- Le coursier indépendant assure la livraison de repas et de colis via des plateformes numériques, avec deux profils distincts : le coursier à vélo sans formation requise et le coursier motorisé devant obtenir une attestation de capacité de transport ;
- Cette activité offre une grande flexibilité et génère des revenus complémentaires, mais les gains restent variables et les tarifs des plateformes ont baissé ces dernières années ;
- Pour démarrer, il faut créer votre entreprise (souvent une micro-entreprise), souscrire aux assurances obligatoires et vous inscrire sur une ou plusieurs plateformes ;
- Pour augmenter vos revenus, misez sur les heures de forte demande, concentrez-vous sur les zones les plus rentables et utilisez plusieurs plateformes simultanément.
Vous cherchez une activité flexible qui vous permettra de générer des revenus à votre rythme ? Devenir coursier indépendant représente une opportunité accessible. Parmi les idées de création d’entreprise les plus prisées, ce métier attire de plus en plus de profils différents. Mais comment s’y prendre concrètement ? Quelles démarches administratives accomplir ? Quel statut juridique choisir pour devenir coursier ? Nous vous expliquons tout dans ce guide complet.

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Comprendre le métier de coursier
Qu’est‑ce qu’un coursier ?
Le rôle du coursier indépendant
Un coursier indépendant assure la livraison de repas, colis et documents auprès de particuliers ou professionnels. Cette prestation de service s’exerce principalement via des plateformes numériques qui mettent en relation livreurs et clients.
Un modèle de rémunération à la course
La rémunération s’articule autour d’un système simple : chaque livraison effectuée génère un revenu variable selon plusieurs critères (la distance parcourue, le créneau horaire et les conditions météorologiques). Une course rapporte en moyenne 4 à 9 euros.
Les différents types de coursiers
Le coursier à vélo
Le vélo représente le moyen de transport le plus accessible pour débuter dans la livraison. Bonne nouvelle, aucune formation ni diplôme ne sont requis. Cette option convient particulièrement aux zones urbaines denses où la circulation automobile complique les déplacements.
Le coursier en véhicule motorisé
La livraison en scooter, moto ou voiture exige des démarches supplémentaires. L’attestation de capacité professionnelle de transport s’obtient après une formation de 105 heures (coût : environ 1 000 €), suivie d’un examen organisé par la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement). L’inscription auprès de cette même administration devient ensuite obligatoire. Pour en savoir plus sur l’attestation de capacité professionnelle de transport, c’est par ici.
Bon à savoir : certains diplômes en transport ou logistique permettent de bénéficier d’une dispense de formation. Renseignez-vous auprès de votre DREAL pour vérifier votre éligibilité.
Avantages et limites du métier
Les avantages du métier de coursier
Devenir coursier indépendant offre plusieurs atouts majeurs :
- Flexibilité totale : vous définissez vos horaires et votre volume de travail selon vos disponibilités et contraintes personnelles ;
- Revenus complémentaires : cette activité se combine facilement avec un emploi salarié, des études ou d’autres projets professionnels ;
- Barrière à l’entrée faible : le lancement nécessite peu d’investissement initial, particulièrement pour les coursiers à vélo qui peuvent débuter avec quelques centaines d’euros ;
- Activité physique : le métier permet de rester en mouvement constant, particulièrement apprécié par ceux qui fuient la sédentarité des bureaux ;
Les inconvénients et défis
Le métier impose toutefois des contraintes importantes :
- Revenus instables : les gains dépendent directement du nombre de courses effectuées et des créneaux choisis ;
- Conditions météorologiques : pluie, froid ou canicule impactent directement le confort et la productivité ;
- Usure physique : la répétition des trajets et le port des colis sollicitent intensément le corps, augmentant les risques de blessures.
Démarches pour devenir coursier

Choix du statut juridique
L’entreprise individuelle
L’entreprise individuelle (EI) au régime micro-entreprise
Ce régime demeure le plus adapté au moment de la création d’entreprise. Il offre en effet une gestion administrative simplifiée avec un plafond de chiffre d’affaires fixé à 77 700 €. Les revenus relèvent de la catégorie BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) et bénéficient d’un abattement forfaitaire de 50% lors du calcul de l’impôt.
L’EI au régime réel
Ce régime s’impose automatiquement au-delà du plafond de 77 700 €. Il convient également aux coursiers dont les charges dépassent 50% du chiffre d’affaires, permettant de déduire les dépenses réelles (carburant, assurances, équipement). Cette option exige toutefois une comptabilité plus rigoureuse.
Les sociétés : SASU et EURL
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) ou l’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) offrent plusieurs avantages. Ces structures renforcent la crédibilité auprès des partenaires commerciaux et facilitent l’accès au crédit bancaire. Elles permettent également de faire évoluer l’entreprise en intégrant des associés ultérieurement.
Pour vous aider à choisir le statut le plus adapté à votre situation, voici un comparatif détaillé des trois options :
| Critère | Micro-entreprise | Régime réel | SASU/EURL |
| Plafond CA | 77 700 € | Aucun | Aucun |
| Cotisations | 21,20% du CA | 45% du bénéfice | 80% salaire net (SASU) ou 45% bénéfice (EURL) |
| Comptabilité | Livre des recettes | Complète | Complète |
| Charges déductibles | Non (abattement automatique de 50%) | Oui | Oui |
| Idéal pour | Débuter | Charges > 50 % ou dépassement plafond du CA | Croissance/associés |
L’immatriculation de l’activité
Le passage par le Guichet unique
L’immatriculation d’un coursier indépendant s’effectue via le Guichet unique de l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle). Cette plateforme centralisée transmet automatiquement le dossier au Centre de Formalités des Entreprises compétent : la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI). L’activité de coursier relève du secteur commercial et nécessite donc une inscription au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés).
Les documents requis
La constitution du dossier nécessite plusieurs pièces justificatives :
- Une copie de la pièce d’identité en cours de validité ;
- Un justificatif de domicile de moins de 3 mois ;
- Une déclaration de non-condamnation et de filiation ;
- Une attestation de domiciliation de l’activité.
Vous obtiendrez alors le numéro SIRET et l’extrait K (ou Kbis pour les sociétés), après validation du dossier complet (15 jours ouvrés en moyenne).
Bon à savoir : la création d’une société exige des démarches supplémentaires : rédaction des statuts, dépôt du capital social, publication d’une annonce légale dans un journal habilité.
Assurances obligatoires
L’assurance Responsabilité Civile Professionnelle
La RC Professionnelle protège contre les dommages causés aux tiers lors des livraisons. Fortement recommandée pour les coursiers à vélo, elle devient obligatoire pour les véhicules motorisés. Son coût oscille entre 20 € et 50 € mensuels selon les garanties choisies.
L’assurance véhicule
Pour les coursiers en scooter, moto ou voiture, l’assurance véhicule s’impose. L’usage professionnel doit impérativement être déclaré à l’assureur, sous peine de nullité du contrat en cas de sinistre. Cette mention augmente généralement la prime de 15% à 30%.
Les assurances complémentaires
La mutuelle santé et la prévoyance constituent des protections essentielles face aux risques du métier. En effet, les accidents de circulation représentent un danger réel nécessitant une couverture adaptée. La prévoyance garantit un revenu en cas d’arrêt de travail prolongé.
Inscription sur les plateformes
Les principales plateformes de livraison
Plusieurs acteurs dominent le marché français de la livraison : Uber Eats, Deliveroo, Stuart, Frichti et Nestor. Chaque plateforme présente ses propres spécificités en termes de zone géographique couverte, de tarification et de type de missions proposées.
Les documents nécessaires à l’inscription
Ces plateformes exigent systématiquement plusieurs justificatifs :
- Une pièce d’identité en cours de validité ;
- L’extrait K ou avis de situation SIRENE ;
- Un RIB pour percevoir les paiements ;
- Une photo de profil récente ;
- Pour les coursiers motorisés : permis de conduire, carte grise, attestation d’assurance du véhicule et attestation de capacité de transport.
Bon à savoir : contrairement à la majorité des autres plateformes, Uber Eats exige un casier judiciaire vierge (bulletin n°3) pour accepter l’inscription.
Stratégie multi-plateformes
L’inscription simultanée sur plusieurs applications maximise les opportunités de courses et les revenus. Cette flexibilité permet de compenser les périodes creuses sur une plateforme par l’activité sur une autre. Ces plateformes offrent également une première expérience du secteur avant d’envisager d’ouvrir une société de transport avec des salariés.
Coursier : quel matériel pour débuter ?
Équipement coursier à vélo
Le lancement d’une activité de coursier à vélo nécessite plusieurs achats essentiels :
- Un vélo robuste adapté aux trajets urbains (entre 500 € et 1 500 €) ;
- Un casque homologué ;
- Des éclairages avant et arrière ;
- Un antivol résistant ;
- Un kit de réparation complet (chambre à air, démonte-pneus, pompe portable) ;
- Un support smartphone fixé au guidon ;
- Un sac isotherme.
Équipement coursier motorisé
La livraison en scooter ou voiture demande un véhicule en parfait état de fonctionnement. Les équipements de sécurité réglementaires (casque intégral, gants homologués) s’ajoutent à l’achat d’un sac de livraison isotherme professionnel. L’investissement varie considérablement selon le type de véhicule utilisé et son état au moment de l’achat.
Vivre de son activité de coursier : conseils et points d’attention
Gestion des revenus
Les revenus d’un coursier indépendant fluctuent considérablement selon les périodes. Comme pour d’autres activités à revenus variables telles que devenir trader, une organisation financière rigoureuse s’impose pour anticiper les mois creux.
Astuce : constituer une épargne de précaution équivalant à 2 ou 3 mois de charges permet d’absorber les imprévus. Pour les débutants, préparer son projet de création d’entreprise avec un prévisionnel financier aide à anticiper ces fluctuations.
Comment maximiser ses gains et fidéliser ses clients ?
Optimiser ses créneaux de travail et ses courses
La rentabilité d’un coursier repose sur des choix stratégiques précis :
- Privilégier les heures de pointe : les créneaux 11h-14h et 18h-22h concentrent la majorité des commandes ;
- Travailler par mauvais temps : la demande explose tandis que de nombreux livreurs cessent leur activité. Les plateformes appliquent alors des multiplicateurs tarifaires (x1,5 à x2) ;
- Choisir les bonnes zones : les quartiers d’affaires au déjeuner et les zones résidentielles aisées le soir génèrent davantage de commandes et de pourboires ;
- Investir dans un vélo électrique : cet équipement permet d’effectuer jusqu’à 30% de courses supplémentaires par session grâce à la réduction de la fatigue physique ;
- S’inscrire sur plusieurs plateformes : multiplier les applications élimine les temps morts entre deux courses ;
Bon à savoir : pour évaluer rapidement la rentabilité d’une course proposée, appliquez le ratio de 2 € minimum par kilomètre parcouru. Par exemple, une livraison rémunérée 5 € pour 4 km de trajet (soit 1,25 €/km) n’est généralement pas rentable, car elle mobilise du temps et de l’énergie sans rémunération suffisante.
Fidéliser et maximiser les pourboires
La qualité du service détermine les pourboires perçus. Ces derniers représentent 15% à 25% des revenus totaux. Une attitude professionnelle commence par un sourire systématique et une présentation soignée. De plus, vérifier la commande avant le départ prévient les oublis frustrants pour le client. Enfin, respecter scrupuleusement les instructions de livraison (remise en main propre ou dépose devant la porte) démontre votre professionnalisme.
Les erreurs fréquentes à éviter lors des débuts
Erreurs administratives et juridiques
Plusieurs manquements peuvent entraîner des conséquences graves :
- En tant que micro-entrepreneur ne pas déclarer son chiffre d’affaires : expose à des sanctions financières de l’Urssaf ;
- Oublier de réintégrer les commissions des plateformes dans ses déclarations (pour les auto-entrepreneurs) : constitue une erreur fréquente conduisant à des redressements ;
- Travailler en véhicule motorisé sans l’attestation de capacité de transport : représente une infraction punissable d’une amende.
Attention : accepter systématiquement toutes les courses proposées, respecter des horaires imposés ou porter un uniforme obligatoire constituent des indices de subordination conduisant à une requalification en contrat de travail.
Erreurs opérationnelles
Certaines négligences compromettent durablement la rentabilité :
- Sous-estimer l’investissement initial : un vélo bas de gamme ou un smartphone obsolète génèrent pannes et pertes de temps coûteuses ;
- Négliger les assurances : expose à des risques financiers majeurs en cas d’accident ;
- S’épuiser physiquement : des journées trop longues réduisent la productivité et augmentent les risques d’accidents.
Pour diversifier vos activités complémentaires, des options comme ouvrir une conciergerie ou développer des services annexes (comme une entreprise de sécurité privée) sont envisageables.
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