franchise jusqu’au 31 décembre 2026, puis basculez à la TVA au 1ᵉʳ janvier 2027. Si vous atteignez 42 000 € le 15 octobre 2026, vous basculez à la TVA dès le 15 octobre 2026.
Charges déductibles
La catégorie BNC (lorsque l’on est au régime réel ou en société) autorise la déduction des charges professionnelles suivantes :
- Loyer du cabinet professionnel
- Quote-part domicile selon surface professionnelle
- Électricité, chauffage, internet et téléphone
- Assurance responsabilità civile professionnelle
- Formation continue (supervision, séminaires psychanalytiques)
- Fournitures de bureau
- Amortissement mobilier (divan, fauteuils, bureau) sur 5 à 10 ans
- Abonnements revues spécialisées
- Mutuelle Madelin (sante, prévoyance)
Obligations comptables minimales selon le statut choisi
Micro-entreprise : simplicité administrative
Les obligations comptables restent allégées en micro-entreprise. Vous devez seulement tenir un livre des recettes chronologique mentionnant la date, l’identité du client, le montant encaissé et le mode de règlement. Ce document doit être conservé durant dix ans.
EI au régime réel et sociétés : obligations renforcées
L’EI au régime réel (déclaration contrôlée BNC) tient par défaut une comptabilité de trésorerie (enregistrement des encaissements et des décaissements). Il faut alors tenir un livre-journal détaillant chronologiquement les recettes et dépenses professionnelles, ainsi qu’un registre des immobilisations et des amortissements.
Les sociétés (SASU, EURL) ajoutent des obligations supplémentaires : établissement annuel d’un bilan comptable et d’un compte de résultat, accompagnés de la liasse fiscale (tableaux 2033-A à 2033-G). L’associé unique doit également approuver les comptes (consignés dans un procès-verbal) et déposer les comptes annuels au greffe du tribunal de commerce dans le mois suivant leur approbation.
Cotisations sociales et retraite des professions libérales (URSSAF, caisses dédiées)
URSSAF et caisses dédiées
Le psychanalyste indépendant relève du statut de travailleur non salarié (TNS). Depuis 2023, l’URSSAF centralise la collecte de l’intégralité des cotisations sociales : maladie-maternité, allocations familiales, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès, CSG-CRDS et formation professionnelle.
La CIPAV (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d’Assurance Vieillesse) conserve uniquement le versement des prestations de retraite (base et complémentaire) ainsi que les prestations invalidité-décès. Vous déclarez vos revenus à l’URSSAF, qui calcule et reverse ensuite les montants à la CIPAV.
Taux de cotisations 2026
Les cotisations sociales représentent environ 45 % du bénéfice net annuel pour un psychanalyste au régime réel :
| Cotisation | Taux |
| Maladie-maternité | ~6,5% |
| Allocations familiales | 0 à 3,10 % |
| Retraite de base | 17,75% |
| Retraite complémentaire | 7 à 8 % |
| Invalidité/décès | 1,30% |
| CSG-CRDS | 9,7% |
| Formation professionnelle | 0,25% |
Protection sociale associée
Ces cotisations financent votre protection sociale complète : remboursements des soins médicaux via l’assurance maladie, prestations familiales (allocations familiales, complément familial), pension de retraite de base et complémentaire versée par la CIPAV, ainsi qu’un capital ou une rente en cas d’invalidité ou de décès.
