Comment financer la création de mon entreprise ?

Une création d’entreprise est une aventure fantastique et merveilleuse. Mais un tel projet nécessite souvent un investissement conséquent au démarrage… Vous vous demandez donc sûrement : “comment financer la création de mon entreprise ?

Heureusement, de nombreuses solutions existent ! Chacune avec ses spécificités et s’adressant à un public particulier. Selon les besoins de votre projet et le montant de financement nécessaire, vous n’irez pas toquer à la même porte.

A travers cet article, nous avons voulu vous offrir une vision d’ensemble des solutions de financement d’une création d’entreprise, pour vous aider à faire le meilleur choix pour votre projet.

Quelles sont les sources principales de financement pour la création d’entreprise ?

Pour répondre à la question “comment financer la création de mon entreprise”, il faut d’abord avoir conscience que les sources de financement se séparent généralement en deux catégories :

  • les dispositifs de financement ;
  • les aides de l’Etat.

Voyons dans un premier temps, les divers dispositifs de financement qui s’offrent à vous.

La levée de fonds

La première possibilité pour financer un projet est de réaliser une levée de fonds.

La levée de fonds est un procédé permettant à une société de faire entrer des investisseurs externes dans son capital.

Une entreprise peut décider de lever des fonds au démarrage de l’activité, mais également à tout moment de son cycle de vie, soit :

  • en émettant des actions,
  • en émettant des obligations,
  • ou bien en faisant appel à des dons.

L’objectif est généralement de financer son développement et d’embaucher du personnel.

Il existe plusieurs types de levées de fonds :

  • les levées de fonds en pré-seed : pour financer une création d’entreprise ;
  • les levées de fonds en seed : pour financer le premier développement commercial d’une entreprise ;
  • les levées de fonds en série : tours de financement successifs (A, B, C…) pour accélérer le développement d’une entreprise.

Si vous souhaitez financer votre création d’entreprise via une levée de fonds, il sera important de suivre plusieurs étapes bien précises (établir un plan, mobiliser votre réseau, préparer un business plan, présenter le projet à des investisseurs potentiels…).

Pour connaître tous les détails de ce dispositif, nous vous conseillons de lire notre article dédié à la levée de fonds.

La subvention

Le deuxième levier de financement pour une création d’entreprise est la subvention.

En effet, il existe divers types de subventions, provenant d’acteurs différents : toutes destinées à soutenir les porteurs de projet dans le développement de leur activité indépendante.

On peut citer notamment :

  • Les subventions gouvernementales
  • Les subventions régionales
  • Les subventions locales, de votre commune ou collectivité
  • Les subventions d’organisations à but non lucratif et de fonds communautaires
  • Les subventions Bpifrance pour les start ups : Bourse French Tech, Deeptech, Aide pour la faisabilité de l’innovation, aide pour le développement de l’innovation, partenariats régionaux d’innovation…
  • Les subventions européennes

Si vous souhaitez obtenir des subventions pour financer votre création d’entreprise, vous pouvez également passer par des concours ou appels à projets, lancés par des entités publiques ou privées comme Bpi/French Tech, certaines écoles de commerces ou grandes entreprises…

💡 Note : les subventions de la part d’incubateurs et de pépinières d’entreprises sont explicitées dans un autre paragraphe, plus bas.

Le prêt

À la question “comment financer la création de mon entreprise”, il existe également une réponse plus classique que vous avez probablement déjà envisagé : le prêt.

Le prêt pour création d’entreprise peut prendre deux formes principales :

  • celle d’un prêt bancaire : il s’agit d’un financement bancaire classique auprès d’une banque.
  • celle d’un prêt d’honneur : comme son nom l’indique, c’est un prêt avec un engagement de remboursement sur l’honneur du porteur de projet. Il s’agit généralement de prêts à taux zéro.

Pour en savoir plus sur cette deuxième forme de prêt, rdv sur notre article complet sur le prêt à taux zéro.

💡 Si vous choisissez de solliciter un prêt bancaire pour le financement de votre projet, il sera alors indispensable de rassembler des preuves concrètes de sa viabilité financière, afin de convaincre les banques, souvent frileuses d’investir à ce stade.

Le crowdfunding ou financement participatif

Le quatrième dispositif de financement pour création d’entreprise est presque tout aussi connu que le prêt bancaire : il s’agit du crowdfunding.

Vous en avez forcément déjà entendu parler, le crowdfunding est une forme de financement à laquelle de nombreux entrepreneurs ont recours aujourd’hui pour financer leur projet.

Mais saviez-vous que ce dispositif peut prendre plusieurs formes ?

Le “reward crowdfunding” : cette méthode de financement est la plus courante. Elle s’appuie sur les dons de futurs utilisateurs et a donc comme avantage principal de permettre au porteur de projet de tester le marché et la demande réelle pour son produit ou service.

Le “crowdequity” : cette forme de crowdfunding est généralement utilisé soit :

  • pour financer un projet peu prisé par les investisseurs traditionnels (promotion immobilière, ouverture de succursales…) ;
  • pour financer un projet ayant un aspect innovant ;
  • ou encore pour boucler un tour de table de levée de fonds.

Le “crowdlending » : ici les personnes souhaitant soutenir le projet de création d‘entreprise vont prêter de l’argent au porteur de projet (au lieu de faire un don). Ce type de crowdfunding est particulièrement intéressant pour financer les dépenses non prises en compte par les banques (besoin de liquidité, d’investissements immatériels…)

Concrètement, un financement par crowdfunding se réalise via une plateforme de financement participatif en ligne, que nous vous conseillons de choisir soigneusement en fonction de votre projet. Les critères de choix à prendre en compte sont notamment les frais, la cible, le type de produit ou service généralement proposé sur la plateforme…

Les incubateurs et pépinières

Enfin, pour financer votre projet, vous avez également la possibilité de faire appel à des structures telles que les incubateurs et pépinières d’entreprises.

En effet, ces dernières lancent régulièrement des concours ou des appels à projet, permettant de remporter des subventions pour création d‘entreprise.

Elles proposent également des accompagnements personnalisés pour vous aider à mettre au point et développer votre projet.

Par ailleurs, ce sont généralement de précieux lieux de réseautage pour trouver des investisseurs, si vous souhaitez réaliser une levée de fonds par exemple.

💡 Bon à savoir : les incubateurs et pépinières proposent une panoplie de ressources et de services à destination des porteurs de projet (formations, locaux, services de secrétariat, accès à de la documentation…)

Quelles sont les aides de l’État pour financer une création d’entreprise ?

Afin de répondre entièrement à la question “comment financer la création de mon entreprise ?”, nous devons étudier, non seulement les dispositifs de financement, mais également toutes les aides à la création d’entreprise. En voici quelques-unes.

Les dispositifs ACRE et NACRE

Pour financer votre projet de création d’entreprise, vous pouvez tout d’abord faire appel à deux aides de l’Etat bien connues : l’ACRE et le NACRE.

L’ACRE est l’Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (ex-ACCRE). Elle s’adresse notamment aux porteurs de projets :

  • relevant du régime micro social (auto-entrepreneurs) sous certaines conditions : moins de 26 ans, bénéficiaires de prestations sociales, personnes licenciées… ;
  • ne relevant pas du régime micro social ;
  • médecins remplaçants ;
  • ainsi qu’aux conjoints collaborateurs dans certains cas.

Concrètement, l’ACRE permet une exonération partielle (environ 50 %) des charges sociales pendant la ou les premières années suivant la création d’entreprise.

Le dispositif NACRE, quant à lui, signifie “Nouvel accompagnement à la création ou la reprise d’entreprise”. Cette aide de l’Etat permet aux entrepreneurs de bénéficier d’un accompagnement pour travailler le développement de leur projet ainsi que leur plan de financement.

Les aides de Pôle Emploi possibles en cas de démission pour création d’entreprise

En termes d’aides de l’Etat, il existe également deux dispositifs de financement proposés par Pôle Emploi à destination des porteurs de projets.

🚧 Attention : ces aides s’adressent uniquement aux demandeurs d’emploi percevant l’Allocation de Retour à l’Emploi (ARE).

Ainsi, si vous êtes demandeur d’emploi indemnisé, vous aurez une décision importante à prendre au moment de la création de votre entreprise. Vous devrez choisir entre :

  • L’ARCE (Aide à la reprise ou à la création d’entreprise) : Pôle Emploi vous verse une partie de vos allocations chômage sous forme de capital. Si vous faites ce choix, vous percevrez 45 % de vos droits ARE restants au moment de la création d’activité. Le versement se fait en deux fois et une déduction de 3 % est appliquée sur le montant du capital.
  • Le maintien de l’ARE : à l’inverse de l’ARCE, vous pouvez choisir de maintenir votre allocation chômage et de la cumuler partiellement avec les revenus de votre activité indépendante.

💡 Bon à savoir : un dispositif spécifique (le dispositif démissionnaire) peut également aider les personnes souhaitant créer ou reprendre une entreprise suite à une démission. Il s’agit principalement d’un accompagnement à la structuration du projet de création d’entreprise. Pour plus d’informations, rdv sur notre article à ce sujet : Démission pour création d’entreprise : quelles aides ?

Les aides en fonction de la région d’implantation

En fonction de la zone géographique dans laquelle vous souhaitez implanter votre entreprise, certaines aides peuvent également s’offrir à vous pour financer la création de votre entreprise. En voici quelques-unes.

1. En zone franche urbaine – territoire entrepreneur (ZFU-TE)

Si vous souhaitez créer une activité industrielle, commerciale, artisanale ou libérale dans ce type de zone, vous pouvez alors bénéficier d’une exonération sur les bénéfices.

Attention, il s’agit uniquement des bénéfices provenant des activités implantées dans la ZFU-TE ! Cette exonération s’applique pendant les soixante premiers mois d’activité, puis selon un barème dégressif les années suivantes.

2. En Zone de Revitalisation Rurale (ZRR)

Différentes aides existent pour les projets de création d’entreprise implantés dans une ZRR. On peut citer notamment :

  • une exonération sur les bénéfices (Impôt sur les Sociétés ou sur le Revenu)
  • une exonération de Contribution Économique et Territoriale (CFE et/ou CVAE)
  • une exonération de taxe foncière et de la taxe d’habitation pour les acteurs du tourisme
  • une exonération des cotisations patronales, d’assurance sociale et d’allocations familiales pour certaines embauches

3. En Zones franches d’activités nouvelle génération (ZFANG)

Enfin, des exonérations multiples sont également possibles pour les créations d’entreprise en ZFANG. Elles concernent principalement les bénéfices (IR/IS), la Cotisation Foncière des Entreprises, la taxe foncière et la taxe d’habitation.

4. En Région

Par ailleurs, selon votre Région, vous pouvez bénéficier pour votre projet de primes régionales à la création d’entreprise. Il s’agit généralement d’un financement accordé aux porteurs de projet pour encourager l’entrepreneuriat local.

Aides pour les professions médicales et paramédicale

Des aides spécifiques existent de manière spécifique, pour financer une création d’entreprise dans le secteur médical ou paramédical.

On y trouve notamment toutes les aides destinées à lutter contre les déserts médicaux, comme par exemple :

  • le CAIM pour les médecins généralistes : aide financière de 50 000 € versée en deux fois
  • le CAICD pour les chirurgiens-dentistes : aide financière de 25 000 € pour inciter l’installation ou le maintien du professionnel sur le territoire concerné ;
  • le CAISF pour les sages-femmes : 9 500 € par an les deux premières années et 3000 € par an les 3 dernières années ;
  • l’IDEL pour les infirmiers : prise en charge des cotisations sociales et versement d’une aide à l’équipement du cabinet de 3 000 € par an au maximum, pendant 3 ans
  • Et plus encore.

Les aides de la BPI France pour la création d’entreprise

La BPI France est considérée comme la banque des entrepreneurs : elle a justement pour mission de vous aider à répondre à la question “comment financer la création de mon entreprise ?”. C’est une ressource précieuse au service de tous les porteurs de projets.

Dans ce cadre, elle propose toute une palette d’aides pour financer son projet de création d’entreprise, sous diverses formes :

  • Garantie création (garantie pour appuyer le financement du projet)
  • Garantie bancaire pour financer les besoins en trésorerie
  • Prêt d’amorçage pour soutenir les créations d’entreprises
  • Financement des projets innovants (via la Bourse French Tech notamment)
  • Financement des projets en faveur de la transition écologique et énergétique
  • Concours pour les porteurs de projets

Les aides de la CAF pour la création d’entreprise

Et enfin, nous retrouvons les aides de la CAF (Caisse d’Allocations Familiales). Il ne s’agit pas ici à proprement parler de financements pour une création d’entreprise, mais plutôt d’une souplesse à destination des indépendants.

Par exemple, si vous bénéficiez de prestations de la CAF comme le RSA (Revenu de Solidarité Active) ou les APL (aides au logement), en tant que porteur de projet, vous avez la possibilité de maintenir ces aides après votre création d’entreprise.

De plus, la possibilité de demander la prime d’activité est offerte aux travailleurs indépendants, de la même manière qu’aux salariés, (le critère décisif étant les ressources financières du foyer).

Comment anticiper les demandes de financement pour la création de mon entreprise ?

A la question “comment financer la création de mon entreprise”, vous avez à présent plusieurs éléments de réponses. Mais il vous manque tout de même quelques clés pour préparer au mieux vos demandes de financement. Voici nos conseils.

Avant toute chose, si ce n’est pas déjà fait, il est essentiel d’élaborer un business model concret, constitué d’un business plan et d’un plan de financement solides. Pour ce faire, commencez par définir précisément vos objectifs, votre cible et votre offre, que vous utiliserez par la suite pour élaborer un prévisionnel financier.

Dans les documents à fournir pour faire une demande de financement, on trouve aussi l’étude de marché. Il s’agit d’une étude approfondie du marché, permettant de déterminer le niveau d’attractivité de votre offre, et donc de démontrer la viabilité de votre projet de création d’entreprise. Cette étude est à mener absolument avant de lancer votre projet.

Une fois ces démarches réalisées, nous vous conseillons de vous renseigner de manière extensive sur les solutions de financement et les aides que vous souhaitez demander. Pour ce faire, vous devrez avant tout raisonner en fonction des besoins de votre entreprise et des conditions requises pour prétendre à ces dispositifs.

Et enfin, il peut être très utile de nouer des relations avec les organisations et gouvernements locaux, ainsi que les entreprises de votre secteur. Même si cela prend du temps, ce sont eux qui vous aideront à trouver des opportunités intéressantes pour financer votre projet.

Comment financer la création de mon entreprise ? Nous espérons que vous ressortez de cette lecture avec des éléments de réponse à cette question, et une vision plus claire des solutions de financement pour votre future entreprise. Toutefois vous l’aurez compris, la solution idéale n’existe pas. Elle dépend de vos besoins et de vos objectifs, ainsi que des critères inhérents à votre activité, votre secteur géographique, votre situation personnelle… A vous d’étudier quelle méthode sera la plus appropriée pour financer votre projet.

par Estelle Serrero

Estelle est rédactrice web freelance, passionnée par les transitions professionnelles. Par sa plume, elle s'engage à rendre visible tout sujet lié à l'entrepreneuriat, la formation et les ressources humaines.