- Une holding permet de se rémunérer de plusieurs façons : salaire, dividendes ou management fees, selon vos objectifs et la situation de votre groupe ;
- Le salaire offre une meilleure protection sociale, tandis que les dividendes bénéficient souvent d’une fiscalité plus avantageuse lorsqu’ils sont distribués dans les règles ;
- Les management fees permettent de financer la holding en facturant des prestations réelles aux filiales. Ils doivent être justifiés et respecter les prix du marché ;
- La meilleure stratégie consiste généralement à combiner plusieurs modes de rémunération afin d’optimiser vos revenus, votre fiscalité et la trésorerie de votre holding.
La rémunération d’une holding repose sur plusieurs leviers, chacun ayant des conséquences différentes sur la fiscalité, la protection sociale et la trésorerie de votre groupe. Si vous envisagez de créer une holding, prenez le temps de comprendre le fonctionnement de la rémunération en salaire, en dividendes et en management fees pour choisir la solution la plus adaptée à vos objectifs.

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Comment fonctionne la rémunération via une holding ?
Une holding permet de centraliser les revenus générés par les sociétés qu’elle détient, notamment grâce aux dividendes versés par ses filiales ou aux prestations de services qu’elle leur facture.
Cette trésorerie peut ensuite servir à rémunérer le dirigeant sous différentes formes : salaire, dividendes ou combinaison de plusieurs leviers selon les besoins.
La stratégie de rémunération dépend de plusieurs critères, comme :
- Le type de holding ;
- Son niveau d’activité ;
- Le statut du dirigeant ;
- Les objectifs recherchés.
Certains dirigeants privilégient une protection sociale renforcée, d’autres l’optimisation fiscale, le réinvestissement des bénéfices ou encore la préparation de la transmission de leur patrimoine. À chacun de construire une stratégie de rémunération adaptée à ses priorités!
💡 Rappel : une holding est une société mère qui regroupe une ou plusieurs filiales au sein d’un même groupe.
Holding animatrice vs holding passive : un impact direct sur la rémunération
Le type de holding influence directement les revenus qu’elle peut percevoir, et donc les possibilités de rémunération du dirigeant.
La holding passive
Une holding passive a pour mission principale de détenir des participations dans une ou plusieurs sociétés. Ainsi, elle n’intervient pas dans la gestion opérationnelle de ses filiales. Ses revenus proviennent donc principalement des dividendes qu’elles lui distribuent.
Cette structure convient particulièrement aux projets patrimoniaux ou aux entrepreneurs qui souhaitent centraliser la détention de plusieurs sociétés.
La holding animatrice
À l’inverse, une holding animatrice joue un rôle actif dans la vie du groupe. Elle peut par exemple :
- Piloter la stratégie ;
- Assurer la gestion administrative, financière, commerciale ;
- Mutualiser certaines fonctions support.
En contrepartie, la holding animatrice facture ces prestations à ses filiales sous forme de management fees, ce qui lui permet de générer un chiffre d’affaires (en complément des dividendes).
💡 Au-delà de cette source de revenus supplémentaire, la holding animatrice peut également bénéficier de certains dispositifs fiscaux favorables, comme le Pacte Dutreil, sous réserve de respecter les conditions prévues par la réglementation.
Les modes de rémunération d’une holding
Trois modes de rémunération permettent de percevoir des revenus via une holding :
- Le salaire, versé au dirigeant en contrepartie de ses fonctions. Il ouvre des droits à la protection sociale, en contrepartie de cotisations sociales plus importantes ;
- Les dividendes, distribués lorsque la holding réalise un bénéfice distribuable. Ils offrent une plus grande souplesse et peuvent bénéficier d’une fiscalité avantageuse, notamment grâce au régime mère-fille pour les remontées de dividendes entre sociétés ;
- Les management fees, qui correspondent aux prestations facturées par la holding à ses filiales. Sans être une rémunération directe du dirigeant, ils permettent néanmoins d’alimenter la trésorerie de la holding, qui pourra ensuite financer le versement d’un salaire ou de dividendes.
🧮 Dans de nombreux groupes de sociétés, la stratégie la plus efficace consiste d’ailleurs à combiner ces différentes rémunérations afin d’optimiser les revenus du dirigeant tout en préservant la trésorerie de l’entreprise.
Se verser un salaire via sa holding
Le salaire constitue la solution la plus simple pour percevoir des revenus réguliers via une holding. En contrepartie de ses fonctions de direction, le dirigeant reçoit une rémunération soumise aux cotisations sociales.
Ce type de rémunération offre davantage de visibilité sur ses revenus et permet de bénéficier d’une protection sociale complète ou renforcée selon son statut.
Quand et pourquoi choisir le salaire ?
Le salaire convient particulièrement aux dirigeants qui souhaitent percevoir un revenu stable tout au long de l’année. Il facilite également l’obtention d’un crédit immobilier, les établissements bancaires privilégiant généralement des revenus réguliers.
Sur le plan fiscal, la rémunération versée au dirigeant constitue une charge déductible du résultat imposable de la holding lorsqu’elle correspond à un travail effectif et reste cohérente avec les fonctions exercées. Ce mécanisme permet ainsi de réduire le bénéfice soumis à l’impôt sur les sociétés.
En contrepartie, le salaire entraîne des cotisations sociales souvent plus élevées que les dividendes. Avant de fixer son montant, il est donc recommandé de tenir compte de la trésorerie disponible, des besoins de la société et des objectifs patrimoniaux du dirigeant.
Quelles sont les cotisations sociales sur le salaire ?
Le coût d’un salaire dépend principalement du statut social du dirigeant, lui-même étant déterminé par le statut juridique de la holding.
Assimilé salarié
Le président d’une SAS ou SASU est assimilé salarié. Il relève du régime général de la Sécurité sociale et bénéficie d’une protection sociale proche de celle d’un salarié (à l’exception de l’assurance chômage). Les cotisations sociales sont donc plus élevées.
Travailleur non salarié
Le gérant majoritaire d’une SARL ou EURL relève, quant à lui, du régime des travailleurs non salariés (TNS). Les cotisations sont souvent moins importantes, ce qui réduit le coût de la rémunération pour la société.
En revanche, la couverture sociale s’avère généralement moins protectrice, notamment en matière de prévoyance ou d’indemnités journalières.
Assimilé salarié vs TNS
Il n’existe donc pas de statut social universellement plus avantageux pour la holding. Le bon arbitrage dépend (comme souvent) de plusieurs critères :
- Niveau de rémunération souhaité ;
- Besoins de protection sociale (en cas de maladie chronique par exemple) ;
- Capacité d’emprunt ;
- Situation familiale ou encore stratégie de rémunération globale.
Dans la pratique, de nombreux dirigeants complètent leur salaire par d’autres modes de rémunération, comme les dividendes, afin d’équilibrer coût social et revenus perçus.
Les dividendes comme levier de rémunération
Les dividendes constituent un complément de rémunération apprécié des dirigeants. Contrairement au salaire, qui rémunère un travail, ils correspondent à une part des bénéfices distribués aux associés après l’approbation des comptes.
Pour une holding, ils présentent un double intérêt :
- Faire remonter la trésorerie des filiales ;
- Permettre, si la situation le justifie, de redistribuer ensuite une partie de ces sommes à ses associés.
Les dividendes offrent ainsi une grande souplesse : les associés restent libres de décider du montant distribué, voire de conserver les bénéfices dans la holding pour financer de nouveaux investissements.
Le régime mère-fille : quasi-exonération d’impôts sur les remontées de dividendes
Si la holding opte pour le régime mère-fille, elle peut bénéficier d’une exonération de 95% des dividendes perçus, à condition de détenir au moins 5% du capital de sa filiale pendant deux ans minimum. En pratique, seule une quote-part forfaitaire de 5% reste soumise à l’impôt sur les sociétés.
Par conséquent, lorsqu’une filiale verse des dividendes à sa holding, ces sommes ne sont pas imposées une seconde fois dans leur intégralité.
Ce mécanisme favorise la remontée de trésorerie vers la holding en limitant la fiscalité. Les sommes perçues peuvent ensuite être :
- Réinvesties dans le développement du groupe ;
- Servir au remboursement d’un emprunt ;
- Distribuées aux associés.
💡 Les conditions du régime mère-fille sont prévues par les articles 145 et 216 du Code général des impôts (CGI).
Les règles de distribution des dividendes
La distribution de dividendes reste encadrée. La holding doit :
- Disposer de bénéfices distribuables (ou de réserves distribuables) ;
- Les comptes annuels doivent avoir été approuvés par les associés ;
- Une décision de distribution doit être prise en assemblée.
La fiscalité pour les associés qui perçoivent des dividendes
Lorsque la holding distribue des dividendes à ses associés, ces revenus sont généralement imposés selon le prélèvement forfaitaire unique (PFU), plus connu sous le nom de flat tax. Son taux est de 30%, dont 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.
Dans certains cas, il est possible d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu si cette solution est plus avantageuse.
⚠️ Les dividendes présentent un avantage fiscal intéressant, mais ils ne remplacent pas toujours un salaire. En SAS/SASU, ils ne sont pas soumis aux cotisations sociales. En SARL/EURL, les gérants majoritaires (TNS) cotisent sur la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et du compte courant d’associé.
Les management fees : facturer des prestations à sa filiale
Les management fees correspondent aux prestations de services qu’une holding facture à ses filiales. Il peut s’agir de :
- Missions de direction ;
- Comptabilité ;
- Ressources humaines ;
- Marketing ;
- Informatique ;
- Accompagnement stratégique.
Contrairement au salaire ou aux dividendes, les management fees ne constituent pas une rémunération directe du dirigeant. Ils permettent d’abord d’alimenter la trésorerie de la holding qui pourra ensuite financer son fonctionnement ou rémunérer son dirigeant.
Pourquoi mettre en place des management fees ?
Les management fees permettent de centraliser une partie des fonctions au sein de la holding (plutôt que de les dupliquer dans chaque filiale). Cette organisation simplifie le pilotage du groupe qui peut générer des économies d’échelle.
Ces revenus peuvent ensuite servir à financer les frais de fonctionnement de la holding, rembourser un emprunt ou verser un salaire à son dirigeant.
Quelles précautions prendre ?
Les management fees sont strictement encadrés par l’administration fiscale. Chaque facture doit correspondre à une prestation réelle, effectivement réalisée, utile à la filiale et facturée à un prix conforme au marché.
Il est également recommandé de conclure une convention de prestations de services entre la holding et chaque filiale. Ce document précise les missions confiées, les modalités d’intervention et le mode de calcul des honoraires.
En cas de contrôle, l’entreprise doit être en mesure de prouver la réalité des prestations (comptes rendus, échanges de mails, livrables, feuilles de temps, etc.). À défaut, l’administration peut remettre en cause la déduction des charges chez la filiale, procéder à un redressement fiscal ou encore requalifier certaines sommes lors d’un contrôle URSSAF.
Quelle combinaison choisir pour optimiser sa rémunération ?
Comme évoqué précédemment, il n’existe pas de solution universelle en matière de rémunération en holding. Le meilleur arbitrage dépend de nombreux critères : statut juridique, régime social, résultats de la holding, besoins de trésorerie, projets d’investissement ou encore niveau de protection sociale recherché.
Dans la pratique, de nombreux dirigeants diversifient leur stratégie :
- Avoir une base de rémunération en salaire permet de sécuriser des revenus réguliers et de bénéficier d’une couverture sociale ;
- Les dividendes complètent ensuite la rémunération lorsque la société dégage des bénéfices distribuables ;
- Les management fees, quant à eux, constituent avant tout un outil d’organisation du groupe et de remontée de trésorerie vers la holding.
Aussi, lorsque la holding est mise en place dès la création d’entreprise, il est souvent plus simple de définir une stratégie de rémunération cohérente avec vos objectifs patrimoniaux et fiscaux.
Avant d’arrêter votre stratégie, il est recommandé de réaliser une simulation afin d’évaluer le coût global de chaque solution pour la société comme pour le dirigeant !
Tableau comparatif salaire, dividendes et management fees
| Critère | Salaire | Dividendes | Management fees |
| Objectif | Rémunérer le dirigeant | Distribuer les bénéfices | Rémunérer des prestations entre sociétés |
| Protection sociale | Oui | Non | Non (la rémunération intervient ensuite via salaire ou dividendes) |
| Cotisations sociales | Oui | Selon la forme sociale et le statut du dirigeant | Non sur la facture elle-même |
| Déductible du résultat | Oui, sous conditions | Non | Oui pour la filiale si la prestation est réelle et justifiée |
| Conditions principales | Exercice effectif des fonctions | Bénéfices distribuables et décision des associés | Prestations réelles, convention et prix de marché |
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Créer une holding implique de suivre plusieurs flux financiers : rémunération du dirigeant, remontée de dividendes, facturation de prestations ou encore gestion des dépenses de la société mère. Une comptabilité rigoureuse est indispensable pour sécuriser ces opérations et respecter les obligations fiscales.
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Et si vous avez des questions sur la holding et les modalités de rémunération, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire sous l’article !
