- En 2025, 65 % de toutes les entreprises créées en France l’ont été sous le statut de micro-entrepreneur, un record en volume et la part la plus élevée depuis au moins 2012 ;
- Le secteur des transports et de l’entreposage arrive en tête avec 87,4 % de micro-entreprises parmi ses créations, porté par la livraison à domicile ;
- À l’inverse, les activités financières et d’assurance restent le secteur le moins concerné, avec seulement 14,7 % de micro-entreprises ;
- L’écart entre secteurs s’explique surtout par la compatibilité du régime micro-social avec le niveau d’investissement et la réglementation de chaque activité ;
- Toutes les données de cet article proviennent de l’Insee (Insee Première n°2092, janvier 2026).
Le statut de micro-entrepreneur n’a jamais autant séduit qu’en 2025. Mais derrière la moyenne nationale se cache une réalité très contrastée : certains secteurs sont presque exclusivement peuplés de micro-entrepreneurs, quand d’autres y restent quasiment hermétiques. Transports, enseignement, services à la personne, finance… on a passé au crible les derniers chiffres de l’Insee pour dresser la carte complète de la France des micro-entrepreneurs, secteur par secteur.

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Un record : 65 % des créations d’entreprises en 2025 sous statut micro-entrepreneur

En 2025, la France a enregistré 1 165 800 créations d’entreprises, un nouveau niveau record. Sur ce total, 758 600 immatriculations, soit près de deux tiers, l’ont été sous le régime du micro-entrepreneur (+6 % sur un an). C’est le plus haut niveau jamais atteint depuis la création du dispositif en 2009.
Cette dynamique n’est pas nouvelle : depuis 2018, la micro-entreprise tire la croissance globale des créations d’entreprises en France, loin devant les sociétés (+6 %) et les entreprises individuelles classiques, dont le nombre continue même de reculer (-4 % en 2025).
📈 Le saviez-vous ? En 2012, les micro-entrepreneurs représentaient environ 53 % des créations d’entreprises. Ils sont aujourd’hui à plus de 65 %, un basculement qui a totalement redessiné le paysage entrepreneurial français en une décennie.
Une forte accélération depuis 2018
Le graphique ci-dessous illustre bien ce basculement : alors que les créations de sociétés et d’entreprises individuelles classiques progressent beaucoup moins vite, celles des micro-entrepreneurs ont presque doublé depuis 2018, portées par la simplicité du régime et l’essor de nouveaux modèles économiques comme la livraison à domicile ou le e-commerce.

Classement des secteurs les plus micro-entrepreneurs

Si la moyenne nationale s’établit à 65 %, elle cache d’immenses disparités. Voici les trois secteurs où le statut de micro-entrepreneur domine le plus largement les nouvelles créations d’entreprises.
1. Transports et entreposage : 87,4 %
Sur 112 800 entreprises créées dans le secteur des transports et de l’entreposage en 2025, 98 600 l’ont été en micro-entreprise, soit près de 9 créations sur 10. Ce chiffre est porté par l’essor continu des activités de livraison de repas et de logistique urbaine (coursiers, livreurs à vélo ou en voiture), qui restent le principal moteur de croissance du secteur.
Le statut de micro-entrepreneur y est particulièrement adapté : peu d’investissement de départ, formalités allégées et une activité facilement compatible avec les plafonds de chiffre d’affaires du régime.
2. Enseignement : 86,1 %
46 500 micro-entreprises sur 54 000 créations dans ce secteur en 2025. L’enseignement profite pleinement de la simplicité du statut : cours particuliers, coaching scolaire, formation professionnelle indépendante… Autant d’activités qui nécessitent peu de matériel et s’exercent souvent en complément d’une autre activité, salariée ou non.
3. Autres services aux ménages (coiffure, réparation, blanchisserie…) : 85,3 %
73 600 micro-entreprises sur 86 300 créations. Ce secteur reste par ailleurs très féminisé : 75 % des créations d’entreprises individuelles (dont les micro-entreprises) y sont portées par des femmes, l’une des proportions les plus élevées de toute l’économie française.
Les secteurs où la micro-entreprise reste minoritaire

À l’opposé du classement, certains secteurs restent structurellement peu propices au statut de micro-entrepreneur, souvent pour des raisons réglementaires ou économiques.
- Activités financières et d’assurance : 14,7 %, le taux le plus bas de tous les secteurs. Ce secteur recule d’ailleurs fortement en 2025 (-14 % de créations), une baisse due avant tout à un changement de classification statistique des sociétés holding ;
- Santé humaine et action sociale : 37,3 %, un chiffre qui s’explique par le fait que de nombreuses professions de santé réglementées (médecins, infirmiers, pharmaciens…) ne sont tout simplement pas éligibles au régime micro-social ;
- Hébergement et restauration : 44,2 %, des activités qui nécessitent souvent un investissement de départ plus lourd (matériel, local, stocks) ;
- Activités immobilières : 44,4 %, un secteur également freiné par des seuils de chiffre d’affaires vite dépassés.
La part de micro-entrepreneurs dans les créations, secteur par secteur (2025)

Voici le classement complet des 14 secteurs d’activité, de la part la plus élevée à la plus faible.
| Secteur | Part de micro-entrepreneurs |
| 🚚 Transports et entreposage | 87,4 % |
| 🎓 Enseignement | 86,1 % |
| 🧼 Autres services aux ménages | 85,3 % |
| 📝 Services administratifs et de soutien | 76,6 % |
| 💻 Information et communication | 70,9 % |
| 🎭 Arts, spectacles et activités récréatives | 68,0 % |
| 🛒 Commerce | 61,5 % |
| 🔬 Activités spécialisées, scientifiques et techniques | 59,3 % |
| 🛠️ Construction | 58,5 % |
| 🏭 Industrie | 58,2 % |
| 🏢 Activités immobilières | 44,4 % |
| 🍽️ Hébergement et restauration | 44,2 % |
| 🏥 Santé humaine et action sociale | 37,3 % |
| 💰 Activités financières et d’assurance | 14,7 % |
Pourquoi de tels écarts entre secteurs ?
Le facteur déterminant n’est pas la popularité d’un secteur auprès des entrepreneurs, mais bien sa compatibilité avec le régime micro-social. Deux logiques s’opposent :
- Les activités à faible barrière à l’entrée et à faibles charges (livraison, cours particuliers, coiffure à domicile, prestations intellectuelles) adoptent massivement le statut, faute d’investissement de départ important ;
- Les secteurs réglementés ou nécessitant un capital important (finance, immobilier, une partie de la santé) restent structurellement à l’écart, soit par incompatibilité réglementaire directe, soit parce que l’activité dépasse rapidement les plafonds de chiffre d’affaires autorisés par le régime.
💡 À savoir : le plafond de chiffre d’affaires du régime micro-entrepreneur est aujourd’hui de 203 100 € pour les activités de vente et 83 600 € pour les prestations de services. Au-delà pendant deux années consécutives, l’entrepreneur doit basculer vers un autre statut, ce qui explique en partie pourquoi certaines activités à forte intensité capitalistique s’en détournent rapidement.
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Sources
Les données de cet article sont issues de l’étude « Les créations d’entreprises en 2025 », Insee Première n°2092, publiée par l’Insee le 28 janvier 2026, à partir du Système d’information sur la démographie d’entreprises (🔎 ici).
Les parts de micro-entrepreneurs par secteur ont été calculées par Indy à partir des données brutes publiées par l’Insee (créations de micro-entrepreneurs rapportées au total des créations de chaque secteur).
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