- Depuis le 1er septembre 2023, la retraite progressive est ouverte aux professions libérales : vous pouvez réduire votre activité tout en touchant une fraction de votre pension ;
- Pour en bénéficier, il faut avoir 60 ans révolus et justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance tous régimes confondus ;
- Vos revenus professionnels doivent baisser d’au moins 20 % et de 60 % maximum par rapport à votre activité antérieure ;
- La demande se fait directement auprès de votre section professionnelle CNAVPL (ou de la CNBF pour les avocats), sans accord d’un employeur à obtenir puisque vous restez indépendant.
Ralentir son activité sans couper brutalement les ponts avec sa clientèle : c’est la promesse de la retraite progressive, longtemps réservée aux salariés et désormais accessible aux indépendants. Pour un professionnel libéral, ce dispositif permet de toucher une partie de sa pension tout en continuant à exercer à temps partiel, le temps de préparer sereinement la transition vers la cessation complète d’activité. Conditions d’accès, calcul du montant, démarches à effectuer : voici tout ce qu’il faut savoir en 2026.

Indy vous accompagne dans la comptabilité de votre entreprise ! Laissez-vous guider parmi les étapes afin de remplir facilement vos déclarations fiscales
Qu’est-ce que la retraite progressive pour un indépendant ou une profession libérale ?
La retraite progressive est un dispositif qui permet de percevoir une fraction de sa pension de retraite tout en poursuivant une activité professionnelle réduite. Créé en 1988, il a longtemps été réservé aux salariés du privé, avant d’être progressivement étendu aux autres statuts.
Un sas entre la vie active et la retraite complète
Concrètement, le principe reste le même quel que soit le statut : vous diminuez votre activité et vos revenus, et en contrepartie, vous touchez une part de la pension que vous auriez perçue si vous étiez parti à la retraite définitivement. Le solde de votre pension, lui, continue d’être calculé pendant cette période de transition, puisque vous continuez à cotiser sur vos revenus d’activité restants.
Une ouverture récente aux professions libérales
Ce n’est que depuis le 1er septembre 2023 que les travailleurs indépendants, artisans, commerçants, exploitants agricoles et professions libérales ont pu accéder à ce dispositif, jusque-là hors de portée pour ce statut.
La CNAVPL (Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales) et ses dix sections professionnelles gèrent désormais les demandes des libéraux, à l’exception des avocats, rattachés à la CNBF.
Qui peut bénéficier d’une retraite progressive en tant que profession libérale ?
L’accès à la retraite progressive repose sur des critères précis, cumulatifs. Trois conditions doivent être réunies simultanément.
Les conditions d’âge et de durée d’assurance
Deux décrets publiés le 15 juillet 2025 ont ramené l’âge d’accès à la retraite progressive à 60 ans, pour toutes les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2025, quelle que soit votre année de naissance.
- Avoir au moins 60 ans au moment de la demande ;
- Justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance retraite validés, tous régimes de base confondus (CNAVPL, régime général, MSA, fonction publique, etc.).
La condition de baisse d’activité et de revenus
Contrairement à un salarié qui doit obtenir un temps partiel validé par son employeur, un professionnel libéral n’a pas d’accord hiérarchique à demander. Il doit en revanche prouver une diminution réelle de son activité, appréciée à travers ses revenus professionnels déclarés.
- La baisse de revenus doit être comprise entre 20 % et 60 % par rapport à la moyenne de vos revenus des cinq dernières années ;
- Cette diminution correspond, en pratique, à une activité maintenue entre 40 % et 80 % d’un temps plein.
⚠️ Attention : votre caisse de retraite peut vous adresser un questionnaire annuel pour vérifier que la baisse de vos revenus reste bien dans la fourchette autorisée. En cas de revenus repassant au-dessus du seuil, le versement de la fraction de pension peut être suspendu.
Le cas particulier des avocats affiliés à la CNBF
Les avocats ne dépendent pas de la CNAVPL mais de la Caisse nationale des barreaux français (CNBF), qui gère leur régime de retraite de façon autonome. Les conditions d’âge et de trimestres restent identiques, mais la demande et l’instruction du dossier doivent être adressées directement à la CNBF.
Quel montant de pension espérer avec la retraite progressive ?
Le montant versé pendant la retraite progressive dépend directement du niveau de réduction de votre activité, et non d’un calcul forfaitaire.
Une fraction de pension calculée sur vos droits acquis
La caisse de retraite calcule d’abord le montant de la pension complète à laquelle vous auriez droit si vous partiez définitivement à la retraite à la date de votre demande. Elle applique ensuite un pourcentage correspondant exactement à la baisse de votre activité professionnelle : si vos revenus baissent de 40 %, vous percevez 40 % de cette pension théorique, en plus de vos revenus d’activité réduits.
Un montant provisoire, recalculé au départ définitif
Le montant perçu pendant la retraite progressive reste provisoire. Lorsque vous demandez la liquidation définitive de vos droits, la caisse recalcule votre pension en tenant compte des trimestres validés et des points de retraite complémentaire acquis pendant toute la période de transition.
Dans la grande majorité des cas, la pension définitive est donc supérieure à la fraction perçue pendant la retraite progressive, puisque de nouveaux droits continuent de se constituer.
Comment faire sa demande de retraite progressive ?
Contrairement à d’autres démarches sociales, la demande de retraite progressive pour un libéral suit un circuit assez direct, mais qui nécessite un peu d’anticipation.
S’adresser à sa section professionnelle CNAVPL
La demande doit être déposée directement auprès de la section professionnelle de la CNAVPL à laquelle vous êtes affilié (Cipav, Carmf, Carpimko, CAVP, etc.), ou auprès de la CNBF pour les avocats.
Il est recommandé de déposer le dossier plusieurs mois avant la date souhaitée de départ, la pension progressive prenant effet le 1er jour du mois suivant l’examen du dossier, ou au 1er janvier suivant la demande selon les caisses.
Les pièces à fournir et les points de vigilance
Le dossier doit démontrer la baisse réelle et durable de vos revenus professionnels. Une simulation préalable sur le portail officiel www.info-retraite.fr (🔎 ici) permet d’estimer le montant de sa pension théorique avant de se lancer dans les démarches.
- Relevé de carrière tous régimes et estimation de trimestres validés ;
- Justificatifs de revenus professionnels des dernières années ;
- Déclaration prévisionnelle de baisse d’activité pour l’année à venir.
Retraite progressive ou cumul emploi-retraite : quelle différence ?
Il ne faut pas confondre la retraite progressive avec le cumul emploi-retraite. Dans le cumul emploi-retraite, vous liquidez d’abord la totalité de vos droits à la retraite, puis vous pouvez reprendre une activité en parallèle, sans que cette activité ne génère nécessairement de nouveaux droits.
À l’inverse, la retraite progressive vous permet de continuer à construire votre retraite définitive pendant toute la durée de la transition, ce qui en fait un outil plus intéressant pour un libéral qui souhaite optimiser le montant final de sa pension avant de cesser complètement son activité.
Quels sont les avantages et les points de vigilance pour un professionnel libéral ?
Les avantages du dispositif
La retraite progressive présente plusieurs atouts pour un libéral en fin de carrière : elle sécurise une transition financière, permet de continuer à valider des trimestres et à cumuler des points, et laisse le temps de préparer une éventuelle transmission de patientèle ou de clientèle. Elle permet aussi de conserver une couverture sociale active : tant que vous exercez, même réduit, vous restez couvert en cas d’arrêt maladie ou d’arrêt de travail, et il reste essentiel de vérifier que votre mutuelle reste adaptée à ce nouveau rythme d’activité.
Les points de vigilance à anticiper
En contrepartie, quelques précautions s’imposent. Réduire son activité ne dispense pas de respecter ses obligations comptables, qui restent identiques tant que l’activité libérale se poursuit.
Sur le plan fiscal, la baisse de revenus professionnels combinée au versement d’une fraction de pension peut faire évoluer votre tranche d’imposition ou vos droits à certains dispositifs : mieux vaut anticiper ces changements avec votre expert-comptable ou un logiciel de comptabilité comme Indy pour ajuster votre fiscalité en conséquence. Enfin, la retraite progressive reste réversible sur le principe, mais toute reprise d’une activité à temps plein met fin au dispositif et déclenche un nouveau calcul de vos droits.
💬 Vous avez des questions sur la retraite progressive en profession libérale ? Utilisez l’espace des commentaires, nous vous répondrons avec plaisir !
