- L’agent commercial est un mandataire indépendant chargé, de façon permanente, de négocier et de conclure des contrats au nom et pour le compte de ses mandants ;
- Deux statuts sont possibles : l’entreprise individuelle au micro ou réel et la société (EURL ou SASU, pour une protection patrimoniale renforcée et une optimisation fiscale) ;
- Avant de signer le moindre mandat, l’agent commercial doit s’immatriculer au RSAC via le Guichet Unique de l’INPI. Les sociétés doivent également s’immatriculer au RCS. L’inscription doit intervenir dans les 15 jours suivant le début d’activité ;
- Rémunéré uniquement à la commission, un agent débutant gagne entre 25 000 et 35 000 € brut/an, un profil confirmé entre 50 000 et 80 000 € , avec des revenus pouvant largement dépasser 80 000 € pour un senior multi-mandants.
Vous souhaitez travailler à votre compte dans le commerce, sans les contraintes du salariat ? Devenir agent commercial permet d’exercer en toute indépendance, pour le compte de plusieurs entreprises, et d’être rémunéré uniquement sur vos résultats. Mais quel statut juridique choisir pour se lancer ? Quelles démarches administratives sont obligatoires ? Et combien peut-on réellement gagner à la commission ? Vous découvrirez dans cet article tout ce qu’il faut savoir pour devenir agent commercial en 2026, de l’immatriculation au RSAC (Registre Spécial des Agents Commerciaux) jusqu’à la gestion de vos charges.

Sur Indy, la création d’entreprise est offerte ! Choix du statut juridique, rédaction des statuts, dépôt de capital, vous êtes guidé à chaque étape 🤩
Qu’est-ce qu’un agent commercial ?
Le rôle et les missions de l’agent commercial
Un mandataire indépendant
Parmi toutes les idées de création d’entreprise, le statut d’agent commercial se distingue par son cadre juridique spécifique. Selon l’article L134-1 du Code de commerce (🔎 ici), l’agent commercial est un mandataire qui, à titre de profession indépendante, est chargé de façon permanente de négocier et de conclure des contrats au nom et pour le compte de ses mandants.
Concrètement, il joue un rôle d’intermédiaire stratégique entre une entreprise et sa clientèle : il représente l’offre de son mandant sur un secteur géographique ou auprès d’une cible définie, sans jamais devenir propriétaire des produits qu’il vend.
Les missions au quotidien
Son activité recouvre cinq grandes missions :
- Prospecter et identifier de nouveaux clients potentiels ;
- Présenter et argumenter l’offre de son mandant ;
- Négocier et conclure les contrats de vente ;
- Suivre et fidéliser son portefeuille client ;
- Rendre compte régulièrement à chaque mandant.
La différence avec le VRP et le commercial salarié
L’agent commercial se distingue du VRP et du commercial salarié sur un point fondamental : l’absence de lien de subordination. Il organise librement son activité, peut représenter plusieurs mandants simultanément et n’est pas régi par le Code du travail. Pour devenir entrepreneur indépendant, c’est l’un des statuts les plus souples du marché.
| Agent commercial | VRP | Salarié commercial | |
| Statut | Indépendant (mandataire) | Salarié | Salarié |
| Lien de subordination | Non | Oui | Oui |
| Protection sociale | Sécurité sociale des indépendants (SSI) | Régime général | Régime général |
| Chômage (Allocation de Retour à l’Emploi) | Non | Oui | Oui |
| Liberté d’organisation | Totale | Partielle | Non |
| Mandats multiples | Oui | Oui (VRP multicartes) | Non |
| Indemnité de rupture | Oui (art L134-12) | Oui (indemnité de clientèle, art. L7313-13) | Non (sauf licenciement) |
En contrepartie de cette liberté, l’agent commercial assume seul sa protection sociale et ne bénéficie d’aucune assurance chômage.
Bon à savoir : si le mandant impose des horaires stricts, un contrôle quotidien ou fournit tous les outils de travail, le contrat peut être requalifié en contrat de travail par le juge.
Les secteurs qui recrutent des agents commerciaux
Le statut d’agent commercial s’adapte à de nombreux secteurs d’activité. Voici les principaux débouchés :
- Immobilier : l’agent commercial immobilier agit pour le compte d’une agence immobilière titulaire de la carte T. Il peut également se diversifier en exerçant comme diagnostiqueur immobilier ;
- Assurance : mandataire non exclusif, avec certification IAS (Intermédiaire en Assurance et en Réassurance) requise ;
- BTP et matériaux de construction : représentation de fabricants ou de distributeurs auprès des professionnels ;
- Industrie et négoce : machines, équipements industriels, matières premières ;
- Services B2B : logiciels SaaS, téléphonie, ressources humaines, solutions de gestion. Certains agents représentent également des organismes de formation ou des formateurs indépendants auprès d’entreprises ;
- Pharmaceutique et médical : délégués médicaux indépendants ;
- Alimentation et grande distribution : référencement de produits en GMS (Grandes et Moyennes Surfaces).
Le point commun à tous ces secteurs : le succès repose moins sur le produit que sur la qualité du réseau et la capacité à identifier le bon mandant.
Quel statut juridique choisir pour devenir agent commercial ?

La micro-entreprise et l’entreprise individuelle
La micro-entreprise
C’est le point de départ privilégié pour devenir agent commercial sans complexité administrative. Les formalités de création sont réduites au minimum et la gestion comptable reste simple : vous déclarez votre chiffre d’affaires mensuellement ou trimestriellement.
L’agent commercial exerce une activité de nature libérale (BNC), affiliée à la SSI. En micro-entreprise, les cotisations sociales s’élèvent à 25,6 % du CA. Sur le plan fiscal, un abattement forfaitaire de 34 % est appliqué automatiquement sur les revenus déclarés. Celui-ci est censé couvrir l’ensemble de vos charges professionnelles.
L’entreprise individuelle au régime réel
Le passage à l’EI au régime réel intervient dans deux cas : soit de façon automatique lorsque votre chiffre d’affaires dépasse le plafond micro-BNC de 83 600 € HT, soit sur option, si vous souhaitez déduire vos frais réels sans attendre ce seuil.
C’est précisément là son avantage décisif : la déduction de l’ensemble des charges professionnelles, qu’il s’agisse des déplacements, de la responsabilité civile professionnelle, des cotisations Madelin ou des frais de bureau.
Bon à savoir : en micro-entreprise, les frais réels ne sont pas déductibles. Dès que vos charges dépassent 34 % de votre CA, l’EI au régime réel devient plus avantageux.
La société
L’EURL et la SASU : les deux formes plébiscitées
Ces deux structures vont plus loin que la simple protection du patrimoine offerte à l’entrepreneur individuel depuis 2022 : elles créent une personne morale autonome, juridiquement distincte de son associé. Les dettes de la société n’engagent pas le patrimoine personnel du dirigeant
Par défaut, l’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) dont l’associé est une personne physique est soumise à l’impôt sur le revenu (IR), comme en EI au régime réel. Elle peut cependant opter pour l’IS, ce qui ouvre la voie à un taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice (sous conditions), puis 25 % au-delà, ainsi qu’à une rémunération en dividendes. La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) quant à elle, est soumise à l’IS par défaut.
La différence clé réside dans le régime social. Le président de SASU est assimilé-salarié : il cotise au régime général et bénéficie d’une meilleure couverture maladie et retraite. Le gérant majoritaire d’EURL relève quant à lui du régime SSI : les cotisations sont moindres, mais la protection sociale l’est aussi.
Quand passer en société ?
Trois situations rendent le passage en société particulièrement pertinent : un chiffre d’affaires stabilisé au-delà du plafond micro, un besoin de crédibilité renforcée auprès de grands mandants, ou un projet d’association avec d’autres professionnels.
Quelles démarches pour lancer son activité d’agent commercial ?
L’immatriculation via le guichet unique de l’INPI
Avant toute démarche, vous devez disposer d’au moins un contrat de mandat signé avec un mandant : c’est la condition préalable à l’inscription au RSAC. L’immatriculation doit intervenir dans les 15 jours suivant le début d’activité.
En entreprise individuelle : l’inscription au RSAC
Via le Guichet Unique de l’INPI, vous devez effectuer deux inscriptions distinctes : la déclaration d’activité auprès de l’URSSAF, qui vous attribue votre SIRET, et l’inscription au RSAC, registre spécifique à l’activité d’agent commercial. Les pièces à fournir pour le RSAC sont :
- Une copie de la pièce d’identité ;
- Une déclaration de non-condamnation ;
- Le contrat de mandat signé.
Une fois le dossier validé, vous recevez votre numéro RSAC, à indiquer sur toutes vos factures et correspondances. Coût : 23,86 €.
En société : RCS puis RSAC
La création d’une société implique des formalités préalables : rédaction des statuts, dépôt du capital social, publication d’un avis de constitution et dépôt du dossier sur le Guichet Unique pour l’immatriculation au RCS. Une fois la société créée et dotée d’un SIRET, vous pouvez procéder à l’inscription au RSAC, toujours via le Guichet Unique.
Bon à savoir : le numéro RSAC et le SIRET sont deux identifiants distincts. Le SIRET identifie votre entreprise auprès de l’administration (URSSAF, impôts, banques). Le numéro RSAC atteste spécifiquement de votre qualité d’agent commercial et doit figurer sur toutes vos factures et contrats de mandat.
Le contrat de mandat entre l’agent et le mandant
Un contrat non obligatoirement écrit, mais indispensable
La loi n’impose pas la forme écrite pour le contrat de mandat d’agent commercial. En pratique, l’absence d’écrit expose l’agent à des litiges difficiles à trancher. Ce contrat, régi par les articles L134-1 à L134-17 du Code de commerce, doit préciser :
- La zone géographique ou le portefeuille clients attribué ;
- Le taux de commission et ses modalités de calcul,
- L’exclusivité ou non (et les conditions pour représenter des mandants concurrents) ;
- La durée (déterminée ou indéterminée) ;
- Les obligations réciproques de loyauté et d’information entre les deux parties.
Les droits à la fin du contrat
En cas de contrat à durée indéterminée, le préavis de résiliation est progressif : 1 mois la première année, 2 mois la deuxième, 3 mois à partir de la troisième année. En cas de résiliation à l’initiative du mandant sans faute grave de l’agent, ce dernier a droit à une indemnité compensatrice représentant généralement 2 ans de commissions brutes moyennes. L’agent dispose d’un délai d’1 an après la cessation du contrat pour en faire la demande.
Bon à savoir : l’agent commercial ne peut pas renoncer par avance à son indemnité de rupture. Toute clause contractuelle allant en ce sens est réputée nulle de plein droit.
La rémunération à la commission et la gestion comptable de l’activité
Le principe de la commission
La rémunération de l’agent commercial est librement fixée dans le contrat de mandat. Elle prend le plus souvent la forme d’une commission calculée en pourcentage du chiffre d’affaires réalisé, mais peut également être forfaitaire. Elle est due dès qu’une opération est conclue grâce à son intervention.
Non-négligeable : l’agent a également droit à commission lorsqu’un client conclut ultérieurement un contrat similaire directement avec le mandant, sauf clause contraire.
La comptabilité au quotidien de l’agent commercial
Au quotidien, l’agent commercial émet une facture pour chaque commission perçue. Celle-ci doit mentionner son numéro RSAC, son SIRET, le taux appliqué et la base de calcul. Si son chiffre d’affaires dépasse 37 500 € HT ou sur option, il collecte la TVA à 20 % et dépose une déclaration périodique. Il doit enregistrer chaque encaissement, conserver ses justificatifs et suivre ses commissions enregistrées dues et perçues par mandant.
Bon à savoir : un logiciel comme Indy automatise la saisie des factures, le suivi des encaissements et les déclarations TVA.
Combien gagne un agent commercial ?
La rémunération à la commission
Les taux de commission par secteur
Les taux varient considérablement selon le secteur d’activité, la complexité de la vente et le niveau d’exclusivité accordé par le mandant.
| Secteur | Taux de commission moyen |
| Immobilier | 3 – 7 % |
| Assurance | 5 à 15 % |
| BTP/industrie | 5 – 10 % |
| Services B2B / SaaS | 8 – 20 % |
| Alimentaire/GMS | 5 – 10 % |
Les revenus réels selon l’expérience
Les revenus d’un agent commercial dépendent directement de son portefeuille de mandants, de son secteur et de son ancienneté. Un agent débutant génère entre 25 000 et 35 000 € brut par an. Un profil confirmé atteint 50 000 à 80 000 €, et un agent senior travaillant avec plusieurs mandants peut dépasser 80 000 € par an.
Les charges sociales et la gestion comptable du statut
Les cotisations sociales selon le statut
En micro-entreprise, les cotisations sociales s’élèvent à 25,6 % du chiffre d’affaires encaissé. Elles peuvent être prélevées mensuellement ou trimestriellement. Elles couvrent la maladie-maternité, la retraite de base et complémentaire, l’invalidité-décès et les allocations familiales.
En EI au régime réel et en EURL, les mêmes garanties s’appliquent, mais les cotisations SSI sont calculées sur le bénéfice net et représentent 35 à 40 % de celui-ci.
En SASU, le président est assimilé-salarié : il cotise au régime général, avec des charges sociales (patronales et salariales) représentant environ 75 % du salaire net versé, mais bénéficie d’une meilleure couverture maladie-maternité et retraite.
Dans tous les cas, aucune protection chômage n’est prévue : prévoir une prévoyance privée est fortement recommandée.
Les obligations comptables selon le statut
En micro-BNC, les obligations sont minimales : tenir un livre de recettes chronologique suffit. En EI au régime réel, vous devez détenir un livre-journal et déposer le formulaire 2035.
En société, les exigences sont les plus lourdes : comptabilité complète, établissement du bilan, du compte de résultat et de l’annexe, approbation des comptes en assemblée générale et dépôt au greffe dans les délais légaux.
