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Arrêt de travail en profession libérale : indemnités et démarches 2026

En résumé

  • Depuis le 1er juillet 2021, les professions libérales affiliées à la CNAVPL peuvent percevoir des indemnités journalières (IJ) de la CPAM en cas d’arrêt de travail, versées du 4ᵉ au 90ᵉ jour ;
  • En 2026, l’IJ est comprise entre 26,33 € et 197,51 € bruts par jour, calculée sur la moyenne des revenus des 3 dernières années, dans la limite de 3 PASS ;
  • Un délai de carence de 3 jours s’applique et l’arrêt doit être transmis à la CPAM sous 48 heures maximum, sur un formulaire Cerfa sécurisé ;
  • Au-delà de 90 jours, seule votre caisse de retraite complémentaire (CARMF, CIPAV, CARPIMKO…) peut prendre le relais, sous conditions : d’où l’intérêt d’anticiper avec une prévoyance complémentaire.

Un problème de santé, une intervention chirurgicale, un accident : personne n’est à l’abri d’un arrêt de travail. Mais contrairement à un salarié, une profession libérale ne bénéficie ni de maintien de salaire automatique par un employeur, ni des mêmes filets de sécurité. Longtemps exclus de toute indemnisation, les professionnels libéraux affiliés à la CNAVPL bénéficient depuis 2021 d’un dispositif d’indemnités journalières versées par la CPAM. Ce guide fait le point sur tout ce qu’il faut savoir en 2026 pour traverser un arrêt de travail sans mauvaise surprise.

Arrêt de travail en profession libérale : indemnités et démarches 2026

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Qu’est-ce que l’arrêt de travail pour une profession libérale ?

Un arrêt de travail est la prescription médicale qui constate, temporairement, l’incapacité d’une personne à exercer son activité professionnelle. Pour un salarié, il ouvre droit à des indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie, complétées par un maintien de salaire de l’employeur. Pour une profession libérale, la situation a longtemps été différente.

Un dispositif récent pour les professions libérales

Avant 2021, un consultant, un architecte ou un professionnel de santé libéral qui tombait malade ne percevait strictement aucun revenu de remplacement au titre de son activité. La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2021 a changé la donne en créant un dispositif d’indemnisation obligatoire, commun à tous les professionnels libéraux affiliés à la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL). En contrepartie de l’ouverture de ce droit, chaque professionnel libéral verse une cotisation supplémentaire, calculée sur ses revenus d’activité et intégrée à ses cotisations sociales habituelles.

Qui est concerné par ce dispositif ?

Le dispositif s’applique aux professions libérales réglementées et non réglementées affiliées à la CNAVPL (professions de santé, professions juridiques hors avocats, experts-comptables, architectes, consultants, etc.). Les avocats en sont exclus car ils disposent déjà d’une couverture spécifique et obligatoire via la CNBF.

Les professions libérales non réglementées relevant de la Sécurité sociale des indépendants (SSI), notamment les micro-entrepreneurs, sont quant à elles couvertes selon les règles applicables aux artisans-commerçants, très proches de celles détaillées ci-dessous.

Quelles sont les conditions pour toucher des indemnités journalières ?

Pour prétendre à une indemnisation de la CPAM en cas d’arrêt de travail, plusieurs conditions cumulatives doivent être réunies :

  • Justifier d’au moins 12 mois d’affiliation continue à votre activité de profession libérale ;
  • Être à jour de vos cotisations sociales personnelles (recouvrées par l’Urssaf) ;
  • Faire constater médicalement votre incapacité de travail par un médecin ou une sage-femme ;
  • Transmettre votre arrêt de travail à votre caisse dans les délais impartis.

Si vous ne remplissez pas encore la condition d’ancienneté, votre arrêt peut, sous certaines conditions, être indemnisé au titre du maintien de droits attaché à votre activité précédente (salariat notamment). Il est recommandé de se rapprocher directement de sa CPAM pour vérifier sa situation individuelle.

Comment est calculé le montant de l’indemnité journalière en 2026 ?

Le calcul de l’indemnité journalière (IJ) d’une profession libérale reprend les mêmes règles que celles applicables aux artisans et commerçants.

Le principe du 1/730e

Le montant de l’IJ correspond à 1/730e du revenu d’activité annuel moyen (RAAM), calculé sur la moyenne des revenus déclarés au titre des trois années civiles précédant l’arrêt de travail. Ce revenu est plafonné à trois fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) en vigueur à la date du constat médical de l’incapacité.

Les montants planchers et plafonds

Le PASS s’élève à 48 060 € en 2026. Sur cette base :

  • L’indemnité journalière minimale (pour un revenu inférieur à 40 % du PASS) est de 26,33 € bruts par jour ;
  • L’indemnité journalière maximale (pour un revenu au moins égal à 3 PASS) est plafonnée à 197,51 € bruts par jour.

⚠️ Ce plafonnement signifie que même avec des honoraires professionnels élevés, votre indemnisation ne pourra jamais dépasser ce montant journalier. Un point à garder en tête au moment d’évaluer vos honoraires et votre niveau de couverture souhaité.

Le cas particulier des avocats

Les avocats ne relèvent pas de ce dispositif CPAM : ils bénéficient d’une couverture assurantielle privée et obligatoire, gérée par la Caisse nationale des barreaux français (CNBF), avec ses propres règles de calcul et de versement.

Comment déclarer un arrêt de travail quand on est indépendant ?

La déclaration d’un arrêt de travail obéit à un formalisme précis, à respecter scrupuleusement pour ne pas retarder le versement des indemnités.

Un délai de 48 heures à ne pas dépasser

Comme pour un salarié, vous disposez de 48 heures pour transmettre votre avis d’arrêt de travail à votre caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), quelle que soit la durée de l’arrêt prescrit. Selon les modalités de télétransmission utilisées par votre médecin, deux situations sont possibles :

  • L’arrêt a été télétransmis par le médecin : vous n’avez, en principe, rien à envoyer vous-même à la CPAM ;
  • L’arrêt est établi sur papier : vous devez adresser les volets 1 et 2 à votre CPAM dans les 48 heures.

Depuis le juillet 2025, seul un formulaire Cerfa sécurisé est accepté pour un arrêt de travail papier : les anciens formulaires, photocopies ou scans sont désormais rejetés par les CPAM, ce qui peut retarder le versement de vos indemnités. En cas d’envoi tardif injustifié, une retenue financière peut s’appliquer sur les indemnités dues entre la date de prescription et la date d’envoi effective.

Le suivi de votre dossier

N’ayant pas d’employeur, un professionnel libéral n’a généralement pas de volet 3 à transmettre, sauf s’il perçoit ou est susceptible de percevoir l’allocation des travailleurs indépendants (ATI), auquel cas ce volet doit être adressé à France Travail. Le suivi de l’indemnisation (relevés, dates de versement) s’effectue ensuite depuis votre compte ameli. Pour aller plus loin sur les démarches précises selon votre situation, la fiche officielle de l’Assurance Maladie dédiée aux travailleurs indépendants (🔎 par ici) reste la référence à consulter.

Que se passe-t-il après 90 jours d’arrêt de travail ?

Le relais des caisses de retraite complémentaire

L’indemnisation versée par la CPAM est limitée à 90 jours d’arrêt. Passé ce délai, seule votre caisse de retraite complémentaire (CARMF pour les médecins, CIPAV, CARPIMKO, CARCDSF, CAVP…) peut prendre le relais, via son propre régime invalidité-décès.

Ce relais n’est toutefois ni automatique ni systématique : il dépend des garanties propres à chaque caisse et suppose d’être à jour de ses cotisations.

Une articulation à surveiller soi-même

À ce jour, il n’existe pas de télétransmission automatique entre la CPAM et les caisses de retraite complémentaire, ce qui implique souvent d’effectuer soi-même les démarches nécessaires pour faire valoir ses droits.

Cette zone grise, entre la fin de la prise en charge CPAM et un relais incertain de la caisse complémentaire, explique pourquoi la souscription d’une prévoyance complémentaire est vivement recommandée pour toute profession libérale.

Comment mieux se protéger financièrement pendant un arrêt de travail ?

Le régime obligatoire couvre une partie du risque, mais rarement l’intégralité de la perte de revenus, surtout pour les professionnels aux honoraires élevés ou dont les charges fixes de cabinet (loyer, salariés, matériel) continuent de courir pendant l’arrêt.

La mutuelle et la prévoyance complémentaire

Une mutuelle pour profession libérale couvre en priorité vos frais de santé (consultations, hospitalisation, dépassements d’honoraires), mais elle ne remplace pas un revenu perdu. Pour cela, il faut se tourner vers un contrat de prévoyance complémentaire, souvent proposé sous forme de contrat Madelin, qui permet de :

  • Compléter les indemnités journalières de la CPAM pour maintenir un niveau de revenu proche de l’activité normale ;
  • Couvrir les frais professionnels fixes qui persistent malgré l’arrêt ;
  • Se protéger en cas d’invalidité ou de décès, au-delà du seul risque d’arrêt de travail temporaire.

Les cotisations versées au titre d’un contrat Madelin prévoyance sont, sous conditions et plafonds, déductibles du revenu professionnel imposable, ce qui en réduit le coût réel.

Les autres avantages sociaux à ne pas négliger

Une profession libérale ne bénéficie pas des mêmes avantages qu’un salarié classé (congés payés, comité social et économique…). Certains dispositifs existent toutefois pour compenser partiellement cette différence, comme le chèque vacances, qui permet, sous conditions de ressources, de financer une partie de ses loisirs ou de ses congés malgré l’absence de droits sociaux automatiques.

Quel est l’impact d’un arrêt de travail sur mes obligations comptables et fiscales ?

Un arrêt de travail suspend votre activité, pas vos obligations administratives.

La continuité des obligations comptables

Même pendant un arrêt de travail, vos obligations comptables demeurent : tenue du livre-journal des recettes, conservation des justificatifs, déclarations périodiques de TVA le cas échéant. Si l’arrêt se prolonge, il est conseillé de déléguer temporairement cette gestion (à un comptable, un logiciel de comptabilité en ligne, voire un confrère de confiance) pour éviter tout retard préjudiciable.

Le traitement fiscal des indemnités journalières

Les indemnités journalières versées par la CPAM sont, en principe, soumises à l’impôt sur le revenu et doivent être intégrées à votre déclaration. Leur traitement précis dépend de votre régime d’imposition (micro-BNC/BIC ou régime réel). Pour éviter toute erreur de déclaration, il est utile de bien comprendre les règles de fiscalité applicables à votre statut avant de remplir votre déclaration annuelle.

Quel impact sur mes honoraires et ma facturation pendant l’arrêt ?

Une interruption directe du chiffre d’affaires

Pendant un arrêt de travail, aucune prestation n’est facturée, ce qui interrompt directement votre chiffre d’affaires : contrairement à un salarié, il n’existe pas de mécanisme automatique de maintien de vos honoraires professionnels. C’est précisément l’écart entre le montant plafonné des indemnités journalières et le niveau réel de vos honoraires habituels qui justifie, pour beaucoup de professionnels libéraux, la souscription d’une prévoyance complémentaire.

Anticiper la continuité de son activité

Pensez à prévenir vos clients ou patients suffisamment en amont si l’arrêt est prévisible, et à organiser, si possible, un remplacement ou une réorientation temporaire de votre patientèle ou clientèle.

💬 Vous avez des questions sur les arrêts maladies en professions libérales ? Laissez nous un commentaire, nous vous répondrons avec plaisir !

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par Léa Deschamps

Léa est rédactrice de contenus chez Indy. Elle adore rendre la comptabilité claire et accessible, pour que vous puissiez la comprendre et la gérer facilement, en toute autonomie.

Questions fréquentes

Quelle est l'indemnité d'arrêt maladie pour une profession libérale ?

En 2026, elle est comprise entre 26,33 € et 197,51 € bruts par jour, calculée sur 1/730e de la moyenne des revenus des 3 dernières années, plafonnée à 3 PASS.

Comment déclarer un arrêt de travail quand on est indépendant ?

Le médecin télétransmet généralement l'arrêt à la CPAM ; en cas d'arrêt papier, les volets 1 et 2 doivent être envoyés sous 48 heures maximum.

Un travailleur indépendant peut-il bénéficier d'un arrêt maladie ?

Oui, depuis juillet 2021 pour les professions libérales affiliées à la CNAVPL, sous réserve de 12 mois d'affiliation continue et de cotisations à jour.

Qui doit déclarer un arrêt de travail ?

C'est au professionnel libéral lui-même de transmettre son arrêt à sa CPAM dans les 48 heures, faute d'employeur pour s'en charger à sa place.

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