- Le terme de “paysagiste” désigne le métier de paysagiste concepteur, qui ne doit pas être confondu avec celui de jardinier ou d’ouvrier paysagiste ;
- Seuls les titulaires d’un DEP (Diplôme d’État de paysagiste) ou d’un DIP (Diplôme d’ingénieur en paysage) peuvent porter le titre de paysagiste concepteur ;
- Il y a de multiples façons d’accéder à ces deux diplômes : concours internes, concours externes, admission sur titre, VAE ;
- Les perspectives de carrière sont nombreuses : salariat en agence ou en collectivité, entrepreneuriat, conseil.
Vous avez une idée de création d’entreprise et rêvez de transformer des friches en jardins et des parkings en îlots de fraîcheur ? Le métier de paysagiste concepteur est fait pour vous. Pour y accéder, un bac +5 est indispensable. Et après le diplôme ? Salariat, création de votre entreprise, spécialisation… les perspectives sont nombreuses. Indy vous donne toutes les clés pour construire votre parcours universitaire et professionnel.

Sur Indy, la création d’entreprise est offerte ! Choix du statut juridique, rédaction des statuts, dépôt de capital, vous êtes guidé à chaque étape.
Qu’est-ce qu’un paysagiste ?
Définition et rôle du paysagiste
Une profession aux appellations multiples
Avant de comprendre comment devenir paysagiste, encore faut-il savoir en quoi consiste ce métier ! Le paysagiste est un professionnel de l’aménagement des espaces extérieurs urbains et ruraux.
Son rôle ? Concevoir des cadres de vie qui améliorent le quotidien des habitants, dans le respect de la biodiversité.
Le métier de paysagiste porte de nombreux noms : architecte paysagiste, ingénieur paysagiste, conseiller paysagiste, etc. Ne vous y trompez pas, sa dénomination officielle est : paysagiste concepteur.
Un titre réglementé : une activité qui ne l’est pas (ou presque)
L’appellation de paysagiste concepteur est protégée par la loi, plus précisément par le décret n° 2017-673.
Concrètement, un professionnel ne peut porter ce titre s’il n’est pas titulaire de l’un des diplômes (bac +5) suivants :
- Le DEP (Diplôme d’État de paysagiste) ;
- Le DIP (Diplôme d’ingénieur en paysage).
Le port illégal de ce titre est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende (article 433-17 du Code pénal).
Point important : le fait que le titre de “paysagiste concepteur” soit protégé ne crée pas pour autant un monopole. La conception paysagère reste ouverte à tous, bien que l’appellation “paysagiste concepteur” soit protégée.
Notez que l’usage de biocides et de produits phytopharmaceutiques est encadré par la loi et nécessite l’obtention de certificats.
Différences avec un jardinier, un ouvrier paysagiste et un technicien paysagiste
Ouvrier, technicien et concepteur : des rôles bien distincts
En pratique, la convention collective du paysage structure le secteur autour de trois profils bien distincts :
- L’ouvrier paysagiste est chargé de réaliser les travaux sur le terrain ;
- Le technicien paysagiste est responsable de la planification et de l’encadrement des équipes ;
- Le paysagiste concepteur a pour rôle la conception, la maîtrise d’œuvre et la direction de projet.
Jardinier et jardinier paysagiste : des termes trompeurs
Un paysagiste n’est ni un jardinier, ni un jardinier paysagiste.
Un jardinier est l’équivalent, hors secteur du paysage, d’un ouvrier paysagiste.
Quant au terme “jardinier paysagiste”, celui-ci appelle quelques éclaircissements.
Pléthore de formations et d’entreprises usent de cette appellation : “Métier de jardinier paysagiste : tout ce qu’il faut savoir”, “Jardinier paysagiste à Dijon”, etc. Sachez que ce terme n’apparaît pas une seule fois (littéralement) dans la convention collective nationale des entreprises du paysage (accessible ici).
Bien souvent, la terminologie “jardinier paysagiste” (titre non réglementé) désigne en réalité un professionnel qui se prévaut de posséder des compétences similaires à celles d’un ouvrier ou d’un technicien paysagiste.
Qualités et compétences nécessaires
Devenir paysagiste, c’est travailler à la croisée de nombreuses disciplines et mobiliser un ensemble de savoirs et de compétences complémentaires :
- Maîtrise de la conception paysagère : analyser un site (topographie, voies de circulation, zones à aménager), organiser les espaces et proposer un projet cohérent avec le cahier des charges, les contraintes climatiques, pédologiques et réglementaires ;
- Compétences graphiques et numériques : maîtrise des logiciels de DAO (Dessin assisté par ordinateur), dessiner des esquisses et des croquis à main levée ;
- Connaissance du végétal et des sols : espèces, formes, couleurs, volumes, cycles de croissance et préférences climatiques ;
- Connaissances environnementales : création d’îlots de fraîcheur, désartificialisation des sols, restauration de milieux naturels, préconisation d’espèces résistantes à la sécheresse, lutte contre l’érosion et prise en compte de la trame verte et bleue ;
- Culture pluridisciplinaire : urbanisme, architecture, histoire, géographie, arts, droit de l’urbanisme, droit immobilier ;
- Sens du dialogue et force de persuasion : savoir impliquer les riverains, convaincre les élus, les commanditaires et les instances d’autorisation du bien-fondé des projets proposés ;
- Créativité, minutie et précision : sensibilité artistique pour imaginer des espaces harmonieux, rigueur dans l’élaboration des documents techniques.
Quelle formation pour devenir paysagiste ?
Études et diplômes requis
Deux diplômes (niveau bac +5) donnent accès au titre de paysagiste concepteur :
- Le DEP (Diplôme d’État de paysagiste), délivré par quatre écoles : l’ENSP Versailles-Marseille, l’ENSAP Bordeaux, l’ENSAP Lille et l’INSA de Blois. La dimension artistique et la conception y sont centrales ;
- Le DIP (Diplôme d’ingénieur en paysage), délivré par l’Institut Agro Rennes-Angers, seul diplôme d’ingénieur donnant accès à ce titre. Les dimensions scientifique et technique y sont plus marquées. La spécialisation en “paysage” se fait en dernière année.
Chacune de ces deux formations dure trois ans, de la L3 au M2.
Stages et premières expériences
Comment devenir paysagiste sans se former sur le terrain ? Quelle que soit la filière de votre choix, les stages sont un incontournable durant votre formation.
En CPI et DIP, les stages (à caractère obligatoire) sont répartis ainsi :
- L2 : stage découverte du végétal (4 semaines) ;
- L3 : stage à l’étranger (8 semaines) ;
- M1 : projets professionnels en groupe (8 semaines) ;
- M2 : stage de fin d’études (24 semaines, soit 6 mois), donnant lieu à la rédaction d’un mémoire.
En CPEP et en DEP : toutes les écoles imposent des stages, leur durée varie d’un établissement à l’autre.
La VAE (Validation des acquis de l’expérience)
Le DEP et le DIP sont tous deux accessibles par la voie de la VAE (Validation des acquis de l’expérience), à condition de justifier d’une expérience professionnelle salariée, non salariée ou bénévole en lien avec le paysage.
Les deux diplômes sont finançables par les dispositifs de droit commun :
- Le CPF (Compte personnel de formation) ;
- Le plan de développement des compétences de l’entreprise ;
- France Travail.
Accéder au métier de paysagiste
Ça y est, vous êtes diplômé ? Félicitations !
Il vous reste un dernier choix à faire : souhaitez-vous plutôt vous lancer en tant qu’entrepreneur ou salarié ?
Quels contrats pour un paysagiste concepteur salarié ?
En tant que salarié paysagiste concepteur, vous relevez du statut cadre dans la convention collective des entreprises du paysage. Quatre types de contrats peuvent vous être proposés :
- Le CDI (Contrat à durée indéterminée) : contrat de droit commun, signé au plus tard le jour de l’embauche. La période d’essai est fixée à quatre mois, renouvelable une fois pour la même durée ;
- Le CDD (Contrat à durée déterminée) : contrat conclu pour une durée limitée, conformément aux articles L.1242-1 et suivants du Code du travail ;
- Le contrat de chantier : CDI lié à la réalisation d’un chantier précis, hors travaux d’entretien. Le salarié doit être affecté au moins 80 % de son temps sur le site concerné. À l’issue du chantier, le licenciement constitue une cause réelle et sérieuse et le salarié perçoit une indemnité égale au double de l’indemnité légale de licenciement, sans condition d’ancienneté ;
- Le CDD à objet défini : contrat spécifique aux cadres, d’une durée de 18 à 36 mois, destiné à la réalisation d’un projet nécessitant un savoir-faire particulier. À son terme, si aucun CDI n’est proposé, le salarié perçoit une indemnité égale à 10 % de sa rémunération brute totale.
Créer son entreprise de paysage
Quel statut juridique choisir ?
Si vous souhaitez exercer à votre compte, plusieurs formes juridiques s’offrent à vous.
Vous souhaitez lancer seul votre activité :
- La micro-entreprise est le statut le plus pratique. Vous bénéficiez d’obligations comptables allégées et d’un régime fiscal simplifié, mais vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles ;
- L’entreprise individuelle (EI), en revanche, implique des obligations comptables et fiscales plus complexes que la micro-entreprise. Elle vous permet toutefois d’exercer en nom propre tout en déduisant vos charges professionnelles réelles.
Vous souhaitez créer votre société :
- L’EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est une société à associé unique. Elle est soumise par défaut à l’impôt sur le revenu (avec option possible pour l’impôt sur les sociétés). Votre responsabilité est limitée au montant de vos apports, ce qui permet de protéger votre patrimoine personnel. Son fonctionnement reste relativement encadré par la loi ;
- La SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle) est également constituée d’un seul associé. Elle est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés (avec option temporaire possible pour l’IR). Elle offre une plus grande souplesse dans l’organisation et séduit souvent les entrepreneurs qui envisagent un développement rapide ou l’entrée future d’investisseurs.
Vous souhaitez vous associer :
- La SARL (Société à responsabilité limitée) permet de réunir jusqu’à 100 associés. Son fonctionnement est strictement encadré par la loi, ce qui sécurise le cadre juridique mais laisse moins de liberté dans l’organisation interne ;
- La SAS (Société par actions simplifiée) n’impose aucun plafond d’associés et offre une grande liberté statutaire. Les règles de gouvernance, d’entrée et de sortie des associés peuvent être aménagées dans les statuts, ce qui en fait une forme particulièrement flexible.
Création de votre entreprise
Une fois le statut juridique choisi, vous devez procéder à l’immatriculation de votre activité via le guichet unique géré par l’INPI.
Concrètement, vous devrez :
- Compléter votre dossier de création en ligne (activité, identité, options fiscales, etc.) ;
- Joindre les pièces justificatives demandées (pièce d’identité, déclaration de non-condamnation, justificatif de domiciliation…) ;
- Rédiger et déposer les statuts si vous créez une société (EURL, SASU, SARL, SAS) ;
- Publier une annonce légale en cas de création de société ;
- Régler les frais d’immatriculation.
Une fois votre dossier validé, votre entreprise est immatriculée et vous recevez votre numéro SIREN. Vous pouvez alors démarrer officiellement votre activité de paysagiste.
Selon la nature exacte de vos prestations (entretien, élagage, travaux paysagers…), certaines assurances professionnelles, notamment la responsabilité civile professionnelle, voire la garantie décennale pour certains travaux, sont fortement recommandées, voire obligatoires.
Perspectives, revenus et évolutions de carrière
Débouchés
Le métier de paysagiste concepteur permet une insertion professionnelle rapide, portée par la diversité des secteurs qui recrutent :
- Le secteur privé : agences de paysagistes, d’architectes ou d’urbanistes, bureaux d’études et d’ingénierie ;
- Le secteur public : services de l’État, collectivités territoriales, mission de paysagiste-conseil de l’État ;
- Le secteur parapublic : CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement), établissements d’enseignement et de recherche.
Rémunération
La convention collective des entreprises du paysage impose une grille des salaires pour les cadres.
Les positions C (entrée dans la catégorie cadre) à C5 (direction d’une unité avec délégation permanente) reflètent une progression en responsabilité, en autonomie et en technicité.
| Position | Salaire annuel brut |
| C | 38147 |
| C1 | 42336 |
| C2 | 42336 |
| C3 | 44100 |
| C4 | 45424 |
| C5 | 48510 |
Spécialisations possibles
Au fil de sa carrière, le paysagiste concepteur peut orienter sa pratique vers des thématiques de plus en plus spécialisées :
- Urbanisme durable : éco-quartiers, renouvellement urbain, réduction des îlots de chaleur, gestion des eaux pluviales ;
- Biodiversité et transition écologique : trame verte et bleue, évaluation environnementale, choix de végétaux adaptés au changement climatique ;
- Patrimoine paysager : restauration de paysages historiques, plans de gestion UNESCO, opérations Grand Site de France ;
- Grandes infrastructures : intégration paysagère de routes, voies ferrées, ports, sites industriels et énergies renouvelables ;
- Planification territoriale : SCOT, PLU, atlas des paysages, plans de paysage, atelier des territoires ;
- Conseil et politiques publiques : consultant en environnement, paysagiste-conseil de l’État, animation de démarches participatives avec les habitants.
