- Le transport routier se décline en trois activités principales : marchandises (léger ≤ 3,5t ou lourd > 3,5t), voyageurs et transport particulier (VTC, taxis). Chaque secteur obéit à des règles spécifiques ;
- Créer une société de transport exige quatre conditions cumulatives : un établissement réel en France, une honorabilité professionnelle irréprochable, une attestation de capacité et une capacité financière ;
- Le choix du statut juridique structure votre projet : entreprise individuelle (au régime micro ou réel) pour débuter seul, EURL ou SASU pour développer l’activité solo en société, SARL, SAS ou SNC pour s’associer ;
- Le budget de démarrage s’échelonne entre 20 000 € (transport léger) et 150 000 € (transport lourd) selon la flotte envisagée. Au-delà de l’investissement initial, anticipez un fonds de roulement suffisant pour absorber les délais de paiement clients.
Vous cherchez une idée de création d’entreprise dans un secteur porteur ? Le transport routier affiche une croissance soutenue, portée par l’essor du e-commerce et la logistique urbaine. Pourtant, ouvrir une société de transport ne s’improvise pas : capacité professionnelle et financière, licence… la réglementation peut sembler complexe. Quelles sont exactement les conditions à remplir ? Quel statut juridique privilégier selon votre projet ? Découvrez dans cet article toutes les étapes pour lancer sereinement votre entreprise de transport.

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Comprendre l’activité et le cadre légal pour ouvrir une société de transport
Les différents types d’activités de transport
Le transport de marchandises
Cette activité consiste à acheminer des biens pour le compte de tiers. Le secteur se divise en deux catégories selon le poids maximal autorisé :
- Le transport léger (≤ 3,5 tonnes) : convient aux coursiers urbains et à diverses prestations de services de proximité ;
- Le transport lourd ( > 3,5 tonnes) : exige des investissements plus conséquents.
Le transport public de voyageurs
Ce secteur regroupe le déplacement collectif de personnes via des services réguliers (lignes de bus fixes), à la demande (transport scolaire, PMR – Personne à Mobilité Réduite) ou occasionnels (autocars touristiques).
Le transport particulier de personnes
Cette catégorie couvre le transport individuel rémunéré : VTC (véhicule de Tourisme avec Chauffeur), taxis et véhicules 2-3 roues motorisés. Ces activités nécessitent des licences spécifiques délivrées par les préfectures.
Les conditions préalables pour ouvrir une société de transport
L’établissement effectif en France
L’entreprise doit disposer de locaux fixes (où sont conservés documents comptables et administratifs), de véhicules disponibles (propriété, location ou crédit-bail), et d’équipements techniques nécessaires à l’activité. Le siège social peut différer du centre d’exploitation.
L’honorabilité professionnelle
Cette exigence concerne le dirigeant et le gestionnaire de transport. Aucune condamnation pour infractions graves (code de la route, droit du travail, législation transport) ne doit apparaître au casier judiciaire.
La capacité professionnelle
Le gestionnaire de transport doit détenir une attestation de capacité prouvant ses compétences pour diriger l’entreprise.
La capacité financière
L’entreprise doit justifier de capitaux propres minimums selon le type et le nombre de véhicules exploités.
Le règlement européen n°1071/2009 (disponible ici) encadre strictement l’accès à la profession de transporteur routier. Ces quatre conditions sont cumulatives et vérifiées annuellement par la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement).
Choisir sa forme juridique en fonction de l’activité exercée
Micro-entreprise et entreprise individuelle
La micro-entreprise convient parfaitement pour débuter en transport léger (VTC, coursier urbain) avec un seul véhicule. Le plafond de chiffre d’affaires s’établit à 77 700 € et la comptabilité reste simplifiée.
L’entreprise individuelle au régime réel offre quant à elle davantage de souplesse pour déduire les charges réelles, mais exige une tenue comptable plus rigoureuse.
Les sociétés unipersonnelles et pluripersonnelles
Pour développer une flotte, obtenir des financements bancaires ou crédibiliser son activité auprès des clients professionnels, la forme sociétaire s’impose.
Plusieurs options sont possibles : exercer seul dans une EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) ou une SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) ou exercer à plusieurs dans une SARL, une SAS ou une SNC (Société en Nom Collectif).
Ces structures exigent davantage de formalisme (statuts, dépôt des comptes annuels, assemblées générales) mais restent indispensables pour créer votre entreprise de transport lourd. Les artisans et commerçants privilégient d’ailleurs ces formes juridiques pour leur crédibilité.
Les démarches pour ouvrir une société de transport

Obtenir la capacité de transport requise
Réussir l’examen national
L’examen se déroule chaque année en octobre. L‘inscription s’effectue dès le printemps sur la plateforme Cyclades. L’épreuve dure 4h15 : avec QCM sur la gestion d’entreprise et questions rédigées sur la réglementation du transport.
Bon à savoir : une formation préparatoire reste fortement recommandée (coût entre 1 500 € et 4 000 €). Celle-ci peut être finançable via le CPF (Compte Personnel de Formation) ou France Travail.
Justifier d’une expérience professionnelle
Cette voie dispense de l’examen en prouvant une direction effective d’entreprise de transport : 2 ans minimum pour le transport léger ou 5 ans pour le transport lourd. Les justificatifs (contrats, fonctions exercées, pouvoir bancaire) doivent être transmis à la DREAL.
Obtenir une équivalence de diplôme
Les titulaires d’un BTS/DUT (Brevet de Technicien Supérieur ou Diplôme Universitaire de Technologie) en gestion des transports ou du certificat RUTL (Responsable d’Unité de Transport et de Logistique) bénéficient d’une dispense automatique. Le diplôme doit être reconnu par le ministère des Transports.
Bon à savoir : la capacité professionnelle n’a pas besoin d’être détenue par le dirigeant. Elle peut être portée par un gestionnaire de transport (salarié ou externe) désigné par l’entreprise. La licence est délivrée à l’entreprise, à condition qu’un gestionnaire qualifié soit en place.
Rédiger les statuts et créer la société
Rédaction des statuts pour une société
Les statuts constituent l’acte fondateur de toute société de transport. Ils doivent mentionner :
- La forme juridique choisie ;
- L’objet social ;
- La dénomination sociale ;
- Le siège social ;
- Le montant du capital social et sa répartition entre associés ;
- La durée de vie de la société (99 ans maximum).
Bon à savoir : se faire accompagner par un professionnel lors de cette étape est fortement recommandé, surtout lorsque plusieurs associés sont impliqués. Cette précaution évite les oublis de clauses essentielles et prévient les frictions futures.
Domiciliation et ouverture du compte bancaire professionnel
La domiciliation de votre société exige un justificatif selon votre situation :
- Bail commercial si vous louez des locaux professionnels ;
- Contrat de domiciliation auprès d’une société spécialisée ;
- Attestation d’hébergement si vous êtes hébergé chez un tiers.
L’ouverture d’un compte bancaire professionnel sert à déposer le capital social, étape obligatoire pour immatriculer la société. La banque ou le notaire délivre ensuite une attestation de dépôt de fonds.
Bon à savoir : Indy permet de déposer gratuitement le capital social par simple virement et délivre le certificat de dépôt par email sous 72h maximum. Une fois le Kbis obtenu, le compte pro s’active automatiquement et le capital est transféré.
Inscription au registre des transporteurs et immatriculation
Demande d’autorisation d’exercer auprès de la DREAL
La demande d’autorisation s’effectue en ligne via la plateforme démarches-simplifiées.fr ou sur le site du ministère de la Transition écologique. Le dossier comprend plusieurs documents obligatoires : l’attestation de capacité professionnelle, un justificatif de capacité financière, une déclaration sur l’honneur de non-condamnation et les statuts de la société.
Immatriculation au Registre National des Entreprises
L’immatriculation s’effectue via le Guichet des formalités des entreprises, plateforme unique depuis janvier 2023. Cette démarche permet d’obtenir le numéro Siren/Siret et l’extrait Kbis.
Obtenir la licence de transport et les autorisations préfectorales
La licence de transport : document essentiel
La licence de transport est délivrée par la DREAL après validation complète du dossier. Ce document obligatoire pour exercer légalement reste valable 5 ans pour le transport lourd et 10 ans pour le transport léger. L’original doit être conservé au siège social, tandis que des copies conformes doivent être présentes dans chaque véhicule en circulation.
Les autorisations complémentaires selon l’activité
Certaines activités spécifiques exigent des autorisations additionnelles : le transport exceptionnel nécessite une autorisation préfectorale de circulation. Le transport de matières dangereuses impose quant à lui le certificat ADR. Le transport d’animaux vivants requiert un agrément sanitaire. Enfin, le transport international exige une licence communautaire valable dans toute l’Union européenne et l’Espace économique européen.
Assurance professionnelle et obligations réglementaires
Les assurances obligatoires et recommandées
La RC Professionnelle transporteur s’impose en premier lieu pour s’inscrire au registre des transporteurs. Son coût oscille entre 1 500 € et 8 000 € par an selon la taille de la flotte et le type d’activité exercée. L’assurance marchandises, complète cette couverture. Elle est indispensable pour couvrir la valeur des biens transportés en cas de perte ou détérioration. L’assurance flotte protège quant à elle l’ensemble des véhicules contre les dommages matériels, vols et incendies.
Bon à savoir : au-delà de ces obligations, une protection juridique reste vivement recommandée pour anticiper les litiges potentiels avec les clients ou lors d’accidents.
Les documents obligatoires à bord des véhicules
Lors des contrôles routiers, chaque véhicule doit contenir : la copie conforme de la licence de transport, l’attestation d’assurance valide, la carte grise, le registre d’entretien à jour et le tachygraphe numérique (obligatoire pour les poids lourds).
Anticiper les impacts financiers et sécuriser son activité
Budget de départ, business plan et capacité financière
La capacité financière : exigence réglementaire
La capacité financière obligatoire représente le premier poste obligatoire, dont les montants dépendent du type de véhicules exploités :
| Type véhicule | 1er véhicule | Supplément |
| >3,5 T métropole | 9 000 € | 5 000 € |
| <3,5 T métropole | 1 800 € | 900 € |
| >3,5 T DOM | 6 000 € | 3 000 € |
| <3,5T DOM | 600 € | 600 € |
Bon à savoir : cette capacité financière doit être effectivement disponible et immobilisée sur le compte de l’entreprise.
Les autres investissements nécessaires
Au-delà de la capacité financière, plusieurs postes budgétaires s’ajoutent :
- L’acquisition ou la location des véhicules (10 000 € à 150 000 € selon le type) ;
- La formation à la capacité professionnelle ;
- Les assurances annuelles ;
- Les frais de création ;
- Les équipements obligatoires comme le tachygraphe (800 € à 1 500 € par véhicule).
Business plan : convaincre les partenaires financiers
Le business plan structure votre projet et rassure les banques. Il comprend un prévisionnel financier sur 3 ans (chiffre d’affaires, charges, rentabilité), un plan de financement détaillé (apport personnel, emprunts, aides) et une étude de marché ciblée (concurrence locale, clients potentiels, grille tarifaire). Vous pouvez retrouver ici un exemple de présentation de projet de création d’entreprise pour vous inspirer dans la structure de votre dossier.
Bon à savoir : plusieurs aides existent pour financer votre projet : le prêt garanti par l’État , les subventions régionales pour l’acquisition de véhicules propres, et le bonus écologique pouvant atteindre 40 000 € pour l’achat d’un poids lourd électrique.
Gestion de la flotte, maintenance et sécurité
Les obligations réglementaires d’entretien
Le transport routier impose des contrôles stricts. Les véhicules utilitaires légers (< 3,5t) utilisés pour le transport professionnel doivent passer un contrôle technique annuel (contre tous les 2 ans pour les véhicules particuliers). Les poids lourds (> 3,5t) subissent également un contrôle technique annuel complet, complété par une visite technique intermédiaire tous les 6 mois (inspection allégée). Le tachygraphe, quant à lui, doit être vérifié tous les 2 ans par un installateur agréé.
Enfin, les conducteurs effectuent une inspection quotidienne avant et après chaque trajet. Ces données sont consignées dans un registre d’entretien conservé pendant 2 ans minimum.
Les outils de gestion de flotte
Les logiciels de télématique facilitent le suivi en temps réel : géolocalisation, consommation de carburant, alertes de maintenance. Les outils comme Geotab ou TomTom Telematics coûtent entre 15 € et 50 € par véhicule et par mois.
La sécurité et la réglementation sociale
Les temps de conduite sont strictement encadrés : 9 heures maximum par jour et 56 heures par semaine, avec un repos obligatoire de 11 heures consécutives. Le non-respect entraîne des sanctions sévères : amendes de 750 € à 3 750 €, immobilisation du véhicule, voire retrait de la licence.
Bonnes pratiques et erreurs fréquentes à éviter lors de la création
Les 5 erreurs classiques des créateurs
Plusieurs pièges guettent les entrepreneurs débutants dans le transport :
- Sous-estimer la trésorerie : les clients paient sous 30 à 60 jours tandis que les charges tombent immédiatement ;
- Négliger les assurances : une RC Pro insuffisante expose au risque de faillite en cas de sinistre majeur ;
- Ignorer les obligations réglementaires : oublier le renouvellement de la licence ou ne pas tenir les registres entraîne des sanctions lourdes ;
- Mal évaluer les coûts réels : le carburant représente 30 à 40% des charges, la maintenance 10 à 15%, auxquels s’ajoutent péages et taxes.
Les bonnes pratiques pour réussir son lancement
La diversification de la clientèle évite la dépendance à un seul donneur d’ordres. Par ailleurs, il est préférable de négocier systématiquement les délais de paiement en demandant des acomptes pour préserver votre trésorerie. Enfin, la fidélisation des conducteurs est un atout considérable : le turnover coûte cher. Comme pour ouvrir une conciergerie ou une entreprise de sécurité privée, la qualité du service client fait toute la différence.
