- Dans le BTP, l’autoliquidation de la TVA sur la sous-traitance est obligatoire lorsque le sous-traitant et le donneur d’ordre sont tous deux redevables de la TVA.
- Avec ce mécanisme, le prestataire facture hors taxes et c’est à son client de déclarer la TVA qui correspond aux travaux réalisés.
- Le sous-traitant doit inclure la mention « Autoliquidation de la TVA » sur sa facture.
- Quant au donneur d’ordre, il doit inscrire la taxe calculée en TVA collectée sur sa déclaration. Il peut par ailleurs la reporter en TVA déductible, ce qui implique que l’opération a un impact neutre sur sa trésorerie.
En principe, la TVA est une taxe collectée par le vendeur, qui la reverse ensuite à l’administration fiscale. Une procédure particulière s’applique néanmoins à certaines transactions, parmi lesquelles la sous-traitance dans le BTP : l’autoliquidation de la TVA. C’est alors au donneur d’ordre (le client) de calculer la taxe et de la déclarer. Dans cet article, on vous détaille le fonctionnement de l’autoliquidation de la TVA pour la sous-traitance dans le BTP : opérations concernées, fonctionnement détaillé, conséquences sur les déclarations, etc.

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Qu’est-ce que l’autoliquidation de la TVA en sous-traitance dans le BTP ?
La sous-traitance dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) est soumise à un régime de TVA particulier : l’autoliquidation. On vous explique dans quel cas l’appliquer et comment le mettre en œuvre.
Principe de l’autoliquidation de la TVA
La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est une composante majeure de la fiscalité des entreprises en France. En principe, le vendeur professionnel la collecte auprès de son client en l’inscrivant sur sa facture.
L’autoliquidation est un système dérogatoire par lequel c’est l’acheteur qui reverse la TVA à l’État. Ainsi, le vendeur ne doit pas la facturer et demande le paiement du prix hors taxes (HT) à son client.
Le rôle du sous-traitant et du donneur d’ordre
L’autoliquidation de la TVA s’applique dans diverses situations, par exemple dans le cadre d’importations ou d’acquisitions intracommunautaires. Ce mécanisme est aussi obligatoire pour les prestations de sous-traitance dans le domaine du BTP.
Le rôle de chaque partie est alors le suivant.
- Le sous-traitant facture son intervention HT, sans inclure de TVA. En revanche, il doit mentionner l’autoliquidation sur sa facture.
- Le donneur d’ordre calcule la TVA en appliquant le taux adéquat et la déclare à l’administration fiscale. Pour lui, l’autoliquidation implique de collecter et de déduire le même montant de TVA en parallèle.
Bon à savoir : Le donneur d’ordre facture bien la TVA à son client, c’est-à-dire la personne qui a commandé les travaux.
Pourquoi ce dispositif est-il obligatoire dans le bâtiment ?
À ce stade, il est important de définir la notion de sous-traitance. Elle correspond au fait, pour un professionnel (le donneur d’ordre), de déléguer tout ou partie d’une prestation commandée par un client final (le maître de l’ouvrage) à une autre entreprise (le sous-traitant). Ainsi, l’autoliquidation de la TVA ne s’applique qu’en présence d’une délégation à une structure tierce.
Ce mécanisme permet une simplification administrative pour le sous-traitant, qui n’a pas besoin de collecter la TVA et de la reverser à l’État. Il peut disposer de la totalité de la somme qu’il encaisse de son client, ce qui facilite le suivi de sa trésorerie.
Pour l’administration fiscale, l’autoliquidation permet de lutter contre la fraude à la TVA en centralisant la collecte de la taxe au niveau d’un seul acteur (le donneur d’ordre).
Quels travaux et quelles entreprises sont concernés par l’autoliquidation ?
Le Code général des impôts (CGI) définit le champ d’application de l’autoliquidation de la TVA dans son article 283.
La liste des travaux immobiliers éligibles
En pratique, les travaux suivants impliquent d’appliquer l’autoliquidation quand ils sont réalisés en sous-traitance.
- Les travaux de construction ou de rénovation d’immeubles qui mobilisent différents corps de métier.
- Les travaux publics et ouvrages de génie civil.
- Les travaux d’équipement des immeubles (appareils encastrés, canalisations, etc.).
- Les opérations de réparation ou de réfection liées à la remise en état d’un immeuble.
- Les opérations de ménage attachées à ces travaux.
Bon à savoir : Le lien entre le donneur d’ordre et le sous-traitant doit pouvoir être établi par un contrat ou par un document équivalent (devis, bon de commande signé, etc.).
Les conditions liées au régime de TVA du sous-traitant et du donneur d’ordre
Pour que l’autoliquidation puisse être mise en œuvre, le donneur d’ordre doit être redevable de la TVA. Cette condition s’applique aussi au sous-traitant, ce qui implique que l’autoliquidation n’est pas possible s’il bénéficie du régime de franchise.
Bon à savoir : La franchise de TVA est un régime qui autorise l’assujetti à ne pas facturer cette taxe et le dispense de toute opération déclarative.
En revanche, le statut du client final (particulier, professionnel assujetti, administration, etc.) n’a aucun impact.
Les cas de figure exclus du dispositif
Si vous réalisez ou déléguez des travaux en sous-traitance dans le BTP, vous devez vous assurer qu’il faut bien appliquer l’autoliquidation de la TVA. Ce système ne doit pas être retenu dans les situations suivantes.
- La prestation n’est pas exécutée dans le cadre d’un contrat de sous-traitance.
- Le donneur d’ordre ou le sous-traitant n’est pas assujetti à un régime réel de TVA.
- Le sous-traitant accomplit seulement des opérations de nettoyage sur le chantier, sans réaliser de travaux.
Par ailleurs, les prestations intellectuelles (architecte, bureaux d’études, etc.) et la location de matériel ne sont pas concernées par l’autoliquidation de la TVA.
Comment rédiger une facture conforme en autoliquidation ?
Dans le cadre de l’autoliquidation de la TVA en sous-traitance, le prestataire ne doit pas appliquer la TVA sur ses factures. Néanmoins, il doit être particulièrement vigilant à leur préparation pour s’assurer de leur conformité.
Les mentions obligatoires sur la facture du sous-traitant
Le sous-traitant ne doit pas appliquer la TVA, ce qui implique que les montants HT et TTC sont égaux sur sa facture. Il doit en revanche y insérer des mentions spécifiques.
- L’inscription « Autoliquidation de la TVA ».
- La référence à l’article 283 du Code général des impôts, qui prévoit ce dispositif et justifie la non-application de la TVA.
Bien sûr, vous devez aussi inclure les autres mentions obligatoires sur vos factures.
Bon à savoir : Si un de vos sous-traitants vous facture de la TVA à tort, vous ne pouvez pas la déduire sur votre déclaration. Vous devez donc demander à ce qu’il émette une facture rectificative, en lui signifiant que l’autoliquidation de la TVA doit s’appliquer.
L’application sur les factures de situation et les acomptes
Dans le BTP, le prix d’une intervention se chiffre souvent en centaines, voire en milliers d’euros. Il n’est ainsi pas rare que le prestataire sollicite son règlement en plusieurs fois, par l’intermédiaire de factures de situation ou d’acomptes.
L’autoliquidation doit être pratiquée dans les mêmes conditions que pour le versement du solde de la prestation. Le sous-traitant facture hors taxes, et le donneur d’ordre doit déclarer la TVA sur la période au cours de laquelle elle devient exigible, qui correspond ici à la date du paiement de l’acompte.
Comment déclarer la TVA autoliquidée ?
L’autoliquidation implique un traitement particulier sur les déclarations de TVA. On fait le point sur les sommes que chaque partie doit y reporter.
Ce que doit renseigner le donneur d’ordre dans sa déclaration
Le donneur d’ordre doit inscrire le prix HT de la prestation dans sa déclaration CA3 ou CA12, en fonction de son régime de TVA. La ligne à utiliser est « Autres opérations imposables », dans la partie relative aux opérations taxées (la TVA collectée).
Il calcule par ailleurs la TVA à partir du taux applicable à la prestation sous-traitée (5,5 %, 10 % ou 20 %), et la reporte dans la ligne adéquate.
En parallèle, il peut déduire la TVA correspondante, comme si le sous-traitant avait facturé la TVA en appliquant le fonctionnement classique. L’impact est donc neutre : le donneur d’ordre déduit et collecte la TVA pour le même montant.
Ce qu’inscrit le sous-traitant sur sa déclaration
Le fait de ne pas appliquer la TVA ne dispense pas le sous-traitant de mentionner la transaction sur sa déclaration. Il doit inscrire le montant HT de la vente facturée sur la ligne « Autres opérations non imposables ».
Bon à savoir : Même s’il ne collecte pas la TVA, le sous-traitant peut déduire la taxe acquittée sur les achats qu’il a engagés pour réaliser la prestation.
Les sanctions en cas d’oubli de l’autoliquidation
Pour le donneur d’ordre, le fait de ne pas autoliquider la TVA l’expose à une sanction égale à 5 % de la taxe due conformément à l’article 1788 A, 4° du CGI.
De son côté, le sous-traitant doit préciser que l’opération est soumise à l’autoliquidation de la TVA sur sa facture de vente. À défaut, il peut se voir infliger la sanction liée au manquement d’une mention obligatoire, à savoir une amende de 15 € par facture incorrecte dans la limite du quart du montant de la facture.
Autoliquidation de la TVA en sous-traitance : exemple concret
Le taux de TVA normal de 20 % doit être utilisé pour ce type de travaux de construction. On obtient donc un montant de TVA de 4 000 € (20 000 x 20 %), que Vosges BTP doit reporter sur sa déclaration de TVA. En pratique, le donneur d’ordre inscrit à la fois cette somme en TVA collectée et en TVA déductible, ce qui implique que l’opération est neutre pour lui.
Vous avez des questions sur l’autoliquidation de la TVA sur la sous-traitance ? On répond à vos interrogations dans les commentaires, à la fin de cet article.
