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Déclaration n° 2787 : comprendre la taxe sur les conventions d’assurances et ses obligations

En résumé

  • Le formulaire n° 2787-SD permet de déclarer et payer la taxe sur les conventions d’assurances (TSCA) ainsi que les contributions associées.
  • Elle est réalisée chaque mois par voie dématérialisée, avec un paiement à effectuer dans les 15 jours suivant la fin du mois concerné.
  • La TSCA s’applique aux primes d’assurance encaissées en France, avec un taux de base de 9 % et des taux spécifiques selon les risques.
  • La déclaration permet aussi le prélèvement de taxes assimilées et contributions associées, liées à certains risques.

La fiscalité des entreprises comprend de nombreuses obligations spécifiques selon les secteurs d’activité. Dans le domaine de l’assurance, la déclaration n° 2787-SD fait partie des déclarations fiscales essentielles à connaître. Elle permet de déclarer et de payer la taxe sur les conventions d’assurances (TSCA), un impôt indirect appliqué aux primes d’assurance. Cette taxe s’inscrit dans un cadre déclaratif mensuel strict encadré par l’administration fiscale. Découvrons ses modalités, son fonctionnement et les bonnes pratiques pour sécuriser cette démarche.

Déclaration n° 2787 : comprendre la taxe sur les conventions d’assurances et ses obligations

Qu’est‑ce que la déclaration n° 2787 ?

La déclaration n° 2787-SD est un formulaire fiscal utilisé pour déclarer la taxe sur les conventions d’assurances (TSCA) ainsi que plusieurs contributions assimilées. Elle permet à l’administration fiscale de collecter ces taxes directement auprès des organismes qui encaissent des primes d’assurance. Concrètement, il s’agit d’une déclaration mensuelle obligatoire accompagnée du paiement des montants dus.

💡 Bon à savoir : comme la déclaration de TVA, la déclaration 2787 porte sur un impôt indirect. La TSCA est payée par les assurés dans le cadre des primes d’assurance, puis collectée et reversée par les assureurs à l’État.

À quoi sert la déclaration n° 2787 ?

En permettant la collecte de la TSCA, cette déclaration contribue à alimenter les finances publiques. En pratique, son produit est redistribué :

  • aux départements, notamment pour financer leurs nouvelles compétences et les services départementaux d’incendie et de secours ;
  • à la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF).

Autrement dit, à travers cette taxe, les assurés participent au financement d’une partie des services publics territoriaux, de la protection sociale et de la sécurité civile.

Qui est concerné par cette déclaration ?

La déclaration n° 2787 concerne les organismes d’assurance et assimilés, notamment :

  • les compagnies d’assurance ;
  • les mutuelles ;
  • les organismes de prévoyance ;
  • certaines institutions publiques comme la Caisse des dépôts et consignations.

Indirectement, la TSCA impacte également la fiscalité des assurés, puisque ce sont eux qui sont chargés de la payer via leurs primes d’assurance.

Comment fonctionne la taxe sur les conventions d’assurances (TSCA) ?

Les contrats d’assurance assujettis à la TSCA

Par principe, toute convention d’assurance conclue en France ou couvrant des risques en France est susceptible d’être taxée. La TSCA est ainsi intégrée aux primes d’assurance dans la majorité des contrats. On peut citer notamment :

  • la protection juridique ;
  • les complémentaires santé ;
  • les assurances professionnelles (ex. : RC Pro) ;
  • les assurances incendie et perte d’exploitation consécutive ;
  • les assurances décès souscrites en garantie d’un prêt ;
  • l’assurance des véhicules motorisés ou des bateaux…

Il existe toutefois divers cas d’exonérations, comme nous le verrons par la suite.

Base taxable et taux applicables selon les risques

La taxe sur les conventions d’assurances ne s’applique pas uniquement au montant de base de la prime d’assurance. Elle repose sur une assiette plus large qui comprend à la fois :

  • les primes ou cotisations principales ;
  • les majorations éventuelles (par exemple en cas de risque aggravé) ;
  • tous les frais annexes liés au contrat.

Autrement dit, toute somme perçue par l’assureur en lien avec le contrat est incluse dans l’assiette de la taxe, qu’elle résulte des conditions générales, de clauses particulières ou d’avenants.

Par défaut, le taux de la TSCA est de 9 %. Ce taux s’applique à tous les contrats qui ne font pas l’objet de dispositions particulières. Certains risques relèvent en effet de taux spécifiques :

Catégories de risquesTaux applicables
Assurance contre l’incendie7 à 30 %
Pertes d’exploitation consécutives à l’incendie7 % pour les activités industrielles, commerciales, artisanales ou agricoles, 12 % pour les autres activités
Risque maritime ou fluvial19 %
Risque véhicules terrestres à moteur15 à 33 %
Protection juridique13,4 % ou 12,5 %

Taxes assimilées et contributions associées

Au-delà de la TSCA, la déclaration n° 2787 inclut également plusieurs taxes assimilées et contributions associées, liées à certains types de contrats d’assurance ou de risques. Chaque taxe ou contribution doit être déclarée séparément, avec sa propre base de calcul et son taux. Cela suppose une ventilation rigoureuse des primes en fonction des garanties concernées, afin d’éviter toute erreur déclarative.

Ces contributions visent principalement à financer des dispositifs publics de solidarité ou de garantie, par exemple :

  • le fonds national de gestion des risques en agriculture, financé par certaines assurances agricoles ;
  • le fonds de prévention des risques naturels majeurs (fonds Barnier), alimenté par certaines garanties contre les catastrophes naturelles ;
  • le fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI), financé par les assurances de biens.

D’autres prélèvements peuvent également s’ajouter selon la nature des risques assurés. Il existe par exemple la contribution forfaitaire sur les contrats de responsabilité civile des professionnels de santé.

Cas particuliers : exonérations et régimes spécifiques

Si la TSCA s’applique à la majorité des contrats en France, certains cas prévus par le Code général des impôts bénéficient d’exonérations ou de régimes spécifiques. Sont notamment exonérés de TSCA (liste complète disponible dans les textes officiels) :

  • les contrats d’assurance-vie et de capitalisation, en raison de leur nature d’épargne ;
  • les opérations de réassurance, qui concernent des relations entre assureurs ;
  • certains contrats spécifiques relevant du secteur agricole ;
  • certaines assurances obligatoires à caractère social ou liées à la santé.

Par ailleurs, certains contrats peuvent être soumis à des régimes particuliers, avec des taux réduits ou des modalités de taxation spécifiques selon la nature du risque couvert (par exemple en matière agricole ou pour certains risques professionnels).

💡 Bon à savoir : l’assurance des véhicules électriques et hybrides bénéficiait jusqu’en 2025 d’une exonération de TSCA, mais celle-ci a pris fin.

Obligations déclaratives et calendrier

La gestion du formulaire n° 2787 implique de respecter des obligations précises en matière de dépôt et de paiement.

Modalités de dépôt de la déclaration n° 2787‑SD

La déclaration n° 2787 doit obligatoirement être effectuée par voie dématérialisée. La liquidation des sommes dues s’effectue simultanément par télépaiement.

☝️ À noter : depuis 2024, la majorité des impôts professionnels doivent obligatoirement faire l’objet d’une télédéclaration, via l’espace professionnel du site des impôts. Cette obligation s’applique à la déclaration n° 2787, mais aussi au formulaire 2065, aux déclarations de TVA, etc.

La déclaration repose sur les éléments suivants :

  • liste des primes ou cotisations et sommes annexes encaissées au cours du mois ;
  • ventilation par type de risques ;
  • application des taux correspondants ;
  • calcul des taxes et contributions dues.

Le formulaire est en partie automatisé, mais il appartient au déclarant de renseigner correctement les catégories de contrats et les montants encaissés.

Délais de télédéclaration et de paiement

La déclaration n° 2787 est un élément important du calendrier fiscal des assureurs du fait de sa périodicité mensuelle. Elle doit être déposée au plus tard le 15 du mois suivant celui de l’encaissement des primes. Ce délai s’applique également au paiement des taxes.

Exemple : les montants encaissés en janvier doivent être déclarés et payés avant le 15 février.

Particularité : la liquidation provisoire et la régularisation

Le régime de la TSCA prévoit un mécanisme de liquidation provisoire permettant d’anticiper la déclaration lorsque toutes les données ne sont pas encore consolidées. En pratique :

  • L’entreprise peut déclarer une estimation des taxes dues, généralement basée sur les données du mois précédent.
  • Elle procède ensuite à une régularisation le mois suivant, une fois que les montants définitifs sont connus.

Ce dispositif offre une certaine souplesse, mais implique un suivi précis pour éviter les estimations trop éloignées de la réalité ou les oublis.

Sanctions en cas de retard, d’erreur ou d’omission

Le non-respect des obligations déclaratives peut entraîner plusieurs conséquences :

  • une majoration pour retard de déclaration ;
  • des intérêts de retard calculés sur les montants dus ;
  • un redressement fiscal en cas d’erreur ou d’omission.

En cas d’erreur de bonne foi, le contribuable peut toutefois bénéficier de la loi ESSOC sur le droit à l’erreur, sous certaines conditions.

Nos conseils pratiques pour les entreprises et assureurs

Optimiser la gestion de la TSCA et des déclarations mensuelles

La gestion de la TSCA nécessite une organisation rigoureuse, notamment en raison de sa périodicité mensuelle et de la diversité des contrats concernés. Voici quelques bonnes pratiques à adopter :

  • Structurer le suivi des données : mettre en place des outils performants pour effectuer un suivi régulier des primes encaissées chaque mois, en les ventilant par type de contrat et de garantie.
  • Anticiper l’impact sur la trésorerie : les décaissements récurrents liés à la liquidation de la déclaration n° 2787 doivent être intégrés au pilotage financier.
  • Fiabiliser la gestion comptable : les mécanismes comme la liquidation provisoire et les régularisations doivent être correctement comptabilisés.

Pour les assureurs, sécuriser la gestion de la TSCA est crucial pour être en règle vis-à-vis de l’administration et pouvoir obtenir une attestation de régularité fiscale si nécessaire.

Erreurs fréquentes à éviter sur le formulaire n° 2787

Malgré un cadre déclaratif structuré, certaines erreurs reviennent régulièrement lors de la télédéclaration :

  • Mauvaise ventilation des primes : la ventilation et le calcul des bases taxables par type de contrat ou de risques est l’aspect le plus complexe de la gestion de la TSCA et fait souvent l’objet d’erreurs.
  • Application du mauvais taux : une mauvaise répartition peut aboutir à l’application d’un taux incorrect, au détriment de l’assureur ou de l’administration.
  • Assiette de calcul erronée : certaines sommes liées aux contrats (ex. : majorations, frais annexes) peuvent être oubliées alors que la réglementation impose de les intégrer à la base de calcul de la taxe et des contributions associées.
  • Non-respect du calendrier : un oubli ou un retard peut entraîner des majorations et pénalités. Une erreur fréquente consiste à oublier de valider le formulaire ou le télépaiement à l’issue de la déclaration.

En conclusion, la déclaration n° 2787 est une obligation mensuelle incontournable pour les assureurs, qui demande rigueur et organisation. Sa bonne gestion repose sur une maîtrise des bases déclaratives, des échéances et des régimes applicables. Bien structurée, elle permet de sécuriser la conformité fiscale tout en fluidifiant le pilotage comptable et financier.

Indy : bien plus qu'une app de comptabilité - Créer un compte

par Marie Cordier

Marie est une rédactrice passionnée qui rend accessibles des sujets parfois complexes comme la comptabilité, la création d'entreprise ou la facturation, en proposant des articles clairs, concrets et pleins de conseils utiles pour les entrepreneurs.

Questions fréquentes

Qui doit remplir la déclaration 2787 ?

Les assureurs, mutuelles et organismes percevant des primes d’assurance soumises à la TSCA.

Quel est le taux de la TSCA en 2026 ?

Le taux par défaut est de 9 %, mais des taux spécifiques s’appliquent pour certains types de risques.

Quelle est la fréquence de déclaration ?

Elle est mensuelle, avec un dépôt dans les 15 jours suivant la fin du mois.

L’assurance des voitures électriques est-elle exonérée de TSCA ?

Non : depuis 2025, les exonérations pour les véhicules électriques et hybrides ont été supprimées.

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