- Plusieurs aides financières et exonérations peuvent faciliter la création ou la reprise d’une entreprise après vos études ;
- L’ACRE permet, sous certaines conditions, de bénéficier d’une réduction de cotisations sociales pendant le début de votre activité ;
- Si vous êtes demandeur d’emploi, l’ARCE peut vous permettre de recevoir une partie de vos droits à l’ARE sous forme de capital ;
- Certaines zones géographiques proposent des exonérations fiscales ou sociales pour les entreprises qui s’y installent ;
- Des aides spécifiques existent selon votre secteur d’activité.
Vous êtes jeune diplômé ? Des aides à la création d’entreprise existent pour vous lancer dans la vie active ! Comme on est sympathiques et que l’on connaît l’importance de votre carrière, vous trouverez dans cet article différentes aides plus ou moins connues auxquelles vous avez peut-être droit. Prêt pour un voyage au pays des économies ? C’est parti !

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Quelles aides financières pour créer son entreprise en sortie d’études ?
L’ACRE
L’ACRE (Aide à la Création et à la Reprise d’Entreprise) est une aide de l’état qui permet l’installation ouverte à toutes les professions permettant de bénéficier d’une exonération sur le montant de vos cotisations sociales. Cette exonération est de 50 % pour les micro-entrepreneurs en 2025. Pour les autres statuts juridiques elle peut être totale, partielle ou non applicable.
Qui a droit à l’ACRE ?
Un grand nombre d’entrepreneurs indépendants peuvent bénéficier de l’ACRE. Il faut remplir un des critères suivant du tableau ci-dessous, ce qui permet à la grande majorité des indépendants d’être éligible.
| Vous êtes : | Vous pouvez bénéficier de l’ACRE si vous remplissez une des situations : |
Micro-entrepreneur |
|
En entreprise individuelle (hors micro) | Votre activité exercée est :
|
En société | Vous devez exercer le contrôle effectif de la société pendant au moins 2 ans |
⚠️ Pour tous : vous êtes en début d’activité et vous ne devez pas avoir touché l’Acre durant les 3 dernières années | |
À quoi donne droit l’ACRE ?
Les avantages offerts par l’ACRE consistent à réduire le taux de cotisations sociales que vous devrez à l’État pendant un an.
Pour les auto-entrepreneurs, le taux d’exonération est un taux fixe de 50 % (25 % dès juillet 2026).
Comment cela se passe pour les autres situations ? Concrètement, les cotisations que vous devrez à l’État seront réduites de 0 à 100 % pendant 12 mois, en fonction de vos revenus annuels. Plus concrètement :
Depuis le 1er janvier 2026,
- Pour un revenu inférieur ou égal à 75 % du PASS (qui est de 48 060 € en 2026), l’exonération est seulement partielle et plafonnée à 25 % des cotisations ;
- Pour un revenu supérieur à 75 % du PASS, l’exonération diminue de façon linéaire et devient nulle dès que le revenu atteint le PASS (comme avant mais sur une base plus faible donc).
L’ACRE peut-elle être cumulée ?
Oui, l’ACRE peut-être cumulée avec d’autres aides et minima sociaux :
- Le RSA ;
- Les prêts d’honneur ;
- Les exonérations de zones ;
- L’Allocation de solidarité spécifique ou ASS ;
- L’ARE, l’allocation-chômage proposée par France Travail (anciennement Pôle Emploi) ;
- Une allocation de veuvage ;
- Etc.
L’ARCE
Si vous êtes inscrit comme demandeur d’emploi à France Travail au moment de créer votre entreprise, vous pouvez toucher 60 % de vos droits restants à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) sous forme de capital, plutôt que de les percevoir chaque mois. C’est l’ARCE.
Concrètement, ce capital vous est versé en deux fois :
- La moitié au moment de la création de votre entreprise ;
- L’autre moitié six mois plus tard, à condition que votre activité soit toujours en cours et que vous n’ayez pas repris un CDI à temps plein entre-temps.
Une retenue de 3 % pour le financement des retraites complémentaires s’applique sur le montant brut.
Pour en bénéficier, vous devez avoir obtenu l’ACRE au préalable : c’est un prérequis administratif ; et fournir à votre conseiller France Travail un justificatif de création (extrait Kbis ou attestation d’immatriculation).
Le prêt d’honneur à taux zéro
Le prêt d’honneur est un prêt personnel, sans intérêt et sans garantie, accordé au créateur lui-même (ce n’est pas un prêt à la création d’entreprise) pour renforcer son apport personnel. Il est distribué par deux réseaux principaux : Initiative France et le Réseau Entreprendre.
- Chez Initiative France, les montants vont généralement de 3 000 € à 50 000 €, avec une moyenne autour de 10 000 € ;
- Au Réseau Entreprendre, les prêts sont plus élevés : de 15 000 € à 50 000 € en général (jusqu’à 90 000 € pour les projets de développement structurants), avec une moyenne autour de 29 000 €.
L’intérêt ne se limite pas au montant : ce prêt sert surtout de garantie morale auprès des banques. Il facilite l’obtention d’un prêt bancaire complémentaire, souvent via une aide à la création d’entreprise avec Bpifrance.
Pour en bénéficier, vous déposez un dossier auprès de la plateforme locale du réseau choisi. Votre projet est étudié par un comité d’engagement composé de chefs d’entreprise bénévoles, qui évaluent sa viabilité et votre capacité à le porter. En cas d’accord, vous bénéficiez en plus d’un accompagnement et d’un parrainage par un entrepreneur expérimenté.
Quelles zones ouvrent droit à des exonérations fiscales à l’installation ?
Les zones France Ruralités Revitalisation (FRR) (anciennement ZRR : Zone de Revitalisation Rurale) et les zones Franche Urbaine – Territoire entrepreneur (ZFU-TE) sont deux types de territoires où les entrepreneurs peuvent bénéficier d’exonérations s’ils s’y implantent. Voyons en quelques mots en quoi elles consistent.
Les zones France Ruralités Revitalisation (FRR)
Depuis le 1er juillet 2024, le zonage France Ruralités Revitalisation (FRR et FRR+) a remplacé les zones de revitalisation rurale (ZRR). L’objectif reste le même : soutenir l’implantation d’entreprises dans les territoires ruraux les plus fragiles.
📌 Vous vous installez dans une commune anciennement classée en ZRR ? La plupart des communes sont passées automatiquement en FRR. Certaines communes non reclassées continuent toutefois de bénéficier des exonérations FRR jusqu’au 31 décembre 2029. Vérifiez le classement de votre commune sur le simulateur officiel avant de vous installer.
Les entreprises implantées en FRR peuvent bénéficier des avantages suivants, parmi lesquels :
- Une exonération d’impôts (IR ou IS) en fonction de votre chiffre d’affaires pour toutes les entreprises éligibles, dont les PAMC ;
- Une exonération de contribution économique territoriale (CET, composée de la CFE et de la CVAE), pour certaines entreprises ;
- Une exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB), pour certaines entreprises ;
- Une exonération de certaines cotisations patronales.
Qui a droit à des exonérations en FRR ?
Plusieurs conditions sont à suivre pour bénéficier de ces exonérations :
- Créer ou reprendre votre entreprise en zone FRR entre le 1er juillet 2024 et le 31 décembre 2029 (ou en zone FRR+ entre le 1er janvier 2025 et le 31 décembre 2029) ;
- Être au régime réel d’imposition (les régimes micro-BNC et micro-BIC sont exclus) ;
- Avoir votre siège social et l’ensemble de votre activité situés en zone FRR ;
- Employer moins de 11 salariés.
Quel est le taux de l’exonération en FRR ?
FRR : éxonération sur l’impôt sur les sociétés ou sur l’impôt sur le revenu
| Année | Taux de l’exonération |
| Années 1 à 5 | 100 % |
| Année 6 | 75 % |
| Année 7 | 50 % |
| Année 8 | 25 % |
Comment en bénéficier ?
L’option pour le zonage FRR doit être notifiée au service des impôts des entreprises (SIE) dans les 6 mois suivant le début d’activité. Ce choix est définitif et ne se cumule pas avec d’autres régimes de zonage (QPV, JEI, ZRD, BUD, etc.).
Les Zones Franches Urbaines Territoires Entreprise (ZFU-TE)
Équivalent urbain des ZRR, les ZFU-TE permettent elles aussi de bénéficier de beaux avantages fiscaux. Ce sont des quartiers de plus de 10 000 habitants considérés comme défavorisés. Il en existe une centaine en France.
Comme pour les ZRR, les entreprises implantées en ZFU-TE voient leurs impôts sur les bénéfices exonérés, également pendant 8 ans.
Qui a droit à des exonérations en ZFU-TE ?
Si tous les statuts juridiques et régimes d’imposition sont éligibles, vous devrez répondre aux critères suivants pour bénéficier des exonérations :
- Avoir créé votre entreprise entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2024 ;
- Avoir signé un contrat de ville dans un Quartier Prioritaire de la Ville ;
- Installer un local en ZFU-TE ;
- Employer moins de 50 salariés ;
- Avoir un CA inférieur à 10 M € ;
- Avoir moins de 25 % des parts de l’entreprise détenues par des entreprises de plus de 250 salariés et 50 M€ de CA (ou plus de 43 M € de bénéfices).
De plus, en cas d’embauche de salariés, 50 % d’entre eux doivent résider dans une ZFU-TE ou un QPV.
Quel est le taux de l’exonération en ZFU-TE ?
Les taux d’exonération sont similaires à ceux en ZRR, mais il persiste des différences :
| ZFU-TE – Exonération sur l’impôt sur les sociétés ou sur l’impôt sur le revenu | |
| Taux de l’exonération | Plafonds |
| 100 % pendant les 5 premières années | Plafonnée à 50 000 € sur 12 mois (plafond majoré de 5 000€ par nouveau salarié habitant en ZFU-TE, embauché à temps plein pour 6 mois) |
| 60 % la 6ème année | |
| 40 % la 7ème année | |
| 20 % la 8ème année | |
Comment en bénéficier ?
- Joindre un état de détermination du bénéfice à votre déclaration de résultat (déclaration 2035 pour les BNC) ;
- Transmettre à l’Urssaf et à la Dreets une déclaration annuelle des mouvements de main-d’œuvre chaque année, avant la fin du mois d’avril ;
- Si vous embauchez un salarié, faire parvenir à ces organismes au plus tard dans les 30 jours suivant le début du contrat de travail, une déclaration d’embauche spécifique et remplir une déclaration préalable à l’embauche (DPAE).
Pour vérifier votre éligibilité, n’hésitez pas à faire appel à votre service des impôts.

Mon secteur d’activité donne-t-il droit à des aides spécifiques ?
Les contrats d’aide à l’installation pour les professions de santé en désert médical
Outre ces trois dispositifs, il existe certaines aides pour les professions médicales, notamment pour les praticiens s’installant dans des déserts médicaux. Voici, en résumé, ce à quoi ils vous permettent d’accéder. Pour commencer, des conditions communes à toutes les professions s’appliquent aux contrats incitatifs :
- Exercer dans une zone sous-dotée pour la profession en question ;
- Exercer en groupe ou avoir recours régulier aux remplacements pour la continuité des soins ;
- Télétransmettre la majeure partie de vos ordonnances (80 % pour les sages-femmes ou orthophonistes et 70 % pour les kinésithérapeutes).
Pour connaître le détail des conditions pour chaque profession, rendez-vous au lien en fin de paragraphe.
Les contrats incitatifs pour les sages-femmes
Le contrat d’aide à la première installation des sages-femmes (CAPISF)
C’est un contrat d’aide à l’installation consistant en un accompagnement financier sur 5 ans :
- De 14 500 € par an les deux premières années ;
- Puis de 3 000 € par an les trois dernières années.
Le contrat d’aide à l’installation des sages-femmes (CAISF)
Il s’agit d’un contrat consistant en une aide sur 5 ans de
- De 12 500 € par an les deux premières années ;
- Puis de 3 000 € par an les 3 dernières années.
Les contrats incitatifs pour les orthophonistes
Le contrat d’aide à la première installation des orthophonistes (CAPIOP)
Il permet de bénéficier d’une aide de 30 000 € maximum versée en 5 fois sur 5 ans, ainsi qu’une rémunération complémentaire de 200 € par mois.
Le contrat d’aide à l’installation des orthophonistes (CAIOP)
Ce contrat permet de bénéficier d’une aide forfaitaire d’un montant de 19 500 € versé en 5 fois sur 5 ans ainsi qu’une rémunération complémentaire d’un montant de 200 euros par mois.
Les contrats incitatifs pour les masseurs-kinésithérapeutes
Contrat incitatif masseur-kinésithérapeute (CIMK)
C’est un contrat de trois ans avec une prise en charge des cotisations sociales forfaitaire annuelle de 2 600 € et une aide à l’équipement de 3 000 € maximum pendant 3 ans.
Contrat d’aide à la création de cabinet de masseur-kinésithérapeute (CACCMK)
Il s’agit d’une aide individuelle de 49 000 € versée en 5 fois sur 5 ans pour la création ou la reprise d’un cabinet.
Contrat d’aide à l’installation des masseurs-kinésithérapeutes (CAIMK)
Cette aide forfaitaire sur 5 ans est de maximum 34 000 € pour une installation dans un cabinet déjà existant.
Contrat d’aide au maintien d’activité des masseurs-kinésithérapeutes (CAMMK)
Ce contrat aide permet de bénéficier de 3 000 € d’aide par an pendant 3 ans pour financer les investissements du cabinet où vous exercez et de votre formation.
Les dispositifs pour les jeunes entreprises innovantes
Le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI) s’adresse aux entreprises qui investissent fortement en R&D. Pour l’obtenir, votre entreprise doit être :
- Une PME de moins de 250 salariés ;
- Avoir moins de 8 ans ;
- Être indépendante (capital détenu à 50 % au moins par des personnes physiques) ;
- Consacrer au moins 20 % de ses charges fiscalement déductibles à la recherche.
Ce statut ouvre droit à une exonération de cotisations patronales sur les rémunérations du personnel de R&D, plafonnée à 4,5 SMIC par salarié et à 5 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) par établissement et par an.
Une exonération de CFE (cotisation foncière des entreprises) et de taxe foncière est également possible, sur délibération de votre collectivité.
Les aides sectorielles agricoles pour les jeunes agriculteurs
La Dotation Jeune Agriculteur (DJA) est l’aide de référence pour financer une première installation en agriculture. Elle s’adresse aux personnes âgées de 18 à 40 ans qui s’installent pour la première fois comme chef d’exploitation, disposent d’un diplôme agricole, justifient d’une expérience professionnelle dans le secteur, et présentent un plan d’entreprise sur 4 ans.
Où trouver les aides propres à son secteur ?
Au-delà des dispositifs nationaux, chaque secteur dispose de ses propres aides, portées par des acteurs différents :
- Bpifrance Création recense la quasi-totalité des aides publiques à la création d’entreprise, avec un moteur de recherche par secteur et par région ;
- Les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) accompagnent les créateurs dans le commerce, les services et l’industrie, et relaient les aides locales et régionales ;
- Les Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA) financent la création d’entreprise ayant pour coeur de métier les activités artisanales, avec en plus un accompagnement obligatoire pour l’immatriculation au répertoire des métiers.
Vous avez encore des questions sur les aides pour les jeunes diplômés ? Posez-les nous en commentaire et nous vous répondrons rapidement !

Bonjour,
Je vais être diplomé en milieu d’année, donc je demanderais l’ACRE en cours d’année.
Comment ça se passe pour les 12 mois, et surtout pour l’année 2025 : moitié ACRE / moitié pas ?
Merci
Bonjour Théo,
L’ACRE se calcule automatiquement sur 12 mois. Pour l’année prochaine, vous en bénéficierez donc une partie de l’année, mais pas l’autre.
Il y a une coquille dans l’article dans les conditions à remplir pour les ZRR:
Ne pas réaliser plus de 25% de ton activité HORS DE la ZRR.
Bonjour Stéphanie,
En effet, c’est corrigé ! Merci pour votre vigilance 🙂