Comment démarrer votre activité de thérapeute ?

En résumé

  • Le titre de thérapeute n’est pas protégé : aucun diplôme d’État n’est exigé pour l’utiliser ;
  • Trois titres restent réglementés : psychologue, psychothérapeute et psychiatre ;
  • Une formation certifiante reste indispensable pour exercer avec sérieux et rassurer vos clients ;
  • La micro-entreprise est le statut le plus simple pour démarrer, y compris en parallèle d’un emploi salarié ;
  • La plupart des thérapeutes non réglementés relèvent de la SSI et sont soumis à la TVA au-delà du seuil de franchise.

Vous cherchez des idées de création d’entreprise qui ont du sens ? Le métier de thérapeute attire chaque année de nombreux indépendants, souvent après une première carrière. Sophrologue, psychopraticien, naturopathe, hypnothérapeute : les spécialités sont nombreuses et la plupart sont accessibles sans diplôme d’État. Mais exercer sans titre protégé ne veut pas dire exercer sans règles. Formation, statut juridique, TVA, caisse de retraite, limites légales de la pratique : voici les étapes pour ouvrir votre activité de thérapeute dans les règles de l’art.

Comment démarrer votre activité de thérapeute ?

Lancez facilement votre activité de thérapeute avec Indy ! 
Sur Indy, la création d’entreprise est offerte ! Choix du statut juridique, rédaction des statuts, dépôt de capital, vous êtes guidé à chaque étape 🤩

En quoi consiste le métier de thérapeute ?

Un thérapeute accompagne des personnes qui traversent une difficulté émotionnelle, relationnelle ou physique. Stress, anxiété, manque de confiance, deuil, troubles du sommeil, transition de vie : les motifs de consultation sont variés.

Son rôle consiste à écouter, à aider la personne à mieux comprendre ce qu’elle vit et à lui proposer des outils adaptés. Selon sa spécialité, il travaille par la parole, par le corps, par la respiration ou par une médiation artistique.

Un thérapeute non réglementé n’est pas un professionnel de santé. Il ne pose pas de diagnostic, ne prescrit pas de traitement et ne se substitue jamais à un médecin. Son accompagnement se place à côté du parcours médical, jamais à sa place. Quand un client évoque des symptômes inquiétants ou un trouble psychique sévère, le bon réflexe consiste à l’orienter vers son médecin traitant, un psychiatre ou un psychologue libéral.

Les principales spécialités de thérapeute 

Le mot « thérapeute » regroupe des pratiques très différentes :

  • Psychopraticien : accompagnement par la parole, inspiré des méthodes de psychothérapie ;
  • Naturopathe : hygiène de vie, alimentation, techniques naturelles ;
  • Sophrologue : respiration, relaxation, visualisation ;
  • Hypnothérapeute : hypnose ericksonienne ou humaniste ;
  • Art-thérapeute : médiation par le dessin, la musique, l’écriture ;
  • Thérapeute de couple ou familial : dynamiques relationnelles, approche systémique.

Testez vous-même plusieurs approches en tant que client avant de choisir votre spécialité de thérapeute. C’est souvent la meilleure façon de savoir laquelle vous correspond.

Où exerce un thérapeute indépendant ?

La grande majorité des thérapeutes non réglementés travaillent à leur compte. Plusieurs lieux d’exercice sont possibles, et beaucoup les combinent :

  • Un cabinet individuel, loué ou installé à domicile ;
  • Un cabinet partagé avec d’autres praticiens, loué à l’heure ou à la journée ;
  • Des séances en visio, pratiques pour démarrer avec peu de frais ;
  • Des interventions en entreprise, en association ou en établissement (ateliers de gestion du stress, par exemple).

Qui peut devenir thérapeute en France ?

En France, toute personne peut se présenter comme thérapeute. Le terme n’est pas un titre protégé par la loi et ne correspond à aucun diplôme d’État. Cette liberté a toutefois deux limites : ne pas usurper un titre réglementé et ne pas empiéter sur le champ de la médecine.

Trois professions proches du thérapeute sont d’ailleurs strictement encadrées :

  • Psychologue : le titre est réservé aux titulaires d’un master de psychologie ;
  • Psychothérapeute : l’usage du titre suppose un doctorat en médecine ou un master de psychologie ou de psychanalyse, une formation en psychopathologie clinique et une inscription au registre national des psychothérapeutes (intégré au RPPS : Répertoire partagé des professionnels de santé depuis 2024), via l’ARS (agence régionale de santé) de la résidence professionnelle ;
  • Psychiatre : il s’agit d’un médecin, spécialisé en psychiatrie, qui peut poser un diagnostic et prescrire des médicaments.

Sans ces diplômes, vous pouvez exercer un accompagnement par la parole, mais sous un autre intitulé : psychopraticien, praticien en relation d’aide ou thérapeute, par exemple. Utiliser un titre réglementé sans y avoir droit expose à des poursuites pour usurpation de titre.

Concrètement, un thérapeute non réglementé ne doit jamais :

  • Poser un diagnostic médical ou psychiatrique ;
  • Prescrire ou déconseiller un médicament ;
  • Inciter un client à interrompre un traitement médical ;
  • Présenter sa méthode comme capable de guérir une maladie.

Bon à savoir : soyez aussi vigilant dans votre communication. Une promesse de guérison sur votre site ou vos réseaux sociaux peut constituer une pratique commerciale trompeuse, en plus du risque de qualification d’exercice illégal de la médecine.

Quelles sont les démarches à suivre pour devenir thérapeute ?

Étape 1 : choisir sa spécialité et suivre une formation

Aucune formation n’est légalement obligatoire pour les métiers de thérapeute non réglementés. En pratique, c’est pourtant votre formation qui fera votre crédibilité auprès des clients et des prescripteurs. Plusieurs niveaux de reconnaissance existent :

  • La certification d’école : délivrée par l’organisme lui-même, elle n’a pas de valeur officielle en dehors de sa réputation ;
  • La certification inscrite au RNCP : elle est enregistrée par France compétences au Répertoire national des certifications professionnelles, ce qui garantit un référentiel de compétences et permet souvent un financement par le CPF ;
  • Le diplôme d’État : il n’existe que pour les professions réglementées (psychologue, médecin, professions paramédicales).

Bon à savoir : quand une école annonce une « formation reconnue par l’État », vérifiez ce qu’elle entend par là. Le plus souvent, il s’agit d’une inscription au RNCP, pas d’un diplôme d’État. Vous pouvez contrôler cette inscription directement sur le site de France compétences.

Pour financer votre formation, plusieurs dispositifs peuvent être mobilisés selon votre situation :

  • Le compte personnel de formation (CPF), si la formation est éligible ;
  • France Travail, si vous êtes demandeur d’emploi ;
  • Le projet de transition professionnelle, si vous êtes salarié et souhaitez vous former en conservant votre rémunération ;
  • Le FIF-PL, une fois installé en profession libérale, pour la formation continue.

Enfin, si vous avez déjà une solide expérience dans l’accompagnement (dans le social, l’éducation ou le soin), la validation des acquis de l’expérience (VAE) peut vous permettre d’obtenir une certification plus rapidement.

Étape 2 : choisir son statut juridique

Le choix du statut détermine votre régime fiscal, le calcul de vos cotisations et vos obligations comptables. Pour exercer en tant que thérapeute, plusieurs options sont possibles, selon votre niveau de charges et votre projet.

La micro-entreprise

La micro-entreprise est souvent adaptée pour tester son activité, notamment lorsque les charges professionnelles restent limitées.

Les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé : si vous n’encaissez rien, vous ne payez pas de cotisations sociales au titre de cette activité. Le régime s’applique tant que vos recettes ne dépassent pas 83 600 € par an. En cas de dépassement du seuil pendant deux années civiles consécutives, vous sortez du régime micro au 1er janvier suivant.

Son principal inconvénient concerne les charges : vous ne déduisez pas vos dépenses professionnelles réelles. L’administration applique à la place un abattement forfaitaire de 34 % pour déterminer votre bénéfice imposable.

Ce régime peut donc être intéressant si vous avez peu de frais, par exemple si vous exercez depuis votre domicile ou louez ponctuellement un cabinet.

L’entreprise individuelle

En entreprise individuelle (EI) au régime réel, vous êtes imposé sur votre bénéfice réellement réalisé. Vos recettes sont diminuées de vos charges professionnelles déductibles avant le calcul de l’impôt.

Ce fonctionnement peut être plus adapté si vos dépenses représentent une part importante de votre chiffre d’affaires, par exemple :

  • La location d’un cabinet ;
  • L’achat de matériel professionnel ;
  • Les frais de déplacement ;
  • Les assurances professionnelles ;
  • Les formations et certains frais de fonctionnement.

En contrepartie, la gestion comptable est plus importante qu’en micro-entreprise.

La société

La société peut être envisagée si votre activité se développe, si vous souhaitez vous associer avec d’autres praticiens ou si vous avez besoin d’une organisation différente pour votre rémunération et vos cotisations.

Selon votre situation et la profession exercée, différentes formes peuvent être envisagées, comme la SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) ou l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée). La société implique toutefois davantage de formalités : rédaction des statuts, comptabilité plus complète, comptes annuels et obligations administratives.

Le choix ne dépend donc pas uniquement du chiffre d’affaires. Il faut aussi tenir compte de vos charges, de votre niveau d’activité et de votre projet à moyen terme.

Bon à savoir : si vous êtes en reconversion, la micro-entreprise se cumule avec un emploi salarié. Vous pouvez donc lancer votre activité à temps partiel, construire votre clientèle, puis quitter votre poste une fois votre activité stable. Vérifiez seulement que votre contrat de travail ne contient pas de clause d’exclusivité et respectez votre obligation de loyauté envers votre employeur.

Étape 3 : déclarer son activité sur le guichet unique

Depuis 2023, toutes les créations d’entreprise se déclarent en ligne sur le guichet unique des formalités d’entreprises, géré par l’INPI (ici). La démarche est gratuite pour une micro-entreprise.

Votre activité de thérapeute sera déclarée comme une activité libérale. Vos revenus relèveront des bénéfices non commerciaux (BNC). Une fois le dossier validé, l’Insee vous attribue un numéro SIRET et un code APE.

Pour la protection sociale, la situation dépend de votre spécialité. L’article L640-1 du Code de la sécurité sociale fixe la liste limitative des professions libérales affiliées à la CIPAV. On y trouve les psychologues et les psychothérapeutes, mais pas les sophrologues, naturopathes, hypnothérapeutes ou psychopraticiens. Ces derniers relèvent de la Sécurité sociale des indépendants (SSI), avec un taux de cotisations sociales de 25,60 % du chiffre d’affaires en micro-entreprise.

Bon à savoir : l’Urssaf est votre interlocuteur unique pour déclarer et payer vos cotisations, que vous releviez de la SSI ou de la CIPAV. Vous déclarez votre chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, selon l’option choisie lors de la création.

Étape 4 : respecter ses obligations dès le premier client

Une fois votre entreprise immatriculée, plusieurs obligations s’appliquent immédiatement.

La TVA

L’exonération prévue à l’article 261, 4-1° du Code général des impôts concerne uniquement les professions médicales et paramédicales réglementées, ainsi que certains praticiens autorisés à porter le titre de psychologue ou de psychothérapeute.

Un sophrologue, un naturopathe ou un psychopraticien est donc soumis à la TVA dans les conditions de droit commun. En pratique, vous bénéficiez de la franchise en base tant que votre chiffre d’affaires ne dépasse pas 37 500 € par an. Au-delà du seuil majoré de 41 250 €, vous devez facturer la TVA dès le mois du dépassement.

La facturation

Vous devez remettre une facture ou une note d’honoraires à vos clients, avec les mentions obligatoires. Si vous êtes en franchise de TVA, indiquez la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».

En tant que thérapeute, vous êtes également concerné par la réforme de la facturation électronique. Depuis le 1er septembre 2026, vous devez être en mesure de recevoir des factures électroniques, y compris si vous êtes en franchise en base de TVA.

Pour cela, vous devez passer par une plateforme agréée (PA), qui assure la réception et la transmission des factures électroniques. Vous devrez également pouvoir émettre vos factures électroniques à partir du 1er septembre 2027 si vous êtes une micro-entreprise, une TPE ou une PME.

L’assurance responsabilité civile professionnelle

Elle n’est pas légalement obligatoire pour un thérapeute non réglementé, mais elle est fortement recommandée. Elle vous couvre si un client estime avoir subi un préjudice lié à votre accompagnement. Certains cabinets partagés et annuaires l’exigent d’ailleurs pour vous accueillir.

Le compte bancaire dédié

En micro-entreprise, vous n’êtes pas obligé d’ouvrir un compte bancaire professionnel dès la création de votre activité. En revanche, un compte bancaire dédié à votre activité devient obligatoire si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives.

Ce compte doit être distinct de votre compte personnel et servir à enregistrer les opérations liées à votre activité : encaissement des honoraires, paiement des dépenses professionnelles, versement des cotisations sociales, etc.

La cotisation foncière des entreprises (CFE)

La cotisation foncière des entreprises (CFE) est un impôt local dû par les entreprises et les travailleurs indépendants, y compris les micro-entrepreneurs. Vous êtes toutefois exonéré de CFE l’année de création de votre activité.

À partir de l’année suivante, la CFE est en principe due, même si vous exercez votre activité à domicile ou si vous n’avez pas de local professionnel. Son montant dépend notamment de la commune dans laquelle vous exercez et de la valeur locative des locaux utilisés.

Les micro-entrepreneurs dont le chiffre d’affaires ou les recettes ne dépassent pas 5 000 € sont exonérés de la cotisation minimum de CFE. Cette exonération peut donc notamment concerner un thérapeute qui débute son activité avec un faible niveau de recettes.

À noter : pensez à effectuer la déclaration initiale de CFE auprès de l’administration fiscale lors de votre première année d’activité, même si vous êtes exonéré cette année-là.

Étape 5 : trouver son lieu d’exercice et ses premiers clients

Pour vos débuts, inutile de signer un bail à l’année. Un cabinet partagé loué à la demi-journée ou des séances en visio vous permettent de tester votre activité avec peu de frais fixes.

Pour vous faire connaître, misez sur quelques leviers simples :

  • Un site internet clair, qui précise votre spécialité, votre ville et les situations que vous accompagnez ;
  • Une fiche d’établissement Google, indispensable pour être trouvé localement ;
  • Une présence sur les annuaires spécialisés de votre discipline ;
  • Un réseau de prescripteurs : médecins généralistes, sages-femmes, kinésithérapeutes, coachs ou autres thérapeutes complémentaires ;
  • Des ateliers collectifs ou des conférences locales, pour vous faire connaître en montrant votre approche.

Le bouche-à-oreille reste souvent le premier canal d’acquisition d’un thérapeute. Il prend du temps à se mettre en place : prévoyez plusieurs mois avant d’atteindre un agenda régulier.

Combien gagne un thérapeute à son compte ?

Il n’existe pas de salaire type pour un thérapeute indépendant. Votre revenu dépend de votre nombre de séances, de votre tarif et de vos charges. La meilleure façon de l’estimer est donc de partir de votre propre projet.

Entre le montant encaissé et ce qu’il vous reste réellement, il faut déduire vos cotisations sociales et vos charges professionnelles. Le plus fiable est donc de relever les tarifs affichés par une dizaine de praticiens de votre spécialité dans votre secteur. Vous situerez ainsi votre prix par rapport au marché local. Évitez de brader vos séances au démarrage : il est toujours plus difficile d’augmenter ses prix que de les fixer correctement dès le départ.

Envie de démarrer une autre activité ?

Indy : bien plus qu'une app de comptabilité - Créer un compte

Questions fréquentes

Peut-on devenir thérapeute sans diplôme ?

Oui, le titre de thérapeute n'est pas protégé, et les métiers comme sophrologue, naturopathe ou psychopraticien ne requièrent aucun diplôme d'État. Seuls les titres de psychologue, psychothérapeute et psychiatre imposent un parcours universitaire.

Comment se reconvertir en thérapeute ?

Commencez par choisir votre spécialité, puis suivez une formation compatible avec votre emploi actuel, par exemple à distance. Vous pouvez ensuite créer une micro-entreprise et démarrer à temps partiel, en cumul avec votre poste salarié, avant de vous consacrer entièrement à votre activité.

Quel statut pour son activité de thérapeute ?

La micro-entreprise est le statut le plus adapté pour démarrer : formalités simples, cotisations calculées sur le chiffre d'affaires et cumul possible avec un emploi. L'entreprise individuelle au réel ou la société deviennent pertinentes quand les charges ou le chiffre d'affaires augmentent.

Qui peut se dire thérapeute ?

Toute personne peut utiliser le terme de thérapeute en France, puisqu'il n'est pas encadré par la loi. En revanche, il est interdit de se présenter comme psychologue, psychothérapeute ou psychiatre sans remplir les conditions légales, et de poser un diagnostic ou de prescrire un traitement.

Laisser un commentaire

Prêt pour la vraie indépendance ?

Comme 700 000 indépendants, gérez, pilotez et déclarez vous-mêmes.

Sans frais cachés - 30 jours satisfait ou remboursé

Pourquoi l’offre Essentiel est gratuite ?

Nous offrons une plateforme gratuite regroupant tous les essentiels pour créer son entreprise, facturer, encaisser, payer et piloter son activité car nous pensons que l’entrepreneuriat doit être accessible à tous.

Quand votre entreprise grandit, nos abonnements payants vous accompagnent pour aller plus loin : fonctionnalités avancées et obligations comptables avec l’accompagnement qui vous convient.

En clair, notre modèle repose sur une idée simple : parier sur votre réussite et grandir à vos côtés.

Découvrez le logiciel Indy

La solution n°1 pour gérer votre comptabilité, vos factures et vos déclarations sans stress.

Ajoutez votre titre ici

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.