- La Cavec est la caisse qui gère la retraite (base et complémentaire) et la prévoyance des experts-comptables et des commissaires aux comptes, qu’ils exercent en libéral ou en tant que salariés ;
- En 2026, la cotisation à la retraite complémentaire repose sur 9 classes (A à I), avec une valeur du point fixée à 1,3850 €, contre 1,3710 € en 2025 ;
- Le taux plein de la retraite complémentaire s’obtient à 65 ans, tandis que la retraite de base suit les règles communes aux professions libérales (67 ans ou 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1965) ;
- Au-delà de la retraite, la Cavec verse aussi des prestations de prévoyance : indemnités journalières en cas d’arrêt maladie, pension d’invalidité, capital décès et rente enfant.
Vous venez de vous inscrire à l’Ordre des experts-comptables ou vous exercez déjà depuis plusieurs années en tant qu’expert-comptable ou commissaire aux comptes ? Vous avez sans doute déjà croisé le sigle « Cavec » sur vos appels de cotisations ou vos relevés de carrière. Cette caisse, souvent méconnue en dehors de la profession, joue pourtant un rôle central dans la construction de votre retraite et dans votre protection sociale au quotidien. Comme toute profession libérale, les experts-comptables et commissaires aux comptes relèvent d’un système de protection sociale spécifique, distinct de celui des salariés classiques. Dans cet article, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur la Cavec.

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Qu’est-ce que la Cavec ?
La Cavec, ou Caisse d’Assurance vieillesse des Experts-Comptables et des Commissaires aux comptes, est un organisme de protection sociale autonome créé en 1949. Basée à Paris, elle est gérée par des représentants élus de la profession, ce qui lui permet d’adapter ses règles aux réalités du métier : entrée tardive dans la vie active après de longues études, alternance fréquente entre statut salarié et libéral, revenus parfois irréguliers en début de carrière, etc.
Les missions de la Cavec
La Cavec remplit deux grandes missions :
- La gestion de la retraite : elle assure la gestion administrative du régime de base pour le compte de la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL), et elle administre en propre le régime de retraite complémentaire, spécifique aux experts-comptables et commissaires aux comptes ;
- La gestion de la prévoyance : elle verse des prestations en cas d’incapacité de travail, d’invalidité ou de décès, afin de sécuriser le revenu de l’affilié et de sa famille en cas d’aléa de la vie professionnelle.
Une caisse propre à la profession, comme il en existe pour d’autres métiers
Chaque profession libérale réglementée dispose en France de sa propre caisse de retraite complémentaire, sur le modèle de la CARMF pour les médecins ou de la CIPAV pour certaines professions du conseil et de la création. La Cavec fonctionne selon la même logique : elle est le régime obligatoire de retraite complémentaire et de prévoyance propre aux experts-comptables et aux commissaires aux comptes, quel que soit leur mode d’exercice.
Qui cotise à la Cavec ?
L’affiliation à la Cavec est obligatoire dès lors que vous exercez la profession d’expert-comptable ou de commissaire aux comptes, quel que soit votre statut juridique. Les règles de cotisation varient toutefois selon votre situation.
Les experts-comptables et commissaires aux comptes libéraux (TNS)
Si vous exercez en libéral, en tant que travailleur non salarié (TNS), vous cotisez à la Cavec sur trois volets :
- La retraite de base, commune à toutes les professions libérales ;
- La retraite complémentaire, propre à la profession ;
- Le régime de prévoyance (invalidité, décès, incapacité).
Vos cotisations sont calculées à titre provisionnel sur vos revenus professionnels non salariés de l’année précédente, puis régularisées l’année suivante en fonction de vos revenus réels.
Les experts-comptables et commissaires aux comptes salariés
Si vous exercez en tant que salarié au sein d’un cabinet, vous cotisez également à la Cavec, mais uniquement au titre de la retraite complémentaire. Votre retraite de base et votre prévoyance relèvent alors du régime général de la Sécurité sociale et de l’Agirc-Arrco, comme pour n’importe quel salarié.
Le cas particulier du conjoint collaborateur ou associé
Le conjoint collaborateur
Le conjoint qui participe régulièrement à l’activité du cabinet sans être rémunéré ni associé peut être affilié en tant que conjoint collaborateur. Il cotise alors à la Cavec pour se constituer des droits à la retraite, sur des bases réduites par rapport à celles de l’expert-comptable ou du commissaire aux comptes titulaire.
Le conjoint associé
Lorsque le conjoint est associé au sein de la structure d’exercice, il relève du régime de cotisation applicable aux libéraux TNS, avec les mêmes obligations que l’expert-comptable associé principal.
Quel est le taux de cotisation à la Cavec ?
C’est sans doute la question la plus fréquente des affiliés : combien coûte réellement la Cavec chaque année ? La réponse dépend du régime concerné et, pour la retraite complémentaire, de la classe de cotisation choisie.
Le régime de base : un taux commun aux professions libérales
Le régime de base est calculé selon les règles communes à l’ensemble des professions libérales rattachées à la CNAVPL. La cotisation représente environ 8,73 % des revenus professionnels, dans la limite d’un plafond, complétée par un taux réduit au-delà de ce plafond. Ce régime fonctionne par points : chaque euro cotisé permet d’acquérir des points, qui seront ensuite convertis en pension au moment du départ à la retraite.
Le régime complémentaire : un système par classes
C’est ici que la Cavec se distingue des autres régimes. Le régime complémentaire ne fonctionne pas comme un pourcentage unique appliqué aux revenus, mais selon un système de classes de cotisation, chacune correspondant à un montant forfaitaire annuel et à un nombre de points de retraite complémentaire acquis.
Depuis le 1er janvier 2026, la structure des classes a été révisée en profondeur pour tenir compte de la réforme de l’assiette sociale des travailleurs indépendants. Les principales évolutions sont les suivantes :
- création d’une neuvième classe de cotisation, la classe I, pour les revenus les plus élevés (assiette sociale supérieure à 181 208 €) ;
- relèvement du plafond de points de retraite complémentaire attribuables sur une année, porté à 1 841 points contre 1 500 auparavant ;
- revalorisation de la valeur du point de retraite complémentaire à 1,3850 € en 2026, contre 1,3710 € en 2025, soit une hausse de 1 %.
Selon la classe choisie, le gain net de cotisation lié à cette réforme varie entre 1,23 % et 2,40 %. Chaque affilié reste, sauf demande contraire, positionné dans la classe où il cotisait avant la réforme, tant en retraite complémentaire qu’au titre du régime invalidité-décès.
💡 Bon à savoir : le taux de rendement du régime complémentaire de la Cavec s’établit à 8,33 % en 2026. Concrètement, cela signifie qu’au bout d’environ 12 années de retraite, un affilié aura récupéré l’équivalent des cotisations versées durant toute sa carrière. Ce taux reste nettement supérieur à celui du régime général, mais il est appelé à baisser progressivement pour atteindre 7,70 % à horizon 2036, afin de garantir la pérennité financière du régime sur le long terme.
Comment payer ses cotisations ?
Les cotisations sont généralement appelées en début d’année sur une base provisionnelle, avec la possibilité de verser un acompte, puis régularisées l’année suivante en fonction des revenus définitifs. Les affiliés peuvent effectuer leurs démarches et leurs paiements directement depuis leur espace personnel en ligne, ce qui simplifie considérablement le suivi administratif au fil de l’année.
Quand et comment partir à la retraite avec la Cavec ?
Le départ à la retraite d’un expert-comptable ou d’un commissaire aux comptes combine deux régimes aux règles distinctes : la retraite de base et la retraite complémentaire.
L’âge de départ et les conditions du taux plein
- Pour la retraite de base, le taux plein automatique est acquis à 67 ans, quelle que soit la durée d’assurance. Il est également possible de partir avant cet âge en ayant validé le nombre de trimestres requis (172 trimestres pour les générations nées à partir de 1965), à l’instar des règles applicables aux autres professions libérales ;
- Pour la retraite complémentaire Cavec, le taux plein est obtenu à 65 ans, indépendamment du nombre de trimestres validés. Un départ avant cet âge entraîne une minoration de la pension complémentaire.
Un expert-comptable qui choisit de prolonger son activité au-delà de l’âge du taux plein bénéficie d’une majoration de sa retraite de base de 1,25 % par trimestre supplémentaire cotisé, jusqu’à 67 ans.
Les cas de départ anticipé
Certaines situations permettent un départ à la retraite avant l’âge légal, à taux plein :
- 62 ans en cas d’inaptitude au travail reconnue ;
- 55 ans en cas de handicap reconnu, sous conditions de durée d’assurance.
La retraite progressive, une option à ne pas négliger
Depuis quelques années, les experts-comptables libéraux peuvent également envisager une retraite progressive, un dispositif qui permet de réduire son activité tout en percevant une fraction de sa pension avant l’âge légal de départ à taux plein. Cette solution intéresse particulièrement les professionnels qui souhaitent transmettre progressivement leur clientèle ou préparer leur succession au sein du cabinet, sans cesser brutalement toute activité.
Le cumul emploi-retraite
Une fois la retraite liquidée, il reste possible de continuer à exercer une activité, sous certaines conditions de plafond de revenus, dans le cadre du cumul emploi-retraite. Selon les cas, cette poursuite d’activité peut permettre de générer de nouveaux droits, notamment si le cumul est intégral.
La pension de réversion
En cas de décès de l’affilié, le conjoint survivant (et parfois les ex-conjoints) peut percevoir une pension de réversion :
- Pour le régime de base, celle-ci est soumise à condition de ressources ;
- Pour le régime complémentaire, elle est accordée sans condition de ressources, à hauteur de 50 % ou 60 % de la pension selon les points acquis par l’affilié.
Quelles sont les deux caisses de retraite de la Cavec ?
Cette question revient souvent chez les jeunes affiliés qui découvrent leur relevé de carrière. En réalité, la Cavec ne gère pas deux caisses distinctes, mais deux régimes de retraite complémentaires l’un de l’autre, tous deux obligatoires :
- La retraite de base, commune à l’ensemble des professions libérales et gérée pour le compte de la CNAVPL. Elle fonctionne par points, avec des cotisations proportionnelles aux revenus, dans une double limite de plafond ;
- La retraite complémentaire, propre aux experts-comptables et commissaires aux comptes, gérée directement par la Cavec selon un système de classes de cotisation, avec un point de retraite dont la valeur est revalorisée chaque année.
À ces deux régimes de retraite s’ajoute un troisième volet, la prévoyance, qui n’est pas une retraite à proprement parler mais qui complète la protection sociale de l’affilié en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès.
Que couvre la prévoyance Cavec en cas d’arrêt maladie ou d’invalidité ?
Au-delà de la retraite, la Cavec assure un rôle essentiel de protection sociale au quotidien pour les experts-comptables et commissaires aux comptes libéraux, qui ne bénéficient pas des mêmes filets de sécurité que les salariés.
Le site officiel de la Cavec détaille les montants des cotisations et des prestations versées pour l’année 2026 :
| 2026 | Classe 1 | Classe 2 | Classe 3 | Classe 4 |
| Revenus 2025 | De 0 € à 14 919 € | De 14 920 € à 44 822 € | De 44 823 € à 81 454 € | Au-delà de 81 454 € |
| Montant annuel de la cotisation | 288 € (dont 180 € de cotisation IJ) | 396 € (dont 180 € de cotisation IJ) | 612 € (dont 180 € de cotisation IJ) | 828 € (dont 180 € de cotisation IJ) |
| Montant du capital décès | 72 713 € | 96 950 € | 193 900 € | 290 850 € |
| Montant annuel de la rente enfant jusqu’à 25 ans | 4 155 € | 5 540 € | 11 080 € | 16 620 € |
| Montant annuel de la pension d’invalidité à 100 % | 12 465 € | 16 620 € | 33 240 € | 49 860 € |
| Montant des indemnités journalières à partir du 91e jour (3 ans maximum) | 130 € | 130 € | 130 € | 130 € |
Les indemnités journalières en cas d’arrêt maladie
En cas d’incapacité temporaire de travail, un affilié TNS peut percevoir des indemnités journalières versées par la Cavec après un délai de carence, sous réserve d’avoir cotisé au régime de prévoyance. Le montant et la durée de versement dépendent de la classe de cotisation choisie. Ce point mérite une attention particulière, car un arrêt maladie mal anticipé peut rapidement fragiliser la trésorerie d’un cabinet individuel.
La pension d’invalidité et l’allocation supplémentaire
Si l’incapacité devient permanente, l’affilié peut, sous conditions, bénéficier d’une pension d’invalidité, éventuellement complétée par une allocation supplémentaire d’invalidité en cas de ressources insuffisantes.
Le capital décès et la rente enfant
En cas de décès de l’affilié, la Cavec verse également :
- Un capital décès, versé aux bénéficiaires désignés (conjoint, enfants, ou à défaut, la personne à charge) ;
- Une rente enfant, destinée aux enfants mineurs ou poursuivant des études, jusqu’à un âge limite.
Renforcer sa protection avec une complémentaire
Les prestations de prévoyance de la Cavec, bien que solides, ne couvrent pas toujours l’intégralité de la perte de revenus en cas d’arrêt prolongé. C’est pourquoi de nombreux experts-comptables libéraux choisissent de souscrire une mutuelle complémentaire, afin de sécuriser leurs remboursements de santé et, selon les contrats, de bénéficier d’indemnités journalières additionnelles pendant les premiers jours de carence non couverts par la Cavec.
Comment bien gérer sa protection sociale au quotidien ?
Entre la retraite de base, la retraite complémentaire, la prévoyance et les éventuelles options de rachat de points ou de classe supérieure, le système de la Cavec peut sembler complexe au premier abord. Quelques réflexes simples permettent pourtant de garder le contrôle :
- Vérifier chaque année le montant de son appel de cotisations et s’assurer qu’il correspond bien à ses revenus réels ou estimés ;
- Suivre l’évolution des classes de cotisation, notamment depuis la réforme de 2026, pour arbitrer entre cotisation immédiate et droits futurs ;
- Anticiper sa fin de carrière suffisamment tôt, en explorant les options de retraite progressive ou de cumul emploi-retraite ;
- Ne pas négliger le volet prévoyance, souvent sous-estimé, en complétant si besoin sa couverture par une mutuelle adaptée à son activité libérale.
Pour les experts-comptables qui exercent en libéral, ces sujets s’ajoutent à une gestion administrative déjà dense : déclarations sociales, comptabilité, TVA, cotisations Urssaf… D’où l’intérêt de s’appuyer sur des outils ou un accompagnement dédié aux spécificités de la profession libérale, afin de sécuriser à la fois son activité et sa future retraite.
Pour toute question réglementaire précise sur le statut de travailleur indépendant et les régimes de protection sociale associés, le site officiel de l’administration française www.entreprendre.service-public.gouv.fr (ici) reste une référence fiable et régulièrement mise à jour.
