Location longue durée (LLD) : quels avantages fiscaux pour l’entreprise ?

En résumé

  • Le principal avantage fiscal de la LLD est la déduction des loyers du résultat imposable, sans apport ni amortissement à gérer ;
  • Pour un véhicule utilitaire, le loyer est déductible à 100 % ; pour un véhicule de tourisme, la déduction est plafonnée selon les émissions de CO2 ;
  • La TVA est récupérable sur les loyers des véhicules utilitaires, et partiellement sur le carburant ;
  • Les véhicules électriques bénéficient du plafond de déduction le plus élevé et d’une exonération totale de TVS ; le bonus écologique classique, lui, a totalement disparu depuis le 1er juillet 2025, remplacé par la prime CEE.

Vous avez besoin d’un véhicule pour votre activité professionnelle ? La location longue durée (LLD) permet aux indépendants et aux petites sociétés de disposer d’un véhicule sans l’acheter, tout en préservant leur trésorerie. Contrairement à un crédit professionnel, elle ne nécessite généralement pas de mobiliser un apport important ni de garantir le financement sur vos actifs. Mais quels sont les avantages fiscaux de la LLD ? On vous dit tout.

Location longue durée (LLD) : quels avantages fiscaux pour l’entreprise ?

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Comment fonctionne la LLD ?

Le principe de la location longue durée

La location longue durée repose sur le principe suivant : vous louez un véhicule professionnel, pour vous ou pour vos employés, sur une durée allant généralement de 12 à 60 mois.

C’est une solution alternative à l’achat si vous souhaitez éviter d’immobiliser de la trésorerie dans un véhicule neuf, tout en maîtrisant mieux vos charges.

La LLD permet d’être flexible, sans apport ni frais d’entretien supplémentaires : votre prestataire encadre les conditions de location par contrat. En contrepartie, vous ne devenez jamais propriétaire du véhicule : impossible donc de l’amortir, ni de l’acquérir en fin de contrat.

Bon à savoir : Si l’acquisition en fin de location vous intéresse, il faudra plutôt vous tourner vers la location avec option d’achat (LOA).

Les limites à connaître avant de signer

Autre point de vigilance : les kilométrages sont soumis à des plafonds contractuels. Un dépassement entraîne des pénalités, en général entre 0,05 et 0,40 euro par kilomètre supplémentaire, selon les conditions fixées par votre prestataire.

Quel est l’avantage fiscal de la LLD sur les loyers ?

C’est le plus gros avantage fiscal de la LLD : la plupart des charges liées à la location sont déductibles de votre bénéfice imposable, sous certaines conditions qui varient selon le type de véhicule.

Véhicule utilitaire ou véhicule de tourisme : des règles différentes

Les véhicules utilitaires, relevant en particulier de la catégorie N1, destinée au transport de marchandises,  permettent une déduction intégrale du loyer.

Si vous louez un véhicule de tourisme (catégorie M1), la déduction est plafonnée en fonction du prix du véhicule et de son taux d’émission de CO2, sur une durée d’amortissement de 5 ans dans la plupart des cas.

Ce barème dépend : 

  • des émissions de CO2 ;
  • de la date d’acquisition ou de mise en location ;
  • de la motorisation du véhicule.

Pour les véhicules récents, les principaux plafonds applicables sont les suivants :

Émissions de CO2 du véhiculePlafond de déduction fiscale
De 0g à 19g 30 000 €
De 20g à 49g 20 300 €
De 50g à 160g 18 300 €
Supérieures à 160g9 900 €

Que devient la part non déductible (AND) ?

Comme pour toute charge professionnelle, les dépenses complémentaires comme l’entretien ou le carburant restent, elles, déductibles sans limitation de plafond, dès lors qu’elles sont engagées dans l’intérêt de l’entreprise.  En revanche, la fraction du loyer qui correspond à l’amortissement excédant le plafond applicable (appelée amortissement non déductible (AND)), doit être réintégrée à votre résultat fiscal.

En pratique, c’est votre bailleur qui calcule chaque année la fraction du loyer correspondant à la part non déductible, et vous la communique dans un récapitulatif. Vous n’avez donc pas à effectuer ce calcul vous-même.

Avant de signer, il est également judicieux de comparer le coût réel de la LLD avec celui d’un financement classique, en vérifiant notamment les taux pratiqués sur un crédit professionnel : cela vous permet d’objectiver la décision entre location et emprunt.

LLD et TVA : que pouvez-vous récupérer ?

La TVA sur les loyers

Les loyers de LLD sont soumis à la TVA au taux normal de 20 %. Vous pouvez récupérer cette TVA sur la location, mais uniquement pour les véhicules utilitaires, et ce pendant toute la durée du contrat. Pour un véhicule de tourisme, la TVA sur le loyer n’est en revanche pas récupérable.

La TVA sur le carburant

Vous pouvez également récupérer une partie de la TVA sur le carburant, mais le taux dépend surtout du type de véhicule et du carburant utilisé. En principe, depuis l’harmonisation des règles entre essence et gazole au 1er janvier 2022, voici les taux de récupération applicables :

CarburantVéhicule utilitaireVéhicule de tourisme
Essence100 %80 %
Gazole100 %80 %
Électricité100 %100 %
GPL liquéfié / GNV100 %100 %

Mais attention, ces règles peuvent varier selon l’usage exact du véhicule.

Pour constituer votre dossier auprès du bailleur, les justificatifs demandés (identité de l’entreprise, situation financière, historique d’activité) sont souvent proches de ceux exigés pour les documents à fournir dans le cadre d’un crédit professionnel. Mieux vaut les préparer en amont pour accélérer la mise à disposition du véhicule.

 

LLD et avantage en nature : comment ça marche ?

Si vous utilisez votre véhicule de LLD pour des déplacements personnels, il devient un avantage en nature, à intégrer à votre rémunération et à faire figurer sur votre fiche de paie. Deux méthodes de calcul sont possibles :

Le calcul au réel

Formule de calcul :

(Coût annuel de la location × Kilomètres parcourus à titre privé) ÷ Kilométrage total annuel

 

En bref, le coût total annuel de la location (loyers, entretien, assurance, et éventuellement d’autres frais liés au véhicule, hors carburant) est multiplié par le nombre de kilomètres parcourus à titre privé, puis divisé par le kilométrage total, selon les règles fixées par l’Urssaf.

Le calcul au forfait

Le taux du forfait dépend de la date de mise à disposition du véhicule et de la prise en charge ou non du carburant par l’employeur :

Véhicule mis à dispositionForfait hors carburantForfait carburant inclus
Avant le 1er février 202530 % du coût global annuel
Depuis le 1er février 202550 % du coût global annuel67 % du coût global annuel

Le coût global annuel correspond au loyer, à l’entretien et à l’assurance (et au carburant, dans la colonne « carburant inclus »). C’est à vous de faire vos calculs pour déterminer l’option la plus appropriée selon votre usage réel du véhicule.

Bon à savoir : pour un véhicule électrique éco-scoré mis à disposition depuis le 1er février 2025, un abattement supplémentaire s’applique, dont le taux et le plafond varient selon la méthode d’évaluation retenue :

Méthode d’évaluationTaux d’abattementPlafond annuel 2025Plafond annuel 2026
Au forfait70 %4 582 €4 641,60 €
Au réel50 %2 000,30 €2 026,30 €

Bonus écologique, malus et TVS : les LLD « vertes » favorisées

Le bonus écologique et la prime CEE

Le bonus écologique d’État n’existe plus. Il a été supprimé pour les personnes morales dès le 2 décembre 2024, puis pour tous les acheteurs (particuliers et entrepreneurs individuels compris) depuis le 1er juillet 2025. Des dispositifs financés par les CEE (comme la prime « Mon coup de pouce électrique ») peuvent en partie le remplacer, mais sous conditions de véhicule et de bénéficiaire : mieux vaut vérifier votre éligibilité avant d’en tenir compte dans votre budget.

Par ailleurs, la batterie d’un véhicule électrique peut être amortie séparément, à condition que son prix figure de façon distincte sur la facture. 

Le malus écologique

À l’inverse, un malus écologique s’applique aux véhicules les plus polluants. D’après le barème publié par le ministère de l’Économie, ce malus se déclenche, en 2026, dès 108 grammes de CO2 par kilomètre, avec un montant qui augmente progressivement jusqu’à un plafond de 80 000 € pour les véhicules les plus émetteurs (contre un seuil de 113 g/km et un plafond de 70 000 € en 2025).

Les taxes annuelles sur les véhicules de tourisme (ex-TVS)

Enfin, un véhicule de tourisme loué pendant au moins 30 jours consécutifs est soumis à deux taxes annuelles qui ont remplacé l’ancienne TVS (Taxe sur les véhicules de société) :

  • la taxe sur les émissions de CO₂ ;
  • la taxe sur les émissions de polluants atmosphériques.

Leur montant est calculé en fonction de la durée réelle d’affectation du véhicule au cours de l’année.

Bon à savoir : Depuis le 1er janvier 2025, seuls les véhicules 100 % électriques ou à hydrogène en sont totalement exonérés. Les véhicules hybrides, y compris rechargeables, sont désormais soumis à ces taxes dans les conditions de droit commun.

LLD, LOA ou crédit-bail : quelle solution pour optimiser la fiscalité ?

Trois logiques de financement différentes

La LLD n’est pas la seule solution pour disposer d’un véhicule professionnel sans achat comptant.

La LOA vous laisse la possibilité de racheter le véhicule en fin de contrat, tandis que le crédit-bail, plus proche d’un financement bancaire, permet sous certaines conditions, un traitement comptable et fiscal différent, avec une option d’achat également prévue au contrat.

Comment choisir entre ces solutions ?

Chaque solution a ses propres règles de déductibilité et son propre impact sur votre bilan. Le choix dépend surtout de votre volonté (ou non) de devenir propriétaire du véhicule à terme, et de votre besoin de renouveler régulièrement votre flotte.

Des questions sur la LLD ? L’affacturage ou même le nantissement de fond de commerce ? Notre équipe vous répond dans les commentaires ! 

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par Elsa Van Rompay

Elsa est cheffe de projet SEO chez Indy. Ses articles comptables et juridiques vont vous permettre de naviguer plus facilement dans cet univers complexe.