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Ouvrir un magasin de seconde main : statuts, démarches et conseils

En résumé

  • Ouvrir un magasin de seconde main, c’est choisir entre trois modèles économiques : le dépôt-vente, l’achat-revente et la consigne ;
  • La micro-entreprise est adaptée à un volume d’affaires modeste, la SASU et la SARL conviennent à un projet d’envergure ;
  • L’ouverture d’un magasin de seconde main est soumise à de nombreuses autorisations : DP ou permis de construire, ERP, AOT, etc. ;
  • Le commerce de seconde main impose des obligations comptables spécifiques : la tenue d’un ROM (Registre des objets mobiliers) et l’application du régime de la TVA sur marge.

En France, la seconde main est un marché de plus de 14 milliards d’euros. De quoi donner des idées aux entrepreneurs en herbe qui souhaitent monter leur entreprise. Mais avant de partir à la chasse aux bonnes affaires, il vous faut trancher plusieurs sujets : modèle économique, choix du local, formalités obligatoires et statut juridique. Indy vous éclaire.

Ouvrir un magasin de seconde main : statuts, démarches et conseils

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Pourquoi se lancer dans la seconde main est-il une bonne idée en 2026 ?

Un marché en pleine expansion

Le marché de la seconde main a doublé en l’espace de cinq ans, en France, passant de 7 milliards d’euros de CA (Chiffre d’affaires) en 2019 à 14 milliards en 2024, selon l’institut d’études privé Xerfi (tous secteurs et circuits confondus, à l’exception de l’automobile).

Cette dynamique s’explique par deux tendances de fond : la baisse du pouvoir d’achat des ménages et la recherche croissante d’une consommation plus éco-responsable.

Le marché de la seconde main touche une large majorité de Français : 74 % ont acheté ou vendu au moins un produit d’occasion en 2025, selon l’IFOP (Institut français d’opinion publique).

Les différents modèles : dépôt-vente, achat-revente, consigne

Plusieurs modèles économiques coexistent sur le marché de la seconde main.

Le dépôt-vente

Vous mettez en vente, sur votre site internet ou en magasin, des produits appartenant à des particuliers (les déposants) qui, en échange, vous rémunèrent par le versement d’un loyer ou d’une commission à la vente.

L’achat-revente

Vous achetez directement vos produits à des particuliers ou des professionnels, avant de les revendre. Le principal avantage est que vous êtes libre de fixer votre prix de vente. L’inconvénient est que le risque commercial (invendu, dépréciation) vous incombe.

La consigne

Vous reprenez les produits usagés de vos clients en échange d’un bon d’achat ou d’une réduction utilisable sur votre site ou en magasin. Une fois en votre possession, vous êtes libre de revendre lesdits produits.

Boutique physique, en ligne, ou les deux : que choisir ?

Point de vente physique (sans site web, ni réseaux sociaux)

Ouvrir un magasin de seconde main sans site internet n’est pas une mauvaise idée en soi, mais elle vous expose à un grand risque. Vos ventes dépendent du seul flux piéton devant votre boutique.

Une interruption, même temporaire, de ce flux (en raison de travaux, de la météo, d’une insécurité nouvelle dans votre zone d’implantation) et c’est la survie de votre entreprise qui peut être menacée.

Business en ligne (sans point de vente physique)

Lancer un business en ligne est moins onéreux que d’ouvrir un point de vente physique. Notez que cela demande de solides compétences en référencement, pour rendre vos produits visibles sur les moteurs de recherche et les réseaux sociaux.

Gardez également à l’esprit que ce modèle est peu adapté aux produits vintage de luxe et aux pièces volumineuses : l’absence d’inspection physique entraîne davantage de retours et de litiges.

Magasin, site web et réseaux sociaux

Ouvrir un point de vente physique, associé à un site internet et plusieurs réseaux sociaux (Instagram, YouTube, etc.), est l’approche la plus onéreuse si vous externalisez la gestion de votre site web et de vos comptes.

C’est aussi l’approche qui offre la plus large diversification de revenus. Vos ventes ne dépendent entièrement ni des algorithmes, ni de la fréquentation de votre magasin.

Quelles démarches pour ouvrir un magasin de seconde main ?

Le local commercial : achat ou location ?

La location

Louer votre local est le plus simple pour lancer votre activité de seconde main. L’avantage est un budget initial minime, l’inconvénient est évidemment le loyer, qui grève votre rentabilité et votre capacité d’investissement.

L’achat

Acheter implique un investissement de départ important (apport, frais de notaire, emprunt), mais est le choix le plus rentable dans la durée. Le remboursement total de votre emprunt vous libère à terme de toute charge.

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Les formalités administratives et légales pour ouvrir un local

Changements de destination et/ou d’usage

Avant de vous porter acquéreur ou de louer votre local, plusieurs vérifications préalables s’imposent :

  • Vérifier dans le PLU (Plan local d’urbanisme) que la sous-destination du local est « artisanat et commerce de détail » ;
  • Vérifier la clause de destination du bail, le cas échéant : il doit expressément renseigner l’activité de revente d’objets d’occasion ;
  • Consulter le règlement de copropriété, le cas échéant : il peut interdire certaines activités.

Selon votre situation, un changement de destination, de sous-destination ou d’usage peut s’avérer nécessaire (en zone tendue, transformer un logement en local professionnel est considéré comme un changement d’usage).

⚠️ Attention : ne confondez pas sous-destination et destination. Exemple : un restaurant et un magasin de seconde main sont deux sous-catégories de la destination « Commerce et activités de service ». Transformer l’un en l’autre est donc un changement de sous-destination.

Local et travaux

Parce que votre local est un ERP (Établissement recevant du public), sa construction, son aménagement et sa modification sont soumis à autorisation de la mairie.

Si vous réalisez des travaux dans votre local, il vous faut demander :

  • Une autorisation d’urbanisme : une DP (Déclaration préalable), ou un permis de construire, selon la nature des travaux (à l’exception de certains aménagements intérieurs) ;
  • Une autorisation de travaux ERP : le cas échéant, celle-ci est intégrée au permis de construire, sauf exception (article L122-3 du Code de la construction et de l’habitation).

Notez qu’une autorisation d’urbanisme est toujours obligatoire en cas de changement de destination, de sous-destination (accompagné de travaux spécifiques, comme ceux modifiant la façade ou la structure porteuse du bâtiment) ou d’usage.

Autres autorisations

D’autres autorisations sont nécessaires, selon le contexte :

  • Une autorisation préalable est potentiellement nécessaire pour l’installation de votre enseigne (indépendamment du DP ou du permis de construire) ;
  • Une AOT (Autorisation d’occupation temporaire) du domaine public est également requise, le cas échéant (quelle que soit la durée et la fréquence de ladite occupation).

Une fois fait, accomplissez les démarches suivantes :

  • Effectuer la déclaration préalable d’activité de revendeur d’objets mobiliers, auprès de la préfecture du lieu d’installation de votre local ;
  • Faire coter et parapher votre ROM (Registre des objets mobiliers) par le commissaire de police ou le maire de la commune où vous exercez votre activité (registre obligatoire pour un établissement de seconde main) ;
  • Demander l’autorisation d’ouverture au public de votre ERP (s’il a fait l’objet de travaux, ou s’il a été fermé plus de 10 mois).

📝 À retenir : n’oubliez pas de souscrire une assurance multirisque professionnelle pour votre local. Bien que celle-ci ne soit pas obligatoire au regard de la loi, elle est fortement conseillée si vous êtes propriétaire. Si vous êtes locataire, votre bail commercial l’impose à coup sûr.

Ouvrir un magasin de seconde main

Quel statut juridique choisir pour son magasin de seconde main ?

Le choix du statut juridique mérite réflexion : il est déterminant pour votre fiscalité, votre protection sociale et vos capacités d’investissement.

La micro-entreprise : idéale pour tester l’activité

La micro-entreprise est idéale pour une boutique de seconde main dotée d’un CA (Chiffre d’affaires) modeste, ou si vous exercez cette activité à temps partiel.

Sa création est gratuite, aucun statut n’est à rédiger et vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 71 % avant impôt.

📝 À retenir : deux limites sont à connaître : vos charges ne sont pas déductibles et votre CA ne peut excéder par an.

SASU et SARL

Si vous êtes certain que votre magasin de seconde main va générer un volume d’activité important et nécessite des investissements massifs, créer une société est sans doute préférable.

  • Vous exercez seul ? La SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle) vous permet d’organiser librement votre entreprise. Son principal avantage fiscal est que les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales ;
  • Vous vous associez avec un proche ? La SARL (Société à responsabilité limitée) accueille jusqu’à 100 associés et autorise plusieurs statuts pour votre conjoint (collaborateur, associé, salarié).

Régime fiscal et social : ce qu’il faut anticiper

Le fonctionnement de la micro-entreprise est pensé pour être simple : un régime social TNS (travailleur non salarié), avec des cotisations de 12,30 % du chiffre d’affaires (aucune cotisation sans CA), et un régime fiscal à l’IR (Impôt sur le revenu), avec un abattement forfaitaire de 71 %.

La SASU, pour sa part, combine protection sociale et souplesse fiscale : le président bénéficie du régime assimilé salarié et d’une protection sociale complète (à l’exception de l’assurance chômage), en contrepartie de cotisations très élevées. L’IS (Impôt sur les sociétés) est le régime par défaut, une option temporaire à l’IR limitée à 5 ans est possible (sous conditions).

En SARL, la quote-part de capital détenue par le dirigeant détermine son régime social : le gérant majoritaire bénéficie du régime TNS, le gérant minoritaire ou égalitaire de celui d’assimilé salarié. Le régime fiscal par défaut est l’IS, avec une option pour l’IR sans limite de durée pour une SARL de famille.

Immatriculation et démarches de création selon le statut

Quel que soit le statut retenu, la création de votre entreprise passe par le guichet unique de l’INPI (Institut national de la propriété intellectuelle).

  • Si vous créez une micro-entreprise, remplissez directement le formulaire en ligne, joignez vos pièces justificatives et validez votre dossier de création d’entreprise ;
  • Si vous optez pour une société (SASU, SARL, autres), avant de vous rendre sur le site de l’INPI, il vous faut rédiger les statuts de votre entreprise, déposer le capital social et publier un avis de constitution dans un JAL (Journal d’annonces légales) ou un SPEL (Service de presse en ligne). Joignez ensuite les attestations de dépôt de capital et de publication à votre dossier en ligne.

Comment gérer la comptabilité et les finances de son magasin de seconde main ?

Les obligations comptables selon votre statut

Le ROM

En plus des obligations comptables classiques (livre des recettes et registre des achats au micro, comptabilité simplifiée ou complète au réel), le commerce de seconde main est soumis à la tenue d’un ROM (Registre des objets mobiliers).

Vous devez tenir ce registre quotidiennement et y renseigner la nature, les caractéristiques, la provenance et une description du bien, ainsi que le mode de règlement (espèces, chèque, etc.) et l’identité de celui qui vous a vendu, apporté à l’échange, ou remis en dépôt ledit bien (article 321-7 du Code pénal). Le rôle du ROM est de prévenir le recel.

La TVA sur marge

Si vous êtes redevable de la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée), notez qu’une partie de vos biens (voire la totalité, selon votre activité) est soumise au régime de la marge (article 297 A du Code général des impôts), sous conditions.

La taxe ne porte que sur la différence entre le prix de vente et le prix d’achat de votre bien et non la valeur totale de celui-ci. Ce mécanisme évite une double imposition au titre de la TVA. Deux méthodes de calcul sont possibles : la méthode au coup par coup (la marge est calculée objet par objet) et la méthode de globalisation (sur option, marge calculée par période de déclaration TVA).

💡 Bon à savoir : dans le cadre d’un dépôt-vente, la marge est la différence entre le prix facturé au client et le montant net reversé au déposant. Notez qu’un bien rénové ou transformé, au sens fiscal des termes, perd son statut de bien d’occasion et bascule en TVA classique.

Les seuils de charges et de TVA à surveiller

Pour optimiser au maximum votre activité, prêtez attention à ces seuils :

  • 71 % : c’est le taux d’abattement forfaitaire en micro-entreprise. Si vos charges dépassent ce seuil, il vous faut changer de régime fiscal ;
  • 85 000 € : c’est le plafond à ne pas dépasser pour bénéficier de la franchise en base de TVA (ce régime vous dispense de collecter la taxe et de la reverser à l’État).

Vous avez des questions sur l’ouverture d’un magasin de seconde main ? 📝 Utilisez l’espace commentaires, nous vous répondrons avec plaisir !

Indy : bien plus qu'une app de comptabilité - Créer un compte

par Jean-Baptiste Arcuset

Jean-Baptiste met son savoir-faire au service de contenus précis et accessibles, destinés à accompagner les entrepreneurs dans la maîtrise de leurs obligations et outils financiers

Questions fréquentes

Dans quelle catégorie d'imposition sont déclarés les revenus de mon magasin de seconde main ?

Les revenus de votre magasin de seconde main sont imposés dans la sous-catégorie "Achat et revente de marchandises" des BIC (Bénéfices industriels et commerciaux).

En dépôt-vente, suis-je soumis à la tenue d'un ROM ?

Oui, le ROM concerne tout objet exposé à la vente ou détenu en stock dans votre boutique.

En quoi un bien d'occasion diffère-t-il d'un bien transformé, au sens fiscal ?

La transformation crée un bien nouveau : elle modifie les caractéristiques initiales de l'objet. Un bien d'occasion, lui, conserve ses caractéristiques d'origine, même après réparation.

En quoi un bien d'occasion diffère-t-il d'un bien rénové, au sens fiscal ?

Un bien est considéré comme rénové lorsque la valeur des éléments utilisés pour la remise en état dépasse celle du bien usagé augmentée du coût de l'opération.

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