- Il existe deux types de holding : la holding passive gère un patrimoine, la holding animatrice gère activement ses filiales ;
- Les avantages stratégiques et fiscaux permis par la holding sont nombreux : effet de levier, régime mère-fille, niche Copé, etc ;
- La SAS reste la forme juridique la plus utilisée pour créer une holding, du fait de sa flexibilité statutaire ;
- Le coût de création d’une holding varie fortement (de 2 000 à plusieurs dizaines de milliers d’euros) selon la forme juridique choisie et le capital social de départ.
Vous dirigez une ou plusieurs sociétés et vous vous interrogez sur la meilleure façon de structurer votre patrimoine professionnel ? La création d’une holding pourrait bien être la réponse. Ce montage juridique permet de centraliser la détention de vos participations, d’optimiser votre fiscalité et de faciliter la transmission de votre entreprise. Découvrez dans ce guide pratique comment créer votre holding en 2026 !

Vous avez une fille d’holding ?
Indy vous accompagne dans la comptabilité de votre société fille ! Optez dès aujourd’hui pour l’outil de comptabilité Indy et obtenez vos documents comptables en quelques clics seulement ! 🤩
Je crée un compte
Qu’est-ce qu’une holding ?
Définition
Il n’existe pas de définition légale précise de la holding en droit français, bien que plusieurs textes de loi en fassent mention.
Faute de définition normative, la notion s’apprécie donc à travers sa fonction : la holding est une société dont l’activité consiste à détenir tout ou partie du capital (actions ou parts sociales) d’autres entreprises, voire à administrer ces dernières.
La raison d’être de cette société est de générer des dividendes et/ou des plus-values.
Il est courant de nommer :
- “société mère” une holding ;
- “sociétés filles” les entreprises qu’elle possède (en partie ou en totalité) ;
- “groupe de société” l’entité économique qui réunit une société mère et ses sociétés filles.
Lorsqu’une holding possède entre 10 et 50 % du capital d’une société, elle est considérée comme ayant une participation dans cette dernière. Au-delà de 50 % de capital détenu, la société contrôlée est une filiale de la holding (articles L233-1 et L233-2 du Code de commerce).
Les différents types de holding
Holding passive et holding animatrice
Deux catégories de holding existent.
La holding passive : se contente de détenir un portefeuille de titres sociaux (actions ou parts sociales) sans intervenir dans la gestion des entreprises dont elle possède des titres.
La holding animatrice : “a pour activité principale la participation active à la politique de son groupe constitué de sociétés contrôlées directement ou indirectement […] auxquelles elle rend, le cas échéant et à titre purement interne, des services spécifiques, administratifs, juridiques, comptables, financiers et immobiliers” (article 787 B du Code général des impôts).
Ainsi, à la lecture du CGI (Code général des impôts), il existe trois critères servant à qualifier une holding d’animatrice :
- Le contrôle direct ou indirect ;
- La gestion effective des sociétés contrôlées ;
- La fourniture de services en interne (financiers, juridiques, autres).
Le contrôle direct ou indirect
Une holding peut contrôler de différentes façons une société (article L233-3 du Code de commerce).
| Type de contrôle | Conditions |
| Majoritaire | Détenir seul la majorité des droits de vote |
| Par accord | Détenir seul la majorité des droits de vote en vertu d’un accord conclu avec d’autres associés |
| De fait | Déterminer dans les faits les décisions prises en AG, grâce aux droits de vote détenus |
| Conjoint | Agir de concert avec au moins une autre personne et déterminer dans les faits les décisions prises en AG |
| Par les organes de gestion | Pouvoir nommer et révoquer la majorité des membres des organes d’administration, de direction ou de surveillance |
| Présumé | 1 – Détenir plus de 40 % des droits de vote 2 – Aucun autre associé ne détient directement ou indirectement une fraction supérieure à 40 % des droits de vote |
Une holding peut détenir des titres sociaux et les droits de vote qui y sont associés :
- Directement : la “holding A” détient 100 % du capital social de la “société B” ;
- Indirectement : la “holding A” détient 100 % du capital social de la “société B”, qui elle-même détient 80 % du capital social de la “société C”.
La gestion et la fourniture de services
Prouver le contrôle d’une société est simple. En revanche, prouver sa gestion effective et la fourniture de services par votre holding l’est moins.
En cas de contrôle, il est conseillé de fournir les documents suivants :
- Les statuts de votre société mère mentionnant l’animation comme objet social ;
- La convention d’animation entre votre holding et ses filiales ;
- Les rapports de gestion décrivant les actions menées ;
- La liste des mandataires sociaux communs à votre société mère et à ses sociétés filles.
Holding passive et animatrice : comment déterminer l’activité principale ?
Une holding est considérée comme animatrice lorsque la valeur vénale des actifs affectés à l’animation de son groupe de sociétés représente plus de 50 % de son actif total.
Ces actifs comprennent :
- Les titres des filiales animées exerçant une activité opérationnelle (industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale) ;
- Les biens mis à disposition des filiales pour leur activité ;
- Les biens affectés aux prestations de service délivrées au sein du groupe ;
- La trésorerie affectée à l’activité du groupe.
Pourquoi créer une holding en 2026 ?
Des avantages stratégiques
Les avantages d’une holding sont multiples.
L’effet de levier
La holding démultiplie votre capacité d’investissement grâce à un effet de levier. Pour mieux comprendre, prenons un exemple.
Étape 1 : vous faites l’acquisition d’une société “A” (dont la valeur est égale à 210 000 euros) et vous en prenez le contrôle en achetant 120 000 euros de capital social.
Étape 2 : cette société “A” devient actionnaire majoritaire d’une société “B”, dont la valeur est de 400 000 euros.
Étape 3 : la société “B” devient actionnaire majoritaire d’une société “C”, d’une valeur de 790 000 euros.
Étape 4 : la société “C” prend elle-même le contrôle d’une société “D”, évaluée à 1,5 million d’euros.
Résultat : grâce à l’effet de levier permis par la holding, vous avez le contrôle d’une société d’une valeur de 1,5 million d’euros, pour un coût de 120 000 euros. Sans la holding, vous auriez dû dépenser au minimum 750 000 €.
Un contrôle centralisé et des ressources mutualisées
Votre holding animatrice peut agir comme une tour de contrôle et coordonner la stratégie de l’ensemble de vos sociétés. Elle peut harmoniser les pratiques de gouvernance et aligner les objectifs de chaque filiale avec la stratégie globale de votre groupe.
Une holding animatrice permet également une mutualisation des ressources humaines, financières et juridiques entre les différentes entités, source d’économies d’échelle.
Une capacité d’emprunt plus importante
Emprunter est plus aisé pour une holding.
Premièrement, l’emprunt est facilité par le capital social du groupe contrôlé grâce à l’effet de levier.
Deuxièmement, l’imposition relativement faible des bénéfices perçus des sociétés filles permet une capacité de remboursement supérieure à une personne physique.
Cette dernière, dans la même situation, est redevable aux impôts de sommes si importantes qu’elles peuvent empêcher à elles seules l’acquisition d’une société cible.
Des avantages fiscaux et financiers
Créer une holding donne accès à plusieurs dispositifs fiscaux particulièrement favorables à l’entreprise et à ses associés.
Le régime mère-fille
La holding et ses sociétés filles peuvent bénéficier du régime mère-fille et éviter une double imposition. La société fille ne paie aucun impôt sur les dividendes versés et la société mère, de son côté, s’acquitte de l’IS (Impôt sur les sociétés) sur 5 % du montant total des dividendes perçus.
Autrement dit, 95 % des dividendes sont exonérés d’impôt !
Les conditions pour bénéficier de ce régime sont :
- Les sociétés (la mère et la fille) doivent être soumises à l’IS ;
- La détention par la holding d’au moins 5 % du capital de la société fille ;
- Les titres sociaux doivent être conservés pendant deux ans ;
- Les titres doivent être sous forme nominative (le nom du propriétaire apparaît dans les registres), ou bien être déposés ou inscrits dans un compte tenu par un intermédiaire habilité.
Des conditions particulières peuvent s’appliquer si votre holding est détenue par un ou plusieurs organismes à but non lucratif. Pour plus de détails, consultez l’article 145 du CGI.
Le dispositif d’intégration fiscale
Le dispositif de l’intégration fiscale fonctionne avec la même logique que le régime mère-fille. À savoir, seule la société mère est imposée. En revanche, le calcul de l’assiette fiscale diffère :
- Étape 1 : chaque filiale calcule et déclare son résultat fiscal, mais ne paie pas d’impôt ;
- Étape 2 : la société mère additionne tous les résultats du groupe (bénéfices + pertes), ce qui permet aux éventuels déficits de réduire immédiatement les revenus imposables ;
- Étape 3 : la société mère corrige ensuite le résultat d’ensemble pour neutraliser les opérations internes (abandons de créances, autres).
Pour bénéficier du régime d’intégration fiscale prévu aux articles 223 A et suivants du CGI, plusieurs conditions doivent être respectées :
- 95 % du capital de la société fille est détenu par la société mère ;
- 95 % des droits de vote de la société fille sont détenus par la société mère ;
- La société fille est soumise à l’IS.
L’exonération des plus-values de cession de titre : la niche Copé
La holding bénéficie également d’un régime fiscal très avantageux sur les cessions de participations. Grâce à la niche Copé (article 219 du CGI), les plus-values réalisées sur la vente de titres détenus depuis plus de 2 ans sont exonérées (article 39 duodecies du CGI), à l’exception d’une quote-part de 12 % réintégrée.
Le taux d’imposition s’élève ainsi à 3 % seulement, contre 25 % au taux normal de l’IS.
Le pacte Dutreil
L’associé d’une holding animatrice peut également être éligible au pacte Dutreil. Ce dispositif offre une exonération de 75 % de la valeur des parts ou actions transmises lors d’une donation (du vivant du donateur) ou d’une succession (après sa mort).
L’éligibilité à ce dispositif est soumise à de nombreuses conditions. Pour plus de détails, consultez les articles 787 B et 787 C du CGI, ainsi que le BOFIP (disponible ici).
L’apport-cession en holding est un dispositif fiscal qui vous permet de céder vos titres sociaux à un tiers, via l’intermédiaire d’une holding sous votre contrôle, sans être imposé sur la plus-value résultant de cette vente. Ce mécanisme, bien que très avantageux, est soumis à de nombreuses conditions. Mal maîtrisé, il peut être requalifié par l’administration en abus de droit.
Quels sont les inconvénients de la holding ?
Une holding a aussi des inconvénients. L’argent qu’elle perçoit de ses sociétés filles lui appartient. En tant qu’associé personne physique, vous ne pouvez pas en disposer comme s’il s’agissait de votre patrimoine personnel.
Par ailleurs, faire fonctionner une holding coûte de l’argent : comptabilité, formalités administratives, etc. Selon le montant des bénéfices de votre entreprise, ces coûts de fonctionnement peuvent dépasser les avantages fiscaux obtenus.
En pratique, créer une holding est pertinent à la condition que vous possédiez plusieurs sociétés, ou bien une seule entreprise qui génère des bénéfices importants.
Les étapes de création de la holding
Qui peut créer une holding ?
Une holding est par définition une société. En conséquence, toute personne (physique ou morale) peut participer à sa création.
Elle peut être créée dès le début de votre activité ou plus tard, dans une logique de restructuration.
Choisir la forme juridique adaptée
Une holding peut revêtir de nombreuses formes juridiques. Néanmoins, certaines sont plus adaptées que d’autres. N’oubliez pas que le choix du statut juridique de votre holding détermine son cadre de fonctionnement et votre pouvoir décisionnel.
La SARL (Société à responsabilité limitée) est pertinente si vous souhaitez un cadre juridique clair et encadré par le Code de commerce.
La SAS (Société par actions simplifiée) demeure la forme la plus courante pour une holding, en raison de sa flexibilité statutaire. Une personne morale peut en assurer la présidence et les dividendes ne supportent pas de charges sociales.
La SA (Société par actions) s’adresse aux projets de grande envergure. Cette forme juridique impose un capital de 37 000 € à la constitution de la société.
La Société Civile Immobilière (SCI) ne peut exercer d’activité commerciale. Elle s’utilise uniquement pour constituer et gérer un patrimoine immobilier.
Peut-on créer une holding seul ? La réponse est oui. Dans ce cas, il vous faut opter pour une société unipersonnelle :
- l’EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée), variante à associé unique de la SARL ;
- Ou la SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle), variante à associé unique de la SAS.
Rédiger des statuts solides
Si la rédaction des statuts varie selon la forme juridique choisie (exception faite des clauses obligatoires mentionnées à l’article L210-2 du Code de commerce), une importance particulière doit être accordée à l’objet social de votre holding.
Il est fortement recommandé que celui-ci précise la nature de l’activité (animatrice ou passive). Il constitue un élément de preuve important en cas de contrôle fiscal.
Déposer le capital social
Toutes les sociétés commerciales (SAS, SASU, SARL, EURL, SA) doivent obligatoirement déposer leur capital social dans une banque ou auprès d’un notaire. Le montant minimum et le pourcentage du capital social en numéraire à délivrer à la constitution de la société varient selon la forme juridique choisie.
Cette formalité est optionnelle pour les sociétés civiles (SCI, etc.).
À la suite dudit dépôt, vous recevez une attestation qui devra être jointe au dossier de demande d’immatriculation.
Publier une annonce légale dans un JAL ou un SPEL
Dernière étape avant de constituer un dossier de demande d’immatriculation : l’avis de constitution. Celui-ci doit être publié dans un JAL (Journal d’annonces légales) ou un SPEL (Service de presse en ligne) du département du siège social de votre holding.
Cette publication n’est pas gratuite et son coût varie selon le type de société créé et du département concerné. Comptez entre 124 et 466 euros.
Une fois l’avis de constitution publié, vous recevez une attestation de parution qui devra être jointe au dossier de demande d’immatriculation.
Immatriculation de la société
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités d’entreprise s’effectuent en ligne sur le guichet unique de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle). Ce portail centralise les démarches auprès du greffe, de l’INSEE, de l’URSSAF et des services fiscaux.
Vous devez déposer un dossier complet, qui comprend :
- Les statuts de votre holding signés et datés ;
- L’attestation de dépôt des fonds ;
- L’attestation de parution de l’annonce légale ;
- Le justificatif du siège social ;
- La copie de la pièce d’identité du dirigeant ;
- La déclaration de non-condamnation et de filiation ;
- La DBE (Déclaration des bénéficiaires effectifs).
Le délai de traitement varie de 24 heures à quelques semaines.
Après validation de votre dossier, vous recevez un numéro SIREN, un ou plusieurs numéros SIRET, un numéro de TVA intracommunautaire et un extrait Kbis.
Consultez nos ressources pour un accompagnement complet dans votre projet de création d’entreprise !
Créer une holding : combien ça coûte ?
Le coût réel de création d’une holding dépend principalement de la forme juridique choisie : une SA nécessite un capital social minimum de 37 000 €, là où une SAS, une SARL et un SCI imposent un euro symbolique.
Notez que la portion de capital social en numéraire à libérer immédiatement à la constitution de la société varie d’une forme juridique à l’autre (50 % pour une SA, une SAS ou une SASU et 20 % pour une SARL ou une EURL).
Le mode de rédaction des statuts (préférez une plateforme en ligne pour réaliser des économies) et la nomination d’un commissaire aux apports (si nécessaire ou souhaitée) augmenteront mécaniquement la facture.
Voici un récapitulatif des coûts à prévoir pour créer votre holding en 2026 :
| Poste de dépense | Montant |
| Coût d’immatriculation (selon votre activité) | de 15 à 63,54 € |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | 20,34 € |
| Annonce légale | de 124 à 466 € |
| Capital social minimum | de 1 € à 37 000 € minimum |
| Frais bancaires (dépôt de capital) | de 0 à 200 € |
| Rédaction statuts (plateforme en ligne) | de 100 à 500 € |
| Rédaction statuts (juriste) | de 850 à 2 500 € |
| Commissaire aux apports (si apport en nature) | de 1 000 à 3 000 € |
| Total | de 2110,34 à 43 750 € |
Des interrogations au sujet de la holding ? Notre équipe vous répond dans les commentaires !
