- La Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle est le statut le plus utilisé par les chauffeurs VTC qui veulent sortir de la micro-entreprise : elle permet de facturer sans plafond de chiffre d’affaires et de bénéficier de la protection sociale du régime général ;
- Le président de SASU est assimilé salarié, ce qui lui offre une meilleure couverture sociale qu’un indépendant, mais des cotisations plus élevées ;
- La création d’une SASU en VTC suit les mêmes étapes qu’une SASU classique (statuts, capital, immatriculation), auxquelles s’ajoutent les démarches propres au métier : carte professionnelle VTC et inscription au registre des exploitants ;
- Le choix entre SASU, micro-entreprise ou EURL dépend surtout du chiffre d’affaires visé, du niveau de protection sociale recherché et de la volonté (ou non) de s’associer par la suite.
Vous êtes chauffeur VTC ou vous envisagez de le devenir, et vous vous demandez si la SASU est le bon statut juridique pour exercer votre activité ? Ce n’est pas un hasard si de plus en plus de chauffeurs quittent la micro-entreprise pour créer une SASU : ce statut permet de développer son activité sans plafond de chiffre d’affaires, tout en conservant une couverture sociale proche de celle d’un salarié. Dans ce guide, nous répondons à toutes les questions que se posent les chauffeurs VTC avant de se lancer, c’est parti !

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Qu’est-ce qu’une SASU et pourquoi séduit-elle les chauffeurs VTC ?
La SASU, une société unipersonnelle simple à piloter
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est la version « à associé unique » de la SAS. Concrètement, elle permet à un chauffeur VTC de créer sa propre société tout en restant seul maître à bord : il en est à la fois l’associé unique et, dans la grande majorité des cas, le président.
Ce statut se distingue par sa grande souplesse : contrairement à la SARL (Société à Responsabilité Limitée) et l’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée), les statuts de la SASU ne sont pas encadrés par un formalisme légal rigide. Le président peut librement fixer les règles de fonctionnement, sa rémunération, les modalités de cession des actions ou encore les conditions d’entrée d’un futur associé. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles beaucoup de chauffeurs choisissent ce statut : il est facile à faire évoluer si l’activité se développe, par exemple si vous souhaitez plus tard vous associer avec un autre chauffeur ou embaucher.
Pourquoi les chauffeurs VTC se tournent-ils vers ce statut ?
L’activité de VTC est souvent lancée en micro-entreprise, un statut simple mais rapidement limitant : plafond de chiffre d’affaires, absence de récupération de la TVA sur l’achat ou la location du véhicule, protection sociale minimale. Dès que l’activité décolle, beaucoup de chauffeurs franchissent le cap de la création d’une SASU pour :
- Facturer sans limite de chiffre d’affaires ;
- Déduire davantage de charges réelles (carburant, entretien, assurance, leasing du véhicule) ;
- Bénéficier de la couverture sociale du régime général plutôt que de celle, plus faible, des indépendants ;
- Donner une image plus solide et pérenne à leur activité, notamment vis-à-vis des plateformes de mise en relation et des clients professionnels.
Quels sont les avantages et les inconvénients de la SASU pour un VTC ?
Avant de se décider, il est essentiel de peser les avantages et les inconvénients de ce statut au regard de la réalité du métier de chauffeur.
Les avantages de la SASU pour un chauffeur VTC
- Une protection sociale renforcée : le président de SASU est affilié au régime général de la Sécurité sociale, comme un salarié classique (hors assurance chômage). Il bénéficie donc d’une meilleure couverture maladie et retraite qu’un travailleur indépendant ;
- Pas de plafond de chiffre d’affaires : contrairement à la micro-entreprise, la SASU permet de développer l’activité sans limite, ce qui est un vrai atout pour un chauffeur qui multiplie les courses et les partenariats avec des plateformes ;
- Une fiscalité optimisable : le président peut arbitrer entre rémunération et dividendes pour optimiser sa charge fiscale et sociale globale, en fonction de ses revenus et de ses besoins personnels ;
- La récupération de la TVA : sur l’achat ou la location longue durée du véhicule, sur le carburant et l’entretien, ce qui représente une économie non négligeable pour un chauffeur VTC ;
- Une responsabilité limitée aux apports : le patrimoine personnel du chauffeur est protégé en cas de difficultés financières de la société ;
- Une structure évolutive : il est facile de faire entrer un nouvel associé et de transformer la SASU en SAS si l’activité se développe (flotte de véhicules, embauche d’autres chauffeurs, etc.).
Les inconvénients à connaître avant de se lancer
- Des cotisations sociales élevées : le statut d’assimilé salarié implique des charges sociales plus lourdes qu’en micro-entreprise ou qu’en EURL soumise à l’IR, généralement estimées entre 65 % et 80 % du salaire net versé ;
- Un formalisme de création et de gestion plus lourd : rédaction de statuts, comptabilité en partie double, obligations déclaratives annuelles (comptes annuels, liasse fiscale) ;
- Le coût de la comptabilité : la tenue d’une comptabilité d’engagement nécessite souvent l’accompagnement d’un expert-comptable ou d’un outil de gestion en ligne ;
- Pas d’assurance chômage automatique : le président de SASU cotise pour la retraite et la maladie, mais pas pour le chômage, sauf à souscrire une assurance privée dédiée aux dirigeants.
💡 Bon à savoir : contrairement à une idée reçue, un président de SASU qui perd son mandat (révocation) peut, sous certaines conditions, être éligible à l’allocation chômage s’il cumule ce mandat avec un contrat de travail distinct, ce qui reste rare pour un chauffeur VTC qui exerce seul.
Comment créer sa SASU VTC étape par étape ?
La création d’une SASU pour exercer une activité de VTC suit le même processus qu’une SASU classique, avec quelques spécificités liées au métier réglementé de chauffeur.
Étape 1 : rédiger les statuts de la SASU
La rédaction des statuts est l’étape la plus stratégique de la création. Ce document fixe les règles de fonctionnement de la société : objet social (transport de personnes avec chauffeur), montant du capital social, pouvoirs du président, modalités de prise de décision, conditions de cession des actions, etc. Pour un VTC, il est important de bien définir l’objet social afin qu’il corresponde exactement à l’activité de transport particulier de personnes (T3P), car cela conditionne certaines démarches administratives ultérieures.
Étape 2 : constituer et déposer le capital social
Le capital social minimum d’une SASU est fixé à 1 euro symbolique, mais dans la pratique, il est recommandé de prévoir un capital plus conséquent (quelques centaines à quelques milliers d’euros) pour financer l’achat ou l’apport d’un véhicule, rassurer les banques et les partenaires, et donner de la crédibilité à la société.
Les fonds sont déposés sur un compte bloqué auprès d’une banque ou d’un notaire, puis débloqués une fois l’immatriculation effectuée.
Étape 3 : publier une annonce légale et immatriculer la société
Une fois les statuts signés, il faut publier un avis de constitution dans un journal d’annonces légales, puis déposer le dossier complet auprès du guichet unique de l’INPI (statuts, justificatif de domiciliation, attestation de dépôt de capital, déclaration de non-condamnation du dirigeant, etc.).
L’obtention du Kbis
Après validation du dossier par le greffe du tribunal de commerce, la société reçoit son extrait Kbis, véritable « carte d’identité » de l’entreprise. Ce document est indispensable pour ouvrir un compte bancaire professionnel, souscrire les assurances obligatoires du véhicule et surtout pour s’inscrire au registre des exploitants de VTC.
Les démarches spécifiques à l’activité de VTC
En plus de la création de la SASU elle-même, un chauffeur VTC doit impérativement :
- Être titulaire de la carte professionnelle de conducteur VTC, délivrée après examen ou équivalence de diplôme ;
- Inscrire son entreprise au registre des exploitants de VTC (REVTC), en ligne, moyennant des frais d’environ 170 € ;
- Souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle et une assurance spécifique « transport de personnes » pour le véhicule ;
- Respecter l’obligation de réservation préalable des courses, propre au statut VTC (contrairement aux taxis).
Quel régime social et fiscal pour le président d’une SASU VTC ?
Le régime social : assimilé salarié
Le président de SASU relève du régime général de la Sécurité sociale au titre de son mandat social. Il est dit « assimilé salarié » : il cotise pour la retraite, la maladie, la maternité, les accidents du travail, mais pas pour l’assurance chômage.
Ce statut offre une couverture sociale nettement plus protectrice que celle d’un travailleur indépendant (micro-entrepreneur ou EURL à l’IR), au prix de cotisations sociales plus élevées, généralement comprises entre 65 % et 80 % du salaire net versé.
Rémunération : arbitrer entre salaire et dividendes
Le président de SASU VTC peut se verser tout ou partie de sa rémunération sous forme de salaire, de dividendes, ou d’un mix des deux :
- Le salaire génère des cotisations sociales, mais ouvre des droits à la retraite et à la protection sociale ;
- Les dividendes sont soumis à la flat tax (PFU), passée de 30 % à 31,4 % au 1ᵉʳ janvier 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu ; ils ne génèrent en revanche aucun droit social ni aucune cotisation retraite.
Le bon équilibre dépend du niveau de revenus visé, de l’importance accordée à la protection sociale et de la situation personnelle du chauffeur (âge, projets, autres revenus du foyer).
Le régime fiscal de la SASU
Par défaut, la SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS). En 2026, le taux normal de l’IS est de 25 %, avec un taux réduit de 15 % applicable sur les premiers 42 500 € de bénéfice pour les PME qui remplissent cumulativement trois conditions : un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’euros, un capital entièrement libéré, et un capital détenu à au moins 75 % par des personnes physiques.
Sous certaines conditions et pendant les cinq premières années d’activité, il est également possible d’opter temporairement pour l’impôt sur le revenu (IR), ce qui peut être intéressant les premières années si les résultats sont modestes.
SASU, micro-entreprise ou EURL : quel statut choisir pour son activité de VTC ?
SASU ou micro-entreprise : l’arbitrage le plus fréquent
La micro-entreprise séduit par sa simplicité de création et de gestion : pas de comptabilité complexe, cotisations calculées uniquement sur le chiffre d’affaires encaissé. Mais ce statut atteint vite ses limites pour un chauffeur VTC actif : plafond de chiffre d’affaires (83 600 € € pour les prestations de services en 2026 ), impossibilité de déduire les charges réelles (carburant, entretien, assurance) et absence de récupération de TVA sur le véhicule.
La SASU devient alors pertinente dès que l’activité génère un volume de courses régulier et que les charges réelles (notamment liées au véhicule) deviennent significatives.
SASU ou EURL : deux logiques différentes
L’EURL est l’équivalent unipersonnel de la SARL. Comme la SASU, elle protège le patrimoine personnel du dirigeant, mais son fonctionnement est plus encadré par la loi. La différence majeure se situe au niveau social : le gérant associé unique d’EURL est un travailleur indépendant (régime des indépendants), avec des cotisations moins élevées mais une protection sociale moins complète que le président de SASU.
Le choix dépend donc surtout de l’arbitrage que le chauffeur souhaite faire entre coût des cotisations et niveau de couverture sociale.
Quelles démarches réglementaires spécifiques faut-il accomplir pour exercer en tant que VTC ?
Créer une SASU ne suffit pas à pouvoir exercer légalement en tant que chauffeur VTC. Le métier est une profession réglementée qui impose des obligations propres, en plus de la création de la société :
- Obtenir la carte professionnelle de conducteur VTC, valable 5 ans, délivrée après réussite d’un examen organisé par une Chambre de Métiers et de l’Artisanat ;
- S’inscrire au registre des exploitants de VTC (REVTC), obligatoire pour exercer légalement l’activité ;
- Disposer d’un véhicule répondant aux caractéristiques réglementaires (âge, gabarit, signalétique) ;
- Souscrire les assurances obligatoires liées au transport de personnes.
Pour obtenir des informations officielles et à jour sur ces démarches (carte professionnelle, inscription au registre, textes réglementaires), vous pouvez consulter la fiche dédiée du site service-public.fr, qui centralise l’ensemble des démarches liées à la profession de chauffeur VTC (🔎 cliquez ici).
💬 Vous avez des questions sur la création d’une SASU pour exercer en tant que VTC ? Laissez-nous un message dans l’espace des commentaires, nous vous répondrons avec plaisir !
