- La CARMF gère trois régimes de retraite obligatoires pour les médecins libéraux : le régime de base, le régime complémentaire (RCV) et l’ASV ;
- Vos cotisations retraite sont calculées sur vos revenus nets d’activité, selon des tranches et des taux différents pour chaque régime ;
- L’âge légal de départ à taux plein est fixé à 64 ans, progressivement porté à 67 ans selon votre année de naissance ;
- La retraite moyenne versée par la CARMF s’élève à environ 3 008 € par mois en 2026 ;
- La demande de retraite ou de réversion s’effectue en une seule démarche sur le site d’info-retraite.
Exercer la médecine en libéral, c’est aussi cotiser pour sa propre retraite, en dehors du régime général des salariés. Comme toute profession libérale réglementée, le médecin qui s’installe doit s’affilier obligatoirement à la CARMF, la Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France. Comment le régime de retraite est géré ? Quel est le calcul des cotisations et de la pension ? On fait le point sur le fonctionnement de la CARMF et les démarches à connaître pour faire valoir vos droits.

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Qu’est-ce que la CARMF et quel est son rôle pour la retraite ?
Fondée en 1948, la CARMF est l’une des dix caisses professionnelles rattachées à la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Professions Libérales (CNAVPL). Elle gère :
- La retraite de base ;
- La retraite complémentaire ;
- L’ASV des médecins libéraux (Avantage Social Vieillesse) ;
- Le régime de prévoyance invalidité-décès.
Comme la plupart des organismes professionnels libéraux, la CARMF fonctionne en parallèle de l’ordre professionnel de la profession concernée ; en l’occurrence le Conseil national de l’Ordre des médecins, dont l’inscription conditionne le droit d’exercer.
Qui doit s’affilier à la CARMF ?
L’affiliation est obligatoire pour tout médecin diplômé exerçant une activité libérale en France métropolitaine, dans les départements et régions d’outre-mer ou à Monaco ; que vous veniez d’ouvrir un cabinet médical, que vous exerciez en remplacement ou que vous ayez opté pour une structure d’exercice en société.
Bon à savoir : les médecins remplaçants dont le chiffre d’affaires est inférieur à 19 000 € (soit un bénéfice non commercial inférieur à 12 500 €) peuvent demander à être dispensés d’affiliation via le régime simplifié des professions médicales (RSPM).
Quels sont les 3 régimes de retraite gérés par la CARMF ?
Votre pension CARMF est en réalité la somme de trois régimes distincts, chacun avec son propre taux de cotisation, son propre mode de calcul et sa propre valeur de point.
| Régime | Taux de cotisation 2026 | Plafond de revenus |
| Base – tranche 1 | 8,73 % | 1 fois le PASS (48 060 €) |
| Base – tranche 2 | 1,87 % | De 1 à 5 fois le PASS |
| Complémentaire (RCV) | 11,80 % | 3,5 fois le PASS |
| ASV – part forfaitaire (secteur 1) | 1 917 € à votre charge | – |
| ASV – part d’ajustement (secteur 1) | 1,3333 % | 5 fois le PASS |
Le régime de base
Le régime de base fonctionne par répartition. Il repose à la fois sur :
- La validation de trimestres d’assurance (qui conditionnent votre âge de départ et le taux de votre pension) ;
- L’acquisition de points proportionnels à vos cotisations effectivement versées (et non plus forfaitairement par trimestre comme c’était le cas jusqu’au 31 décembre 2003).
En 2026, vous pouvez acquérir jusqu’à 557 points avec la cotisation de la tranche 1, et 25 points supplémentaires au maximum avec la tranche 2, soit un plafond annuel d’environ 582 points. La valeur de service du point est fixée à 0,6599 € au 1er janvier 2026. Le montant de votre pension de base se calcule ainsi :
| Pension de base annuelle = Nombre de points cumulés x Valeur de service du point x Taux de liquidation |
Les femmes médecins bénéficient de 100 points supplémentaires au titre du trimestre civil de leur accouchement, quel que soit leur régime d’affiliation au moment de la naissance.
Le régime complémentaire vieillesse (RCV)
Le régime complémentaire fonctionne intégralement par points, sans notion de trimestre. Il est appelé au taux de 11,80 % de vos revenus professionnels nets, dans la limite de 3,5 fois le PASS (soit 48 060 € × 3,5). Contrairement au régime de base, cette cotisation n’est pas régularisée ultérieurement une fois vos revenus définitifs connus.
La valeur de service du point RCV est fixée à 77,14 € en 2026 (à 62 ans). Le coût d’un rachat de point s’élève quant à lui à 1 984,90 €, une option envisageable pour combler certaines périodes (service national, congé maternité, enfant handicapé, années de dispense de cotisations).
L’Allocation Supplémentaire de Vieillesse (ASV) pour les médecins conventionnés
L’ASV concerne uniquement les médecins conventionnés (secteur 1 et secteur 2) et fonctionne également par points. Elle se compose de deux parts :
- Une part forfaitaire : 1 917 € à la charge du médecin en secteur 1 (complétée par 3 834 € pris en charge par les caisses d’assurance maladie), contre 5 751 € intégralement à la charge du médecin en secteur 2 ;
- Une part d’ajustement, proportionnelle au revenu conventionnel, plafonnée à 5 fois le PASS : 1,3333 % pour le secteur 1 (complétée par 2,5333 % pris en charge par l’assurance maladie), contre 4 % intégralement à la charge du médecin en secteur 2.
À noter : pour un médecin conventionné de secteur 1, l’assurance maladie PAMC (Praticiens et Auxiliaires Médicaux Conventionnés) prend ainsi en charge les deux tiers de la cotisation ASV, au titre de la convention médicale. C’est un avantage propre au secteur 1, qui n’existe pas en secteur 2.
Le cas du conjoint collaborateur affilié à la CARMF
Le conjoint marié, pacsé ou concubin d’un médecin libéral, qui collabore régulièrement à l’activité du cabinet sans rémunération ni statut d’associé, peut être affilié en tant que conjoint collaborateur et cotiser à son tour pour ses propres droits à la retraite.
Deux options de calcul s’offrent à lui, à choisir dans le mois qui suit le début de la collaboration, pour une durée de trois ans renouvelable :
- Cotiser sur un revenu forfaitaire correspondant à une cotisation régime de base correspondante à 2 547 € (secteur 1 et 2) ;
- Cotiser sur une fraction du revenu du médecin (un quart ou la moitié), avec l’accord de ce dernier (les tranches de revenus étant alors réduites dans la même proportion pour les deux cotisants).
À défaut de choix exprimé, la cotisation est calculée par défaut sur le revenu forfaitaire du médecin.
Le conjoint collaborateur peut également racheter des trimestres au titre de certaines périodes (prise en charge d’un enfant handicapé, périodes d’affiliation facultative), dans la limite de six années de rachat.
Comment est calculée la cotisation retraite CARMF ?
Les cotisations forfaitaires en début d’activité
Pendant les deux premières années d’exercice, les cotisations sont calculées à titre provisionnel sur un revenu forfaitaire, faute de revenus antérieurs connus. Elles sont régularisées ensuite sur la base des revenus réels une fois votre première déclaration transmise.
Bon à savoir : c’est l’occasion de rappeler qu’une bonne tenue de votre comptabilité conditionne directement le calcul de vos cotisations retraite : le respect de vos obligations comptables (déclaration 2035, livre-journal des recettes) garantit une déclaration exacte de vos honoraires : base de calcul de l’ensemble de vos cotisations CARMF.
Le calcul des cotisations proportionnelles aux revenus
À partir de la troisième année d’activité, les cotisations des trois régimes sont calculées sur vos revenus nets d’activité indépendante, selon les taux et plafonds 2026 :
- Régime de base, tranche 1 (jusqu’à 48 060 €) : 8,73 % ;
- Régime de base, tranche 2 (de 1 à 5 fois le PASS) : 1,87 % ;
- Régime complémentaire (RCV), dans la limite de 3,5 fois le PASS : 11,80 % ;
- ASV, part forfaitaire (secteur 1) : 1 917 € à votre charge (+ 3 834 € pris en charge par l’assurance maladie) ;
- ASV, part d’ajustement (secteur 1), dans la limite de 5 fois le PASS : 1,3333 % à votre charge (+ 2,5333 % pris en charge par l’assurance maladie).
Vos cotisations CARMF étant assises sur votre revenu net et non sur votre chiffre d’affaires, l’ensemble de vos charges déductibles vient mécaniquement réduire leur montant. C’est le cas par exemple des loyers versés dans le cadre de la location d’un cabinet profession libérale ou des mensualités d’un crédit immobilier profession libérale contracté pour l’achat de vos locaux.
À retenir : les cotisations sont appelées en deux fois : un acompte en janvier, puis un solde entre mai et juillet selon la réception de votre déclaration de revenus. Vous pouvez les régler par TIP SEPA, par prélèvement mensuel ou directement depuis votre espace eCARMF.
Comment est calculé le montant de la pension de retraite CARMF ?
En juin 2026, la CARMF recensait 98 413 médecins retraités percevant une retraite moyenne de 3 008 € par mois, dont 1 358 € (45 %) au titre du régime complémentaire.
Le montant final de cette pension correspond à l’addition des pensions versées par les 3 régimes de la CARMF : la retraite de base, la retraite complémentaire et l’ASV :
- Un médecin conventionné de secteur 1 avec une carrière complète, l’ASV peut représenter à elle seule 30 à 35 % du total de la pension, aux côtés du régime de base et du régime complémentaire ;
- Un médecin non conventionné, qui ne cotise pas à l’ASV, verra sa pension reposer uniquement sur les deux premiers régimes avec un montant final plus faible à carrière équivalente.
Un médecin né en 1958, ayant perçu un revenu moyen annuel de 80 000 € pendant sa carrière et affilié depuis 30 ans à la CARMF, valide 166 trimestres à sa prise de retraite.
- Il percevra environ 8 831 € au titre de la retraite de base ;
- 18 153 € au titre de la retraite complémentaire ;
- 12 093 € au titre de l’ASV, soit une pension annuelle totale d’environ 39 077 €.
À quel âge partir à la retraite avec la CARMF ?
L’âge légal de départ dépend de votre année de naissance. Pour les générations nées à partir de 1969, par exemple, il est fixé à 64 ans, avec 172 trimestres nécessaires pour obtenir le taux plein avant 67 ans. À défaut de réunir cette durée d’assurance, vous pouvez toutefois bénéficier du taux plein automatique à 67 ans.
| Année de naissance | Âge légal de départ | Trimestre requis pour taux plein |
| 1961 (à partir du 1er septembre) | 62 ans et 3 mois | 169 |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 |
| 1963 jusqu’au 31 mars 1965 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 (à partir du 1er avril) | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| 1969 et après | 64 ans | 172 |
À retenir : le taux plein est automatiquement accordé à 67 ans, quelle que soit la durée d’assurance.
Si vous partez avant l’âge du taux plein sans avoir réuni la durée d’assurance requise, la retraite de base est minorée de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres, soit une décote maximale de 25 %.
À l’inverse, retarder votre départ après l’âge du taux plein augmente votre pension :
- La retraite de base est majorée de 1,25 % par trimestre de report entre 62 et 65 ans (soit 5 % par an), puis de 0,75 % par trimestre entre 65 et 70 ans (soit 3 % par an) ;
- Les régimes complémentaire et ASV bénéficient quant à eux d’une majoration forfaitaire pouvant atteindre 13 % en cas de report suffisant.
Comment demander sa retraite CARMF et gérer ses droits ?
Pour demander votre retraite ou votre réversion, une seule démarche suffit pour l’ensemble de vos régimes : elle se fait directement depuis votre compte personnel sur info-retraite (ici), sans avoir à contacter séparément chaque caisse.
Une fois vos droits liquidés, plusieurs possibilités s’offrent à vous selon votre situation : cesser totalement votre activité, la réduire progressivement ou continuer à exercer en cumul emploi-retraite.
Cumul emploi-retraite : les règles à connaître
Le cumul emploi-retraite permet à un médecin retraité de poursuivre ou de reprendre une activité libérale tout en percevant sa pension. Les conditions et les éventuelles limites de revenus dépendent notamment de l’âge auquel vous partez à la retraite et du fait d’avoir ou non liquidé l’ensemble de vos pensions.
Depuis 2023, les cotisations versées dans le cadre d’un cumul emploi-retraite intégral peuvent, sous conditions, permettre d’acquérir de nouveaux droits à la retraite de base.
À noter : la loi de financement de la Sécurité sociale prévoit de nouvelles règles de cumul emploi-retraite à compter du 1er janvier 2027, avec des modalités qui varieront notamment selon l’âge du médecin. Si vous envisagez de poursuivre votre activité après votre départ à la retraite, vérifiez les règles applicables à votre situation auprès de la CARMF.
Réduire progressivement son activité
Si vous ne souhaitez pas arrêter votre activité du jour au lendemain, la retraite progressive peut permettre, sous certaines conditions, de réduire son temps d’activité tout en percevant une fraction de sa pension de retraite.
Ce dispositif peut ainsi constituer une étape intermédiaire entre l’exercice libéral à temps plein et la cessation définitive d’activité. Les conditions d’accès et les modalités de calcul de la pension partielle dépendent notamment de votre âge et de votre durée d’assurance.
Cesser son activité et transmettre son cabinet
La cessation d’activité constitue la dernière étape de la carrière du médecin libéral. Elle peut notamment s’accompagner de la transmission de la patientèle ou de la vente du cabinet à un confrère.
Sous certaines conditions, la cession d’une patientèle peut bénéficier d’une exonération de la plus-value professionnelle. Il est donc important d’anticiper les conséquences fiscales de la transmission plusieurs mois avant votre départ.
Anticiper sa retraite avec Capimed
Enfin, les médecins peuvent compléter leurs régimes de retraite obligatoires grâce à Capimed, le régime de retraite complémentaire facultatif proposé par la CARMF. Fonctionnant par capitalisation, il permet de constituer une épargne supplémentaire en vue de la retraite. Les cotisations sont déductibles du revenu imposable dans les limites fiscales applicables.
