Passez à la facturation électronique avec Indy : c’est simple et gratuit 

Un particulier peut-il faire une facture ? Ce que dit vraiment la loi

En résumé

  • En France, un particulier ne peut pas émettre de facture au sens comptable du terme : la facturation est réservée aux personnes exerçant une activité déclarée (société, entrepreneur individuel, micro-entrepreneur, association dans certains cas) ;
  • L’absence d’immatriculation (et donc de SIREN/SIRET) rend la facture non conforme ;
  • Un particulier peut toutefois produire des documents alternatifs : attestation de vente, note de frais, CESU pour les services à la personne ;
  • Dès que l’activité devient régulière, l’immatriculation est obligatoire, le statut de micro-entrepreneur est souvent la solution la plus simple et la plus rapide ;
  • Sans immatriculation, émettre une facture expose à des risques fiscaux et juridiques sérieux.

Vous avez vendu un objet d’occasion, donné des cours particuliers ou réalisé une prestation ponctuelle, et l’on vous demande une facture ? Contrairement à une idée reçue, un particulier ne peut pas émettre une facture professionnelle simplement parce qu’il a été rémunéré. En France, la facturation est encadrée par des règles précises et réservée aux activités déclarées. Quel que soit le type de facture concerné, certaines conditions doivent être remplies pour que le document soit valable. Alors, un particulier peut-il faire une facture ? Quelles sont les alternatives possibles et comment se mettre en conformité ? On fait le point. 

Un particulier peut-il faire une facture ? Ce que dit vraiment la loi

Vous souhaitez vous lancer en tant qu’auto-entrepreneur pour pouvoir facturer vos clients ? 
Comptabilité, facturation, déclarations, compte pro gratuit… Indy simplifie la vie des indépendants !

Ce que dit la loi sur la facture d’un particulier

La facturation est réservée aux professionnels immatriculés

En France, la facture est un document réservé aux personnes exerçant une activité déclarée. L’article L441-9 du Code de commerce encadre notamment les obligations de facturation dans les relations entre professionnels. En pratique, seules les structures immatriculées peuvent émettre des factures conformes. Il s’agit notamment : 

  • Les sociétés (SAS, SASU, SARL, EURL…) ;
  • Les entrepreneurs individuels, dont font partie les micro-entrepreneurs ;
  • Les associations dans certains cas (activités lucratives accessoires déclarées) ;
  • Plus généralement, toute entité immatriculée et disposant d’un numéro SIRET.

Le SIRET n’est pas un droit en soi, mais la conséquence de l’immatriculation d’une activité professionnelle : c’est parce qu’une activité est déclarée qu’un numéro est attribué, et non l’inverse. Un particulier non immatriculé ne remplit pas ces conditions, quelle que soit la nature ou le montant de la transaction.

L’absence de SIRET : une facture non conforme, pas forcément inexistante

Parmi les mentions obligatoires que doit comporter toute facture en France figure l’identité complète du vendeur ou prestataire, incluant son numéro SIREN ou SIRET. Ce numéro n’est délivré que par l’INSEE, lors de l’immatriculation.

L’absence de SIREN ou SIRET rend la facture non conforme fiscalement et comptablement : elle ne sera pas acceptée comme pièce justificative par l’administration. Le document peut cependant exister en tant que preuve contractuelle privée entre les parties, sans pour autant avoir de valeur légale.

Bon à savoir : Cette règle vaut également pour une adresse de facturation personnelle. Indiquer son adresse personnelle sur un document appelé « facture » ne suffit pas à en faire un document légalement valide si l’émetteur n’est pas immatriculé.

Aucune exception selon le montant ou la fréquence

Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de seuil en dessous duquel un particulier serait autorisé à facturer. Que la transaction porte sur 10 € ou 10 000 €, que ce soit une fois dans l’année ou une fois par semaine, l’interdiction reste la même. La régularité de l’activité est en revanche le critère déclenchant l’obligation de s’immatriculer, nous y revenons plus bas.

Les alternatives légales à la facture pour un particulier

L’attestation de vente pour la cession de biens

Lorsqu’un particulier vend un bien (véhicule, matériel, objet d’occasion…), il peut établir une preuve de vente écrite, souvent appelée attestation de vente. Il ne s’agit pas d’un document document officiel encadré par la loi, mais d’une preuve contractuelle privée qui atteste que la transaction a bien eu lieu. Elle peut servir en cas de litige ou de contrôle, et est particulièrement utile lorsque l’acheteur est une entreprise, qui doit enregistrer toute transaction dans sa comptabilité.

L’attestation de vente doit mentionner :

  • L’identité complète du vendeur et de l’acheteur ;
  • La date et le lieu de la vente ;
  • La description précise du bien vendu ;
  • Le prix et les modalités de paiement ;
  • La signature des deux parties.

Exemple : Un particulier vend son ancien ordinateur portable à une TPE pour 400 €. L’entreprise lui demande un justificatif pour sa comptabilité. Il établit une attestation de vente reprenant les informations ci-dessus, la TVA n’est pas mentionnée, car il n’est pas assujetti.

Le CESU pour les services à la personne

Lorsqu’un particulier réalise des services à la personne à domicile (ménage, garde d’enfants, soutien scolaire, jardinage, petit bricolage, etc.), il n’est pas nécessaire de créer une entreprise pour être rémunéré. Dans ce cas, le particulier qui bénéficie de la prestation peut l’employer et le déclarer via le Chèque emploi service universel (CESU).

Le CESU permet de déclarer l’activité et de rémunérer légalement l’intervenant, tout en accomplissant les formalités sociales obligatoires. En contrepartie, la personne qui réalise la prestation agit comme salariée du particulier employeur et n’émet donc aucune facture. 

La note de frais pour les bénévoles

Un particulier engagé bénévolement dans une association ne peut pas facturer ses prestations. En revanche, il peut se faire rembourser ses dépenses réelles via une note de frais, accompagnée des justificatifs correspondants : tickets de transport, frais de repas, frais d’hébergement, matériel, etc. Ce document doit préciser la date, l’objet et la nature de chaque dépense.

Comment se régulariser pour pouvoir facturer légalement ? 

Quand l’immatriculation devient obligatoire

La règle est la suivante : dès lors qu’une activité est exercée de manière habituelle, indépendante et dans un but lucratif, elle doit généralement être déclarée auprès de l’administration compétente. La notion d’habitude s’apprécie au cas par cas, mais une activité répétée, même sans intention commerciale déclarée, peut être requalifiée par l’administration fiscale.

Exercer une activité non déclarée expose à des sanctions : redressement fiscal, requalification des revenus, voire poursuites pour travail dissimulé.

Le statut micro-entrepreneur : la solution la plus accessible

Pour la grande majorité des situations (cours particuliers, petites prestations de service, vente de créations artisanales…), le statut de micro-entrepreneur est la voie la plus rapide et la moins contraignante. La création se fait en ligne en quelques minutes sur le site du guichet des formalités des entreprise (ici), sans capital minimum ni comptabilité complexe.

Ce statut donne immédiatement accès à un numéro SIRET, qui vous permet d’émettre des factures conformes, qu’il s’agisse d’une facture sans TVA (sous le seuil de franchise en base) ou d’une facture avec TVA si le chiffre d’affaires dépasse les seuils applicables suivants : 

Type d’activitéSeuil micro-entrepreneur (CA annuel)Franchise TVA
Vente de biens203 100 €85 000 €
Prestations de services BNC/BIC83 600 €37 500 €

Les autres statuts possibles

Si l’activité prend de l’ampleur, d’autres structures peuvent être envisagées. L’entreprise individuelle classique offre davantage de souplesse que le régime micro pour certaines charges déductibles. La création d’une société, comme une SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) ou une EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée), devient pertinente lorsque les enjeux patrimoniaux ou fiscaux le justifient. 

Les risques à émettre une fausse facture en tant que particulier

Requalification fiscale et redressement

Un particulier qui émet régulièrement des documents ressemblant à des factures, même informels, s’expose à une requalification de ses revenus par le fisc. Ces sommes peuvent être imposées comme des bénéfices commerciaux (BIC) ou non commerciaux (BNC), avec rappel de cotisations sociales et pénalités de retard.

Risque de travail dissimulé

Lorsque les prestations de service sont répétées sans déclaration, l’administration peut qualifier la situation de travail dissimulé. Les sanctions sont lourdes : amendes, remboursement des cotisations sociales éludées, et dans certains cas, poursuites pénales.

Absence de protection juridique

Sans statut professionnel, un particulier ne bénéficie d’aucune protection en cas d’impayé. Il ne peut pas engager de procédure de recouvrement fondée sur une facture, puisqu’aucun document légalement valable n’a été émis.

Factures de solde, de doit ou encore facture acquittée, etc. Nous répondons à toutes vos interrogations sur la facturation !

Indy : bien plus qu'une app de comptabilité - Créer un compte

par Julie Pay Vargas

Julie est rédactrice de contenu chez Indy. Spécialiste des entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés, elle partage toutes ses connaissances afin de rendre la comptabilité accessible à tous !

Questions fréquentes

Un particulier peut-il faire une facture à un autre particulier ?

Pas au sens comptable et fiscal du terme. Un particulier peut établir un document de cession ou une preuve de vente écrite à destination d'un autre particulier, mais ce document ne constituera pas une facture professionnelle. Sans immatriculation, aucun des deux interlocuteurs ne peut légalement émettre ni exiger une facture conforme.

Est-il possible de faire une facture pour des cours particuliers sans être auto-entrepreneur ?

Non. Pour émettre une facture cours particuliers, il est indispensable d'être immatriculé, a minima sous le statut de micro-entrepreneur. Sans SIRET, aucun document émis ne sera considéré comme une facture légale.

Peut-on faire une attestation de vente à la place d'une facture ?

Oui, pour la cession d'un bien personnel. L'attestation de vente est le document le plus proche d'une facture que peut produire un particulier. Elle ne mentionne pas la TVA et n'a pas la même valeur comptable qu'une facture professionnelle, mais elle constitue une preuve valable de la transaction.

Quels risques si je fais quand même une facture en tant que particulier ?

Les risques sont réels : requalification fiscale avec rappel d'impôts et cotisations sociales, risque de travail dissimulé si l'activité est régulière, et absence totale de recours en cas de litige ou d'impayé. 

Laisser un commentaire

Prêt pour la vraie indépendance ?

Comme 300 000 indépendants, gérez, pilotez et déclarez vous-mêmes.

Sans frais cachés - 30 jours satisfait ou remboursé

Découvrez le logiciel Indy

La solution n°1 pour gérer votre comptabilité, vos factures et vos déclarations sans stress.

Ajoutez votre titre ici

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.