- La nue-propriété est l’un des deux attributs du démembrement de propriété, avec l’usufruit : le nu-propriétaire détient le bien sans pouvoir l’occuper ni en percevoir les loyers ;
- Ce montage offre des avantages fiscaux significatifs : décote à l’achat, absence d’IFI, pas d’imposition sur les revenus locatifs pendant la période de démembrement ;
- À l’extinction de l’usufruit, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété du bien sans frais supplémentaires ni imposition ;
- La nue-propriété peut s’acquérir via une SCI, ce qui offre des leviers patrimoniaux supplémentaires pour les investisseurs souhaitant optimiser leur fiscalité.
Vous envisagez d’investir dans l’immobilier tout en limitant votre pression fiscale ? La nue-propriété est une solution patrimoniale méconnue qui séduit de plus en plus d’investisseurs. Ce mécanisme, issu du démembrement de propriété (ou démembrement SCI lorsqu’il est réalisé via une société civile immobilière) permet d’acquérir un bien immobilier à prix réduit, sans en assumer les charges courantes. Mais comment fonctionne-t-il concrètement ? Quels en sont les avantages et les limites ? Cet article vous explique tout ce qu’il faut savoir sur la nue-propriété.

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Qu’est-ce que la nue-propriété ?
La distinction entre usufruit, nue-propriété et pleine propriété
En droit français, la propriété d’un bien peut être divisée en deux composantes distinctes : l’usufruit et la nue-propriété. Ce mécanisme juridique porte le nom de démembrement de propriété.
L’usufruit confère à son titulaire (l’usufruitier) le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les revenus (comme les loyers), sans en être propriétaire au sens plein du terme. La nue-propriété, quant à elle, correspond à la détention du bien lui-même, sans le droit d’en jouir ou d’en percevoir les fruits pendant la durée du démembrement.
La pleine propriété réunit ces deux composantes en une seule main. Elle confère à son détenteur tous les attributs du droit de propriété : l’usage du bien (usus), la perception de ses fruits (fructus) et le droit d’en disposer librement (abusus). Lors de l’extinction de l’usufruit (généralement au décès de l’usufruitier ou à l’issue d’une période contractuellement définie) le nu-propriétaire recouvre automatiquement la pleine propriété du bien.
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Comment se calcule la valeur de la nue-propriété ?
La valeur de la nue-propriété est calculée en déduisant de la valeur totale du bien la valeur de l’usufruit. Cette dernière dépend de l’âge de l’usufruitier (dans le cadre d’un usufruit viager) ou de la durée contractuelle du démembrement (dans le cadre d’un usufruit temporaire).
Le fisc utilise un barème officiel pour les transmissions à titre gratuit (donations, successions). Pour les opérations commerciales, la décote appliquée au nu-propriétaire est généralement comprise entre 30 % et 40 % de la valeur vénale du bien, selon la durée de démembrement retenue, souvent entre 15 et 20 ans.
💡 Bon à savoir : plus la durée de démembrement est longue, plus la décote sur le prix d’achat de la nue-propriété est importante. Pour un démembrement de 20 ans, la décote peut atteindre 40 à 45 % du prix du marché.
Quels sont les avantages de la nue-propriété ?
Un prix d’acquisition réduit
Le premier avantage de la nue-propriété est financier : le nu-propriétaire acquiert un bien immobilier à un prix sensiblement inférieur à sa valeur de marché. Cette décote, généralement fixée entre 30 % et 45 %, constitue une économie immédiate sur le capital investi et améliore mécaniquement la rentabilité à long terme de l’opération.
À l’issue de la période de démembrement, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété du bien sans avoir à débourser une somme supplémentaire, ni acquitter de droits de mutation. La plus-value latente générée par la réunion de l’usufruit et de la nue-propriété est totalement exonérée d’imposition.
Une fiscalité très favorable
L’investissement en nue-propriété offre plusieurs avantages fiscaux substantiels :
- Exonération d’IFI : la nue-propriété n’entre pas dans l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). C’est l’usufruitier qui est redevable de cet impôt sur la valeur totale du bien ;
- Absence d’imposition sur les revenus fonciers : puisque le nu-propriétaire ne perçoit aucun loyer pendant la durée du démembrement, il n’est soumis à aucune taxation sur les revenus locatifs ;
- Déductibilité des intérêts d’emprunt : si le nu-propriétaire a financé son acquisition à crédit, les intérêts du prêt peuvent être déduits de ses autres revenus fonciers, réduisant ainsi son imposition globale ;
- Aucune charge de gestion : les travaux d’entretien courant et la taxe foncière incombent en principe à l’usufruitier, ce qui allège considérablement la gestion du patrimoine du nu-propriétaire.
Un outil de transmission patrimoniale efficace
La nue-propriété est également un levier privilégié pour organiser la transmission d’un patrimoine. Les parents peuvent donner la nue-propriété de leurs biens à leurs enfants tout en conservant l’usufruit jusqu’à leur décès. Cette technique permet de transmettre un actif immobilier de son vivant, en bénéficiant d’abattements fiscaux renouvelables tous les quinze ans, tout en continuant à percevoir les revenus du bien ou à l’occuper.
💡 Le saviez-vous ? Au décès de l’usufruitier, les enfants recouvrent la pleine propriété du bien sans payer de nouveaux droits de succession, la valeur de la nue-propriété ayant déjà été taxée au moment de la donation.

Quels sont les inconvénients et les risques de la nue-propriété ?
Une indisponibilité du capital sur le long terme
Le principal inconvénient du démembrement de propriété réside dans l’immobilisation du capital sur une longue période. Pendant toute la durée du démembrement (souvent 15 à 20 ans) le nu-propriétaire ne peut ni occuper le bien, ni percevoir les loyers. Il ne peut pas non plus revendre facilement le bien sans l’accord de l’usufruitier, sauf à céder uniquement sa quote-part de nue-propriété, ce qui réduit considérablement le bassin d’acquéreurs potentiels.
Cette contrainte implique que l’investissement en nue-propriété est avant tout une stratégie patrimoniale de long terme, peu compatible avec un besoin de liquidités à court ou moyen terme.
Une absence de revenus immédiats
Contrairement à un investissement locatif classique, la nue-propriété ne génère aucun revenu pendant toute la durée du démembrement. Le rendement de l’opération est entièrement différé et se matérialise lors de la réunion de l’usufruit, soit par la mise en location ou l’occupation du bien, soit par sa revente.
Cela signifie que cet investissement ne convient pas aux personnes cherchant à compléter leurs revenus à court terme. Il s’adresse davantage aux investisseurs qui disposent déjà d’une base de revenus solide et souhaitent construire ou transmettre un patrimoine sur le long terme.
Des travaux importants à la charge du nu-propriétaire
Si les travaux d’entretien courant incombent à l’usufruitier, les travaux de grosse réparation (structure, toiture, ravalement de façade…) restent à la charge du nu-propriétaire, conformément à l’article 605 du Code civil. En pratique, la frontière entre entretien et grosse réparation peut être floue et source de litiges entre les deux parties.
De plus, à l’extinction de l’usufruit, le bien peut nécessiter des travaux de remise en état si l’usufruitier n’a pas entretenu le logement correctement. Le nu-propriétaire doit donc intégrer ce risque dans son plan de financement.
⚠️ À noter : en cas d’usufruit viager, la durée du démembrement est incertaine puisqu’elle dépend du décès de l’usufruitier. Cette incertitude peut compliquer les projections financières à long terme.
Comment investir en nue-propriété via une SCI ?
Les avantages d’investir en SCI en nue-propriété
Investir en SCI (Société Civile Immobilière) tout en ayant recours au démembrement de propriété est une stratégie patrimoniale particulièrement prisée des investisseurs avertis. Concrètement, c’est la SCI qui détient la nue-propriété du bien tandis que l’usufruit est attribué à un bailleur institutionnel ou à une autre entité, selon les modalités convenues.
Ce montage présente plusieurs atouts :
- Mutualisation des risques : plusieurs associés peuvent se regrouper au sein d’une SCI pour acquérir conjointement la nue-propriété d’un bien immobilier, ce qui rend l’investissement accessible à des budgets plus modestes ;
- Optimisation de la transmission : les parts de SCI peuvent être données progressivement aux héritiers avec des décotes supplémentaires liées à la nue-propriété et à la décote de minorité ;
- Souplesse de gestion : la structure sociale permet d’organiser librement les droits et obligations de chaque associé dans les statuts.
Nue-propriété en SCI : les points de vigilance
Si le montage SCI avec démembrement offre de réels avantages, il exige également une vigilance accrue sur plusieurs aspects :
D’abord, le choix du régime fiscal de la SCI (impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés) aura un impact déterminant sur la fiscalité de l’ensemble de l’opération, notamment lors de la réunion de l’usufruit et de la nue-propriété. Il est donc indispensable de se faire accompagner par un expert-comptable ou un notaire avant de se lancer.
Ensuite, les statuts de la SCI doivent être rédigés avec soin pour anticiper les situations de blocage éventuelles entre associés, en particulier lors de décisions importantes comme la revente du bien ou la réalisation de travaux.
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💬 Si vous avez des questions sur la nue-propriété, utilisez l’espace commentaires, nous vous répondrons avec plaisir !
