- La holding SARL permet de détenir et piloter une ou plusieurs sociétés depuis une structure unique, tout en protégeant en principe le patrimoine personnel des associés ;
- Elle peut offrir des avantages fiscaux, notamment grâce au régime mère-fille et, sous conditions, à l’intégration fiscale ;
- La SARL convient particulièrement aux holdings familiales ou aux groupes fermés, tandis que la SAS est souvent plus adaptée aux projets de croissance et à l’entrée d’investisseurs ;
- Créer une holding SARL implique de rédiger des statuts adaptés, de déposer le capital, de publier une annonce légale et d’immatriculer la société via le guichet unique de l’INPI.
La holding permet d’organiser la détention de plusieurs sociétés au sein d’une même structure. Constituée sous la forme d’une holding SARL, elle offre un cadre juridique sécurisant et peut ouvrir l’accès à certains dispositifs fiscaux souvent pertinents pour les entrepreneurs. Fonctionnement, avantages, inconvénients, création : découvrez tout ce qu’il faut savoir avant de vous lancer dans les grandes étapes !

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Qu’est-ce qu’une holding SARL ?
Définition
Une holding SARL est une société à responsabilité limitée dont l’activité principale consiste à détenir des parts ou actions dans d’autres entreprises. Une holding devient la société-mère, les entreprises détenues sont quant à elles appelées filiales ou sociétés-filles.
Plus concrètement, la holding se place au-dessus des sociétés opérationnelles. Elle peut ainsi détenir une seule filiale ou plusieurs sociétés.
La SARL sert alors de société-mère. Elle peut :
- Centraliser les décisions stratégiques ;
- Percevoir les dividendes versés par les filiales ;
- Financer de nouveaux projets ;
- Organiser la transmission du groupe ;
- Faciliter le rachat d’une société.
La SARL présente aussi un cadre juridique connu et sécurisant pour les entrepreneurs qui se jettent dans le grand bain. En effet, les associés limitent en principe leur responsabilité au montant de leurs apports. Si un associé apporte 5 000 € au capital de la holding, son risque financier se limite en principe à cette somme.
À savoir : une SARL peut compter jusqu’à 100 associés (article L223-3 du Code de commerce).
La holding passive vs la holding animatrice : quelle différence ?
La holding passive
La holding passive se limite à détenir des titres et à percevoir les dividendes de ses filiales, sans intervenir dans leur gestion. Elle agit donc comme une structure patrimoniale.
La holding animatrice
La holding animatrice participe quant à elle activement à la stratégie du groupe. Elle contrôle ses filiales et leur fournit des services (gestion, finance, RH, stratégie).
Cette distinction est importante car la holding animatrice peut bénéficier de certains avantages fiscaux ou patrimoniaux, à condition que son rôle soit clairement démontré (documents, conventions, décisions, etc.).
Quels sont les avantages d’une holding SARL ?
Centraliser le contrôle de plusieurs sociétés
La holding SARL permet de regrouper plusieurs sociétés sous une même structure. Au lieu de détenir directement des parts dans chaque entreprise, les associés détiennent les parts de la holding, qui détient elle-même les filiales.
Ce montage simplifie l’organisation du groupe. Il permet aussi de prendre les décisions stratégiques depuis une société mère : investissements, financements, recrutements, acquisitions ou transmission.
Proposer un cadre juridique sécurisé
La SARL offre un cadre juridique clair et encadré par la loi. Les règles de fonctionnement sont donc plus prévisibles, notamment sur les pouvoirs du gérant, les décisions collectives ou les cessions de parts sociales.
C’est un avantage pour les groupes fermés ou familiaux, qui souhaitent garder la main sur leur capital. Les associés peuvent ainsi :
- Contrôler l’entrée de nouveaux membres ;
- Limiter les mouvements de parts ;
- Organiser une gouvernance stable.
Faire remonter les dividendes avec une fiscalité allégée
La holding SARL peut aussi présenter un avantage fiscal important en cas d’option pour le régime mère-fille. Ce dispositif permet à la holding de percevoir les dividendes de ses filiales avec une imposition réduite.
Avec ce régime, 95 % des dividendes versés par la filiale sont exonérés d’impôt sur les sociétés. Seule une quote-part de 5 % reste réintégrée dans le résultat imposable de la holding.
Pour en bénéficier :
- La holding et la société fille doivent être soumises à l’impôt sur les sociétés ;
- La holding doit détenir au moins 5 % du capital de la filiale ;
- Elle doit conserver les titres pendant au moins 2 ans, ou s’engager à le faire.
Cette trésorerie peut ensuite servir à :
- Financer une nouvelle filiale ;
- Rembourser un emprunt ;
- Investir dans du matériel ;
- Soutenir le développement du groupe.
La holding peut aussi opter pour le régime de l’intégration fiscale si elle détient au moins 95 % du capital de ses filiales. Ce régime, bien que jugé parfois complexe d’un point de vue comptable et fiscal, permet de compenser les bénéfices et les pertes entre sociétés du groupe.
Racheter une entreprise grâce au montage LBO
La holding SARL peut aussi servir à racheter une entreprise avec un montage LBO, ou rachat avec effet de levier.
Le principe est simple : la holding emprunte pour acheter une société, puis utilise les dividendes versés par cette société pour rembourser progressivement l’emprunt.
Ce montage permet de limiter l’apport personnel et de financer une acquisition grâce aux revenus futurs de l’entreprise rachetée. Il demande toutefois une vraie prudence : la société cible doit générer assez de trésorerie pour poursuivre son activité tout en versant des dividendes. Un endettement trop élevé peut fragiliser l’ensemble du groupe.
La holding SARL convient particulièrement aux rachats dans un cadre familial, patrimonial ou entrepreneurial stable.
Protéger son patrimoine personnel
Comme toute SARL, la holding SARL limite en principe la responsabilité des associés au montant de leurs apports.
⚠️ Cette protection connaît toutefois des limites. Elle peut être remise en cause en cas de :
- Faute de gestion ;
- Confusion entre patrimoine personnel et professionnel ;
- Si vous vous portez caution personnelle auprès d’une banque (c’est souvent le cas lorsque la holding emprunte pour financer un rachat).
Quels sont les inconvénients d’une holding SARL ?
Des conditions d’accès strictes aux régimes fiscaux avantageux
Les avantages fiscaux d’une holding SARL restent soumis à des conditions précises :
- Le régime mère-fille, par exemple, suppose que la holding détienne au moins 5 % du capital de sa filiale et conserve les titres pendant au moins 2 ans ;
- L’intégration fiscale est encore plus exigeante : la holding doit détenir au moins 95 % du capital des sociétés intégrées, avec un suivi comptable et fiscal rigoureux.
Ces conditions doivent ainsi être anticipées dès la création, car une holding qui détient seulement 4 % d’une filiale ne peut pas bénéficier du régime mère-fille sur les dividendes reçus. La fiscalité de la holding doit donc être pensée avant la constitution de la société et pas seulement au moment de la première distribution.
Une structure moins souple pour accueillir de nouveaux associés
La SARL peut compter jusqu’à 100 associés. Ce plafond convient aux holdings familiales ou aux groupes fermés, avec peu d’associés. Il peut toutefois devenir contraignant si la holding souhaite accueillir de nombreux investisseurs.
L’entrée de nouveaux associés est aussi plus encadrée qu’en SAS. En SARL, la cession de parts sociales à un tiers nécessite en principe l’agrément des associés. Cette règle protège la stabilité du capital puisque les associés contrôlent les arrivées au sein de la société.
En contrepartie, elle peut ralentir certaines opérations. Une cession de parts implique souvent un acte de cession, une procédure d’agrément, un enregistrement et parfois une mise à jour des statuts.
La SARL reste donc adaptée aux projets où le contrôle prime sur la rapidité d’évolution !
Des frais de fonctionnement à mettre en regard des économies fiscales
Créer une holding SARL entraîne des frais de création, puis des frais de gestion réguliers. Il faut notamment prévoir :
- La rédaction des statuts ;
- La publication d’une annonce légale ;
- Le dépôt du capital et l’immatriculation ;
- La tenue de la comptabilité ;
- Les déclarations fiscales et le dépôt des comptes ;
- Les frais bancaires et éventuels honoraires de conseil.
Ces coûts doivent être comparés aux économies attendues. Si les dividendes remontés à la holding restent faibles, l’intérêt fiscal peut être limité. La holding SARL doit donc répondre à une vraie stratégie : organiser un groupe, préparer une transmission, financer un rachat ou accompagner un développement.
Comment créer une holding SARL ?
Rédiger les statuts et définir l’objet social
Les étapes de création d’une holding SARL commencent par la rédaction des statuts. Ce document fixe les principales règles de fonctionnement de la société : capital, apports, répartition des parts, pouvoirs du gérant, règles de décision et modalités de cession.
L’objet social doit être rédigé avec soin, car il précise le rôle de la holding :
- Pour une holding passive : la prise de participations, la gestion des titres et la perception des revenus associés ;
- Pour une holding animatrice : l’animation du groupe et la réalisation de prestations au profit des filiales, comme la direction, la stratégie, la gestion administrative, la comptabilité ou les ressources humaines.
Les statuts peuvent aussi intégrer des clauses utiles pour protéger le capital : agrément, préemption, transmission ou sortie d’un associé. Elles permettent de :
- Contrôler l’entrée de nouveaux associés ;
- Anticiper certaines situations familiales ou patrimoniales ;
- Limiter les blocages.
Déposer le capital social
Une fois les statuts rédigés, les associés doivent constituer le capital social. La SARL n’impose aucun capital minimum ; il est donc possible de créer une holding SARL avec un capital faible.
En pratique, un capital trop faible peut nuire à la crédibilité de la holding, surtout si elle doit emprunter pour racheter une société. Les banques et partenaires financiers examinent souvent le montant du capital, les apports en compte courant et la solidité du projet global.
Les apports peuvent prendre plusieurs formes :
- Des apports en numéraire, c’est-à-dire de l’argent ;
- Des apports en nature, comme des titres de sociétés déjà détenues ;
- Des apports en compte courant d’associé, pour renforcer la trésorerie sans augmenter le capital.
Le dépôt du capital s’effectue auprès d’une banque, d’un notaire ou d’un établissement habilité. Une attestation de dépôt des fonds est ensuite remise aux associés.
Publier une annonce légale
La création doit aussi faire l’objet d’une publication dans un journal d’annonces légales (JAL). Cette annonce payante, à intégrer dans vos coûts, informe les tiers de la constitution de la société.
Elle mentionne notamment la dénomination sociale, la forme juridique, le capital, le siège, l’objet social, la durée et l’identité du gérant.
Immatriculer la société
Dernière étape commune à toute création d’entreprise : l’immatriculation.
Le dossier d’immatriculation doit être complété sur le guichet unique de l’INPI. Il comprend notamment :
- Les statuts signés ;
- L’attestation de dépôt des fonds ;
- L’attestation de parution de l’annonce légale ;
- La déclaration des bénéficiaires effectifs ;
- Les justificatifs relatifs au gérant.
Une fois le dossier validé, la holding reçoit son extrait Kbis : ce document atteste qu’elle existe officiellement et peut ouvrir son compte bancaire définitif, acquérir des titres, signer des conventions avec ses filiales et, le plus important, commencer son activité !
Holding SARL ou SAS : laquelle choisir ?
La SARL pour une structure fermée et une gouvernance encadrée
Le statut juridique de la SARL convient aux projets qui privilégient la stabilité : holding familiale, petit groupe d’associés, patrimoine professionnel à transmettre ou volonté de contrôler l’entrée au capital.
Son principal avantage réside dans son cadre juridique. La loi encadre largement son fonctionnement : pouvoirs du gérant, décisions collectives, cession des parts sociales… Les associés bénéficient donc d’une gouvernance claire et sécurisée.
La SARL peut aussi être intéressante sur le plan social. Le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non salariés (TNS), avec des cotisations souvent plus faibles que celles d’un président de SAS assimilé salarié. En contrepartie, sa protection sociale est moins complète.
⚠️ Un point reste à surveiller : les dividendes du gérant majoritaire peuvent être soumis à cotisations sociales pour la fraction qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et du compte courant d’associé. Ce système peut réduire l’intérêt de la SARL si la stratégie repose sur d’importantes distributions.
La SARL est donc adaptée aux holdings fermées et stables, où le contrôle prime sur la flexibilité.
La SAS pour plus de flexibilité
La holding SAS offre une plus grande liberté d’organisation. Les associés peuvent aménager la gouvernance dans les statuts : président, directeur général, comité stratégique, droits de vote spécifiques, actions de préférence ou clauses adaptées aux investisseurs.
Cette souplesse convient aux projets de croissance :
- Levée de fonds ;
- Entrée de nouveaux associés ;
- Acquisitions successives ;
- Ouverture du capital.
Les actions d’une SAS sont généralement plus faciles à vendre ou à transmettre que les parts sociales d’une SARL. Les associés peuvent toutefois prévoir dans les statuts des règles pour contrôler l’arrivée de nouveaux investisseurs ou limiter la vente des titres.
La SAS peut enfin être plus avantageuse en cas de distribution de dividendes. Les dividendes versés au président de SAS ne supportent pas de cotisations sociales, contrairement aux dividendes du gérant majoritaire de SARL au-delà du seuil de 10 %. Ils restent toutefois soumis à la fiscalité classique des revenus de capitaux mobiliers.
La SAS convient donc davantage aux holdings évolutives, ouvertes ou orientées croissance. Sa souplesse impose toutefois une rédaction des statuts particulièrement soignée.
En résumé :
| Critère | Holding SARL | Holding SAS |
| Gouvernance | Encadrée par la loi | Très flexible |
| Nombre d’associés | 100 maximum | Pas de plafond équivalent |
| Cession des titres | Encadrée et rigide | Plus souple |
| Profil adapté | Holding familiale ou patrimoniale | Holding de croissance ou avec investisseurs |
| Dirigeant | Gérant | Président |
| Régime social fréquent | TNS si gérant majoritaire | Assimilé salarié |
| Dividendes du dirigeant | Cotisations possibles au-delà de 10 % | Pas de cotisations sociales |
Si vous souhaitez créer une structure stable, familiale et protectrice, la SARL peut être le bon choix. Si vous prévoyez une ouverture du capital, une levée de fonds ou une croissance externe ambitieuse, la SAS offre souvent plus de marge de manœuvre.
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