En mai, profitez de 2 mois offerts sur Indy avec le code : PRINTEMPS26 

Licitation immobilière : comment ça marche et combien ça coûte ?

En résumé

  • La licitation est une procédure légale qui permet de vendre un bien indivis, soit à l’amiable, soit aux enchères publiques, pour mettre fin à l’indivision, lorsque les co-indivisaires ne trouvent pas d’accord amiable ;
  • Elle peut être amiable (tous les indivisaires sont d’accord) ou judiciaire (un juge ordonne la vente en cas de blocage) ;
  • N’importe quel indivisaire (ou ses créanciers) peut demander une licitation, à tout moment et sans avoir à justifier sa décision ;
  • Le produit de la vente est réparti entre les co-indivisaires au prorata de leurs parts respectives dans l’indivision ;
  • Les frais d’une licitation amiable oscillent entre 3 000 € et 5 000 €. Ceux d’une licitation judiciaire entre 8 000 € et 15 000 € selon la complexité du dossier ;
  • Avant d’y recourir, nous vous conseillons d’explorer les différentes alternatives : rachat de parts, partage amiable, attribution préférentielle ou convention d’indivision.

L’indivision ou la détention d’un bien via une SCI, notamment dans le cadre d’une succession ou d’une séparation, peut rapidement devenir une source de tensions. Lorsque les co-indivisaires ou associés ne parviennent pas à s’entendre sur la gestion ou la vente du bien, la licitation est une solution juridique permettant de sortir de cette situation de blocage. Encadrée par le Code civil, cette procédure permet, selon les cas, de vendre le bien et de répartir le prix entre les parties. Voici l’essentiel à connaître sur son fonctionnement, ses coûts et ses alternatives. 

Licitation immobilière : comment ça marche et combien ça coûte ?

Gérez toute la comptabilité de votre SCI avec Indy
Du pilotage en temps réel à l’automatisation de votre comptabilité : générez toutes vos déclarations fiscales en vous laissant guider par la plateforme
 

Qu’est-ce que la licitation ?

La licitation est une opération juridique permettant de mettre fin à une indivision portant sur un bien détenu par plusieurs personnes. Elle peut se traduire par la vente du bien ou par son attribution à l’un des indivisaires, avec répartition de sa valeur entre les ayants droit.

Prévue par les articles 1686 et suivants du Code civil (disponibles ici), elle constitue un mode de sortie de l’indivision.

Elle intervient notamment lorsque le partage en nature est impossible ou en cas de désaccord entre les indivisaires sur le sort du bien. Dans ce cas, le bien est soit vendu, soit attribué, puis sa valeur est répartie entre les indivisaires selon leurs droits. 

Bon à savoir : dans la pratique notariale, la licitation désigne également l’acte par lequel un indivisaire rachète les parts des autres pour devenir seul propriétaire du bien. Il peut donc s’agir d’une vente interne à l’indivision, sans intervention d’un tiers acquéreur.

La licitation peut porter aussi bien sur des biens immobiliers (maison, appartement, terrain) que sur des biens mobiliers (véhicule, objet d’art, meuble de valeur) ou des actifs financiers détenus en commun. Tout bien indivis, quel que soit sa nature, peut potentiellement faire l’objet d’une licitation.

Les différentes formes de licitation

Il existe deux grandes formes de licitation, selon que les indivisaires parviennent ou non à s’entendre sur la vente du bien.

La licitation amiable

La licitation amiable intervient lorsque tous les co-indivisaires sont d’accord sur le principe de la vente et ses modalités. La procédure se déroule alors devant notaire, sans intervention du juge, sauf cas particulier. Elle suit généralement les étapes suivantes :

  • Réunion préalable des indivisaires pour s’accorder sur les conditions de vente ;
  • Évaluation du bien par un expert immobilier ;
  • Rédaction de l’acte de licitation par le notaire ;
  • Signature de l’acte par l’ensemble des indivisaires ;
  • Répartition du prix de vente après déduction des frais.

C’est la voie la plus rapide et la moins coûteuse.

La licitation judiciaire

La licitation judiciaire intervient lorsque les héritiers ou co-indivisaires ne parviennent pas à s’entendre sur le sort d’un bien en indivision. Dans ce cas, l’un d’eux peut saisir le tribunal judiciaire afin de demander la vente du bien. Cette procédure est une solution de dernier recours pour débloquer une situation figée.

Le juge peut alors ordonner la mise en vente du bien, le plus souvent aux enchères publiques. Le prix de départ est fixé sur la base d’une expertise, et le produit de la vente est réparti entre les indivisaires selon leurs quotes-parts. 

Bon à savoir : Lorsque les indivisaires détenant au moins les deux tiers des droits souhaitent vendre le bien, ils peuvent demander au notaire de consulter les autres indivisaires en vue d’une vente amiable. En cas de refus ou d’absence de réponse, il est possible de saisir le juge afin d’obtenir une autorisation de vente par licitation.

La licitation judiciaire est plus longue, plus coûteuse, et aboutit généralement à un prix de vente inférieur à la valeur réelle du bien, car la vente aux enchères ne garantit pas d’atteindre le prix du marché. C’est pourquoi la voie amiable doit toujours être privilégiée.

Pourquoi et quand recourir à une licitation ?

La licitation est envisagée lorsque l’indivision devient impossible à gérer ou source de conflits prolongés. Plusieurs situations peuvent justifier d’y recourir :

  • Désaccord persistant entre indivisaires sur la gestion, l’entretien ou la vente du bien. Cette situation est fréquente dans le cadre d’un partage de succession ou d’une séparation liée à un divorce, lorsque les co-indivisaires ne parviennent pas à s’entendre sur le devenir du bien ;
  • Impossibilité de partager le bien en nature, par exemple une maison individuelle qui ne peut être divisée physiquement ;
  • Volonté d’un indivisaire de quitter l’indivision alors que les autres refusent de racheter ses parts ;
  • Succession bloquée, lorsque les héritiers ne parviennent pas à trouver un accord sur le partage des biens ;
  • Charges financières devenues trop lourdes, notamment les frais d’entretien, les taxes foncières ou les charges de copropriété qui pèsent sur le bien indivis.

Chaque année, plus de 630 000 successions sont ouvertes en France.
Parmi elles, une part significative génère des conflits entre héritiers,
rendant parfois inévitable le recours à la licitation ou à une autre
procédure judiciaire de partage. 

Comment se déroule une procédure de licitation judiciaire ?

Lorsque la voie amiable est impossible, voici comment se déroule la procédure devant le tribunal :

Dépôt de la demande

L’indivisaire qui souhaite sortir de l’indivision saisit le tribunal judiciaire compétent, généralement celui du lieu de situation du bien, et assigne les autres co-indivisaires.

Décision du juge

Après analyse de la demande, le juge vérifie si les conditions de la licitation sont réunies. S’il la juge recevable, il peut autoriser la vente du bien indivis par voie d’ordonnance. Lorsque plusieurs indivisaires sont concernés, chacun doit être tenu informé de la procédure. 

Estimation du bien 

Avant la mise en vente, le bien fait généralement l’objet d’une estimation. Cette évaluation sert de référence pour les enchères et contribue à assurer un prix de vente cohérent. Elle peut être réalisée par un expert immobilier ou par un notaire. 

Mise en vente et adjudication

Le bien est ensuite proposé à la vente publique, dans le cadre d’une enchère organisée devant un notaire, un commissaire de justice ou en salle des ventes, selon les modalités fixées par le tribunal. Les acquéreurs potentiels peuvent y présenter leurs offres. Le bien est attribué au plus offrant, qu’il s’agisse d’un indivisaire ou d’un tiers. 

Répartition du produit

Une fois la vente conclue, le prix est réparti entre les co-indivisaires au prorata de leurs quotes-parts dans l’indivision, après déduction des frais de procédure.

Clôture de la procédure

Une fois le prix de vente réparti entre les indivisaires, la procédure de licitation est terminée. Le bien est alors transféré au(x) acquéreur(s), mettant définitivement fin à l’indivision. 

Exemple : trois frères héritent d’une maison à parts égales (1/3 chacun). L’un souhaite vendre, les deux autres refusent. Le premier saisit le tribunal judiciaire. Le juge ordonne la licitation judiciaire. La maison est adjugée à 210 000 € aux enchères. Après déduction de 12 000 € de frais, les 198 000 € sont répartis à parts égales : chaque frère reçoit 66 000 €.

La licitation dans le cadre d’une succession

La licitation est particulièrement fréquente dans le contexte successoral. Après le décès d’un proche, les héritiers se retrouvent automatiquement en indivision successorale sur les biens du défunt. Si cette situation peut durer plusieurs années, elle génère souvent des tensions lorsque les héritiers ont des projets ou des besoins financiers différents.

Lorsqu’aucun accord n’est trouvé, l’un des héritiers peut demander la licitation auprès du tribunal judiciaire du lieu d’ouverture de la succession (dernier domicile du défunt). Si l’un d’eux souhaite conserver le bien familial, il peut participer à la vente aux enchères et se porter acquéreur. À défaut, le bien sera cédé à un tiers et l’intégralité du produit réparti entre les héritiers selon leurs droits successoraux.

Quel est le coût d’une licitation ?

Les frais d’une licitation varient selon qu’elle est amiable ou judiciaire, et selon la valeur du bien concerné. Voici les principaux postes de dépenses à anticiper.

Les frais d’une licitation amiable

Pour une licitation amiable, le coût total est généralement compris entre 3 000 € et 5 000 € pour un bien de valeur moyenne. Ces frais se décomposent ainsi :

ÉtapeIntervenantDélai indicatifCoût estimé
Réunion des indivisaires et accord sur les modalités de venteCo-indivisairesVariable
Évaluation du bienExpert immobilier1 à 2 semaines800 € – 1 500 €
Rédaction et signature de l’acte de licitationNotaire2 à 4 semaines1 % – 2 % de la valeur du bien
Droits d’enregistrementTrésor public2,5 % de la valeur nette partagée
Répartition du prix de venteNotaireQuelques jours
Durée et coût total estimésQuelques semaines à 3 mois3 000 € – 5 000 €

 

Les frais d’une licitation judiciaire

La licitation judiciaire est nettement plus coûteuse. Le total peut atteindre entre 8 000 € et 15 000 € selon la complexité du dossier, voire davantage. 

ÉtapeIntervenantDélai indicatifCoût estimé
Assignation des co-indivisaires devant le tribunal judiciaireAvocat + commissaire de justice 2 à 4 semaines1 500 € – 3 000 € (honoraires avocat)
Expertise judiciaire du bienExpert désigné par le juge1 à 3 mois800 € – 1 500 €
Décision du juge et désignation du notaireTribunal judiciaire1 à 3 moisFrais de procédure
Publicité légale et organisation des visitesNotaire + commissaire de justice1 à 2 moisFrais de publicité légale
Vente aux enchères (adjudication)Notaire1 audience8,67 % du prix d’adjudication (inscription foncière)
Répartition du produit de la venteNotaireQuelques semaines
Durée et coût total estimés1 an à 2 ans8 000 € – 15 000 €

Le saviez-vous ? Les professions d’huissier de justice et de commissaire-priseur judiciaire ont fusionné pour donner naissance à la profession unique de commissaire de justice.

Les alternatives à la licitation

Avant d’engager une procédure de licitation, il est toujours préférable d’explorer les solutions permettant d’éviter la vente aux enchères, souvent moins avantageuse financièrement.

Le rachat de parts

L’option la plus courante : l’un des co-indivisaires rachète les quotes-parts des autres pour devenir seul propriétaire. Cette opération, appelée rachat de soulte, se fait devant notaire et peut être financée par un crédit immobilier classique. Elle évite une vente aux enchères et permet à un indivisaire de conserver le bien.

Le partage amiable

Si le bien est divisible (terrain, immeuble avec plusieurs lots…), les indivisaires peuvent décider d’un partage en nature : chacun reçoit une part physique du bien. Lorsque les lots ne sont pas de valeur égale, une soulte de rééquilibrage est versée par celui qui reçoit la part la plus importante.

La vente amiable du bien

Les indivisaires peuvent décider, d’un commun accord, de mettre le bien en vente sur le marché à un prix fixé ensemble. Cette solution est généralement plus avantageuse que la vente aux enchères, car elle permet d’obtenir le prix du marché et d’éviter les frais de procédure judiciaire.

L’attribution préférentielle

En cas de désaccord sur le partage, un indivisaire peut demander au juge de lui attribuer préférentiellement le bien, notamment lorsqu’il l’occupe à titre de résidence principale ou qu’il y exploite une activité professionnelle. En contrepartie, il verse une soulte aux autres indivisaires pour compenser l’écart de valeur.

La convention d’indivision

Lorsque les indivisaires souhaitent maintenir l’indivision temporairement (pour attendre une meilleure conjoncture de marché, par exemple), ils peuvent signer une convention d’indivision devant notaire. Ce document organise les règles de gestion du bien, les obligations de chacun et les conditions de sortie. Cette solution évite les conflits sans passer par une procédure judiciaire coûteuse.

AlternativeAccord unanime requis ?CoûtIdéal pour
Rachat de parts (soulte)OuiFrais de notaire + éventuels frais de créditUn indivisaire veut conserver le bien
Partage amiable en natureOuiFrais de notaireBien divisible (terrain, immeuble)
Vente amiableOuiFrais d’agence + frais de notaireObtenir le prix du marché
Attribution préférentielleNon (décision du juge)Frais judiciairesBien occupé par un indivisaire
Convention d’indivisionOuiFrais de notaire (modérés)Maintenir l’indivision temporairement
Licitation judiciaireNon8 000 € à 15 000 €Blocage total entre indivisaires

Propriétaire en indivision ou en SCI ? Nous répondons à toutes vos interrogations sur le sujet ! 

Indy : bien plus qu'une app de comptabilité - Créer un compte

par Julie Pay Vargas

Julie est rédactrice de contenu chez Indy. Spécialiste des entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés, elle partage toutes ses connaissances afin de rendre la comptabilité accessible à tous !

Questions fréquentes

Qui peut demander une licitation ?

N'importe quel co-indivisaire peut demander une licitation, à tout moment et sans avoir à motiver sa décision. 

Combien de temps dure une procédure de licitation ?

Une licitation amiable peut être finalisée en quelques semaines à quelques mois. En revanche, une licitation judiciaire est beaucoup plus longue : comptez en moyenne 1 an à 2 ans.

Le prix obtenu lors d'une licitation peut-il être inférieur à la valeur du bien ?

Oui, c'est l'un des principaux risques de la licitation judiciaire. Une vente aux enchères ne garantit pas d'atteindre le prix du marché. Si la publicité est insuffisante ou si peu d'enchérisseurs se présentent, le bien peut être adjugé à un prix bien inférieur à sa valeur réelle. C'est pourquoi la vente amiable est toujours préférable.

Faut-il un avocat pour une licitation ?

Pour une licitation amiable, l'intervention d'un avocat n'est pas obligatoire : le notaire suffit généralement. En revanche, pour une licitation judiciaire, la représentation par un avocat est obligatoire devant le tribunal judiciaire. Dans tous les cas, se faire accompagner par un professionnel permet de sécuriser la procédure et de défendre au mieux ses intérêts.

Laisser un commentaire

Prêt pour la vraie indépendance ?

Comme 300 000 indépendants, gérez, pilotez et déclarez vous-mêmes.

Sans frais cachés - 30 jours satisfait ou remboursé

Découvrez le logiciel Indy

La solution n°1 pour gérer votre comptabilité, vos factures et vos déclarations sans stress.

Ajoutez votre titre ici

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.