Devenir taxi moto : permis, examen et obligations légales

En résumé

  • Il est possible d’obtenir la carte professionnelle taxi moto (ou VMDTR) par examen ou par équivalence ;
  • Le taxi moto ne peut transporter qu’un seul passager à la fois ;
  • La maraude (rechercher des clients) est réservée aux taxis, l’activité de taxi moto fonctionne uniquement par réservation ;
  • Deux assurances sont obligatoires pour exercer : une RC Pro et une assurance moto couvrant explicitement le transport de personnes à titre onéreux.

Devenir taxi moto, ce n’est pas simplement enfourcher sa cylindrée et sillonner les rues de Paris, Lyon ou Bordeaux. Ce métier est régi par le Code des transports, qui impose des règles strictes sur la prise en charge des passagers. À cela s’ajoutent la création de votre entreprise et le choix d’un statut juridique adapté à votre projet professionnel. Si vous cherchez des idées de création d’entreprise, le métier de taxi moto peut représenter une option originale et rentable. Prêt à vous lancer dans l’entrepreneuriat ? Indy vous accompagne de A à Z.

Devenir taxi moto : permis, examen et obligations légales

Créez facilement votre entreprise de taxi moto avec Indy 🏍️
Sur Indy, la création d’entreprise est offerte ! Choix du statut juridique, rédaction des statuts, dépôt de capital, vous êtes guidé à chaque étape

Qu’est‑ce qu’un taxi moto ?

Définition et rôle du taxi moto

Un taxi moto est un chauffeur, titulaire d’une carte professionnelle, qui transporte un seul passager et ses bagages, à bord d’un deux-roues ou d’un trois-roues.

Le nom officiel du taxi moto est “véhicule motorisé à deux ou trois-roues”, abrégé VMDTR.

Ce service s’est développé dans les grandes agglomérations françaises (Paris, Lyon, Marseille) pour répondre aux besoins de nombreux professionnels pour qui les embouteillages ne tolèrent aucun retard, comme les transferts gare‑aéroport ou les rendez-vous d’affaires.

Différences avec un taxi traditionnel ou VTC

Ce que le taxi moto peut (et ne peut pas) faire

Le taxi moto se distingue des taxis et des VTC sur plusieurs points :

  • Le véhicule et le nombre de passagers : le taxi moto peut accueillir un seul passager à la fois, le taxi et le VTC peuvent transporter jusqu’à 8 clients en même temps ;
  • Le permis : le taxi moto exige un permis A, le taxi traditionnel et le VTC (Voiture de transport avec chauffeur) nécessitent un permis B ;
  • La réservation : comme le VTC, le taxi moto fonctionne exclusivement sur réservation. Seul le taxi peut circuler sur la voie publique à la recherche de clients ;
  • Le stationnement : après une course, le chauffeur de taxi moto ne peut ni stationner ni s’arrêter sur la voie publique, sauf en cas de réservation ;
  • Les tarifs : ceux du taxi sont fixés par arrêté et calculés grâce à un compteur horokilométrique. Le taxi moto, lui, applique un prix libre (forfaitaire ou fixé dès la commande), mais ne peut pas recourir à une tarification horokilométrique ;
  • La signalétique : le taxi moto arbore une vignette bleue, le VTC une vignette rouge et le taxi un lumineux sur le toit.

La maraude, qu’est-ce que c’est ?

Le droit de maraude (circuler ou stationner sur la voie publique à la recherche de clients) est réservé exclusivement aux taxis, dans la zone géographique déterminée par leur ADS (Autorisation de stationnement).

En tant que taxi moto, vous ne bénéficiez pas de ce droit.

Conformément à l’article L3120-2 du Code des transports, cela signifie que :

  • Vous n’avez pas le droit de proposer vos services dans la rue à de potentiels clients ;
  • Vous et vos partenaires (les plateformes de mise en relation avec les usagers) n’avez pas le droit d’informer votre clientèle de votre disponibilité et de votre géolocalisation en l’absence de réservation (dans le cas contraire, vous êtes coupable de “maraude électronique”) ;
  • Après chaque course, vous devez rejoindre votre établissement ou stationner hors de la chaussée, sauf en cas de nouvelle réservation.

En cas de non-respect de la loi, les sanctions sont lourdes :

  • Si vous maraudez en quête de clients : vous prenez le risque d’écoper d’une contravention de 5ᵉ classe (article R3124-11 du Code des transports disponible ici) ;
  • Si vous prenez en charge un passager sans réservation : vous risquez jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende, ainsi que des peines complémentaires (retrait temporaire ou définitif du permis, immobilisation ou confiscation du véhicule), en application de l’article L3124-12 du Code des transports.

Quelles conditions pour devenir taxi moto ?

La carte professionnelle VMDTR est obligatoire pour devenir taxi moto.

Il est possible de l’obtenir de deux manières :

  • Réussir l’examen de taxi moto ;
  • Obtenir une équivalence.

Exigences légales et administratives pour exercer

Pour exercer en tant que chauffeur de taxi moto, vous devez remplir plusieurs conditions :

  • Détenir le permis A depuis au moins 3 ans ;
  • Être de nationalité européenne ou détenir un titre de séjour autorisant l’exercice d’une activité en France.

Votre casier judiciaire doit également être vierge de plusieurs condamnations.

Selon l’article R3120-8 du Code des transports, vous ne pouvez exercer le métier de conducteur VMDTR si vous avez été condamné à :

  • Une infraction routière ayant entraîné une réduction de la moitié du nombre maximal de points du permis de conduire ;
  • Une condamnation pour conduite sans permis adapté, malgré annulation ou interdiction de permis, ou pour refus de restituer un permis invalidé ou annulé ;
  • Une condamnation d’au moins six mois d’emprisonnement (en France ou à l’étranger) pour des faits de vol, escroquerie, abus de confiance, etc.

Réussir l’examen VMDTR

L’examen VMDTR est organisé par la CMA (Chambre de métiers et de l’artisanat), à Paris.

Les inscriptions se font en ligne via la plateforme www.examenT3P.fr.

L’examen se décompose en deux phases :

  • L’admissibilité (l’épreuve écrite) ;
  • L’admission (l’épreuve pratique).

L’admissibilité

Les épreuves d’admissibilité sont composées de QCM (Questionnaire à choix multiples) et de QRC (Questionnaire à réponse courte).

L’examen VMDTR partage un tronc commun avec les candidats taxi et VTC.

ÉpreuveContenuDuréeCoefficientNote éliminatoire
ARéglementation T3P et prévention des discriminations45 min3< 6/20
BGestion45 min2< 6/20
CSécurité routière30 min3< 6/20
DFrançais (compréhension et expression)30 min2< 6/20
EAnglais (niveau A2)30 min1< 4/20

L’admissibilité impose également deux épreuves spécifiques à la filière VMDTR.

ÉpreuveContenuDuréeCoefficientNote éliminatoire
F(M)Sécurité routière moto et réglementation VMDTR30 min3< 6/20
G(M)Prise en charge du passager et développement commercial20 min3< 6/20

Pour être déclaré admissible, vous devez obtenir une moyenne d’au moins 10/20 sur l’ensemble des sept épreuves, sans aucune note éliminatoire (conformément à l’arrêté du 16 février 2018).

Si vous êtes déjà taxi ou VTC en exercice et que vous avez réussi le tronc commun de l’admissibilité depuis moins de 3 ans, vous pouvez ne passer que les deux épreuves spécifiques VMDTR en plus de l’admission.

L’admission

L’épreuve pratique consiste en une mise en situation réelle de transport : comptez 20 minutes de conduite, au minimum.

Le seuil de réussite est fixé à 12/20, sans faute éliminatoire.

Les tarifs

Les droits d’inscription à l’examen, pour l’année 2026, s’élèvent à :

  • Examen complet (admissibilité + admission) : 241 € ;
  • Mobilité professionnelle (épreuves spécifiques + admission) : 168 € ;
  • Session d’admission uniquement : 118 €.

Après votre admissibilité, vous disposez de trois tentatives pour réussir l’épreuve d’admission, dans un délai maximal d’un an. Passé ce délai, obligation vous est faite de repasser l’examen dans son intégralité.

Obtenir la carte professionnelle taxi moto

Quelle démarche pour obtenir la carte professionnelle taxi moto ?

Pour obtenir la carte professionnelle VMDTR, contactez la préfecture de votre département de résidence via la plateforme “Démarches simplifiées” et fournissez, entre autres :

  • Un certificat d’aptitude médicale délivré par un médecin agréé par la préfecture, cochant la mention “Transport public à moto” ;
  • Le certificat de capacité professionnelle, accordé à la suite de votre réussite à l’examen d’accès à la profession de conducteur de VMDTR.

Comptez environ 50 € pour l’obtention de la carte.

Celle-ci est valable 5 ans et doit être renouvelée au terme de cette période (à condition d’avoir suivi une formation continue obligatoire), sans quoi vous ne pourrez plus exercer.

Sachez également que la carte professionnelle n’est pas acquise définitivement : la préfecture peut la suspendre ou la retirer si vous ne respectez pas la réglementation (annulation du permis, condamnation, défaut d’entretien du véhicule, etc).

L’équivalence, un raccourci vers la carte professionnelle

Vous avez déjà transporté des passagers à titre professionnel pendant au moins un an (soit 1 607 heures) au cours des 10 dernières années ?

Vous pouvez demander la carte VMDTR sans passer d’examen : c’est ce qu’on appelle l’équivalence (article R3123-2 du Code des transports).

Pour valider votre demande, la préfecture exige des preuves concrètes :

  • Pour un salarié : bulletins de salaire et attestation employeur ;
  • Pour un indépendant : numéro SIREN, déclarations URSSAF, factures, etc.

Les assurances obligatoires

En tant que conducteur taxi moto, vous devez souscrire deux assurances distinctes.

  • Une RC Pro : elle couvre les dommages causés aux passagers et aux tiers dans le cadre de votre activité et hors accident de la circulation (litiges contractuels, bagages endommagés, autres) ;
  • Une assurance moto “transport de personnes à titre onéreux” : votre contrat doit mentionner explicitement cette couverture (article R211-14-0-1 du Code des assurances), différente d’une assurance moto classique.

Démarches pour se lancer en tant que taxi moto

Quel statut juridique pour un taxi moto indépendant ?

Vous pouvez exercer l’activité de taxi moto sous différents statuts juridiques.

Si vous souhaitez exercer en nom propre, choisissez :

  • L’entreprise individuelle au régime micro (ou micro-entreprise) ;
  • Ou l’EI classique.

Si vous souhaitez exercer seul dans le cadre d’une société, adoptez :

  • L’EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) ;
  • Ou la SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle).

Si vous souhaitez vous associer, privilégiez :

  • La SARL (Société à responsabilité limitée) ;
  • Ou la SAS (Société par actions simplifiée).

La majorité des conducteurs de taxi moto exercent seuls. S’associer se justifie en cas de développement de l’activité, pour acquérir une flotte de véhicules et faciliter l’entrée au capital d’investisseurs.

Avantages et contraintes de chaque statut

Chaque statut juridique offre des avantages et des inconvénients qu’il convient de prendre en compte avant d’arrêter votre choix.

StatutAvantage principalContrainte principale
Micro-entrepriseObligations légales simplifiées, abattement forfaitaire automatiqueChiffre d’affaires plafonné, charges non déductibles
EI classiqueDéduction des frais réelsOuverture du capital impossible
EURLChoix entre l’IR (Impôt sur le revenu) et IS (Impôt sur les sociétés)Dividendes potentiellement soumis aux cotisations sociales (à l’IS)
SASUDividendes non soumis aux cotisations socialesCotisations sociales du dirigeant plus élevées
SARLCadre juridique sécurisantRègles de fonctionnement peu flexibles
SASGrande liberté statutaireRédaction des statuts complexe

Bien choisir son statut juridique est vital pour tout indépendant, que vous souhaitiez exercer le métier de taxi moto, devenir tatoueur ou devenir monteur vidéo.

Matériel, équipements et installations obligatoires

Moto et équipements de sécurité conformes à la législation

Moto : ce que la loi impose

La loi oblige votre moto à respecter des caractéristiques techniques précises.

Votre cylindrée doit :

  • Avoir été mis en circulation depuis moins de 5 ans (les véhicules de collection sont exclus) ;
  • Posséder une puissance nette égale ou supérieure à 40 kW (cette règle ne concerne pas les véhicules électriques et hybrides) ;
  • Être équipée pour transporter un passager (selle biplace, deux repose-pieds et poignées de maintien).

Le contrôle technique n’est pas obligatoire pour les VMDTR. En revanche, un entretien annuel doit être réalisé par un professionnel extérieur à votre entreprise.

Les équipements obligatoires

Le conducteur et le passager doivent porter des équipements de sécurité conformes à la réglementation :

  • Casques homologués (norme européenne ECE) obligatoires pour vous et votre passager ;
  • Gants certifiés CE obligatoires pour vous et votre passager ;
  • Gilet haute visibilité (à porter en cas d’arrêt d’urgence) ;
  • Éclairage fonctionnel (feux, clignotants, stop, catadioptres) ;
  • Intercoms intégrés aux casques.

Outils de gestion et de réservation

Côté gestion, il est recommandé de vous équiper des outils suivants :

  • Un logiciel de facturation pour générer vos notes de course ;
  • Un logiciel de comptabilité pour le suivi de votre activité ;
  • Un terminal de paiement mobile pour proposer le règlement par carte bancaire ;
  • Un système de confirmation de réservation (SMS, e-mail).

À noter : pour toute course d’un montant supérieur ou égal à 25 €, vous devez remettre au client une note récapitulative (sur papier ou par voie électronique) avant le paiement. En dessous de 25 €, la note est facultative, sauf si le client en fait la demande.

Pour développer votre clientèle, vous pouvez :

  • Vous inscrire sur des plateformes spécialisées (Uber moto, Allo Taxi Moto) ;
  • Créer votre propre site internet optimisé pour un référencement local et doté d’un onglet dédié à la réservation.

Signalétique et papiers obligatoires en cas de contrôle

Votre véhicule doit être équipé d’une vignette autocollante de couleur bleue, conforme à l’arrêté du 17 mars 2015 relatif à la signalétique des VMDTR. Elle doit être apposée de manière visible sur votre véhicule.

En cas de contrôle, vous devez être en mesure de présenter :

  • Votre carte professionnelle VMDTR en cours de validité ;
  • Votre permis de conduire catégorie A ;
  • L’attestation annuelle d’entretien du véhicule ;
  • L’attestation d’assurance couvrant le transport de personnes à titre onéreux ;
  • Le justificatif de réservation préalable du client (papier ou électronique).

Vous avez des questions sur d’autres métiers, comme devenir infirmière libérale ou devenir psychanalyste ? Partagez-les en commentaire : nos équipes est là pour vous répondre.

Indy : bien plus qu'une app de comptabilité - Créer un compte

par Jean-Baptiste Arcuset

Jean-Baptiste met son savoir-faire au service de contenus précis et accessibles, destinés à accompagner les entrepreneurs dans la maîtrise de leurs obligations et outils financiers

Questions fréquentes

Un taxi moto peut-il fixer librement ses tarifs ?

Oui, les tarifs sont libres : forfaitaires ou fixés dès la commande. Pour rappel, la tarification horokilométrique (au compteur) est interdite pour les VMDTR.

Combien coûte l'examen VMDTR ?

En 2026, l'examen complet (admissibilité + admission) coûte 241 €. Pour une mobilité professionnelle, comptez 168 €, et 118 € pour la seule admission.

Un taxi moto peut-il marauder ?

Non, la maraude est interdite. Le taxi moto fonctionne exclusivement sur réservation préalable, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.

Quelle moto peut-on utiliser pour exercer ?

La moto doit dater de moins de 5 ans, afficher une puissance nette égale ou supérieure à 40 kW et être équipée pour le transport d'un passager (selle biplace, repose-pieds, poignées de maintien).

Laisser un commentaire

Prêt pour la vraie indépendance ?

Comme 200 000 indépendants, gérez, pilotez et déclarez vous-mêmes.

Sans frais cachés - 30 jours satisfait ou remboursé

Découvrez le logiciel Indy

La solution n°1 pour gérer votre comptabilité, vos factures et vos déclarations sans stress.

Ajoutez votre titre ici

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.