Quelles sont les étapes pour lancer son entreprise ?

Les étapes pour lancer son entreprise peuvent varier. En effet, le choix du statut juridique, par exemple, aura des conséquences sur la complexité du processus. Toutefois, certaines grandes étapes restent communes à toute création d’entreprise : l’élaboration d’un business plan, le choix du siège social, l’immatriculation auprès de l’INPI… Alors, comment créer son entreprise sans oublier d’étape importante ? On vous dit tout dans cet article très complet.

Sommaire

  1. Avant l’administratif : les premières étapes pour lancer son entreprise
  2. L’étape des choix pour lancer son entreprise
  3. Dernière étape pour lancer son entreprise : l’immatriculation auprès de l’INPI

Avant l’administratif : les premières étapes pour lancer son entreprise

Avant même la création concrète de votre entreprise, vous devez anticiper certaines étapes pour vous lancer sur de bonnes bases. Parmi elles, la réalisation d’une étude de marché, et la construction d’un business plan.

Réaliser une étude de marché

Quand on parle de “marché”, on parle de l’environnement global dans lequel votre entreprise évoluera une fois créée. On y retrouve donc :

  • la demande : l’ensemble des clients, particuliers ou professionnels, qui pourraient être intéressés par vos services ou vos produits ;
  • l’offre : l’ensemble des acteurs qui souhaitent vendre leurs produits ou services, y compris votre concurrence directe ou indirecte ;
  • le contexte ou environnement : les lois et réglementations, les évolutions socioculturelles, les avancées technologiques, etc.

Tous ces éléments peuvent avoir un impact sur la réussite de votre entreprise. C’est pour cette raison que réaliser une étude de marché est une étape importante avant de créer votre entreprise.

L’objectif est de réduire les risques, en anticipant au maximum tous les facteurs :

  • Aurez-vous une forte concurrence dès le début de votre activité, ou serez-vous seul sur votre marché ?
  • Le besoin auquel vous répondrez existe-t-il déjà, ou devrez-vous communiquer sur ce besoin ?
  • À quels prix vos cibles sont-elles habituées ?

💡 En bref : l’étude de marché permet de connaître les forces en puissances, de cibler vos opportunités et d’identifier les obstacles que vous devrez franchir. Elle permet également de se projeter à court, moyen et long terme, pour planifier au mieux le développement de votre entreprise, notamment en termes de chiffre d’affaires.

Il existe différentes façons pour calculer votre chiffre d’affaires prévisionnel :

  • La méthode des référentiels consiste à analyser les données de vos concurrents ou de votre secteur d’activité pour faire vos projections ;
  • Celle des intentions d’achat se fonde sur des réponses à des enquêtes publiques ou à des questionnaires, dans lesquels des clients potentiels partagent leurs habitudes de consommation et se projettent sur d’éventuels achats ;
  • La méthode du test consiste à lancer votre activité à un petit niveau (auto-entrepreneur, par exemple) pour voir comment réagit le marché à votre offre, tout en limitant les investissements.

En général, les études de marché croisent plusieurs méthodes de calcul du chiffre d’affaires pour couvrir le plus de scénarios possible. Plus globalement, l’étude de marché permet également de crédibiliser le lancement de votre entreprise, notamment si vous cherchez des partenaires ou des investisseurs.

Construire un business plan

Après avoir analysé les forces en présence, les risques et les opportunités dans votre étude de marché, vous pourrez répondre à cette analyse en construisant votre business plan.

Un business plan est un document qui résume :

  • les objectifs de l’entreprise ;
  • les stratégies pour les atteindre ;
  • les plans de financement ;
  • l’étude de marché ;
  • des projections financières, etc.

Le business plan permet donc d’identifier des objectifs et une stratégie claire. Comme l’étude de marché, il peut être nécessaire pour obtenir des financements ou des partenaires. Plus votre business plan sera cohérent, plus votre démarche de création d’entreprise sera crédible.

Au-delà de ces étapes qui précèdent la création de votre entreprise, le business plan permet, une fois l’activité lancée, d’avoir un outil de suivi de votre activité. Il permet notamment de voir si vous avez atteint vos objectifs, quels progrès sont encore à faire, et quels éléments initiaux doivent être ajustés.

Voici les étapes à suivre pour construire votre business plan :

  1. définissez les objectifs et la stratégie de votre entreprise ;
  2. construisez un plan financier, avec les charges et revenus à prévoir à moyen et long terme ;
  3. élaborez un plan opérationnel : décrivez le activités de l’entreprise, les processus de travail, les responsabilités de chacun… ;
  4. rédigez un résumé du business plan : plus votre résumé sera concis et clair, plus votre business plan sera crédible ;
  5. réévaluez régulièrement votre business plan tout au long de votre activité, afin d’améliorer les éléments qui peuvent l’être, grâce à vos observations du terrain ou aux retours de vos clients.

L’étape des choix pour lancer son entreprise

Une fois votre étude de marché et votre business plan réalisés, vous aurez un certain nombre de choix à faire pour créer votre entreprise. Ces choix pourront d’ailleurs être dictés par votre business plan, notamment celui de votre statut juridique et celui de votre siège social.

Création d’entreprise : le choix du statut juridique

Le statut juridique d’une entreprise est la forme qu’elle revêt. Il définit les règles qui régiront l’entreprise :

  • Comment fonctionnera-t-elle ? Qui prendra les décisions : un associé unique, plusieurs associés, des actionnaires ?
  • À quelle fiscalité sera-t-elle soumise ? Quels impôts et quelles taxes votre entreprise paiera-t-elle ?
  • À quelles obligations votre entreprise devra-t-elle se plier, notamment sur le plan comptable ?
  • Chômage, retraite, congés payés : de quelle protection sociale les associés et employés de l’entreprise pourront-ils profiter ?

Le choix du statut juridique est donc une étape importante pour la vie de votre entreprise. Il existe de nombreuses formes de statut juridique :

  • les entreprises individuelles, notamment les micro-entreprises ;
  • les sociétés commerciales, qui peuvent exister sous une forme unipersonnelle : SAS et SASU, SARL et EURL, SA, SCA… ;
  • les sociétés civiles, notamment dédiées à certains secteurs d’activité (immobilier, professions réglementées…).

Le choix du statut juridique a également un impact direct sur vos démarches administratives de création d’entreprise. Selon votre statut juridique, la création et la cession de l’entreprise se feront selon des modalités différentes. Si vous vous associez avec d’autres personnes au sein d’une société, la création et la gestion de votre entreprise impliqueront plus de démarches que si vous vous lancez en solo : rédaction des statuts, répartition du capital social, obligations comptables…

En tant que créateur d’entreprise, le choix du statut juridique peut avoir un impact sur votre rémunération et votre protection sociale. Si le statut juridique de votre entreprise fait de vous un dirigeant assimilé salarié, vous profiterez d’une meilleure protection sociale, mais les cotisations seront plus élevées. À l’inverse, si votre statut juridique fait de vous un travailleur non salarié (TNS), les cotisations seront moins lourdes, ce qui peut augmenter votre rémunération. En contrepartie, la protection sociale est moins bonne.

Enfin, votre statut juridique aura un impact sur votre régime fiscal. Selon votre statut juridique, vos bénéfices peuvent être soumis à l’impôt sur le revenu (IR) ou à l’impôt sur les sociétés (IS).

Certains statuts juridiques peuvent choisir leur régime fiscal en fonction de celui qui sera le plus avantageux :

  • Les EURL et EIRL peuvent choisir entre impôt sur les sociétés (IS) et impôt sur le revenu (IR) ;
  • Les SARL, SAS (ou SASU) et autres SA sont soumises à l’impôt sur les sociétés, mais peuvent opter pour l’impôt sur le revenu pour une durée maximale de 5 ans ;
  • Les entreprises individuelles sont forcément imposées à l’impôt sur le revenu (IR).

Les étapes pour lancer son entreprise : comment choisir son siège social ?

Le siège social de votre entreprise est l’adresse de domiciliation de votre entreprise. Il définit donc la nationalité et la région de votre entreprise. Il peut par conséquent avoir une incidence sur :

  • la loi qui s’applique à votre société : si vous choisissez un siège social en France, vous répondrez de la loi française, même si vous n’avez pas la nationalité française ou que vous ne vivez pas sur le territoire français ;
  • le montant de certains impôts locaux ;
  • l’éligibilité à certaines aides de l’état ;
  • l’organisme juridique compétent ;
  • le montant des frais d’assurance de votre local professionnel, car les compagnies d’assurance font varier leurs tarifs en fonction des zones qu’elles jugent plus ou moins à risque, comme pour les voitures ;
  • la date de déclaration de vos impôts, etc.

Votre siège social doit apparaître sur tous vos documents officiels et importants, quel que soit votre statut juridique : factures, devis, contrats…

Il existe différentes options pour choisir votre siège social. Vous pouvez utiliser :

  • un local dédié à votre activité (atelier, boutique, entrepôt…) ;
  • votre domicile personnel ;
  • une société de domiciliation ;
  • un espace de coworking ;
  • une pépinière, etc.

Dernière étape pour lancer son entreprise : l’immatriculation auprès de l’INPI

L’immatriculation de votre entreprise est l’étape qui confirme sa création officielle. C’est en validant cette étape que vous recevrez les identifiants de votre entreprise, qui sont essentiels pour exercer votre activité : numéro SIREN, numéro SIRET, code APE…

Jusqu’à fin décembre 2022, les organismes de référence pour immatriculer une entreprise étaient les CFE (Centres de Formalités des Entreprises). Mais depuis le 1er janvier 2023, l’interlocuteur de référence pour les démarches de création d’entreprise est le guichet unique de l’INPI (Institut National de la Propriété Intellectuelle). Ce guichet en ligne récupère et vérifie les documents demandés, puis les transfère aux organismes concernés (Insee, services sociaux et fiscaux, greffes de tribunaux de commerce, chambres consulaires…).

Le passage par le guichet unique de l’INPI est donc obligatoire pour créer son entreprise, mais aussi pour la modifier (changement d’adresse, d’associé, modification des statuts…). Pour y accéder, rendez-vous sur formalites.entreprises.gouv.fr.

Par ailleurs, les démarches pour immatriculer son entreprise varient selon le statut juridique choisi.

Les étapes pour immatriculer et lancer son entreprise individuelle

  1. Immatriculez votre entreprise auprès de l’INPI ;
  2. Si vous êtes micro-entrepreneur (auto-entrepreneur), créez un compte sur le site dédié de l’URSSAF : autoentrepreneur.urssaf.fr ;
  3. Ouvrez un compte bancaire dédié à votre activité. Cette étape n’est pas obligatoire pour toutes les entreprises individuelles, mais elle est recommandée pour plus de simplicité en cas de contrôle. Attention : un compte bancaire dédié à votre activité n’est pas nécessairement un compte professionnel. Il peut s’agir d’un simple compte courant ;
  4. Si vous relevez d’une profession réglementée, vous devez vous inscrire à votre ordre (l’Ordre des médecins, par exemple) avant de vous immatriculer auprès de l’INPI. Si vous êtes un praticien de santé, prévoyez également une inscription à la CPAM.

Les étapes pour immatriculer sa société

  1. Déposez le capital social de votre société sur un compte bancaire professionnel ;
  2. Rédigez les statuts de votre société ;
  3. Publiez un avis de constitution de votre société dans un Journal d’Annonces Légales (JAL), afin d’informer les tiers de la création de votre entreprise ;
  4. Immatriculez votre société auprès du guichet unique de l’INPI en fournissant les attestations que vous aurez reçues après avoir validé les 3 démarches précédentes.

Les étapes pour lancer son entreprise sont donc relativement nombreuses, et doivent être anticipées. Appuyez-vous sur votre étude de marché pour construire votre business plan et choisir votre statut juridique et l’adresse de votre siège social. Jusqu’à l’immatriculation finale, ne négligez aucune étape lors de la création de votre entreprise, afin de perdre le moins de temps possible et de vous concentrer rapidement sur le développement de votre activité.

par Valentine Flehoc

Valentine est responsable du contenu chez Indy et la comptabilité n'a plus de secrets pour elle. Grâce à ses articles et ebooks informatifs, elle aide les entrepreneurs à mieux comprendre les aspects essentiels de la comptabilité.