- Le plan d’épargne retraite individuel est un produit d’épargne à long terme accessible à toute personne majeure, quel que soit son statut professionnel ;
- Les versements volontaires réalisés jusqu’à 70 ans sur le PER individuel peuvent être déduits du revenu imposable, dans la limite d’un plafond personnel ;
- L’épargne devient disponible à la retraite sous forme de capital, de rente ou d’un mélange des deux (avec la possibilité d’une sortie anticipée sous conditions) ;
- La fiscalité à la sortie dépend du mode de sortie et du choix effectué à l’entrée : déduire ou conserver ses versements hors déduction.
Quand on est indépendant, la retraite se prépare souvent un peu plus activement. Parmi les leviers à connaître, le PER individuel tire son épingle du jeu : il permet de vous constituer une épargne sur le long terme en profitant, sous conditions, d’un avantage fiscal. En contrepartie, les sommes restent en principe bloquées jusqu’à la retraite. En 2026, les règles évoluent : les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles et le report des plafonds inutilisés passe progressivement de trois à cinq ans. On fait le point sur l’usage et le fonctionnement du PER individuel.

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Qu’est-ce que le PER individuel ?
Définition et objectif du dispositif issu de la loi Pacte
Le plan d’épargne retraite (PER) correspond à un produit d’épargne à long terme destiné à préparer la retraite. Il permet d’accumuler une épargne pendant votre vie active, puis de la récupérer au moment du départ à la retraite, sous forme de capital, de rente ou des deux.
Le PER individuel (également appelé PERIN ou PERI) est l’une des trois formes de plan d’épargne retraite. Il est accessible à toute personne majeure, quel que soit son statut professionnel.
💡Disponible depuis le 1er octobre 2019 avec la loi Pacte (par ici), le PER a progressivement remplacé d’anciens produits comme le PERP (Plan d’épargne retraite populaire) et le contrat Madelin.
La place du PER dans la protection de l’indépendant
Un indépendant au régime social du travailleur non salarié (TNS) inscrit généralement la préparation de sa retraite dans une réflexion plus large sur sa protection personnelle. Le PER peut ainsi compléter :
- Une mutuelle pour TNS ;
- Un contrat de prévoyance pour indépendant.
Ces produits répondent cependant à des besoins différents : le PER constitue une épargne alors que la mutuelle et la prévoyance couvrent les risques liés à la santé, à l’incapacité ou au décès.
PER individuel et PER d’entreprise : quelles différences ?
La réforme de 2019 a créé trois grandes formes de PER :
| Type de PER | Souscription | Principales sources d’alimentation |
| PER individuel (PERI / PERIN) | À l’initiative du particulier | Versements volontaires et transferts |
| PER d’entreprise collectif (PERECO / PERECOL) | Proposé par l’employeur | Épargne salariale, abondement, versements volontaires |
| PER d’entreprise obligatoire (PERO) | Mis en place pour tout ou partie des salariés | Cotisations obligatoires, versements volontaires et, selon les cas, épargne salariale |
Autrement dit, le PER individuel vous appartient : le contrat reste indépendant de votre entreprise.
À l’inverse un PER d’entreprise (PERCO ou PERO) est lié à un dispositif collectif. L’épargne acquise reste toutefois transférable selon les règles propres à chaque plan.
✅ Pour un entrepreneur, le PER représente donc un outil de gestion personnelle de long terme.
PER bancaire vs PER assurantiel
Le PER individuel existe sous deux grandes formes :
- Le PER bancaire, aussi appelé PER d’investissement, prend la forme d’un compte-titres : l’épargne est investie dans des actifs financiers proposés par le gestionnaire ;
- Le PER assurantiel repose sur un contrat d’assurance de groupe : selon le contrat, il peut notamment donner accès à un fonds en euros et à des unités de compte.
Cette distinction joue également lors du décès du titulaire. Les sommes placées sur un PER bancaire intègrent la succession. Sur un PER assurantiel, elles sont versées aux bénéficiaires désignés et relèvent des règles successorales propres aux contrats d’assurance.
Comment fonctionne le PER individuel ?
Les trois compartiments du PER
Tous les PER reposent sur trois compartiments, eux-mêmes définis selon l’origine des sommes :
- Les versements volontaires du titulaire ;
- L’épargne salariale, comme l’intéressement, la participation et certains abondements de l’employeur ;
- Les cotisations obligatoires versées dans le cadre d’un PER d’entreprise obligatoire.
Un PER individuel reçoit directement vos versements volontaires dans le premier compartiment. Ensuite, les deux autres compartiments peuvent apparaître à la suite du transfert d’un ancien PER d’entreprise.
Cette distinction est d’ailleurs importante au moment de la sortie puisque chaque compartiment obéit à ses propres règles fiscales et modalités de retrait.
Les versements volontaires sur le PER
La loi ne fixe aucun plafond général aux sommes que vous pouvez verser. Ainsi, vous alimentez librement votre PER individuel. Vous pouvez effectuer un versement ponctuel de 2 000 €, par exemple, ou programmer un versement mensuel de 100 €.
💡Un plafond fiscal limite uniquement la part qui ouvre droit à une déduction du revenu imposable (on vous explique un peu plus bas).
La souplesse du PER individuel permet donc d’adapter vos versements à votre trésorerie personnelle. Ce système présente un intérêt particulier pour les indépendants, dont les revenus peuvent varier d’une année à l’autre.
Une consultante réalise une bonne année et dispose d’une épargne supplémentaire de 5 000 €. Elle peut effectuer un versement ponctuel sur son PER en décembre, sous réserve de conserver une trésorerie suffisante pour ses dépenses courantes et ses échéances fiscales et sociales.
Cette réflexion peut d’ailleurs commencer dès la création de l’entreprise : anticiper sa protection sociale, sa retraite et sa trésorerie permet de mieux répartir ses ressources à mesure que l’activité se développe, et bien plus encore !
Gestion pilotée ou gestion libre
Par défaut, le PER fonctionne en gestion pilotée à horizon. Le gestionnaire répartit l’épargne entre différents supports selon la durée qui vous sépare de la retraite. L’exposition aux actifs risqués tend à être plus forte lorsque l’échéance reste lointaine, puis diminue progressivement à l’approche de la retraite.
Si vous êtes à l’aise avec les marchés financiers, vous pouvez aussi choisir une gestion libre. Vous sélectionnez alors vous-même les supports d’investissement et leur répartition.
| Mode de gestion | Avantages | Inconvénients |
| Gestion pilotée | Gestion automatique ; risque réduit progressivement à l’approche de la retraite | Moins de contrôle sur les investissements ; frais parfois plus élevés |
| Gestion libre | Liberté de choisir ses supports ; stratégie personnalisable | Demande plus de connaissances et de suivi ; risque de mauvais arbitrages |
Quelle fiscalité pour les versements sur un PER individuel ?
L’avantage fiscal à l’entrée : déduire les versements du revenu imposable
Les versements volontaires réalisés sur un PER individuel jusqu’à 70 ans sont, par principe, déductibles du revenu imposable dans la limite de votre plafond disponible. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à partir de 70 ans restent possibles, sans ouvrir droit à cette déduction.
💡La déduction réduit votre revenu imposable, et non directement le montant de votre impôt.
Vous versez 5 000 € sur votre PER et disposez d’un plafond suffisant. Avec une tranche marginale d’imposition de 30 %, la déduction de ces 5 000 € représente, dans un calcul simplifié, une économie d’impôt pouvant atteindre 1 500 €.
L’intérêt fiscal dépend donc de votre tranche marginale d’imposition : plus celle-ci est élevée, plus la déduction d’un même versement produit un effet significatif !
Quels sont les plafonds de déduction du PER en 2026 ?
Pour les versements effectués en 2026 et déduits du revenu global, le plafond correspond au montant le plus élevé entre :
- 10 % des revenus professionnels de 2025, nets de cotisations sociales et de frais professionnels, avec une déduction maximale de 37 680 € ;
- 4 710 €, lorsque ce montant est plus favorable.
Votre plafond personnel figure sur votre avis d’impôt dans la rubrique “Plafond épargne retraite”. Un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune peut aussi choisir de mutualiser ses plafonds.
Depuis 2026, la durée de report des plafonds inutilisés passe de trois à cinq ans. Une période transitoire s’applique toutefois : un plafond acquis avant l’entrée en vigueur de la réforme conserve sa durée d’utilisation initiale. L’administration précise également que les versements :
- S’imputent d’abord sur le plafond de l’année ;
- Puis sur les reliquats disponibles (en commençant par le plus ancien).
Votre plafond de déduction 2026 atteint 5 500 €. Vous versez 7 000 € sur votre PER. Vous utilisez d’abord les 5 500 € disponibles au titre de 2026. Les 1 500 € restants peuvent ensuite s’imputer sur un plafond antérieur encore disponible.
Un plafond spécifique pour certains indépendants
Les travailleurs indépendants soumis à un régime réel disposent aussi d’un mécanisme de déduction des versements de leur revenu professionnel, dans les conditions de l’article 154 bis du CGI.
La limite correspond au montant le plus élevé entre :
- 10 % du bénéfice imposable retenu dans la limite de huit PASS, auxquels s’ajoutent 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre un et huit PASS ;
- 10 % du PASS.
💡 Le PASS atteint 48 060 € en 2026. Le minimum correspondant à cette formule s’élève donc à 4 806 €. Le plafond maximal théorique atteint 88 911 € pour un bénéfice au moins égal à huit PASS.
Cette règle reprend la logique autrefois associée au contrat Madelin, auquel le PER individuel a largement succédé pour l’épargne retraite des travailleurs non salariés.
Faut-il toujours choisir la déduction fiscale ?
Vous pouvez renoncer à la déduction fiscale de tout ou partie de vos versements volontaires. Ce choix réduit l’avantage à l’entrée et allège en contrepartie la fiscalité du capital récupéré à la sortie.
Prenons deux situations simples :
- Une personne imposée dans une tranche élevée peut tirer un avantage immédiat important de la déduction ;
- Une personne faiblement imposée peut accorder davantage de poids à la fiscalité future et choisir de verser sans déduction.
Le choix dépend donc de plusieurs facteurs :
- Votre taux d’imposition actuel ;
- Votre horizon d’épargne ;
- Votre situation prévue à la retraite ;
- Vos besoins de liquidité.
💡Le PER constitue une solution parmi d’autres au sein de la protection sociale et de la sécurité au travail, particulièrement pour les indépendants qui construisent eux-mêmes une partie de leur couverture.
Comment et quand récupérer son épargne ?
La sortie à la retraite : capital, rente ou les deux
À partir de l’âge de la retraite, vous pouvez généralement récupérer l’épargne issue de vos versements volontaires :
- Entièrement en capital ;
- Sous forme de rente viagère ;
- En combinant capital et rente.
👀 Le capital peut aussi être versé en plusieurs fois.
Les sommes provenant de cotisations obligatoires versées dans le troisième compartiment suivent des règles plus strictes et donnent en principe lieu à une rente.
La fiscalité appliquée à la sortie
Le traitement fiscal dépend essentiellement du choix effectué lors des versements :
| Situation | Capital correspondant aux versements | Gains |
| Versements déduits à l’entrée | Barème progressif de l’IR | PFU de 31,4 % en 2026, sauf option applicable pour le barème |
| Versements non déduits | Exonération d’IR et de prélèvements sociaux | PFU de 31,4 % en 2026, sauf option applicable |
⚠️Attention, car une sortie en rente suit un autre régime :
- Lorsque les versements ont été déduits, la rente relève du régime fiscal des pensions de retraite, avec l’abattement fiscal correspondant ;
- Lorsque les versements ont été effectués sans déduction, elle relève du régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction dépendant de l’âge du bénéficiaire entre alors dans l’assiette imposable.
La déduction fiscale à l’entrée constitue donc essentiellement un décalage de fiscalité dans le temps. Pour mesurer son intérêt, il faut comparer l’économie réalisée aujourd’hui avec l’imposition attendue lors du retrait.
Les cas de déblocage anticipé
Il est possible de débloquer son PER individuel avant la retraite dans certaines situations précises :
- L’achat de la résidence principale, hors sommes issues des cotisations obligatoires (la fiscalité dépend du choix de déduction effectué lors des versements) ;
- Le décès de l’époux, de l’épouse ou du partenaire de Pacs ;
- L’invalidité du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs ;
- Le surendettement ;
- L’expiration des droits à l’assurance chômage ;
- La cessation d’une activité indépendante à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire.
💡Les déblocages liés aux accidents de la vie bénéficient d’un régime plus favorable sur le capital.
Le PER reste relativement souple, même si l’épargne se destine en priorité à la retraite et que les possibilités de retrait anticipé sont limitées aux situations précises.
Transférer un ancien contrat vers un PER individuel
PERP, Madelin, article 83… Quels contrats peuvent être transférés ?
Le PER individuel a aussi été conçu pour regrouper une épargne retraite dispersée entre plusieurs anciens dispositifs.
Vous pouvez y transférer les droits issus :
- D’un PERP, ancien produit individuel d’épargne retraite ;
- D’un contrat Madelin, destiné notamment aux travailleurs non salariés ;
- D’un PERCO, ancien dispositif d’épargne retraite collectif en entreprise ;
- De certains contrats Préfon, Corem ou CRH, régimes de retraite supplémentaire ;
- D’un ancien contrat article 83, régime de retraite supplémentaire à cotisations obligatoires, lorsque vous n’êtes plus tenu d’y adhérer ;
- D’un autre PER individuel ou d’entreprise.
Notez qu’un transfert facilite souvent le suivi de votre épargne et réduit au passage le nombre de contrats à gérer. Il mérite toutefois une comparaison préalable des frais, supports disponibles et garanties. Aussi, un ancien contrat peut conserver certaines caractéristiques intéressantes qui disparaissent après le transfert.
Les frais et délais de transfert du PER
Le transfert d’un PER individuel récent vers un autre PER entraîne parfois des frais plafonnés à 1 % des droits acquis pendant les cinq premières années. Au-delà de cinq ans, ou quand le plan est arrivé à son échéance, le transfert devient gratuit.
Les règles diffèrent pour le transfert de certains anciens produits d’épargne retraite vers un PER. Depuis octobre 2024, les frais concernés sont plafonnés à 1 % des droits acquis et deviennent nuls après dix ans à compter du premier versement dans le contrat ou le plan d’origine.
💡 Un transfert peut prendre du temps : anticipez (surtout si vous prévoyez un besoin de liquidité) !
Le PER individuel est-il adapté à votre situation ?
Pour quels profils le PER individuel présente-t-il le plus d’intérêt ?
Le PER individuel s’adresse en priorité aux personnes en capacité d’épargner et qui souhaitent préparer leur retraite sur le long terme en profitant d’un avantage fiscal pendant leur vie active. Il est particulièrement intéressant si vous êtes fortement imposé et souhaitez réduire votre revenu imposable.
Gardez à l’esprit qu’ouvrir un PER suppose d’analyser votre situation personnelle et professionnelle dans son ensemble. En effet, le montant versé doit rester cohérent avec vos cotisations sociales, vos impôts, vos investissements professionnels et votre matelas de sécurité.
Quels sont les risques et limites du PER individuel ?
Malgré ses nombreux atouts, le PER individuel présente quelques contraintes qui peuvent vous impacter à différents niveaux :
- Une épargne peu disponible : hors cas de déblocage anticipé, les sommes restent bloquées jusqu’à la retraite ;
- Un risque de perte en capital : les unités de compte peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse. Même avec une gestion pilotée, le capital n’est pas garanti ;
- Des frais variables : frais sur versement, de gestion, d’arbitrage ou liés aux supports peuvent peser sur la performance à long terme ;
- Une fiscalité à la sortie : l’avantage obtenu à l’entrée peut entraîner une imposition plus importante au moment du retrait.
Avant d’ouvrir un PER individuel ou de transférer un ancien contrat, nous vous invitons à comparer les frais, les supports proposés, le mode de gestion et les conditions de sortie.
Rappelez-vous toujours que le PER individuel reste avant tout un placement financier de long terme. Son intérêt dépend par conséquent de votre niveau d’imposition, de votre horizon d’épargne et de votre capacité à immobiliser une partie de votre argent.
Des commentaires ou questions sur le PER individuel ? Laissez-nous un petit mot sous l’article, l’équipe d’Indy vous répondra dès que possible 🤗


