- Aucune formation n’est légalement obligatoire pour devenir chauffeur VTC. L’examen national s’ouvre aux candidats libres, via une inscription en ligne sur le site examenT3P ;
- Les conditions d’accès comprennent un permis B détenu depuis 3 ans minimum, un casier judiciaire compatible avec la profession, un certificat médical d’aptitude délivré par un médecin agréé et une carte professionnelle VTC ;
- La micro-entreprise est le statut juridique le plus accessible au démarrage. Mais, l’EI au régime réel ou les sociétés EURL/SASU permettent de déduire les charges réelles, cruciales dans une activité où les frais représentent 40 à 60 % du chiffre d’affaires.
- Trois assurances professionnelles s’imposent (auto, RC circulation, RC exploitation) ainsi qu’une inscription obligatoire au registre REVTC (Registre des VTC). Exercer sans cette inscription expose à 15 000 € d’amende et 1 an d’emprisonnement.
Le métier de chauffeur VTC (Véhicule de Tourisme avec Chauffeur) attire de nombreux candidats par sa flexibilité horaire et son autonomie. Comme pour d’autres métiers de coursier, l’accès à cette profession soulève des questions sur les prérequis obligatoires. Faut-il absolument passer une formation pour exercer légalement ? Quelles sont les conditions administratives à remplir ? Comment obtenir sa carte professionnelle et créer son entreprise ? Vous découvrirez dans ce guide comment devenir VTC sans formation en respectant toutes les obligations légales.

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Les conditions légales pour devenir VTC
Les prérequis administratifs incontournables
Permis de conduire et ancienneté obligatoire
L’exercice du métier de chauffeur VTC impose de détenir un permis B en cours de validité depuis 3 ans minimum. Cette ancienneté se calcule à compter de la date d’obtention du permis probatoire. Une exception existe cependant : si vous avez suivi la conduite accompagnée, l’ancienneté requise descend à 2 ans, sous réserve de présenter une attestation.
Aptitude physique certifiée par un médecin agréé
La délivrance de la carte VTC nécessite un certificat médical d’aptitude. Attention : votre médecin traitant ne peut établir ce document. Vous devez consulter un médecin agréé par la préfecture, dont la liste complète figure sur le site internet de votre préfecture départementale.
Casier judiciaire compatible avec la profession
Le bulletin n°2 du casier judiciaire doit être exempté de certaines condamnations spécifiques. Les condamnations éliminatoires comprennent les délits routiers graves entraînant la perte de la moitié des points du permis, la conduite sans permis ou malgré annulation, ainsi que les peines criminelles ou correctionnelles égales ou supérieures à 6 mois (vol, escroquerie, abus de confiance, agression sexuelle, trafic de stupéfiants).
Les obligations liées à la carte professionnelle
Modalités d’obtention et caractéristiques
La carte professionnelle VTC constitue l’autorisation indispensable pour exercer légalement. Délivrée par la préfecture de votre domicile après réussite à l’examen ou obtention d’une équivalence, elle s’obtient exclusivement en ligne via la plateforme Démarches Simplifiées. Le délai d’instruction atteint 3 mois maximum à compter du dépôt du dossier complet. Le coût s’élève à 60,13 € payables lors de la demande.
Contenu et utilisation de la carte
Le document comporte votre nom, prénom et photographie, ainsi qu’un numéro unique d’identification. Un QR code intégré permet aux clients et autorités de vérifier instantanément sa validité via le portail Cerbère. La carte reste valable 5 ans à compter de sa délivrance. Vous devez la placer en évidence sur le pare-brise et elle doit également être visible de l’extérieur. Vous pouvez la retirer lorsque vous n’exercez pas votre activité professionnelle.
Renouvellement et formation continue obligatoire
Le renouvellement de la carte professionnelle intervient tous les 5 ans. Cette démarche impose de suivre préalablement un stage de formation continue de 14 heures (2 jours) dans un centre agréé par la CMA (Chambre des Métiers et de l’Artisannat) de votre département. L’attestation de formation constitue un document obligatoire pour obtenir le renouvellement.
Les différences entre chauffeur VTC et chauffeur de taxi
Réservation et mode de prise en charge
Le VTC impose une réservation préalable obligatoire, que celle-ci s’effectue par téléphone, application ou plateforme en ligne. La maraude reste strictement interdite : vous ne pouvez pas rechercher activement des clients dans la rue ni accepter qu’un passant vous hèle. Le stationnement sur voie publique est également interdit, sauf pour attendre un client ayant réservé près des gares ou aéroports, dans la limite d’1 heure maximum. À l’inverse, le taxi bénéficie d’une totale liberté.
Tarification et investissement initial
Le chauffeur VTC fixe librement ses prix en annonçant un forfait dès la réservation ou en calculant le montant selon le temps et la distance. En revanche, le taxi applique les tarifs réglementés par la préfecture via un compteur homologué. Autre différence majeure : aucune licence n’est requise pour le VTC alors qu’elle est obligatoire pour le chauffeur de taxi, ce qui représente une économie importante.
Examen et signalétique du véhicule
L’examen VTC est national : les épreuves restent identiques partout en France. La signalétique lumineuse demeure interdite pour éviter toute confusion avec les taxis. Seule l’apposition d’une vignette rouge sur le pare-brise est obligatoire. Le taxi, quant à lui, passe un examen départemental dont le contenu varie selon la zone géographique, et doit installer un lumineux « TAXI » visible sur le toit du véhicule.
Comment obtenir sa carte VTC sans passer par une formation classique ?
La possibilité de passer l’examen en candidat libre
Accès libre à l’examen sans formation imposée
Contrairement à une idée reçue, aucune formation préalable n’est légalement obligatoire pour devenir chauffeur VTC. Vous pouvez vous inscrire à l’examen en candidat libre via la plateforme centralisée examenT3P.fr, mise en place par CMA France depuis novembre 2025. Cette démarche présente cependant des risques : le taux d’échec reste plus élevé sans préparation adaptée.
Épreuve théorique : tests de connaissance
Cette épreuve porte sur plusieurs domaines essentiels :
- La gestion d’entreprise ;
- La sécurité routière ;
- La réglementation nationale spécifique de l’activité de VTC ;
- Le développement commercial ;
- La maîtrise du français et de l’anglais.
L’examen combine QCM (Questionnaire à Choix Multiple) et questions à réponses courtes. La réussite impose une moyenne générale d’au moins 10/20 sans note éliminatoire.
Épreuve pratique
L’admissibilité reste valable 1 an, période durant laquelle vous disposez de 3 tentatives maximum pour valider l’épreuve pratique. Celle-ci dure 45 minutes (dont 20 minutes minimum de conduite sur route). Les compétences suivantes sont notées sur 20 points : préparation du parcours et facturation, sécurité et souplesse de la conduite, respect du code de la route, qualité de la prise en charge et de la relation client, capacité à apporter des informations touristiques. La note minimale exigée atteint 12/20 sans faute grave.
Les documents à fournir pour s’inscrire à l’examen
Pièces d’identité selon votre nationalité
Le dossier d’inscription varie selon votre situation. Les ressortissants français ou de l’Union Européenne doivent présenter une carte nationale d’identité ou un passeport valide. En revanche, les ressortissants hors UE doivent joindre un titre de séjour, un récépissé de première demande ou de renouvellement autorisant l’activité professionnelle, délivré par une autorité française.
Permis de conduire et justificatifs complémentaires
Le permis B doit être valide, hors période probatoire, en bon état (non déchiré, non scotché) avec signature visible. Le dossier comprend également un justificatif de domicile récent (moins de 3 mois), ou une attestation d’hébergement accompagnée de la pièce d’identité de l’hébergeur et d’un justificatif à son nom. Ajoutez une photographie d’identité conforme aux normes officielles et votre signature manuscrite.
Coût et organisation de l’épreuve pratique
Les droits d’inscription sont à régler immédiatement. L’inscription complète s’élève à 241 € (théorie + pratique) ou 118 € pour repasser uniquement la pratique. Attention : ces droits excluent la location du véhicule à double commande, indispensable pour l’épreuve pratique.
Démarrer son activité et se mettre en conformité légale

Créer son entreprise de VTC (auto-entrepreneur ou société)
Quel statut choisir pour son activité VTC ?
Le choix du statut juridique détermine votre fiscalité, vos charges sociales et votre protection. Trois options principales s’offrent à vous : l’EI (Entreprise Individuelle) au micro ou au réel, la SASU (Société par Actions simplifiée Unipersonnelle) et l’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée).
| Caractéristiques | EI au micro | EI au réel | SASU/EURL |
| Avantages | Simplicité administrative, comptabilité allégée, abattement forfaitaire pour le calcul de l’impôt sur le revenu (IR) | Déduction des charges réelles (carburant, entretien, assurances), pas de plafond CA, cotisations calculées sur le bénéfice | Séparation patrimoine avec création d’une entité distincte, crédibilité renforcée auprès des banques et des partenaires, régime social plus protecteur (assimilé salarié en SASU) |
| Limites | Plafond CA 83 600 €, pas de déduction des frais réels, protection sociale limitée, cotisations calculées sur le CA | Comptabilité obligatoire, déclarations fiscales plus complexes | Formalités de création lourdes (statuts, annonce légale), comptabilité complexe, coûts de gestion élevés |
| Pour qui ? | Débuter l’activité, tester le marché sans risque | Activité dont le CA > plafond de l’EI au micro ou charges > abattement | Développement significatif, volonté de protéger son patrimoine, perspective d’investissements importants |
Les démarches d’immatriculation
Toute création d’entreprise passe par le guichet unique INPI. Vous devez déclarer votre activité en ligne en vous munissant de ces documents : pièce d’identité, justificatif de domiciliation et attestation de non-condamnation. Vous êtes automatiquement enregistré au RNE (Répertoire National des Entreprises). Votre numéro SIRET arrive sous quelques jours, vous autorisant à exercer légalement. Les démarches sont identiques lorsque vous lancez votre activité de livreur Deliveroo ou de livreur Amazon.
Les assurances et obligations légales à respecter
Les assurances indispensables pour exercer
Deux assurances sont légalement obligatoires pour lancer votre activité :
- Assurance automobile en usage professionnel : couvre les dommages matériels et corporels causés aux tiers lors de la circulation ;
- RC Pro circulation : protège spécifiquement vos passagers transportés à titre onéreux pendant les voyages.
Une troisième couverture s’avère indispensable, bien que non strictement obligatoire : la RC Pro exploitation. Celle-ci couvre les dommages hors circulation (bagages endommagés, blessures lors de la montée ou descente du véhicule, préjudices liés à un retard). Les plateformes comme Uber ou Bolt l’exigent généralement.
Inscription au registre VTC : démarche indispensable
Au-delà des assurances, l’inscription au registre des VTC (REVTC) conditionne l’exercice légal de l’activité. Cette formalité administrative coûte 170 € et nécessite un renouvellement tous les 5 ans. Le dossier comprend les attestations d’assurance, le justificatif de l’entreprise (extrait RNE ou numéro SIREN par exemple), la carte professionnelle VTC, la carte grise du véhicule et un justificatif de propriété (ou une garantie financière de 1 500 € en cas de location inférieure à 6 mois).
Important : exercer sans inscription expose à des sanctions pénales lourdes, incluant 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende, assortis d’une immobilisation du véhicule et d’une suspension de permis pouvant aller jusqu’à 5 ans.
