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Comment fonctionne la plus-value sur cession de parts sociales ?

En résumé

  • La plus-value sur cession de parts sociales correspond à la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition des parts ;
  • Elle est imposée par défaut au PFU (flat tax) de 31,4 % depuis 2026, ou sur option au barème progressif de l’IR ;
  • Plusieurs abattements peuvent réduire la base imposable ;
  • Des stratégies d’optimisation existent, comme la donation avant cession ou le report d’imposition.

Vous souhaitez vendre vos parts sociales mais vous ne savez pas comment sera imposée la plus-value réalisée ? Entre le PFU, le barème progressif de l’impôt sur le revenu ou encore les abattements possibles, il peut être difficile de s’y retrouver. Pourtant, comprendre la fiscalité applicable à une cession de parts sociales vous permet d’optimiser votre gestion financière et d’anticiper le montant réellement perçu après impôts. Bonne nouvelle : nous vous expliquons simplement tout ce qu’il faut savoir pour mieux préparer votre cession.

Comment fonctionne la plus-value sur cession de parts sociales ?

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Qu’est-ce qu’une cession de parts sociales ?

Une cession de parts sociales consiste pour un associé à vendre ou transmettre tout ou partie de ses titres de société. Il transfère ainsi la propriété de ses parts sociales à une tierce personne.

Il est possible d’effectuer une cession de parts sociales dans les entreprises suivantes :

  • SNC (Société en Nom Collectif) ;
  • SARL (Société à Responsabilitée Limitée (voire EURL : Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) ;
  • SCS (Société en Commandite Simple) ;
  • SCI (Société Civile Immobilière.

La cession de titres peut avoir des conséquences importantes pour la fiscalité de l’entreprise, notamment concernant l’imposition des plus-values, les droits d’enregistrement et les obligations déclaratives de la société.

Bon à savoir : L’associé qui souhaite céder ses parts est nommé le cédant, tandis que celui qui les récupère est appelé le cessionnaire.

La procédure de cession de parts sociales

1. L’agrément des associés

Dans une SARL, la cession à un tiers extérieur est soumise à l’agrément de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales (libre entre associés). Dans les SNC, SCS et SCI, les règles sont généralement plus strictes : agrément unanimité ou majorité renforcée selon les statuts et le type de parts, rendant ces sociétés plus « fermées » que la SARL.

2. La rédaction de l’acte de cession

L’acte de cession doit être écrit dès que le montant dépasse 1 500 €. Il peut prendre la forme d’un acte sous seing privé ou d’un acte notarié. Il mentionne notamment l’identité des parties, le nombre de parts cédées et le prix de cession.

3. L’enregistrement auprès des impôts

L’acte de cession doit être enregistré auprès du service des impôts des entreprises (SIE) dans le mois suivant la signature. C’est à ce moment que sont réglés les droits d’enregistrement de 3 %.

4. La mise à jour des statuts

Une fois la cession enregistrée, les statuts de la société doivent être mis à jour pour refléter la nouvelle répartition du capital, et un dépôt au greffe du tribunal de commerce est nécessaire.

Comment calculer une plus-value sur cession de parts sociales ?

La plus-value sur cession de parts sociales correspond à la différence entre le prix d’acquisition de ladite part et le prix de vente de celle-ci.

Exemple : Un associé a acquis des parts sociales pour 20 000 €. 2 ans plus tard, il les revend pour 30 000 €. La plus-value est donc de : 30 000 € – 20 000 € = 10 000 €.

La formule à appliquer est donc : prix de cession – prix d’acquisition = montant de la plus-value.

Seul le montant de la plus-value est imposable.

Quel mode d’imposition s’applique sur la plus-value sur cession de parts sociales ?

Prélèvement forfaitaire unique (PFU)

Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé “flat tax” est l’impôt qui s’applique par défaut sur l’imposition des plus-values des parts sociales en France. Depuis le 1er janvier 2026, il s’élève à :

  • 12,8 % d’impôt sur le revenu ;
  • 18,6 % de prélèvements sociaux.

Le taux total du PFU est de 31,4 % sans abattement.

Barème progressif sur l’impôt sur le revenu (IR)

L’associé peut également opter pour l’imposition de la plus-value au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Dans cette situation :

  • la plus-value est ajoutée aux autres revenus du foyer fiscal ;
  • le taux d’imposition dépend de la tranche marginale d’imposition ;
  • certains abattements pour durée de détention peuvent parfois s’appliquer selon la date d’acquisition des parts.

Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent toutefois dus.

Barème progressif de l’IR aux revenus 2025

RevenusTaux d’imposition
Inférieur ou égal à 11 600 €0 %
De 11 601 € à 29 579 €11 %
De 29 580 € à 84 577 €30 %
De 84 578 € à 181 917 €41 %
Supérieur ou égal à 181 917 €45 %

Exemple de calcul : reprenons l’exemple de notre plus-value à 10 000 € et supposons que le contribuable se situe dans la tranche d’imposition à 30 %.

  1. Calcul sur l’IR : 10 000 x 30 % = 3 000 . L’impôt sur le revenu est de 3 000 €.
  2. Calcul des prélèvements sociaux : 10 000 x 18,6 % = 1 860. Les prélèvements sociaux s’élèvent à 1 860 €.
  3. Montant total de l’imposition : 3 000 + 1 860 = 4 860. Le montant total dû est donc de 4 860 €.

Comment choisir entre le barème progressif sur l’IR et le PFU ?

Le choix entre le barème progressif de l’impôt sur le revenu et le prélèvement forfaitaire unique dépend du niveau de revenus du foyer fiscal et de la situation patrimoniale du cédant.

Le PFU est souvent plus avantageux pour :

  • les contribuables fortement imposés ;
  • les foyers situés dans les tranches à 30 %, 41 % ou 45 %.

Tandis que le barème progressif sur l’IR est plus intéressant pour :

  • pour les contribuables faiblement imposés ;
  • lorsque certains abattements fiscaux sont applicables ;
  • ou si le taux moyen d’imposition est inférieur au PFU.

Quelles sont les possibilités d’abattement sur la plus-value sur cession de parts sociales ?

Abattements pour durée de détention

Pour les parts sociales acquises avant le 1er janvier 2018 – et si le contribuable opte pour le barème progressif à l’IR – un abattement pour durée de détention peut s’appliquer sur la base imposable de la plus-value, soit :

  • 50 % d’abattement pour une durée de détention comprise entre 2 et 8 ans ;
  • 65 % d’abattement pour une détention supérieure à 8 ans.

Bon à savoir : ces taux d’abattement ne s’appliquent que sur la part soumise à l’IR ; les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.

Abattements renforcés

Pour les titres de PME détenus dans une société âgée de moins de 10 ans lors de l’acquisition des parts, un abattement renforcé peut s’appliquer sur la plus-value des cessions de parts sociales :

  • 50 % pour une durée de détention entre 1 et 4 ans ;
  • 65 % pour une durée de 4 à 8 ans ;
  • 85 % pour une détention supérieure à 8 ans.

Abattement pour un départ à la retraite du dirigeant

Lors d’un départ à la retraite, un dirigeant qui cède ses titres dans les deux ans précédant ou suivant son départ peut bénéficier d’un abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value imposable.

Pour tirer partie de cet abattement, le cédant doit détenir au moins 25 % des droits de vote et exercer une fonction de direction depuis minimum 5 années consécutives.

Abattement avec le pacte Dutreil

Le pacte Dutreil est un dispositif fiscal permettant de faciliter la transmission d’une entreprise familiale, notamment dans le cadre d’une donation ou d’une succession. Il permet de bénéficier d’un abattement de 75 % de la valeur des parts sociales sur les droits de mutation, sous certaines conditions.

Les exonérations dans les zones spécifiques

Certaines entreprises implantées dans des zones prioritaires peuvent bénéficier d’exonérations fiscales lors de leur activité ou de leur transmission. Les zones principales concernées sont :

  • Zones France ruralités revitalisation (ZFRR et ZFRR+) ;
  • Zones franches urbaines (ZFU) ;
  • Bassins d’emploi à redynamiser (BER).

Ces dispositifs visent à favoriser l’investissement, l’emploi et le développement économique local de ces emplacements.

La donation avant cession

La donation avant cession consiste à donner des parts sociales ou des actions à un descendant avant leur vente. Au lieu de vendre directement les titres le cédant donne les titres à ses enfants ou à un proche ; le bénéficiaire réalise ensuite la vente. Le principe repose sur un mécanisme fiscal appelé purge de la plus-value latente.

Exemple : 

  1. L’associé détient des parts achetées à 20 000 € qui valent aujourd’hui 30 000 € ; 
  2. Au lieu de les vendre directement (et payer l’impôt sur 10 000 € de plus-value), il les donne d’abord à un proche ;
  3. Au moment de la donation, les parts sont réévaluées à leur valeur actuelle (30 000 €) ; 
  4. Le donataire vend ensuite les parts : sa plus-value est calculée entre 30 000 € (valeur reçue) et 30 000 € (prix de vente) = 0 € de plus-value imposable

La plus-value est ainsi purgée et non pas supprimée ; autrement dit elle est absorbée dans la base des droits de donation.

À noter : il existe également le mécanisme de report d’imposition prévu à l’article 150-0 B ter du CGI (à retrouver ici), applicable lorsque l’associé apporte ses titres à une société holding avant leur cession. Ce dispositif permet de différer l’imposition de la plus-value, sans l’effacer définitivement.

Vous avez plus de questions sur la fiscalité ? Sur la taxe PUMA ou sur la CRDS ? N’hésitez pas à utiliser l’espace commentaire pour que nous puissions vous répondre ! 🤝

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Questions fréquentes

Qui touche les dividendes d’une cession de parts sociales ?

C’est le cessionnaire qui acquiert des parts sociales qui touchent les dividendes de l’exercice au cours duquel il est devenu associé. 

Quels sont les droits d'enregistrement lors d'une cession de parts sociales ?

La cession de parts sociales est soumise à des droits d'enregistrement de 3 % sur le prix de vente, après application d'un abattement égal à 23 000 € multiplié par le nombre de parts cédées et divisé par le nombre total de parts. Ces droits sont en principe à la charge de l'acheteur donc du cessionnaire. 

Faut-il déclarer la plus-value sur cession de parts sociales ?

Oui, la plus-value doit être déclarée lors de la déclaration annuelle de revenus, via le formulaire 2042-C (pour le PFU) ou intégrée aux revenus dans le cas du barème progressif.

Peut-on reporter ou imputer une moins-value sur cession de parts sociales ?

Oui, si le prix de vente est inférieur au prix d'acquisition, la moins-value constatée est imputable sur les plus-values de même nature réalisées au cours de la même année ou des 10 années suivantes.

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