- Le diplôme espagnol de kinésithérapie (ou grado en fisioterapia) nécessite l’obtention d’une autorisation d’exercice délivrée par la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) ou par la Carte Professionnelle Européenne (CPE) ;
- Le dossier de demande d’équivalence doit être complet et inclure les descriptifs de cours et les relevés d’heures de stage, traduits par un traducteur assermenté, si nécessaire ;
- Le Conseil de l’Ordre peut imposer des mesures de compensation (stages ou épreuves d’aptitude) si des différences substantielles sont constatées entre la formation espagnole et le référentiel français ;
- Une fois l’autorisation obtenue, l’inscription au Tableau de l’Ordre et l’obtention d’un numéro RPPS sont les étapes finales obligatoires avant de pouvoir facturer des soins ou ouvrir son cabinet.
De plus en plus d’étudiants français choisissent l’Espagne pour se former à la kinésithérapie. Une fois le diplôme en poche, une question revient systématiquement : un diplôme de kiné espagnol est-il reconnu en France ? Si la libre circulation des professionnels en Europe facilite la mobilité, la reconnaissance ne repose pas sur une simple équivalence du diplôme étranger. Dans cet article, découvrez tout ce qu’il faut savoir, étape par étape, sur les procédures à suivre avant d’exercer le métier de kinésithérapeute en France.

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Pourquoi réaliser son diplôme de kinésithérapie en Espagne ?
Les universités espagnoles attirent des milliers d’étudiants Français chaque année, de par la proximité géographique, la qualité des infrastructures et l’absence de concours (remplacé par une sélection sur dossier ou via des universités privées).
Quel est le niveau de formation requis en Espagne ?
En Espagne, la formation pour devenir kinésithérapeute (ou « fisioterapeuta » en espagnol) dure généralement quatre ans, totalisant 240 crédits ECTS (niveau licence).
Ce cursus est aligné sur le système européen LMD (licence, master, doctorat). Les étudiants y reçoivent une formation théorique dense couplée à une pratique clinique précoce, ce qui est souvent mis en avant lors des demandes d’équivalence en France.
Quelles sont les différences majeures entre le cursus espagnol et français ?
Bien que les bases anatomiques soient identiques, la structure des études diffère.
En France, la formation dure désormais cinq ans : une première année de sélection, puis quatre années en institut de formation.
Comment obtenir l’autorisation d’exercice ?
Obtenir son diplôme en Espagne n’est que la première étape. Pour exercer légalement sur le sol français, le diplômé doit obtenir une autorisation individuelle d’exercice. Cette procédure administrative est régie par le Code de la santé publique.
Déposer sa demande d’équivalence à l’organisme compétent
Le dossier doit être déposé auprès de la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) de la région où vous souhaitez établir votre première résidence professionnelle.
C’est cet organisme qui instruit le dossier et le soumet à une commission régionale composée de professionnels et de représentants de l’État.
Fournir les pièces justificatives indispensables pour le dossier
En général, il faut fournir :
- Une copie certifiée du diplôme ;
- Le « Syllabus » ou programme détaillé des études : il doit préciser le nombre d’heures par matière et le contenu pédagogique ;
- Les attestations de stages cliniques : elles doivent détailler les services fréquentés (neurologie, pédiatrie, traumatologie) et le nombre d’heures effectuées dans chaque spécialité.
Traduire de façon assermentée les documents
L’ensemble des documents rédigés en espagnol doit impérativement être traduit en français par un traducteur agréé auprès d’une Cour d’appel. Cette étape représente un coût non négligeable mais reste indispensable pour la recevabilité de la demande.
Vous devrez toujours fournir la version originale (en espagnol) ainsi que la version traduite (en français).
Une fois tous les documents en main, il vous suffit d’envoyer votre dossier complet en recommandé par voie postale à l’adresse de votre DREETS. Avec l’accusé de réception (à conserver), vous pourrez suivre l’envoi de votre dossier.
Quelles sont les alternatives à la procédure classique d’autorisation ?
La Carte Professionnelle Européenne (CPE)
Au lieu de déposer une demande d’autorisation d’exercice régionale, un kinésithérapeute peut solliciter une Carte Professionnelle Européenne. Cette procédure électronique simplifiée permet de faire reconnaître ses qualifications professionnelles dans un autre pays de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen.
La CPE sert de preuve que la personne remplit les conditions requises pour exercer et peut être utilisée tant pour une mobilité temporaire que permanente.
Reconnaître son diplôme via ENIC-NARIC ou autres attestations
Pour certains usages, notamment pour valoriser sa formation auprès d’un employeur ou d’un établissement éducatif, il est possible de demander une attestation de comparabilité de diplôme au centre ENIC-NARIC France.
Cela ne donne pas automatiquement le droit d’exercer mais peut aider à faire reconnaître le niveau et le contenu des études.
Comment se déroule l’examen du dossier par la commission régionale ?
Une fois le dossier complet déposé, la commission dispose de quatre mois pour rendre un avis. Elle compare point par point la formation suivie en Espagne avec le référentiel de formation français défini par l’arrêté du 2 septembre 2015. En principe, 20 à 30 dossiers sont traités pendant chaque commission.
Les critères de comparaison utilisés par les experts
Les experts vérifient si les domaines de compétences acquis en Espagne couvrent l’ensemble du champ d’exercice français.
Ils s’attardent particulièrement sur les disciplines considérées comme spécifiques ou plus approfondies en France, telles que la kinésithérapie respiratoire ou la rééducation périnéale.
Les mesures de compensation
Après avoir examiné votre dossier, la commission régionale émet trois résultats possibles :
- L’acceptation directe : vous recevez l’autorisation d’exercer ;
- Le rejet : ce cas est plutôt rare mais des recours sont possibles ;
- L’épreuve d’aptitude ou la réalisation de stages complémentaires.
Si la commission identifie des « différences substantielles » dans la formation ou l’expérience professionnelle, elle ne refuse pas l’équivalence mais impose des mesures de compensation.
Le choix entre le stage d’adaptation et l’épreuve d’aptitude
Le candidat a généralement le choix entre deux options.
- L’épreuve d’aptitude consiste en un examen théorique et pratique devant un jury ;
- Le stage d’adaptation, choisi par la majorité des candidats, s’effectue dans un établissement de santé agréé sous la responsabilité d’un maître de stage. La durée de ce stage peut varier de quelques semaines à plusieurs mois selon les lacunes identifiées.
Quelles sont les étapes après l’obtention de l’autorisation d’exercice ?
Une fois que vous avez reçu le précieux document de la DREETS (soit directement, soit après validation de vos mesures de compensation), vous n’êtes pas encore tout à fait autorisé à pratiquer.
S’inscrire au Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes
L’inscription à l’Ordre (CDOMK) est une obligation légale. Vous devez contacter le conseil départemental de votre futur lieu d’exercice.
L’Ordre vérifiera la validité de votre autorisation d’exercice, votre moralité et votre maîtrise de la langue française, indispensable pour la sécurité des soins.
Obtenir son numéro RPPS et s’enregistrer auprès de l’Assurance Maladie
L’inscription à l’Ordre déclenche automatiquement l’attribution de votre numéro RPPS (Répertoire Partagé des Professionnels de Santé). Ce numéro vous suit durant toute votre carrière.
Enfin, pour exercer en libéral et permettre le remboursement des soins à vos patients, vous devez vous conventionner auprès de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) de votre secteur.
L’affiliation aux organismes de protection sociale et de retraite
En tant que futur travailleur indépendant, vous devrez vous affilier à l’Urssaf pour le paiement de vos cotisations sociales et à la CARPIMKO (Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes et orthoptistes) pour votre retraite.
Pensez également à souscrire à une assurance !
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Quelles sont les opportunités professionnelles pour un kiné diplômé en Espagne ?
Le marché français est extrêmement favorable. Que vous souhaitiez travailler en tant que salarié à l’hôpital ou vous lancer dans l’aventure du libéral, les opportunités ne manquent pas.
Est-il plus facile de débuter comme salarié ou comme remplaçant libéral ?
Beaucoup de nouveaux diplômés choisissent de débuter par le salariat en centre de rééducation pour parfaire leur pratique.
Cependant, le remplacement libéral reste une excellente voie pour découvrir différents cabinets avant de s’installer ou de racheter une patientèle.
Peut-on se spécialiser après un diplôme obtenu à l’étranger ?
Une fois l’autorisation d’exercice obtenue, vous avez accès aux mêmes formations continues (DPC, FIF-PL) que vos confrères formés en France.
Vous pouvez vous spécialiser en sport, en ostéopathie ou encore en thérapie manuelle, valorisant ainsi votre double culture professionnelle franco-espagnole.
Quelles sont les erreurs à éviter lors de la demande d’équivalence ?
Le parcours pour faire reconnaître un diplôme espagnol est semé d’embûches. Anticiper les refus ou les demandes de pièces complémentaires permet de gagner plusieurs mois sur sa date d’installation.
Manque de précision dans les stages
L’erreur la plus fréquente réside dans la présentation des stages effectués en Espagne. Si l’attestation de stage se contente de mentionner « stage hospitalier », la commission ne pourra pas évaluer les compétences acquises.
Il est crucial d’obtenir des universités espagnoles des certificats détaillant les heures passées en rééducation cardiorespiratoire, en neurologie ou en gériatrie. Sans ces détails, la commission imposera systématiquement la durée maximale des stages de compensation.
Manque d’anticipation dans les délais de traitement de la DREETS
Il faut compter en moyenne entre quatre et six mois pour obtenir une réponse définitive.
Pendant cette période, le futur kiné ne peut ni exercer, ni effectuer de remplacements.
Ne pas maîtriser le français pour les diplômés
Même pour un Français ayant étudié en Espagne, l’Ordre peut exiger un entretien pour vérifier la maîtrise du vocabulaire médical français.
Une mauvaise préparation à cet entretien peut retarder l’inscription au Tableau de l’Ordre, même si l’autorisation de la DREETS est déjà en poche.
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