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Obligation de délivrer une facture à un particulier : quelles sont les conditions ?

En résumé

  • En principe, la facture n’est pas obligatoire pour un particulier, sous réserve de certaines exceptions ;
  • Elle devient obligatoire sur demande, pour les ventes à distance, pour certains travaux et les livraisons intracommunautaires ;
  • Les factures et notes doivent être conservées 10 ans et respecter les mentions légales en vigueur ;
  • Les sanctions en cas de manquement peuvent atteindre jusqu’à 375 000 € pour une société.

Lorsque vous facturez des particuliers, vous remettez souvent un ticket de caisse à vos clients sans vous poser de questions. Pourtant, dans certains cas, la loi impose aux professionnels d’émettre une facture en bonne et due forme. Des obligations de facturation non respectées peuvent entraîner des sanctions. Alors, quand la facture devient-elle obligatoire ? Quelles mentions doivent apparaître ? Dans cet article, nous décryptons tout ce qu’il faut savoir sur les factures adressées aux particuliers.

Obligation de délivrer une facture à un particulier : quelles sont les conditions ?

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Est-ce obligatoire de délivrer une facture à un particulier ?

En principe, il n’existe aucune obligation automatique de facturation envers les particuliers. Contrairement aux transactions entre professionnels, la facturation en B2C n’est pas systématiquement obligatoire.


À noter : l’article L441-9 du Code de commerce (par ici) impose la facture pour tout achat de produits ou toute prestation de service dans le cadre d’une activité professionnelle, autrement dit, uniquement lorsque l’acheteur est lui-même un professionnel.

Lorsque votre client est un particulier, la règle de base est donc l’absence d’obligation d’émettre une facture. Dans la majorité des transactions en magasin ou en face-à-face, un simple ticket de caisse suffit. Il existe cependant une distinction importante entre trois documents :

  • Le ticket de caisse : document simplifié, remis automatiquement (ou désormais sur demande) en point de vente.
  • La note : document obligatoire pour les prestations de services dépassant 25 € TTC. Elle comporte moins de mentions qu’une facture.
  • La facture : document complet, exigé dans les cas définis par la loi ou sur demande du client.

Dans quel cas est-il obligatoire de délivrer une facture à un particulier ?

Si le principe général dispense le professionnel de facturer un particulier, la loi prévoit plusieurs exceptions que vous devez respecter.

Sur demande du client

Dès qu’un particulier en fait la demande, vous avez l’obligation de lui remettre une facture, quel que soit le montant de la transaction et qu’il s’agisse d’une vente de biens ou d’une prestation de service. Il vous est légalement interdit de refuser. Cette obligation s’applique aussi bien en magasin qu’à distance.

Si un client vous réclame une facture que vous n’avez pas émise, il peut vous contacter par écrit ou par téléphone. En cas de refus persistant, il est en droit de signaler le manquement à la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).

Pour une vente à distance

Toute vente réalisée sans présence physique simultanée du vendeur et de l’acheteur donne lieu à une obligation de facturation :

  • vente en ligne ;
  • vente par téléphone ;
  • téléachat ;
  • vente sur catalogue.

Cette obligation vaut aussi bien pour la vente de biens que pour les prestations de services réalisées à distance.

Pour une livraison intracommunautaire exonérée de TVA

Si vous livrez des biens à un particulier établi dans un autre État membre de l’Union européenne dans le cadre d’une vente à distance intracommunautaire exonérée de TVA, l’émission d’une facture est également obligatoire. Ce cas concerne notamment les e-commerçants qui expédient leurs produits vers d’autres pays de l’UE.

Pour certains travaux immobiliers

Les professionnels du bâtiment et de l’entretien immobilier sont soumis à des obligations spécifiques. Une facture doit être remise au particulier pour tous les travaux de rénovation, d’entretien ou d’amélioration portant sur un bien immobilier à usage d’habitation.

Pour l’encaissement d’un acompte

Si votre client vous verse une partie du règlement avant la livraison du bien ou la fin de la prestation, vous devez émettre une facture d’acompte. Ce document atteste du versement anticipé et comporte les mêmes mentions qu’une facture classique. Le montant de l’acompte sera ensuite déduit de la facture finale.

Cas particulier : la note pour les prestations de services

Pour les prestations de services réalisées auprès de particuliers, la loi prévoit une obligation intermédiaire : l’émission d’une note dès que le montant TTC est égal ou supérieur à 25 €.

La note remplit les mêmes fonctions qu’une facture sur les plans juridique, comptable et fiscal. Elle atteste de la réalisation de la prestation et permet le suivi de la TVA, mais ses formalités sont allégées : elle comporte moins de mentions obligatoires et son intitulé est distinct.

Exemple : un plombier intervenant pour 80 € TTC chez un particulier, un coiffeur facturant une prestation à 45 € TTC ou un graphiste freelance réalisant une mission à 200 € TTC sont tous tenus d’établir une note, même si leur client ne la demande pas.

En dessous de 25 € TTC, aucune note n’est exigée, sauf si le client en fait la demande, auquel cas l’obligation de remise s’applique là encore.

Quelles sont les mentions obligatoires qui doivent figurer sur une facture à un particulier ?

Les formalités à respecter pour une facture

Une facture remise à un particulier doit comporter les mêmes mentions obligatoires qu’une facture entre professionnels :

  • date d’émission et numéro de facture (séquence chronologique sans interruption) ;
  • nom, prénom ou dénomination sociale et adresse du vendeur ou prestataire ;
  • numéro SIREN et, le cas échéant, numéro de TVA intracommunautaire du vendeur ;
  • désignation précise des biens vendus ou des services rendus ;
  • quantité et prix unitaire hors taxes ;
  • taux de TVA applicable et montant total TTC ;
  • réductions éventuelles (remises, rabais, escomptes).

Deux autres mentions spécifiques s’ajoutent selon le contexte :

  • Vente à distance : mention obligatoire du délai de rétractation de 14 jours.
  • Biens couverts par la garantie légale de conformité : les factures portant sur certaines catégories de biens (définies par le décret n° 2021-609 du 18 mai 2021) doivent mentionner l’existence et la durée de la garantie légale de conformité, d’au moins deux ans.

La facture doit être rédigée en français, établie en deux exemplaires (un pour le client, un pour votre comptabilité), et remise au moment de la livraison du bien ou à la fin de la prestation de service. Il est toutefois possible de la délivrer en amont, à la commande ou à la conclusion du contrat.

Pour ne pas omettre d’information lors de l’édition de votre facture, il est tout à fait possible de passer par un logiciel de facturation ou d’opter pour un modèle de facture.

À noter : les nouvelles mentions obligatoires introduites dans le cadre de la réforme de la facturation électronique (numéro SIREN du client, adresse de livraison distincte, nature des opérations, option TVA sur débit) concernent uniquement les transactions entre professionnels assujettis à la TVA. Elles ne s’appliquent pas aux factures remises à des particuliers.

Les formalités à respecter pour une note

La note, qui se substitue à la facture pour les prestations de services réalisées auprès d’un particulier dont le montant dépasse 25 € TTC, obéit à un formalisme allégé. Elle doit néanmoins comporter les informations essentielles suivantes :

  • la date de rédaction ;
  • le nom et l’adresse du prestataire ;
  • la nature de la prestation réalisée ;
  • le montant de la prestation, en précisant s’il s’agit d’un montant HT ou TTC et, le cas échéant, le taux de TVA applicable.

Comme pour la facture, la note doit être établie en deux exemplaires : l’un remis au client, l’autre conservé par le professionnel ; et rédigée en français. Elle doit être remise au client au plus tard au moment du règlement de la prestation.

La modification d’une facture déjà émise

Une fois émise, une facture ne peut pas être simplement corrigée ou supprimée. Les règles de refacturation varient selon la situation et le type de facture :

  • La facture a été envoyée mais n’est pas encore réglée : vous devez émettre une facture rectificative, qui annule et remplace la facture initiale. Elle doit faire référence au numéro de la facture d’origine.
  • La facture a été envoyée et a déjà été réglée : vous devez émettre une facture d’avoir (ou note de crédit). Ce document comptable rectificatif formalise la dette du fournisseur envers son client, que ce soit à la suite d’un retour de marchandise, d’un remboursement ou d’une erreur de facturation.

Les délais de paiement d’une facture à un particulier

Contrairement aux transactions entre professionnels, où les délais de paiement sont encadrés par la loi (30 ou 60 jours selon les cas), le délai de paiement applicable à un particulier est librement fixé par le professionnel dans ses conditions générales de vente (CGV). C’est donc à vous de définir vos conditions de règlement et de les communiquer clairement à votre clientèle.

Le temps de conservation de la facture ou de la note

Les factures comme les notes doivent être conservées pendant 10 ans à compter de leur date d’émission. Cette obligation de conservation permet notamment de répondre aux exigences comptables, fiscales et de contrôle en cas de demande de l’administration.

Cas particulier : la facturation avant l’immatriculation

Une société peut commencer à émettre des factures dès lors qu’elle est en cours d’immatriculation, à condition que ses statuts aient été signés et que la demande d’immatriculation ait bien été déposée. Les factures émises dans ce cas doivent porter la mention “SIRET en cours d’attribution”.

Bon à savoir : la société doit avoir été juridiquement créée avant la date de la première facture émise.

Quelles sont les sanctions en cas de facture non conforme ou non émise ?

Le non-respect des obligations de facturation expose à des sanctions financières significatives :

SituationEntrepreneur individuelSociété
Mention manquante ou erronée15 € par mention (plafond : 25 % du montant de la facture15 € par mention (plafond : 25 % du montant de la facture
Manquement à l’obligation de facturationJusqu’à 75 000 €Jusqu’à 375 000 €
Récidive dans les 2 ansJusqu’à 150 000 €Jusqu’à 750 000 €

En cas de fausse facture ou de facturation fictive, les peines peuvent être encore plus lourdes, avec un risque de redressement fiscal à la clé.

Pour rappel : la facturation électronique arrive bientôt

La réforme de la facturation électronique obligatoire (ou e-invoicing) entre assujettis à la TVA se déploie progressivement :

  • 1er septembre 2026 : obligation d’émettre des factures électroniques pour les grandes entreprises et les ETI. À cette même date toutes les entreprises, y compris les PME et TPE, devront être en mesure de les recevoir via une Plateforme Agréée (PA) ;
  • 1er septembre 2027 : les PME et TPE devront également être en mesure d’émettre des factures électroniques.

Cette réforme concerne les transactions entre professionnels (B2B). Les factures remises à des particuliers ne sont pas visées par l’obligation d’e-invoicing. En revanche, les ventes et prestations de services réalisées auprès de particuliers (B2C) sont soumises à une obligation distincte : le e-reporting. Il s’agit de transmettre périodiquement à l’administration fiscale certaines données sur ces transactions, même si aucune facture électronique n’est requise.

Vous souhaitez en savoir plus sur la facturation selon votre activité ? Sur la facturation pour les IDEL ou encore la facturation pour les avocats ? N’hésitez pas à consulter nos autres articles ou posez votre question en commentaire. L’équipe d’Indy sera ravie de vous répondre 😀

Questions fréquentes

Dans quel cas la facture est obligatoire ?

La facture est obligatoire entre professionnels, pour toute vente à distance, sur demande du client particulier, pour certains travaux immobiliers et pour les livraisons intracommunautaires exonérées de TVA. Pour les prestations de services à un particulier dépassant 25 € TTC, c'est une note qui est requise.

Faut-il un logiciel de facturation particulier pour facturer un particulier ?

Non, aucun logiciel n'est imposé par la loi pour émettre des factures à des particuliers. En revanche, dans le cadre de la réforme de la facturation électronique B2B, les professionnels devront utiliser une plateforme de dématérialisation agréée (PA) pour leurs transactions entre professionnels.

Une facture pro forma est-elle valable pour un particulier ?

Non, la facture pro forma est un document provisoire, sans valeur comptable ni contractuelle. Elle sert uniquement à informer le client sur le montant d'une commande avant la livraison, à la manière d'un devis. Elle ne peut pas remplacer une facture définitive et ne constitue pas une pièce justificative valable pour la comptabilité ou un contrôle fiscal.

Peut-on refuser de délivrer une facture à un particulier ?

Non, s’il en fait la demande, vous êtes est légalement tenu de lui remettre une facture, quel que soit le montant de la transaction. Le refus est interdit par la loi. En cas de manquement, le client peut saisir la DGCCRF.

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