- Sans rémunération, le président de SASU ne paie aucune cotisation sociale ;
- Les charges de la SASU (IS, CFE, expert-comptable, dépôt des comptes) restent dues même sans salaire ;
- La sécurité sociale du président n’est pas couverte : pas de maladie, pas de retraite acquise pendant cette période ;
- Les dividendes versés au président sont soumis aux prélèvements sociaux (18,6 % depuis janvier 2026), mais pas aux cotisations TNS ;
- Aucune déclaration de salaire à déposer si la rémunération est nulle, mais les obligations comptables restent entières.
La SASU permet de ne pas se verser de salaire, notamment en phase de démarrage ou de trésorerie tendue. Résultat : zéro cotisation sociale personnelle pour le président. Mais « pas de salaire » ne signifie pas « pas de charges ». La société continue d’exister juridiquement et fiscalement, avec des obligations précises à respecter. Voici ce que vous devez réellement anticiper avant de faire ce choix. Pour bien comprendre comment fonctionne la comptabilité de votre SASU et ses charges sans salaire, voici ce que vous devez réellement anticiper.

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Pourquoi une SASU sans salaire ne génère aucune cotisation sociale ?
Le statut d’assimilé salarié
Le président de SASU est assimilé salarié. Contrairement au gérant majoritaire de SARL (qui est TNS), il relève du régime général de la Sécurité sociale. Mais ce rattachement est conditionnel : il ne s’active que si une rémunération est versée.
Sans salaire, aucun bulletin de paie n’est émis. Aucune cotisation patronale ni salariale n’est donc due. Le coût social est littéralement zéro pour le président.
Alexis crée sa SASU en janvier. Il ne se verse rien pendant 6 mois. Sur cette période, la société ne paie aucune charge sociale liée à sa rémunération. En revanche, dès qu’il se verse 2 000 € brut/mois en juillet, des cotisations d’environ 75 % s’appliquent (part patronale + salariale). Le coût total employeur pour 2 000 € net devient proche de 3 500 €.
Un avantage clé face à la SARL
C’est l’un des avantages structurels de la SASU : la flexibilité totale sur la rémunération du dirigeant, sans charges sociales minimales comme en SARL.
C’est là une différence importante avec la SARL. Le gérant majoritaire de SARL est travailleur non salarié (TNS) : il doit payer des cotisations minimales d’environ 1 100 € par an, même s’il ne se verse aucune rémunération. En SASU, ce plancher n’existe pas. Le président peut rester à zéro charge sociale personnelle aussi longtemps qu’il le souhaite, sans régularisation ultérieure.
SASU sans salaire président, mais avec des salariés : est-ce possible ?
Oui, et c’est une configuration plus courante qu’on ne le pense. La SASU peut employer des salariés et payer normalement les charges patronales correspondantes, pendant que le président ne se verse aucune rémunération. Les deux situations sont totalement indépendantes.
Les charges de la société qui restent dues même sans salaire
L’absence de salaire n’exonère pas la société de ses propres obligations fiscales et administratives. Voici ce qui reste à payer ou à déposer, quelle que soit la rémunération du président.
L’impôt sur les sociétés (IS)
Si la SASU génère un bénéfice, l’IS est dû. Le taux réduit de 15 % s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfice, sous conditions. Au-delà, le taux normal est de 25 %. Ne pas se verser de salaire peut paradoxalement augmenter le bénéfice imposable, et donc l’IS.
💡 Bon à savoir : si vous ne vous versez aucune rémunération, les bénéfices de la société gonflent mécaniquement. Mieux vaut parfois se verser un salaire modéré pour réduire le résultat fiscal, selon votre situation.
La cotisation foncière des entreprises (CFE)
La CFE est due chaque année par toute société ayant une activité professionnelle, quel que soit son chiffre d’affaires ou sa politique de rémunération. Son montant varie selon la commune et la valeur locative des locaux. Une exonération s’applique la première année de création.
Les frais comptables et juridiques obligatoires
Ces coûts existent même si la société n’a aucune activité. Un expert-comptable facture généralement entre 800 € et 2 500 € par an pour une SASU simple. Il est possible de tenir soi-même la comptabilité pour réduire cette charge, avec les bons outils.
| Type de charge | Due sans salaire ? | Montant indicatif |
| Cotisations sociales président | Non | 0 € |
| Impôt sur les sociétés | Oui (si bénéfice) | 15 % à 25 % du résultat |
| Cotisation foncière des entreprises | Oui | 200 € à 2 000 € selon commune |
| Frais expert-comptable | Oui (obligation légale) | 800 € à 2 500 €/an |
| Dépôt des comptes au greffe | Oui | ~40 € à 60 €/an |
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Ce que le président de SASU perd en ne se versant pas de salaire
La contrepartie est directe : sans rémunération, le président n’ouvre aucun droit à la protection sociale. Pas de couverture maladie au titre de l’activité professionnelle, pas de points retraite acquis, pas d’indemnités journalières en cas d’arrêt de travail.
Concrètement, si vous avez un conjoint salarié ou si vous bénéficiez de la PUMa (Protection Universelle Maladie), vous restez couvert pour les soins. Mais votre retraite, elle, ne progresse pas pendant cette période.
⚠️ Attention : une période sans salaire en SASU peut créer un vide dans votre historique de cotisation retraite. Si cette situation dure plusieurs années, l’impact sur votre pension peut être significatif. Consultez un conseiller pour évaluer l’opportunité de cotiser volontairement à l’assurance vieillesse.
La question de la prévoyance se pose également. Sans salaire, le président ne bénéficie d’aucun régime de prévoyance obligatoire. En cas de maladie grave ou d’invalidité, aucune indemnité complémentaire n’est versée automatiquement. Pour pallier ce risque, certains présidents souscrivent une prévoyance individuelle à titre personnel. Son coût varie selon l’âge et les garanties choisies, mais une couverture de base tourne autour de 50 € à 150 € par mois. C’est un poste de dépense à intégrer dans votre réflexion globale sur le coût réel d’une SASU sans salaire.
Les dividendes : une alternative au salaire avec ses propres charges
Beaucoup de présidents de SASU sans salaire se rémunèrent via les dividendes. C’est possible, mais les dividendes ne sont pas exempts de prélèvements.
En SASU, les dividendes sont soumis à la flat tax de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). Ils peuvent aussi être imposés au barème progressif de l’IR si c’est plus favorable. Mais ils ne sont pas soumis aux cotisations sociales du régime général, ce qui représente une économie substantielle par rapport à un salaire.
Sophie dégage 50 000 € de bénéfice dans sa SASU. Après IS à 15 % (sur les 42 500 premiers euros), il reste environ 43 000 € distribuables. Si elle verse 30 000 € en dividendes, elle paie 5 580 € de prélèvements sociaux et 3 840 € d’IR (flat tax). Soit un coût total de 9 420 € pour percevoir 30 000 €, contre environ 22 000 € de charges sociales pour un salaire net équivalent.
Quelles obligations déclaratives même à salaire zéro ?
Ne pas se verser de salaire ne supprime pas toutes les démarches. La SASU reste soumise à des obligations déclaratives régulières :
- La déclaration de TVA reste due si la société est assujettie (mensuelle, trimestrielle ou annuelle selon le régime) ;
- La déclaration de résultat (liasse fiscale) doit être déposée chaque année ;
- Et si vous avez des salariés (autres que vous), les DSN mensuelles sont obligatoires. Pour le président sans salaire, aucune DSN n’est à déposer à son nom.
Un autre point souvent négligé : si vous avancez des frais pour la société depuis votre compte personnel, ces avances peuvent être enregistrées en compte courant d’associé. Ce mécanisme vous permet d’être remboursé plus tard sans fiscalité supplémentaire, à condition de ne pas dépasser les taux d’intérêt légaux si vous percevez une rémunération sur ce compte. C’est une solution courante chez les présidents qui ne se versent pas de salaire mais financent les premières dépenses de leur SASU.
Que se passe-t-il quand on recommence à se verser un salaire ?
La réactivation automatique de la couverture sociale
La couverture sociale du président de SASU se réactive automatiquement dès le premier salaire versé. Il n’y a aucune démarche d’affiliation préalable à effectuer : c’est le dépôt de la première DSN (plus d’informations ici) qui déclenche l’ouverture des droits auprès de l’Urssaf et de la CPAM.
En pratique, un délai de quelques semaines peut s’écouler entre le versement du premier salaire et l’ouverture effective des droits à la complémentaire santé ou aux indemnités journalières. Il est donc conseillé d’anticiper ce délai si vous prévoyez de reprendre une rémunération après une longue période sans salaire.
L’impact sur les indemnités journalières
Autre point à anticiper : les indemnités journalières en cas d’arrêt maladie sont calculées sur la base des salaires des 6 derniers mois. Si vous reprenez un salaire modeste après une longue période à zéro, vos IJ potentielles seront très faibles pendant plusieurs mois. Mieux vaut en tenir compte si vous avez des risques de santé à court terme.
Pas de redressement Urssaf sur la période sans salaire
Enfin, une crainte fréquente : l’Urssaf pourrait-elle réclamer des cotisations sur la période sans salaire ? Non. L’absence de rémunération en SASU est parfaitement légale et n’expose à aucun redressement rétroactif. Aucune régularisation n’est due au moment de la reprise d’un salaire.
💡 Bon à savoir : les droits à la retraite, eux, ne sont pas rétroactifs. Les trimestres non cotisés pendant la période sans salaire ne sont pas récupérables. Seule une cotisation volontaire à l’assurance vieillesse, souscrite pendant cette période, permet de les valider.
Vous avez davantage de questions sur la SASU sans salaire, ou sur l’obligation du comptable en SASU ? N’hésitez pas à utiliser l’espace commentaire, nous vous répondrons avec plaisir ! 🤝
