- Créer une micro-entreprise se fait en 7 étapes principales, entièrement en ligne sur le guichet unique ;
- La déclaration est gratuite dans la majorité des cas, hors frais annexes facultatifs ;
- Le délai d’obtention du numéro SIRET varie selon le dossier et le délai de traitement des organismes concernés ;
- Les plafonds de chiffre d’affaires 2026 sont de 203 100 € pour la vente et 83 600 € pour les services ;
- Depuis le 1er janvier 2026, l’ACRE n’est plus accordée automatiquement, et son taux d’exonération pour les micro-entrepreneurs est passé de 50 % à 25 % depuis le 1er juillet 2026.
Vous souhaitez devenir votre propre patron ? Créer une micro-entreprise (aussi appelée auto-entreprise) est l’une des solutions les plus simples pour démarrer une activité indépendante en France. La démarche est accessible à de nombreux profils et s’effectue principalement en ligne, mais plusieurs étapes doivent être respectées avant de pouvoir exercer sereinement. Comment créer une micro-entreprise ? Quelles démarches effectuer, quels documents préparer, combien coûte la création, quels plafonds de chiffre d’affaires respecter et quelles obligations prévoir après l’immatriculation ? On vous guide pas à pas pour créer votre micro-entreprise et démarrer votre activité dans les meilleures conditions.

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Créer une micro-entreprise en 7 étapes : les démarches à suivre
La création d’une micro-entreprise suit un parcours précis, entièrement dématérialisé. Voici comment procéder, étape par étape. Vous préférez aller directement à l’essentiel ? Retrouvez ci-dessous toutes les étapes de création détaillées, avec les documents à préparer et les démarches à effectuer.
1. Vérifier que votre activité est éligible au régime micro
Certaines activités ne peuvent pas être exercées sous le régime de la micro-entreprise. C’est notamment le cas des activités agricoles, des activités artistiques rémunérées en droits d’auteur, ainsi que de certaines activités immobilières, comme celles de marchand de biens ou d’agent immobilier.
| Activité | Micro-entreprise possible ? |
| Commerce, artisanat, profession libérale non réglementée | ✅ |
| Activité réglementée (coiffure, plomberie, électricité, activité artisanale réglementée) | ✅ sous conditions de diplôme ou d’autorisation |
| Activité agricole | ❌ |
| Auteur ou artiste rémunéré en droits d’auteur | ❌ |
| Marchand de biens, agent immobilier, location non meublée | ❌ |
À savoir : si votre activité est réglementée, vérifiez les conditions d’accès (diplôme, autorisation, agrément) avant de vous lancer.
2. Définir votre activité et sa catégorie
Le régime micro-fiscal distingue deux grandes catégories d’activités, qui déterminent votre taux de cotisations sociales, votre abattement fiscal et votre organisme d’affiliation :
- Les bénéfices industriels et commerciaux (BIC), qui regroupent la vente de marchandises, la restauration, l’hébergement, ainsi que les activités artisanales et certaines prestations de services commerciales (bâtiment, transport, réparation) ;
- Les bénéfices non commerciaux (BNC), qui regroupent les professions libérales, comme le conseil, la formation, les activités créatives ou les professions de santé non réglementées.
Si vous exercez plusieurs activités au sein d’une même micro-entreprise, la détermination de l’activité principale et des éventuelles activités secondaires permet d’appliquer les règles fiscales et sociales correspondant à chacune.
3. Préparer les documents nécessaires
Réunissez votre pièce d’identité, un justificatif de domicile et une attestation sur l’honneur de non-condamnation avant de commencer la déclaration. Si votre activité est réglementée, ajoutez vos diplômes ou autorisations.
4. Faire la déclaration sur le guichet unique
La déclaration s’effectue uniquement en ligne, via le guichet des formalités des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr). Vous pouvez déclarer votre activité jusqu’à un mois avant son démarrage, ou dans les 15 jours qui suivent.
5. Demander l’ACRE si vous y êtes éligible
Si vous êtes éligible à l’ACRE, pensez à effectuer votre demande dans le délai prévu.
6. Recevoir vos numéros SIREN et SIRET et votre code APE
Une fois votre dossier traité par l’INPI, l’INSEE vous attribue un numéro SIREN, un numéro SIRET et un code APE. Ces identifiants doivent figurer sur vos documents administratifs et vos factures.
Quelles obligations après la création de la micro-entreprise ?
Une fois votre auto-entreprise officiellement créée, quelques formalités restent à accomplir avant de commencer votre activité. Vous devrez notamment accéder à votre espace URSSAF, mettre en place votre facturation et, selon votre situation, ouvrir un compte bancaire réservé à votre activité.
C’est également le moment de vous organiser pour suivre vos recettes, vos dépenses et vos obligations administratives. Des outils comme Indy peuvent vous aider à centraliser cette gestion et à simplifier votre quotidien de micro-entrepreneur.

Quels documents fournir pour créer sa micro-entreprise ?
Pour immatriculer votre micro-entreprise, vous devez joindre à votre dossier :
- La pièce d’identité du demandeur ;
- Un justificatif de domicile de la micro-entreprise ;
- Une attestation sur l’honneur de non-condamnation et de filiation ;
- Les diplômes ou autorisations requis si l’activité est réglementée.
À noter : depuis le 2 juillet 2025, le défaut d’immatriculation au Registre national des entreprises (RNE) peut entraîner une amende pouvant atteindre 7 500 €.
Combien de temps faut-il pour créer une micro-entreprise ?
Le formulaire de déclaration se remplit généralement en 15 à 30 minutes lorsque les documents sont prêts. C’est ensuite le délai de traitement par l’INPI et l’INSEE qui détermine la durée totale de la création.
Ce délai peut toutefois varier sensiblement selon la nature du dossier et la charge de traitement des organismes concernés. Un dossier incomplet, une pièce d’identité illisible ou un justificatif de domicile expiré peuvent rallonger significativement le traitement.
Avant de commencer à facturer, vérifiez que votre entreprise est bien immatriculée et que vous disposez des informations obligatoires à faire figurer sur vos factures.
Le saviez-vous ? Le numéro SIREN, le numéro SIRET et le code APE sont attribués en même temps par l’INSEE, à l’issue du traitement de votre dossier par le guichet unique.
Qui peut créer une micro-entreprise ?
Le régime micro-entrepreneur est ouvert à un grand nombre de situations personnelles, sous certaines conditions.
Ce dernier peut être cumulé avec différentes situations professionnelles ou personnelles. Vous pouvez notamment créer une micro-entreprise en étant salarié, étudiant, demandeur d’emploi ou retraité, sous réserve de respecter les règles propres à votre situation.
Peut-on créer une micro-entreprise en étant salarié ?
Oui, à condition de respecter votre obligation de loyauté envers votre employeur et de vérifier l’absence de clause d’exclusivité dans votre contrat de travail.
Peut-on être micro-entrepreneur et étudiant ?
Oui, aucune condition d’âge ni de diplôme n’est exigée pour créer une micro-entreprise, y compris pour un étudiant sans autre activité.
Peut-on créer une micro-entreprise en étant demandeur d’emploi ?
Oui. Cette situation peut même ouvrir droit à l’ACRE et à l’ARCE, sous réserve de remplir les conditions d’éligibilité de chaque dispositif.
Peut-on être retraité et micro-entrepreneur ?
Oui, sous le régime du cumul emploi-retraite, avec des règles spécifiques selon votre caisse de retraite et l’activité exercée.
Peut-on créer une micro-entreprise en étant étranger ?
Oui pour les ressortissants de l’Union européenne. Pour les ressortissants hors UE, un titre de séjour autorisant l’exercice d’une activité indépendante est requis.
Peut-on cumuler plusieurs activités en micro-entreprise ?
Oui, une même micro-entreprise peut exercer plusieurs activités, à condition que l’ensemble reste dans les seuils de chiffre d’affaires applicables à une activité mixte.
Quels plafonds de chiffre d’affaires respecter en 2026 ?
Deux notions distinctes encadrent la micro-entreprise : le plafond micro, qui conditionne le maintien du régime, et le seuil de TVA, qui conditionne la facturation de la taxe. Dépasser l’un n’entraîne pas les mêmes conséquences que dépasser l’autre.
Le plafond micro
Le plafond micro correspond au chiffre d’affaires annuel maximal à ne pas dépasser pour rester sous le régime micro-entrepreneur.
| Activité | Plafond micro annuel |
| Vente de marchandises, fourniture de logement | 203 100 € |
| Prestations de services et professions libérales | 83 600 € |
Si vous dépassez ce plafond une seule année, vous restez en micro-entreprise l’année suivante, à condition de repasser sous le seuil. En revanche, un dépassement sur deux années consécutives vous fait automatiquement sortir du régime micro : votre entreprise individuelle bascule alors au régime réel d’imposition au 1er janvier suivant. Vous devez alors tenir une comptabilité complète et déduire vos charges réelles.
Le seuil de TVA
Le seuil de TVA détermine à partir de quel chiffre d’affaires vous devez facturer la TVA à vos clients, indépendamment du plafond micro.
| Activité | Seuil de base | Seuil majoré |
| Vente de marchandises | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
Tant que votre chiffre d’affaires reste sous le seuil de base, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas la TVA à vos clients et ne la récupérez pas sur vos achats. Si vous dépassez le seuil de base sans franchir le seuil majoré en cours d’année, vous devenez redevable de la TVA à partir du 1er janvier de l’année suivante. Si vous dépassez directement le seuil majoré, vous sortez de la franchise en base de TVA dès le premier jour du mois de dépassement : vous devez immédiatement facturer la TVA sur vos ventes, déclarer et reverser la taxe collectée, tout en récupérant celle payée sur vos achats professionnels.
À retenir : dépasser le plafond micro deux années consécutives vous fait sortir du régime micro-entrepreneur et basculer au régime réel de l’entreprise individuelle. Dépasser le seuil de TVA vous rend redevable de la TVA, mais ne vous fait pas perdre le régime micro. Ce sont deux mécanismes indépendants, qui peuvent être franchis séparément.
Quelles cotisations sociales paie un micro-entrepreneur ?
Les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires réellement encaissé, selon un taux forfaitaire propre à chaque activité. S’y ajoute, en supplément, la contribution à la formation professionnelle (CFP), un prélèvement distinct.
En 2026, ce taux est de 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,20 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 25,60 % pour les autres prestations de services relevant du BNC, 23,20 % pour les professions libérales affiliées à la Cipav, et 6 % pour la location de meublés de tourisme classés.
| Activité | Cotisations sociales | CFP |
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % | 0,1 % |
| Services commerciaux ou artisanaux (BIC) | 21,20 % | 0,3 % |
| Autres prestations de services (BNC) | 25,60 % | 0,2 % |
| Professions libérales relevant de la Cipav (BNC) | 23,20 % | 0,2 % |
| Location de meublés de tourisme classés | 6 % | 0,1 % |
Comment est calculé l’impôt du micro-entrepreneur ?
Par défaut, les revenus de la micro-entreprise sont intégrés au revenu global du foyer fiscal, après application d’un abattement forfaitaire :
- 71 % pour la vente de marchandises ;
- 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales ;
- 34 % pour les professions libérales. L’impôt est ensuite calculé selon le barème progressif.
Le micro-entrepreneur peut aussi opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, payé en même temps que les cotisations sociales : 1 % pour la vente, 1,7 % pour les prestations de services, et 2,2 % pour les activités libérales. Cette option est particulièrement adaptée aux revenus modestes, car elle évite les régularisations en fin d’année.
Quelles aides pour créer sa micro-entreprise ?
Plusieurs dispositifs peuvent accompagner financièrement le démarrage d’une micro-entreprise.
L’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’entreprise) permet de bénéficier d’une exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année d’activité. Elle est réservée aux créateurs qui remplissent certaines conditions d’éligibilité, parmi lesquels :
- Les demandeurs d’emploi, indemnisés ou non ;
- Les bénéficiaires du RSA ou de l’ASS ;
- Certains jeunes de moins de 26 ans ;
- Les personnes en situation de handicap de moins de 30 ans ;
- Les créateurs installés dans certains territoires (quartiers prioritaires, zones France ruralités revitalisation).
Il faut également ne pas avoir déjà bénéficié de l’ACRE au cours des trois dernières années.
Changement 2026 : depuis le 1er janvier 2026, l’ACRE n’est plus attribuée automatiquement, la demande doit être déposée auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant le début d’activité. Depuis le 1er juillet 2026, le taux d’exonération applicable aux micro-entrepreneurs est passé de 50 % à 25 %.
L’ARCE (aide à la reprise ou à la création d’entreprise) permet quant à elle aux allocataires du chômage de percevoir 60 % de leurs droits restants sous forme de capital. Ce dispositif, géré par France Travail, est conditionné à l’obtention préalable de l’ACRE.
D’autres leviers existent en complément : les prêts d’honneur proposés par Initiative France ou Réseau Entreprendre, les aides régionales à la création d’entreprise, ainsi que les dispositifs de Bpifrance Création ou de France Num pour les projets à composante numérique.
Les erreurs à éviter lors de la création d’une micro-entreprise
Même si la création d’une micro-entreprise est relativement simple, certaines erreurs peuvent avoir des conséquences sur vos cotisations, vos démarches administratives ou vos obligations. Avant de vous lancer, voici les principaux pièges à éviter :
- Choisir une mauvaise catégorie d’activité, ce qui fausse le taux de cotisations applicable ;
- Se tromper dans la date de début d’activité déclarée sur le guichet unique ;
- Oublier de demander l’ACRE dans le délai de 60 jours ;
- Confondre le plafond micro et le seuil de TVA, qui répondent à deux logiques différentes ;
- Oublier de déclarer un chiffre d’affaires nul à l’URSSAF en l’absence d’activité ;
- Négliger les assurances professionnelles obligatoires selon l’activité exercée ;
- Commencer à facturer sans vérifier que l’entreprise est bien immatriculée et que les mentions obligatoires figurent sur les factures.
Où trouver de l’aide pour créer sa micro-entreprise ?
Plusieurs organismes accompagnent gratuitement les futurs micro-entrepreneurs dans leurs démarches. Les chambres de commerce et d’industrie (CCI) et les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) proposent des conseils personnalisés selon votre secteur. France Travail propose des ateliers de préparation à l’entrepreneuriat, tandis que Bpifrance Création met à disposition des fiches pratiques et des simulateurs.
Les conseils régionaux et certains réseaux locaux, comme Initiative France, complètent cet accompagnement par des financements ou du mentorat.
