- L’indemnité de précarité correspond à 10 % de la rémunération brute totale versée pendant le CDD ou 6 % si une formation a été proposée au salarié ;
- Elle est due à la fin de tout CDD qui ne se poursuit pas en CDI, sauf dans des cas précis d’exclusion ;
- Elle n’est pas versée en cas de faute grave ou lourde, de démission, de rupture anticipée à l’initiative du salarié ou de refus d’un CDI équivalent ;
- Elle apparaît sur le dernier bulletin de paie et reste soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu ;
- En cas de désaccord sur son versement ou son montant, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes.
Quand un CDD arrive à son terme, l’employeur doit en principe verser une indemnité de précarité au salarié. Cette somme, aussi appelée « prime de précarité », est prévue par le droit du travail pour compenser le caractère temporaire du contrat. Vous employez un salarié en CDD et vous vous demandez comment calculer cette indemnité, ou dans quels cas elle n’est pas due ? Dans cet article, nous vous expliquons ce qu’il faut savoir sur l’indemnité de précarité en CDD.

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Qu’est-ce que l’indemnité de précarité (ou prime de précarité) ?
L’indemnité de précarité, aussi appelée prime de précarité, est une somme versée par l’employeur au salarié à la fin d’un contrat à durée déterminée. Elle compense l’instabilité liée à un contrat de travail dont la durée est limitée dans le temps, contrairement à un CDI.
Cette indemnité vise à rééquilibrer la relation de travail : le salarié accepte une mission ponctuelle, l’employeur lui verse en contrepartie une somme calculée sur l’ensemble des salaires perçus pendant le contrat.
Différence entre indemnité de précarité et indemnité de congés payés
L’indemnité compensatrice de congés payés rembourse les jours de congés acquis mais non pris. L’indemnité de précarité, elle, compense la nature temporaire du contrat, indépendamment des congés. Un salarié en CDD a droit aux deux et elles se cumulent sur le solde de tout compte.
Qui a droit à l’indemnité de précarité en fin de CDD ?
En principe, tout salarié en CDD a droit à une indemnité de fin de contrat lorsque son contrat arrive à son terme sans se poursuivre en CDI. Cette règle concerne notamment les CDD classiques et les CDD de remplacement, sous réserve des cas d’exclusion prévus par la loi.
Toutefois, certaines situations font exception à cette règle :
- Le CDD saisonnier et le CDD d’usage sont exclus par la loi du dispositif, sauf disposition plus favorable prévue par la convention collective ;
- Les contrats jeunes vacances et les CDD conclus avec des étudiants pendant leurs vacances scolaires ou universitaires n’ouvrent pas droit à l’indemnité ;
- Si le CDD se poursuit directement en CDI chez le même employeur, l’indemnité n’est pas versée pour ce contrat, mais les primes déjà perçues au titre des CDD antérieurs non transformés restent définitivement acquises ;
- Si le salarié refuse un CDI équivalent proposé par l’employeur (même poste, rémunération au moins égale) à l’issue du CDD, l’indemnité n’est pas due ;
- En cas de rupture anticipée, le droit à l’indemnité dépend de la cause : elle reste due si la rupture vient de l’employeur ou intervient d’un commun accord (hors faute grave du salarié), mais elle n’est en principe pas versée en cas de démission, de faute grave ou de force majeure.
En cas de CDD successifs chez le même employeur, elle reste en revanche due pour chaque contrat antérieur au dernier ; seul celui qui se transforme en CDI en est exonéré. Le calcul tient alors compte de la rémunération brute totale versée pendant le CDD, renouvellement compris.
Si un CDD de 6 mois est renouvelé pour 3 mois supplémentaires, l’indemnité est calculée à la fin du contrat sur les rémunérations brutes correspondant aux 9 mois de travail.
💡 Bon à savoir : les contrats en alternance (professionnalisation ou apprentissage) relèvent d’un régime spécifique. L’indemnité de précarité n’y est pas due, sauf si une convention collective en prévoit le versement.
Comment calculer le montant de l’indemnité de précarité ?
Le calcul de l’indemnité de précarité repose sur la rémunération brute totale perçue par le salarié pendant toute la durée du contrat, renouvellements inclus.
La règle des 10 % de la rémunération brute totale
Le taux légal est fixé à 10 % de la rémunération brute totale versée au salarié pendant le CDD. Cette rémunération brute inclut le salaire de base, les primes et les avantages en nature, mais pas les remboursements de frais professionnels.
Le taux réduit à 6 % en cas de formation professionnelle
Une convention ou un accord collectif peut abaisser le taux à 6 %, à condition que l’employeur ait proposé au salarié un accès privilégié à la formation professionnelle pendant ou à l’issue du CDD, sous forme de bilan de compétences ou d’action de formation.
Vous avez été embauché en CDD de 6 mois pour un salaire brut mensuel de 2 000 €. Votre rémunération brute totale sur la durée du contrat s’élève donc à 12 000 € (6 x 2 000).
- Votre employeur applique le taux légal de 10 % : vous touchez une indemnité de précarité de 1 200 € à la fin de votre contrat, en plus de votre dernier salaire et de vos congés payés non pris ;
- Si une convention collective prévoit le taux réduit de 6 % en contrepartie d’un accès à la formation professionnelle, votre indemnité s’élève cette fois à 720 €, pour la même rémunération brute totale.
Utiliser un simulateur pour vérifier son montant
Le site officiel Code du travail numérique propose un simulateur gratuit (ici) pour calculer l’indemnité de précarité à partir des salaires perçus. C’est un bon réflexe pour vérifier rapidement le montant figurant sur le solde de tout compte.
Quand et comment l’indemnité de précarité est-elle versée ?
L’indemnité de précarité est versée en même temps que le dernier salaire, au terme du CDD. Elle figure sur le dernier bulletin de paie du salarié, à la date normale de versement des salaires dans l’entreprise, sauf accord contraire.
La ligne « indemnité de fin de contrat » ou « prime de précarité » doit apparaître distinctement sur le bulletin de paie, avec son montant brut et les cotisations correspondantes.
⚠️ À noter : l’indemnité de précarité est soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu, comme un salaire classique. Elle n’est donc jamais versée en net intégral.
Quels documents sont remis à la fin du CDD ?
À la fin du CDD, l’employeur remet au salarié plusieurs documents de fin de contrat :
- Le certificat de travail ;
- L’attestation France Travail ;
- Le reçu pour solde de tout compte qui résume toutes les indemnités de fin de contrat et les sommes dues par l’employeur.
Le dernier bulletin de paie doit également faire apparaître le montant de l’indemnité de précarité lorsqu’elle est due.
Que faire en cas de litige sur l’indemnité de précarité ?
Un désaccord sur le versement ou le montant de l’indemnité peut parfois intervenir et se régler en plusieurs étapes.
La première consiste à recalculer soi-même le montant attendu, à partir des bulletins de paie, puis à adresser une demande écrite à l’employeur en cas d’écart constaté.
Si l’employeur ne répond pas ou refuse de régulariser la situation, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes :
- Dans un délai de 6 mois s’il a signé son solde de tout compte sans réserves ;
- Dans un délai de 3 ans s’il n’a pas signé ou a signé avec réserves, à compter de la date à laquelle l’indemnité aurait dû être versée.
Vous souhaitez en savoir plus sur le délai de prévenance, les congés payés pendant une démission ou encore la majoration des heures de nuit ? Chez Indy, nous avons à cœur de rédiger des articles qui vous sont utiles. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à utiliser l’espace commentaire.
