- Un auto-entrepreneur peut prendre un stagiaire ou un apprenti : les conditions de recrutement sont identiques à celles de toute entreprise individuelle ;
- Vous devrez signer une convention de stage avec le stagiaire, ou un contrat d’apprentissage / de professionnalisation avec l’alternant ;
- La rémunération du stagiaire est d’au moins 4,50 € de l’heure en 2026. Pour l’alternant, elle varie selon son âge, son niveau d’étude et son nombre d’années en alternance ;
- En micro-entreprise, vous ne pourrez pas déduire ce salaire de votre résultat, contrairement aux entreprises individuelles classiques ;
Toute entreprise a vocation à croître, y compris une auto-entreprise. Mais avant de songer à embaucher un salarié, prendre un stagiaire ou un apprenti peut être une alternative intéressante, qui permet d’augmenter l’activité de l’entreprise tout en transmettant son savoir. Un auto-entrepreneur peut-il prendre un apprenti ou un stagiaire, et quelles sont les conditions pour le faire ?

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Conditions pour un stage ou un apprentissage en auto-entreprise dans les règles
Les conditions pour recruter un stagiaire ou un apprenti en tant qu’auto-entrepreneur sont les mêmes que pour les autres entreprises individuelles.
Pour un stagiaire
- Signer une convention de stage entre la personne recrutée, l’employeur et l’organisme de formation. Le cursus de formation du stagiaire doit comporter 200 heures minimum par année d’enseignement ;
- Rémunérer le stagiaire si le stage dure plus de deux mois (308h ou 44 jours de travail consécutifs ou non). La gratification doit être versée chaque mois et pas en fin de stage. Elle n’est pas obligatoire en dessous de ce seuil, mais fortement conseillée ;
- Ne pas dépasser la durée maximale des stages, soit 6 mois (924 heures ou 132 jours consécutifs ou non). Le stage doit obligatoirement être effectué dans les limites de l’inscription scolaire ou universitaire ;
- Les missions proposées aux stagiaires doivent entrer dans le cadre du projet pédagogique de leur établissement de formation ;
- Comme toute entreprise de moins de 20 salariés, vous ne pouvez accueillir que 3 stagiaires maximum en même temps ;
- Vous devrez respecter un délai de carence entre deux stages : 1/3 de la durée du stage précédent, sauf si le premier stagiaire a rompu son contrat avant la fin (par exemple, après un stage de 6 mois vous devrez attendre deux mois avant d’accueillir un nouveau stagiaire au même poste).
Pour un apprenti
Les conditions de travail d’un apprenti sont les mêmes qu’un salarié en de nombreux points, c’est pourquoi les formalités propres à leur recrutement ont moins de spécificités que celles d’un stagiaire :
- faire une DPAE (déclaration préalable à l’embauche) ;
- signer un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation sur la base des formulaires Cerfa FA13 (apprentissage) ou Cerfa 12434 (professionnalisation) ;
- inscrire votre nouvelle recrue dans l’organisme de formation en alternance qu’elle vise.
La convention de stage et le contrat d’apprentissage
La convention de stage
Vous devrez signer une convention de stage avec votre stagiaire, autant pour le protéger que pour mettre à l’abri votre entreprise. Cette convention doit être signée entre les différents intervenants du stage : le stagiaire, votre entreprise (vous signerez également en tant que tuteur), l’établissement de formation et l’enseignant référent au sein de ce dernier.
Elle doit faire mention des éléments suivants :
- intitulé complet du cursus ou formation du stagiaire, accompagné du volume horaire par année ou semestre ;
- activités confiées au stagiaire ;
- noms du tuteur et de l’enseignant référent ;
- durée hebdomadaire maximale de présence du stagiaire et dates de début et fin ;
- conditions d’autorisation d’absence ;
- taux horaire de gratification et conditions de son versement ;
- avantages éventuels (restauration, remboursement de frais…) ;
- régime de protection sociale du stagiaire.
Vous devrez enfin tenir à jour la liste des conventions de stage conclues et inscrire les noms et prénoms des stagiaires accueillis dans une partie spécifique du registre unique du personnel de votre entreprise.
Les contrats d’apprentissage et de professionnalisation
Les contrats d’apprentissage et de professionnalisation sont similaires, mais il subsiste quelques différences entre ces deux moyens d’embaucher un alternant, notamment sur la rémunération et les charges sociales, détaillées ci-dessous.
Gratification et rémunération
La gratification du stagiaire
La gratification d’un stagiaire est fixée par accord professionnel ou, à défaut, par décret à un minimum de 4,50 € de l’heure en 2026, correspondant à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale. Cette gratification est obligatoire dès que la durée du stage inscrite dans la convention dépasse deux mois consécutifs ou 309 heures si le stage ne se fait pas d’une traite.
Vous pouvez verser cette gratification soit au nombre d’heures réelles, soit en effectuant un lissage sur la durée du stage (choix que font généralement les employeurs).
🧮 Pour calculer la gratification de votre stagiaire en fonction des jours travaillés, utilisez le simulateur officiel du site service-public.fr (en cliquant ici).
La rémunération de l’apprenti
Le salaire minimum d’un apprenti dépend de son âge et de son année de formation, et se calcule en pourcentage du SMIC en vigueur ou du salaire minimum conventionnel de branche si celui-ci est plus favorable. Le contrat de professionnalisation obéit à une grille différente, basée sur l’âge et le niveau de qualification de l’alternant.
Charges sociales
En stage
Les entreprises (individuelles ou autres) faisant le choix de gratifier leur stagiaire d’une indemnité minimale ne paient pas de cotisations sociales sur cette rémunération. Si vous choisissez de verser plus à votre stagiaire, il vous faudra payer des cotisations sociales sur la part qui excède le minimum mensuel.
En apprentissage et professionnalisation
Le contrat d’apprentissage bénéficie d’exonérations de cotisations sociales, pour les auto-entrepreneurs comme pour toute entreprise. Attention, une réforme entrée en vigueur le 1er mars 2025 a modifié ce dispositif :
- pour les contrats conclus avant le 1er mars 2025, l’exonération totale de cotisations salariales s’applique jusqu’à 79 % du SMIC ;
- pour les contrats conclus à partir du 1er mars 2025, cette exonération est limitée à 50 % du SMIC, soit 933,51 € brut par mois sur la base du SMIC en vigueur au 1er juin 2026 (1 867,02 €). Au-delà de ce seuil, les cotisations salariales classiques s’appliquent, y compris la CSG et la CRDS.
Le contrat de professionnalisation ne bénéficie pas de ces exonérations spécifiques.
Congés et absences en auto-entreprise
En stages
Si le stage dure moins de 2 mois, accorder des congés est facultatif. Dans tous les cas, leur rémunération n’est pas obligatoire. En cas de maternité, paternité ou adoption, le stagiaire bénéficie de congés et d’autorisation d’absence équivalents à ceux des salariés. Cependant, la gratification étant calculée sur le nombre d’heures de présence effective, son maintien n’est pas obligatoire.
En contrat d’apprentissage et professionnalisation
Votre recrue en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation a le même statut qu’un salarié classique. À ce titre, elle dispose de 30 jours de congés payés annuels à raison de 2,5 jours ouvrables par mois travaillé, ainsi que de 5 jours de congé supplémentaires pour la préparation de ses examens en CFA ou à domicile.
Aides à l’embauche
Il n’existe pas d’aide pour recruter des stagiaires, que ce soit pour les auto-entrepreneurs ou les autres types d’entreprise.
En revanche, des aides existent pour vous inciter à recruter des apprentis : vous pouvez consulter les aides pour un contrat d’apprentissage et les aides pour un contrat de professionnalisation sur le portail de l’alternance du ministère du Travail.
Stage, apprentissage et télétravail
En théorie, rien n’empêche un stage de se dérouler en télétravail, si l’activité prévue dans les missions du stagiaire le permet. Cependant, la mission de formation confiée à un employeur étant remplie plus efficacement en présentiel, il est fortement conseillé de prévoir au moins un jour dans la semaine où votre stagiaire se rendra auprès de vous. Il en est de même pour les apprentis : ayant les mêmes droits que les salariés, il est plus envisageable que l’apprentissage se déroule partiellement en télétravail, toujours si leurs missions le permettent.
Le cas particulier des auto-entrepreneurs
Les auto-entrepreneurs (ou micro-entrepreneurs), en tant qu’entreprises individuelles, peuvent eux aussi embaucher un stagiaire ou un alternant, avec les mêmes règles que celles présentées ci-dessus. Si vous n’avez pas encore franchi le pas, sachez que la création d’une auto-entreprise en ligne ne prend que quelques minutes et constitue un préalable indispensable avant tout recrutement.
Une déduction fiscale impossible en micro-entreprise
Il existe une spécificité de taille liée à votre régime fiscal et social. Du fait de leur régime micro-social et micro-fiscal, les auto-entrepreneurs ne peuvent pas déduire le salaire de leur recrue (ni les charges sociales associées) de leur résultat, contrairement aux entreprises individuelles au régime réel.
Si vous êtes dans ce cas, vérifiez bien que vous pouvez vous permettre d’encaisser une telle dépense avant de vous engager. C’est l’un des inconvénients de l’auto-entreprise à bien anticiper avant de recruter.
Le cas des auto-entrepreneurs au chômage
Si vous êtes vous-même auto-entrepreneur en cumul avec l’allocation chômage, gardez également à l’esprit que le coût d’un apprenti ou d’un stagiaire s’ajoute à vos charges courantes, sans avantage fiscal supplémentaire lié à votre statut de demandeur d’emploi.
💬 Vous avez encore des questions ? Posez-la nous en commentaire, l’équipe d’Indy y répondra rapidement.

Bonjour, j’ai accueilli une stagiaire en 2024 qui cherche aujourd’hui un contrat d’apprentissage de janvier à juillet. Comment puis-je savoir le montant de l’aide qui pourrait m’être accordée ? Puis-je faire une demande auprès de mon OPCO avant la signature du contrat ? Devrais-je établir une fiche de paie classique ?
Je vous remercie
Bonjour Nadège,
Le montant de l’aide qui vous sera accordée diffère en fonction de la taille de votre entreprise, de l’âge de l’apprenti et de son niveau d’études.
Pour demander l’aide, vous n’avez aucune demande à formuler en tant que telle mais vous devez transmettre le contrat d’apprentissage à votre opérateur de compétences (OPCO) au plus tard 6 mois après la conclusion du contrat.
Concernant la fiche de paie d’un apprenti, elle se distingue légèrement d’un bulletin classique. Sa rémunération est souvent inférieure et calculée selon un pourcentage du SMIC, avec des exonérations partielles ou totales de charges sociales pour l’employeur. De plus, elle doit comporter certaines informations essentielles comme :
– Les coordonnées de l’employeur et de l’apprenti ainsi que le poste occupé ;
– Le montant de la rémunération ;
– La mention obligatoire : « Conserver ce bulletin de paie sans limitation de durée ».
Bonjour,
Je me demandais si je pouvais embaucher un apprenti dès la création de mon entreprise ou si mon entreprise devait avoir de l’ancienneté pour cela?
Merci de votre réponse,
Cordialement.
Bonjour,
Rien ne vous empêche d’embaucher un apprenti dès la création de votre entreprise. Attention cependant à bien respecter les conditions légales : « l’employeur doit notamment garantir que l’équipement de l’entreprise, les techniques utilisées, les conditions de travail, d’hygiène et de sécurité, les compétences professionnelles et pédagogiques du maître d’apprentissage sont de nature à permettre une formation satisfaisante. » 🙂