- Une exonération de TVA dispense un professionnel assujetti à la TVA d’inclure cette taxe sur ses factures de vente.
- Le Code général des impôts prévoit plusieurs cas d’exonération de TVA : activités d’enseignement, soins médicaux, opérations bancaires et d’assurance, pêche, jeux d’argent, crèches, etc.
- L’exonération de TVA est en principe automatique, avec certaines exceptions. Vous devez par exemple déposer une demande auprès de la DREETS si vous exercez une activité de formation professionnelle continue.
- En pratique, vous facturez sans TVA et vous n’établissez pas de déclarations de TVA. En revanche, vous ne pouvez pas récupérer la taxe payée sur vos achats.
La TVA peut créer de nombreuses contraintes pour les professionnels : gestion complexe, obligations déclaratives, majoration des prix de vente, etc. Or, saviez-vous que certaines activités pouvaient bénéficier d’une exonération de TVA ? Dans cet article, on vous liste les opérations concernées et on vous explique comment profiter de cette dispense de TVA en pratique !

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Qu’est‑ce qu’une exonération de TVA ?
Avant d’évoquer les modalités pratiques de l’exonération de TVA, commençons par définir ce mécanisme et son cadre juridique. Vous pourrez ainsi déterminer si vous pouvez en profiter ou non.
Définition de l’exonération de TVA
Une exonération de TVA correspond à une disposition légale qui exempte un assujetti de facturer la TVA sur une vente de biens ou une prestation de services.
En principe, ces transactions donnent lieu à la collecte de la TVA dès lors qu’elles sont réalisées par un professionnel assujetti. Néanmoins, le Code général des impôts (CGI) dispense certaines opérations de la facturation de cette taxe.
Opérations exonérées de TVA
Les articles 261 à 263 du CGI dressent la liste des opérations qui ouvrent droit à une exonération de TVA. Elles sont nombreuses, mais voici les situations les plus courantes.
- Les activités d’enseignement et de formation professionnelle (en présentiel ou à distance).
- Les soins médicaux et paramédicaux (y compris le transport sanitaire de patients).
- Certaines activités bancaires et financières, y compris les opérations d’assurance.
- Les activités de pêche, à l’exception de la pêche en eau douce.
- Certains jeux d’argent et de hasard, qui sont soumis à d’autres taxes.
- Certaines activités immobilières (location de logements meublés, de locaux nus, de terres et bâtiments à usage agricole, etc.).
- Les établissements qui assurent l’accueil d’enfants de moins de 3 ans (crèches).
- La vente de timbres fiscaux ou de timbres-poste.
- Les opérations réalisées par des organismes d’intérêt général.
L’exonération de TVA n’est pas obligatoire pour les opérateurs de formation professionnelle continue. Vous pouvez choisir de la solliciter, ou non.
Notez également que les médecines douces (naturothérapeute, sophrologue, hypnotiseur, etc.) et la chirurgie esthétique doivent appliquer la TVA.
Quelles sont les conséquences d’une exonération de TVA ?
Savoir distinguer les notions d’assujetti et de redevable vous aidera à comprendre le principe de l’exonération de la TVA. Par ailleurs, d’autres dispositifs peuvent vous dispenser de facturer cette taxe, même si vous n’exercez pas une des activités listées par le CGI.
Différence entre exonération, assujetti et redevable
Il est essentiel de faire la différence entre deux notions clés de la fiscalité des entreprises, afin de bien comprendre le mécanisme de l’exonération de TVA.
- L’assujettissement désigne le fait qu’une personne (physique ou morale) est incluse dans le champ d’application de la TVA. Il concerne toute personne qui réalise des activités économiques (ventes de biens ou prestations de services) de manière indépendante. En principe, toutes les entreprises françaises sont donc assujetties à la TVA !
- La redevabilité implique de devoir verser un impôt au Trésor public. En matière de TVA, vous êtes redevable si vous devez collecter cette taxe sur vos ventes.
Pour être redevable, vous devez obligatoirement être assujetti. En revanche, vous pouvez être assujetti sans être redevable !
Si vous bénéficiez d’une exonération de TVA, vous êtes assujetti à la TVA, mais vous n’êtes pas redevable. Vous ne devez pas facturer la TVA sur vos ventes, mais vous ne pouvez pas non plus récupérer celle que vous acquittez sur vos achats. Par ailleurs, vous n’êtes pas tenu d’établir de déclarations de TVA, sauf si vous réalisez également des opérations imposables.
Les autres situations qui dispensent de facturer la TVA
Outre l’exonération qui résulte de la nature des opérations réalisées, d’autres dispositifs peuvent vous permettre de ne pas appliquer la TVA sur vos ventes.
- La franchise en base de TVA est un régime de TVA qui vous dispense de facturer et de déclarer cette taxe tant que vous ne dépassez pas certains seuils de chiffre d’affaires, ou que vous ne décidez pas de changer de régime de TVA.
- Les livraisons intracommunautaires sont aussi exonérées si l’acheteur est assujetti à la TVA. En vertu du principe de l’autoliquidation de la TVA, c’est au client que revient la charge de calculer et de déclarer la taxe selon les conditions en vigueur dans son pays. Cette disposition concerne les ventes internes à l’Union européenne (UE).
- Les exportations de biens meubles corporels en dehors de l’UE. Le mécanisme de l’autoliquidation de la TVA s’applique également.
Dans ces différents cas de figure, vous êtes malgré tout considéré comme assujetti à la TVA. En revanche, vous n’en êtes pas redevable ! Au final, les conséquences sont les mêmes que si votre activité était exonérée de TVA de par sa nature.
Comment obtenir une exonération de TVA ?
Votre activité vous donne droit à une exonération de TVA ? Découvrez comment en profiter !
Exonération automatique
En principe, vous n’avez aucune démarche à effectuer pour demander votre exonération de TVA. Si l’activité renseignée à l’immatriculation de votre entreprise vous y donne droit, l’administration vous l’accorde automatiquement.
Des conditions particulières peuvent néanmoins s’appliquer à certaines professions. Dans le doute, n’hésitez pas à interroger votre service des impôts des entreprises (SIE) sur ce sujet. Vous obtiendrez ainsi des informations personnalisées, qui vous assureront de respecter les dispositions légales en vigueur.
Exonération sur demande
Parmi les exceptions à l’octroi automatique de l’exonération de TVA, on peut notamment citer les structures actives dans le domaine de la formation professionnelle continue. Si c’est votre cas, vous devez transmettre une demande à la direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS).
Pour cela, vous devez compléter le formulaire Cerfa n° 3511 (disponible ici) et l’envoyer en 3 exemplaires, par lettre recommandée avec accusé de réception. Vous pouvez réaliser cette demande à tout moment, mais elle n’a pas d’effet rétroactif. Vous ne pouvez donc pas vous prévaloir de l’exonération de TVA pour des prestations déjà facturées.
Comment facturer quand on bénéficie d’une exonération de TVA ?
Dès lors que vous bénéficiez d’une exonération de TVA, vous devez adapter vos factures de vente. Voici quelques règles et conseils qui vous aideront à établir des documents conformes à la loi.
Facturer sans TVA en pratique et mentions obligatoires
Si vous bénéficiez d’une exonération de TVA, vous ne devez pas inclure cette taxe sur vos factures, ce qui implique que vos prix hors taxes (HT) et toutes taxes comprises (TTC) sont égaux.
Vous devez également préciser la raison pour laquelle vous ne collectez pas la TVA, en insérant une mention en ce sens sur votre facture. Vous pouvez reprendre la formule suivante : « Exonération de TVA, article X du Code général des impôts ». N’oubliez pas d’adapter le numéro de l’article du CGI au dispositif applicable à votre situation.
Risques en cas de mentions incorrectes
Vous vous exposez à une amende de 15€ par mention obligatoire manquante ou inexacte sur vos factures. Cette sanction s’applique pour chaque document erroné, et est plafonnée à 25 % du montant de la vente. La note peut donc être salée si vous n’êtes pas suffisamment vigilant.
L’amende concerne chaque information absente, qu’elle se rapporte ou non à la TVA. Pour l’éviter, vérifiez que vos factures intègrent l’ensemble des mentions obligatoires. Vous pouvez aussi recourir à un logiciel de facturation, qui vous donne accès à des modèles conformes à la loi.
