- L’achat d’une voiture est plus rentable pour les libéraux qui parcourent plus de 15 000 km par an, notamment en raison des limites de kilométrage imposées par les contrats de location ;
- Intégrer le véhicule au patrimoine professionnel permet de déduire plus de frais, mais les plus-values à la revente sont imposables. Dans le patrimoine personnel, les frais sont plus limités, mais les plus-values ne sont pas taxées ;
- L’achat, le crédit-bail (LOA) et la location longue durée (LLD) ont chacun des avantages fiscaux pour une location de voiture en profession libérale ;
- Les véhicules utilitaires offrent une déduction totale, tandis que les véhicules de tourisme sont soumis à des plafonds en fonction de leurs émissions de CO₂.
En tant que professionnel libéral, vous avez certainement besoin de vous déplacer dans l’exercice de votre activité. Professionnels médicaux et paramédicaux à domicile, photographes, avocats, interprètes, architectes… de nombreuses professions nécessitent l’utilisation d’un véhicule. Mais alors, comment acquérir un véhicule pour son activité libérale ? Faut-il acheter, ou la location de voiture en profession libérale (LOA, LLD) est-elle plus avantageuse ? Quelles sont les conséquences fiscales et comptables de chaque choix ? On vous explique tout, avec les règles en vigueur en 2026.

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Achat d’une voiture en profession libérale : plutôt achat personnel ou professionnel ?
Lors de l’acquisition d’un véhicule, le premier choix important à faire est celui de son intégration dans le patrimoine personnel ou professionnel. Même si, en tant que professionnel libéral en entreprise individuelle, vous exercez en votre nom, votre activité dispose de son propre patrimoine professionnel.
Ce choix aura des répercussions fiscales et comptables importantes, qu’il est essentiel de bien comprendre avant de se lancer. Pour un tour d’horizon complet du sujet, retrouvez notre guide dédié à l’achat de voiture en profession libérale.
Bon à savoir : si vous inscrivez votre véhicule dans le patrimoine professionnel de votre entreprise, vous devrez obligatoirement déduire vos frais réels. Le barème kilométrique ne sera donc plus applicable.
Vous décidez d’intégrer le véhicule à votre patrimoine professionnel
Les conséquences
Si vous choisissez d’affecter le véhicule à votre patrimoine professionnel, la majorité des frais liés à son usage seront déductibles de votre bénéfice imposable. Nous pensons notamment à :
- L’amortissement du véhicule ;
- Les intérêts d’emprunt ;
- L’assurance ;
- L’entretien et les réparations ;
- Le carburant et autres frais d’utilisation.
Les frais liés au véhicule sont déductibles en fonction de son usage professionnel.
Si vous utilisez votre voiture aussi bien pour votre activité que pour des besoins personnels, il est important de définir un pourcentage d’utilisation professionnelle. Par exemple, si vous estimez que 75 % de vos déplacements sont professionnels, vous pourrez déduire uniquement 75 % des dépenses liées au véhicule.
Vous avez dépensé 4 000 € en frais de véhicule cette année. Si vous l’utilisez à 75 % pour votre activité, vous pourrez déduire 3 000 € de charges.
Enfin, si vous revendez le véhicule plus cher que sa valeur comptable, vous réalisez une plus-value. Cette dernière sera en principe imposable, car considérée comme un revenu professionnel.
Il existe néanmoins des exceptions sur ces plus-values : selon l’article 151 septies du Code général des impôts, une exonération de plus value est possible sous conditions, appréciées sur la moyenne des recettes HT des deux années civiles précédant l’année de réalisation de la plus-value :
- Elle est totale si vous exercez depuis plus de 5 ans et que cette moyenne est inférieure à 90 000 € ;
- Elle est partielle (dégressive) si cette moyenne est comprise entre 90 000 € et 126 000 €.
Pour consulter l’article, cliquez juste ici.
Bon à savoir : Si vous êtes éligible à cette exonération, l’intégration dans le patrimoine professionnel est généralement plus avantageuse.
Zoom sur l’amortissement comptable du véhicule
Quand vous achetez un véhicule pour votre activité professionnelle, il ne s’agit pas d’une dépense ponctuelle comme un plein d’essence ou une réparation. C’est un investissement sur plusieurs années.
Plutôt que de déduire tout le prix d’un coup, vous avez la possibilité de profiter d’un mécanisme pour répartir ce coût dans le temps : c’est ce qu’on appelle l’amortissement.
Mais pourquoi amortir un véhicule ? Un véhicule perd de la valeur avec le temps : usure, kilométrage, vieillissement… L’amortissement sert justement à refléter cette perte de valeur chaque année dans votre comptabilité, et à la déduire progressivement de vos revenus imposables.
Vous achetez une voiture 15 000 €, que vous utilisez pour votre activité pendant 5 ans. L’amortissement linéaire vous permet de déduire chaque année une partie de cette somme :
15 000 € ÷ 5 ans = 3 000 € par an
Ainsi, pendant 5 ans, vous pourrez déduire 3 000 € de charges par an liées à l’amortissement de votre véhicule.
Chaque année, la valeur comptable de votre voiture diminue :
- Après 1 an : 12 000 € ;
- Après 2 ans : 9 000 € ;
- Après 3 ans : 6 000 € ;
- Et ainsi de suite, jusqu’à 0 € au bout de 5 ans, moment où le véhicule est totalement amorti.
C’est cette valeur comptable qui va définir la plus-value ou la moins-value de votre véhicule à sa revente : si vous le vendez plus cher que sa valeur comptable, c’est une plus-value, alors que si vous le vendez moins cher que sa valeur comptable, c’est une moins-value.
Si vous achetez le véhicule à votre nom propre
Si vous préférez conserver le véhicule dans votre patrimoine privé, la logique s’inverse : vous ne pourrez pas déduire les frais comme l’amortissement, les intérêts d’emprunt, l’assurance, ou encore la carte grise.
En revanche, certaines dépenses d’utilisation peuvent être partiellement déduites si elles sont engagées pour l’activité :
- Le carburant ;
- L’entretien courant (vidange, pneus…) ;
- Les petites réparations.
De plus, en cas de revente du véhicule, vous ne serez pas imposé sur la plus-value, puisque le bien est considéré comme personnel.
Patrimoine personnel ou professionnel : quel choix est le plus avantageux pour un achat de voiture en profession libérale ?
| Critères | Patrimoine professionnel | Patrimoine personnel |
| Déduction des frais | Frais réels uniquement : amortissement, carburant, assurance, entretien, intérêts d’emprunt, au prorata de l’usage pro | Deux options : barème kilométrique (simple, mais plafonné) ou frais réels (carburant, entretien, réparations) |
| Amortissement du véhicule | ✅ Oui, sur plusieurs années | ❌ Non, considéré comme un bien personnel |
| Intérêts d’emprunt | ✅ Déductibles | ❌ Non déductibles |
| Assurance, carte grise, etc. | ✅ Déductibles | ❌ Non déductibles |
| Revente du véhicule | ⚠️ Plus-value imposable (sauf exonération possible) | ✅ Pas de fiscalité sur la plus-value (bien personnel) |
| Profil idéal | 🚗 Usage professionnel majoritaire (ex. +15 000 km/an) | 🚗 Usage mixte ou occasionnel pour l’activité |
Location de voiture en profession libérale : quelles solutions pour l’acquérir ?
Il existe trois solutions de financement pour l’acquisition de votre véhicule professionnel : l’achat (avec ou sans emprunt), le crédit-bail et la location longue durée. La location de voiture en profession libérale séduit de plus en plus d’indépendants, car elle évite d’immobiliser de la trésorerie professionnelle tout en offrant des avantages fiscaux spécifiques.
L’achat classique d’une voiture en profession libérale
L’achat classique, financé par un apport personnel et/ou un emprunt, vous permet de déduire entièrement les amortissements linéaires et les intérêts d’emprunts, à condition que le véhicule soit utilisé pour votre activité libérale et enregistré dans le patrimoine professionnel.
Attention cependant, une limite existe pour les véhicules de tourisme, nous y reviendrons dans la partie sur le choix du véhicule.
Le crédit-bail (LOA), une option de location pour profession libérale
Le crédit-bail, la location avec option d’achat (LOA) et le leasing désignent tous trois le même type de location.
Ici, vous louez un véhicule avec la possibilité de l’acheter à la fin du contrat. Pendant la période de location, vous n’êtes donc pas propriétaire du véhicule, mais vous pouvez le devenir par la suite en levant l’option d’achat.
Le paiement se fait sous forme de loyers mensuels.
Généralement, le coût total de la location plus l’achat est supérieur au prix d’achat direct du véhicule. Cependant, les loyers mensuels sont souvent moins élevés que les remboursements d’un emprunt classique.
Ce mode de financement peut être particulièrement adapté si vous avez une petite activité, car il offre plus de souplesse et nécessite moins d’investissement initial.
La LLD, l’autre solution de location de voiture en profession libérale
En location longue durée, vous louez un véhicule sans jamais en devenir propriétaire. À la fin du contrat, vous devez restituer la voiture au loueur.
Le paiement s’effectue sous forme de loyers mensuels.
En LLD, tout comme pour le crédit-bail ou la LOA, vous ne comptabilisez ni amortissement, ni intérêts d’emprunt. Seuls les loyers de location et les frais d’entretien sont pris en compte et déductibles en charges. Cela simplifie la gestion comptable de votre véhicule, un point à ne pas négliger dans le respect de vos obligations comptables en profession libérale.
Notez toutefois que, comme pour les véhicules achetés, les frais de location déductibles sont plafonnés pour les véhicules de tourisme.
Quel type de véhicule professionnel choisir ?
Deux choix possibles
Vous pouvez choisir entre deux catégories principales de véhicules :
- Les véhicules de tourisme : qui correspondent aux voitures classiques, souvent utilisées en ville, que tout particulier peut acheter ;
- Les véhicules utilitaires : conçus pour un usage professionnel spécifique (tels que les fourgons, camionnettes, pick-ups, ou encore les camions).
Des plafonds d’amortissement
Les véhicules utilitaires permettent de déduire intégralement leur prix d’achat ou les loyers liés à leur financement, sans limitation.
En revanche, pour les véhicules de tourisme, la déduction fiscale est plafonnée en fonction de leurs émissions de CO₂ et de la date d’acquisition ou de location du véhicule. C’est ce qu’on appelle l’amortissement excédentaire, une règle fixée par l’article 39-4 du Code général des impôts (CGI).
Voici le barème applicable en 2026 :
| Année d’acquisition ou de location du véhicule | 9 900 € | 18 300 € | 20 300 € | 30 000 € |
| Avant le 1er janvier 2021 | Supérieures à 165g | De 50g à 165g | De 20g à 49g | De 0g à 19g |
| Depuis le 1er janvier 2021 | Supérieures à 160g | De 50g à 160g | De 20g à 49g | De 0g à 19g |
Pour un véhicule acheté ou pris en location en 2026, vous pourrez déduire fiscalement que :
- 30 000€ s’il émet entre 0g et 19g de CO₂/km ;
- 20 300€ s’il émet entre 20g et 49g de CO₂/km ;
- 18 300 € s’il émet entre 50g et 160g de CO₂/km ;
- 9 900€ s’il émet plus de 160g de CO₂/km.
Ce barème est voué à évoluer chaque année, pour inciter les professionnels à investir dans des véhicules moins polluants.
Bon à savoir : ce plafond s’applique aussi bien à l’achat qu’à la location de voiture en profession libérale (LOA, LLD). Si vous louez, la part de loyer correspondant à l’amortissement excédentaire du bailleur doit être réintégrée dans votre résultat imposable, selon les mêmes règles que pour un achat.
Soyez très vigilant aux effets de seuil, le véhicule doit absolument être sous le seuil de pollution pour bénéficier de l’amortissement correspondant !
Notre conseil : Si votre activité le permet, optez pour le 100 % électrique : ce choix vous permet non seulement de bénéficier du plafond d’amortissement le plus élevé (30 000 €), mais vous pourrez également amortir le montant de la batterie.
Vous achetez en 2026 une voiture particulière à 30 000 €, qui émet 100 g de CO₂/km.
Vous choisissez de l’amortir sur 5 ans : 30 000 € ÷ 5 = 6 000 € par an.
Mais le plafond fiscal pour ce niveau d’émission est de 18 300 €. Vous ne pouvez donc déduire que 3 660 € par an (18 300 € ÷ 5).
Les 2 340 € restants (6 000 € – 3 660 €) sont non déductibles et doivent être réintégrés dans votre résultat imposable chaque année.
En bref, un véhicule utilitaire est souvent plus intéressant si vous l’utilisez presque exclusivement pour votre activité professionnelle. Mais dans la réalité, votre voiture vous sert aussi au quotidien, pour vos déplacements personnels ou familiaux. Dans ce cas, un véhicule de tourisme est généralement plus adapté. L’aspect pratique de l’usage personnel l’emporte souvent sur l’avantage fiscal pur.
Le saviez-vous ? Depuis 2022, la TVS a été remplacée par deux taxes annuelles distinctes : la taxe sur les émissions de CO2 et la taxe sur les émissions de polluants atmosphériques. Les entreprises individuelles en sont exonérées, mais cette exonération n’est pas automatique ni inconditionnelle : elle est soumise au respect du plafond européen des aides « de minimis », fixé à 300 000 € sur 3 exercices fiscaux glissants. Au-delà de ce plafond, les taxes restent dues.
En résumé, le choix entre acheter ou opter pour une location de voiture en profession libérale dépend surtout de votre usage annuel et de vos priorités fiscales.
Intégrer le véhicule à votre patrimoine pro ouvre plus de possibilités de déductions, mais peut aussi générer une imposition à la revente.
À l’inverse, louer votre véhicule (LOA ou LLD) limite les charges déductibles à l’amortissement, tout en offrant plus de souplesse et un meilleur lissage de votre trésorerie.
| Critères | Achat d’un véhicule professionnel | Location (LOA / LLD) | Véhicule personnel utilisé à titre professionnel |
| Propriété de l’entreprise individuelle | Oui, véhicule inscrit à l’actif de l’entreprise | Non, véhicule loué, propriété du bailleur | Non, véhicule personnel |
| Déduction fiscale | Amortissement sur la valeur d’achat + charges réelles (entretien, assurance, carburant) | Loyers mensuels déductibles en totalité si usage pro exclusif | Frais liés à l’usage professionnel (carburant, péages, etc.) |
| Récupération de la TVA | Possible sur le véhicule utilitaire et sur certains véhicules particuliers sous conditions (usage > 50 % pro) | Possible sur les loyers dans les mêmes conditions que pour l’achat | Pas de récupération de TVA sur véhicule personnel |
| Impact sur la trésorerie | Investissement initial important (achat + frais annexes) | Coût lissé dans le temps, pas d’investissement initial important | Pas d’investissement ou frais fixes liés au véhicule |
| Flexibilité | Moins flexible, revente parfois longue ou complexe | Contrat limité dans le temps, possibilité de changer facilement de véhicule | Usage entièrement flexible |
| Fiscalité à la revente | Plus-value ou moins-value possible selon prix de revente | Pas de revente, pas d’impact fiscal direct | Pas concerné |
| Risques et contraintes | Usure, coût de revente et gestion | Engagement contractuel, limites kilométriques, pénalités en cas de non-respect | Justificatifs à fournir pour frais réels ou indemnités, limites liées à usage personnel/pro |
Que vous optiez pour le barème kilométrique ou pour les frais réels, ces calculs peuvent vite devenir un casse-tête. Avec Indy, plus besoin de vous en soucier : vous renseignez simplement les informations sur votre véhicule et son utilisation, et le logiciel se charge de calculer automatiquement le montant à déduire de vos charges.
Pour aller plus loin dans la gestion de votre activité, pensez aussi à vous renseigner sur d’autres aspects de votre profession libérale : le calcul de vos honoraires ou encore l’attribution de chèques-vacances si vous employez des salariés.
Des interrogations au sujet de cet article ? Nous vous répondons dans les commentaires !
