- La CNBF gère le système de retraite des avocats, qui est indépendant du régime général ;
- Le régime de base de la CNBF ouvre droit au versement d’une pension forfaitaire (19 154 € en 2026). Son financement est notamment assuré par la collecte des droits de plaidoirie ;
- La retraite complémentaire fonctionne selon un système par points. Son montant dépend donc des cotisations que vous avez versées au cours de votre carrière ;
- L’âge de départ et le nombre de trimestres à cumuler suivent le même calendrier que le régime général.
Le système de retraite français revient souvent au cœur du débat public. Alors que l’État peine à financer le régime général, il s’est attaqué aux régimes spéciaux de certaines professions ces dernières années. Parmi ceux qui ont survécu, le régime de retraite de la CNBF concerne les avocats. On vous présente tout ce qu’il faut savoir sur son fonctionnement : cotisations, âge de départ, calcul des pensions, etc.

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Qu’est-ce que la CNBF ?
La CNBF joue un rôle précieux dans la protection sociale des avocats, en gérant notamment leur régime de retraite.
Bon à savoir : les autres professions libérales relèvent de la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL).
La caisse de retraite et de prévoyance des avocats
La Caisse nationale des barreaux français (CNBF) est l’organisme chargé de la gestion du système d’assurance vieillesse des avocats. Créée en 1948, elle administre en réalité quatre régimes pour le compte de la profession :
- La retraite de base ;
- La retraite complémentaire ;
- L’invalidité-décès ;
- L’aide sociale.
Elle assure le financement de ces régimes en collectant des cotisations auprès de ses affiliés, et verse des pensions aux avocats retraités.
Un régime spécifique, différent du régime général
La CNBF gère un régime autonome, c’est-à-dire qu’il fonctionne seul, sans aucun lien avec le régime général des retraites. Leurs situations financières sont d’ailleurs aux antipodes : alors que le régime général est en difficulté, la CNBF affiche des réserves de 3,1 milliards d’euros en 2024 (contre 2,7 milliards d’euros en 2023).
La retraite de la CNBF présente néanmoins certains points communs avec le système général. Ses bénéficiaires perçoivent par exemple une pension de base et une pension complémentaire.
Bon à savoir : en tant que profession libérale, un avocat est soumis à certains devoirs. Il doit notamment tenir une comptabilité et satisfaire à ses obligations fiscales.
Comment fonctionne le régime de base de la CNBF ?
Attaquons-nous maintenant au vif du sujet, en étudiant le fonctionnement du régime de base de la CNBF.
Une pension forfaitaire, non liée aux revenus
La pension de base de la CNBF est la même pour tous les avocats, quel que soit le niveau des revenus qu’ils percevaient quand ils exerçaient leur activité. Pour y prétendre, ils doivent simplement avoir atteint le nombre de trimestres de cotisations requis par la loi pour une retraite à taux plein.
Le montant de la pension forfaitaire s’élève à 19 154 € pour l’année 2026. La CNBF le revalorise tous les ans pour tenir compte de l’inflation.
Un financement basé sur les droits de plaidoirie
Le financement de la retraite de base est partiellement assuré grâce aux droits de plaidoirie, qui constituent une spécificité de la profession. Ce sont des sommes dues par les clients à chaque fois que leur avocat mène une plaidoirie devant une juridiction.
Les avocats doivent reverser les droits de plaidoirie perçus au terme de chaque trimestre. Ils sont affectés au système de retraite de base.
Bon à savoir : un professionnel qui plaide peu doit s’acquitter d’une « contribution équivalente ».
Le financement du régime de base ne se limite toutefois pas aux droits de plaidoirie. Les avocats doivent aussi verser des cotisations, dont nous détaillerons les modalités de calcul plus tard.
Comment fonctionne la retraite complémentaire CNBF ?
Comme pour les salariés qui relèvent du régime général, les avocats ont droit à une retraite complémentaire, qui vient s’additionner à leur pension de base.
Un système par points
Contrairement à la retraite de base qui fonctionne par répartition, la retraite complémentaire de la CNBF est un système par points. Plus vous cotisez, plus vous cumulez de points. Leur nombre permet ensuite de mesurer le montant de votre pension complémentaire.
Les caractéristiques à connaître sont les suivantes pour l’année 2026 :
- Le coût d’acquisition d’un point est de 12,5229 € ;
- La valeur du point s’établit à 1,0262 €.
Les classes et tranches de cotisation
Vous pouvez choisir votre classe de cotisation. Plus elle est élevée, plus votre effort contributif l’est également, mais plus vous cumulez de points. Voici le barème applicable aux cotisations du régime complémentaire pour les revenus perçus en 2026.
| Tranche de revenu | Classe C1 | Classe C2 | Classe C2+ |
| 1 € – 42 507 € | 7 % | 7 % | 7 % |
| 42 508 € – 85 014 € | 10,40 % | 11,60 % | 11,60 % |
| 85 015 € – 127 521 € | 12,20 % | 13,70 % | 13,70 % |
| 127 522 € – 170 028 € | 14 % | 15,80 % | 15,80 % |
| 170 029 € – 212 535 € | 15,80 % | 17,90 % | 20,40 % |
Tableau à jour en septembre 2026
Le calcul de la pension (points x valeurs du point x taux)
Le calcul de la pension de retraite complémentaire des avocats suit la même logique que celle du régime général. Vous devez appliquer la formule ci-dessous.
Pension = Nombre de points x valeurs du point x taux de pension
Le taux de pension dépend de la durée de cotisation de l’avocat. Il est de 100 % s’il a atteint le nombre de trimestres requis par la loi. Dans le cas contraire, sa retraite est minorée de 1,25 % par trimestre manquant (soit 5 % par an).
Quel est le montant des cotisations CNBF en 2026 ?
Avant de pouvoir prétendre à la perception de leurs pensions de retraite, les avocats doivent verser des cotisations à la CNBF tout au long de leur carrière.
Cotisation proportionnelle et plafond de revenus
La CNBF définit le taux des cotisations à verser par ses affiliés au début de chaque année. Pour 2026, il est égal à 3,20 % du revenu net de l’avocat, qui est plafonné à 297 549 € pour ce calcul.
Les cotisations sont évaluées sur la base du revenu N-2, puis un ajustement intervient lorsque le revenu N est connu.
Le cas particulier des deux premières années d’exercice
Au cours des deux premières années d’un avocat, la CNBF ne dispose d’aucun revenu net sur lequel baser le calcul de sa cotisation proportionnelle. Son montant est donc fixé à 292 €, puis une régularisation intervient quand le professionnel déclare son revenu réellement perçu.
Les cotisations forfaitaires selon l’ancienneté
Les avocats doivent également s’acquitter d’une cotisation forfaitaire, dont le montant dépend de leur ancienneté dans la profession :
- 1re année : 363 € ;
- 2e année : 730 € ;
- 3e année : 1 145 € ;
- 4e et 5e années : 1 558 € ;
- 6e année et au-delà : 1 998 €.
Les sommes dues au cours des premières années sont allégées pour encourager l’installation des jeunes avocats.
La cotisation invalidité-décès
La cotisation invalidité-décès est uniquement due par les avocats non-salariés. Son montant dépend également du nombre d’années d’ancienneté :
- De 1 à 4 ans : 68 € ;
- Pour la 5e année et au-delà : 170 €.
Ce régime vous ouvre notamment droit au versement d’indemnités journalières en cas d’invalidité temporaire ou d’une rente pour une invalidité permanente. Il protège également vos proches si vous décédez en raison d’une maladie ou d’un accident.
À quel âge et avec combien de trimestres partir à la retraite ?
Un départ à la retraite est une étape de la vie qu’il faut bien préparer. Pour déterminer à quel âge vous pourrez mettre fin à votre carrière pour bénéficier d’un taux plein, vous devez connaître le nombre de trimestres que vous avez cumulés.
Bon à savoir : vous devez démissionner du barreau, qui est l’ordre professionnel des avocats, pour déclencher le versement de vos pensions.
L’âge légal de départ (62 à 64 ans)
À ce niveau, il n’existe pas de différence entre les avocats et le reste de la population. La profession est bien soumise à l’âge légal de départ à la retraite, qui est fixé entre 62 et 64 ans, selon votre année de naissance.
🔎 L’État maintient à jour un tableau pour déterminer à quel âge vous pourrez mettre fin à votre carrière. Vous pouvez le consulter ici.
Le nombre de trimestres requis pour le taux plein
Vous devez avoir cumulé suffisamment de trimestres de cotisations pour pouvoir bénéficier du taux plein. Leur nombre dépend également de votre année de naissance, du fait du recul progressif de l’âge de départ à la retraite. Il se situe actuellement dans l’intervalle entre :
- 167 trimestres si vous êtes né en 1958 ;
- 172 trimestres si vous êtes né en 1966 ou plus tard.
Bon à savoir : un départ à la retraite à 67 ans vous permet de profiter du taux plein, quel que soit le nombre de trimestres cumulés.
La décote en cas de trimestres manquants
Vous pouvez mettre fin à votre carrière avant d’avoir atteint le nombre de trimestres requis pour bénéficier du taux plein. Un départ à la retraite anticipé entraîne néanmoins une décote sur votre pension globale, égale à 1,25 % par trimestre manquant (soit 5 % par an), dans la limite de 20 trimestres.
À l’inverse, vous obtenez une surcote de 1,25 % par trimestre travaillé au-delà du seuil légal. Elle s’applique uniquement à la retraite de base.
Combien touche-t-on à la retraite avec la CNBF ?
Vous devez estimer vos pensions bien avant votre départ à la retraite, afin de pouvoir vous projeter sereinement dans votre nouvelle vie.
Bon à savoir : les pensions de retraite sont imposables. Elles sont aussi soumises aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS et cotisation additionnelle pour l’autonomie), pour un taux global de 9,1 %.
Le montant moyen de la pension
Les pensions de retraite dépendent donc de plusieurs critères : nombre de trimestres cotisés, points cumulés, etc. Selon le dernier rapport annuel de la CNBF, leur montant moyen s’élevait à 51 300 € en 2024.
Bon à savoir : les pensions des avocats sont majorées de 10 % s’ils sont parents de 3 enfants ou plus.
Exemple de calcul pour une carrière incomplète
Françoise met fin à sa carrière, alors qu’il lui manque 10 trimestres pour valider sa retraite à taux plein. Elle subit donc une décote de 12,5 %, soit un taux de pension de 87,5 %. Elle a par ailleurs cumulé 31 500 points grâce à ses cotisations de retraite complémentaire.
Voici les calculs à réaliser pour mesurer le montant de sa pension annuelle :
Retraite de base = 19 154 x 0,875 = 16 759,75 €
Retraite complémentaire = 31 500 x 1,0262 x 0,875 = 28 284,64 €
Retraite totale = 16 759,75 + 28 284,64 = 45 044,39 €
Ce chiffre correspond à une retraite mensuelle de 3 753,70 €.
Comment optimiser sa future retraite CNBF ?
Vous disposez de plusieurs outils pour optimiser votre retraite.
Bon à savoir : un avocat peut créer une société civile de moyens (SCM) avec des confrères, afin de mettre en commun des moyens matériels et humains nécessaires à l’exercice de leur profession. Il peut aussi constituer une holding pour optimiser la gestion de son patrimoine, en optant pour la société de participation financière des professions libérales (SPFPL).
Le choix de la classe de cotisation
Le choix de la classe de cotisation pour la retraite complémentaire impacte votre pension. Le fait de se soumettre à une tranche haute entraîne le paiement de contributions supérieures durant votre carrière, mais a un impact positif sur le montant de votre retraite.
Bon à savoir : plus vos revenus sont importants, plus le choix d’une classe élevée peut avoir une incidence forte.
Les dispositifs complémentaires (PER, prévoyance individuelle)
Vous pouvez utiliser des dispositifs étrangers à la CNBF pour préparer au mieux votre retraite. Vous avez alors accès aux mêmes outils que les autres professions, dont voici deux exemples :
- Le plan d’épargne retraite (PER) permet d’affecter une partie de vos revenus à des placements financiers pour les faire fructifier. Le capital versé et les plus-values ne peuvent être débloqués qu’au moment de votre départ à la retraite, sauf cas particulier. Vous bénéficiez d’avantages fiscaux sur vos versements ;
- Un contrat de prévoyance individuelle vous protège financièrement contre les risques d’incapacité au travail, d’invalidité ou de décès. Le cas échéant, il peut compléter les garanties du régime de la CNBF dédié à ces situations.
Vous avez des questions sur le fonctionnement du régime de retraite de la CNBF ? On y répond dans les commentaires, en bas de cet article.


