- La SAS holding permet de détenir, piloter et financer plusieurs sociétés depuis une structure unique ;
- Elle donne accès à des avantages fiscaux importants, comme le régime mère-fille ou l’intégration fiscale ;
- Elle facilite la gestion de groupe, la remontée des dividendes et la préparation de la transmission d’entreprise ;
- Sa souplesse juridique en fait l’une des formes de holding les plus utilisées en France ;
- Une structuration rigoureuse reste indispensable pour sécuriser les avantages recherchés.
Développer plusieurs activités, préparer une transmission, structurer un groupe : la holding répond à ces trois besoins. Parmi les formes juridiques possibles, la SAS holding s’impose souvent grâce à sa souplesse et à ses atouts fiscaux. Elle facilite la gestion de plusieurs sociétés, optimise les flux financiers du groupe, et prépare le terrain pour les projets patrimoniaux. Son fonctionnement mérite néanmoins d’être bien compris avant sa mise en place !

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Qu’est-ce qu’une SAS holding ?
Définition d’une holding
Une holding est une société dont l’objet principal est de détenir des participations dans d’autres sociétés, appelées filiales. Elle contrôle, anime ou finance ces entités depuis un échelon supérieur. La holding devient alors la société mère du groupe.
Anna possède une agence marketing et souhaite lancer une activité de formation. Plutôt que de détenir directement les deux sociétés, elle crée une holding qui possède 100% des parts des deux structures. La holding devient alors l’actionnaire principal du groupe.
Contrairement à une idée reçue, la holding n’est pas un statut juridique. Il s’agit d’une fonction exercée par une société. Une holding peut donc prendre différentes formes : SAS, SARL, SA ou encore SCI dans certains cas particuliers.
Pourquoi choisir la SAS comme forme juridique pour une holding ?
La forme de la SAS (société par actions simplifiée) plaît aux entrepreneurs pour deux raisons principales :
- Ses statuts sont librement rédigés : vous définissez vous-même les règles de gouvernance, les modalités d’entrée ou de sortie des associés et les droits de vote attachés à chaque catégorie d’actions ;
- Le président de la SAS est assimilé salarié, ce qui lui ouvre les droits à une excellente couverture sociale, même si cela implique des cotisations sociales plus élevées qu’un travailleur non-salarié (TNS).
💡Chaque projet étant unique, le choix du statut juridique mérite une réflexion approfondie. Nos experts chez Indy peuvent vous accompagner pour identifier la structure la plus adaptée à vos objectifs.
Holding pure vs holding animatrice : quelle différence ?
On distingue généralement deux grandes catégories de holdings :
- La holding pure se contente de détenir des titres et de percevoir des revenus financiers. Elle n’intervient pas dans la gestion des filiales ;
- La holding animatrice, au contraire, participe activement à la politique de groupe. Elle fournit des services (comptabilité, ressources humaines, marketing) à ses filiales et facture ces prestations.
Cette distinction a des conséquences fiscales importantes, notamment pour l’imposition de la holding. La holding animatrice peut bénéficier d’avantages réservés aux sociétés opérationnelles (comme des exonérations sur les cessions d’actifs), à condition de prouver son rôle actif auprès de l’administration fiscale.
Quels sont les avantages fiscaux et patrimoniaux d’une SAS holding ?
Le régime mère-fille : remonter les dividendes presque sans impôt
Le régime mère-fille constitue l’un des principaux intérêts d’une holding. Avec ce régime, les dividendes reçus sont exonérés d’impôt sur les sociétés, à l’exception d’une quote-part de frais et charges forfaitaire de 5 %.
Chiffres à l’appui : si la filiale remonte 100 000 € de dividendes, seuls 5 000 € sont réintégrés au résultat taxable de la holding, soit une imposition effective d’environ 1 250 € (taux IS à 25 %). Sans ce régime, les mêmes dividendes subiraient 25 000 € d’IS. L’économie est immédiate et structurelle.
Pour bénéficier de ce régime, deux conditions principales doivent être remplies :
- Détenir au moins 5 % du capital de sa filiale depuis plus de deux ans ;
- Les deux sociétés sont soumises à l’impôt sur les sociétés (IS).
L’intégration fiscale pour mutualiser les résultats du groupe
Lorsque la holding détient au moins 95 % du capital d’une filiale, elle peut opter pour le régime d’intégration fiscale. Le groupe forme alors une unité fiscale unique : les bénéfices d’une entité compensent les déficits d’une autre avant calcul de l’IS global.
L’économie fiscale est concrète, surtout en phase de démarrage ou de restructuration.
Imaginons une holding déficitaire (-50 000 €) et une filiale bénéficiaire (+200 000 €) :
- Sans intégration, la filiale paie l’IS sur 200 000 € ;
- Avec intégration, la base taxable tombe à 150 000 €.
💡 L’intégration fiscale et le régime mère-fille sont compatibles.
L’optimisation de la rémunération du dirigeant
La holding offre davantage de souplesse dans la gestion des revenus du dirigeant. Selon la situation, celui-ci peut combiner :
- Rémunération en salaire ;
- Dividendes ;
- Prestations de direction ;
- Remontées de trésorerie.
En pilotant ces deux flux, le dirigeant :
- Lisse sa rémunération ;
- Réduit son exposition aux cotisations sociales sur les dividendes ;
- Adapte sa stratégie fiscale à chaque exercice.
La protection du patrimoine personnel via la séparation des actifs
La création d’une holding permet également de mieux organiser le patrimoine professionnel. La SAS bénéficie de la responsabilité limitée : les associés ne répondent des dettes sociales qu’à hauteur de leurs apports.
En logeant les actifs stratégiques (immobilier d’exploitation, trésorerie, brevets) dans la holding plutôt que dans la filiale opérationnelle, vous les isolez des risques liés à l’activité courante. Si la filiale fait face à des difficultés, les actifs de la holding restent protégés.
Pour faire simple, la séparation facilite :
- La gestion de vos investissements ;
- Les opérations de croissance externe ;
- La détention de plusieurs activités ;
- La préparation de projets patrimoniaux.
La transmission d’entreprise facilitée par le pacte Dutreil
Le pacte Dutreil (article 787 B du CGI) permet de transmettre des titres de société en bénéficiant d’une exonération de droits de mutation à hauteur de 75% de la valeur des titres transmis, sous conditions d’engagement collectif et individuel de conservation.
La SAS holding constitue un véhicule particulièrement adapté à ce dispositif : elle regroupe les titres des filiales opérationnelles, et la transmission s’effectue à l’échelon de la holding sans nécessiter de démembrer chaque filiale séparément.
💡 Pour les entrepreneurs qui anticipent la transmission de leur entreprise, le pacte Dutreil mérite souvent une étude approfondie avec un expert-comptable ou un notaire.
Quels sont les inconvénients et limites à connaître ?
Des coûts de gestion et de comptabilité plus élevés
La SAS holding reste une société à part entière. Elle a ses propres :
- Obligations comptables ;
- Déclarations fiscales (IS, TVA le cas échéant) ;
- Assemblées générales ;
- Comptes annuels à déposer au greffe.
En pratique, cela signifie au moins deux jeux de comptes à produire chaque année (holding + filiale), soit un coût d’expertise-comptable doublé par rapport à une structure simple.
Les frais de domiciliation, d’assurance, de secrétariat juridique s’additionnent également. Avant de se lancer, il faut évaluer si les économies fiscales réalisées compensent ces charges supplémentaires.
🎉 Indy s’occupe désormais de la comptabilité des holdings pour simplifier – encore et toujours – la gestion comptable et fiscale des entrepreneurs.
Une complexité administrative à ne pas sous-estimer
Gérer un groupe implique de :
- Coordonner les décisions entre plusieurs entités ;
- Assurer un suivi rigoureux des flux financiers entre les sociétés ;
- Formaliser certaines opérations intragroupe (facturation de services, avances de trésorerie, prêts entre sociétés, etc.).
Si la holding facture des services à sa filiale (gestion administrative, comptabilité, direction, RH, etc.), ces prestations doivent être réelles, justifiées et facturées à un prix cohérent avec le marché. À défaut, l’administration fiscale peut remettre en cause l’opération lors d’un contrôle.
🤝 L’accompagnement d’un spécialiste dès la phase de création est fortement recommandé pour sécuriser ces flux et éviter les erreurs de gestion qui pourraient remettre en cause les avantages fiscaux attendus.
Comment créer une SAS holding ?
La création d’une entreprise sous forme de SAS holding suit un processus structuré.
1. Rédiger les statuts et définir l’objet social
Les statuts sont le document fondateur de la SAS holding. Ils précisent notamment :
- La dénomination sociale ;
- Le siège social ;
- Le capital ;
- Les règles de gouvernance ;
- L’objet social (⚠️ suffisamment large pour accompagner l’évolution de la holding).
2. Constituer le capital social et choisir les associés
La SAS ne prévoit aucun capital social minimum légal. En pratique, un capital compris entre 1 000 € et 10 000 € est souvent recommandé afin de renforcer la crédibilité de la holding auprès des banques, des investisseurs et des partenaires.
Le capital social peut être constitué :
- D’apports en numéraire (à déposer sur un compte bancaire ouvert au nom de la société, avec attestation de dépôt de fonds à l’appui) ;
- D’apports en nature (titres de sociétés, matériel, fonds de commerce, etc.) ;
- Éventuellement d’apports en industrie si les statuts le prévoient.
La répartition du capital entre les associés mérite une réflexion approfondie dès la création de la holding, notamment au regard des objectifs de gouvernance, de transmission et des éventuels pactes d’actionnaires.
💡 Les associés peuvent être des personnes physiques (entrepreneurs, investisseurs) ou des personnes morales (autres sociétés).
3. Publier un avis de constitution dans un journal d’annonces légales
Avant l’immatriculation, la création de la SAS holding doit faire l’objet d’une publication dans un journal d’annonces légales (JAL) du département du siège social.
Cet avis informe les tiers de la création de la société et reprend les principales informations relatives à la holding : dénomination sociale, forme juridique, capital social, siège, objet social et identité du président.
4. Immatriculer la holding au RCS
L’immatriculation fait partie des étapes incontournables de toute création de structure. Le dossier doit être déposé sur le guichet unique des formalités des entreprises. Il comprend notamment :
- Les statuts signés ;
- L’attestation de dépôt du capital social ;
- La déclaration des bénéficiaires effectifs ;
- Les justificatifs et formulaires requis.
Une fois le dossier validé, la société est immatriculée au Registre du commerce et des sociétés (RCS) ainsi qu’au Registre national des entreprises (RNE).
La holding reçoit alors son numéro SIREN et son extrait Kbis, qui attestent officiellement de son existence juridique.
5. Apporter les titres de la filiale à la holding (apport-cession)
De nombreux entrepreneurs créent leur holding par apport de titres. Le principe est simple :
- L’associé apporte les actions qu’il détient dans sa société à la holding ;
- La holding devient actionnaire de la société opérationnelle ;
- L’associé reçoit des actions de la holding en échange.
L’opération peut générer une plus-value sur le plan fiscal. Dans de nombreux cas, son imposition est toutefois reportée grâce au mécanisme d’apport-cession, sous réserve de respecter les conditions prévues par la loi (article 150-0 B ter du CGI).
SAS holding ou SARL holding : laquelle choisir ?
Flexibilité des statuts et gouvernance : avantage SAS
La SAS offre une liberté statutaire très importante. Les associés définissent eux-mêmes les règles de vote, les catégories d’actions (ordinaires, de préférence, à droit de vote double) et les conditions d’entrée ou de sortie.
La SARL est quant à elle soumise à un cadre légal plus rigide : les quotes-parts de chacun et les droits de vote sont proportionnels aux parts sociales, et la modification des statuts nécessite des majorités qualifiées.
La SAS convient donc particulièrement aux :
- Groupes en développement (start-up par exemple) ;
- Projets avec investisseurs ;
- Montages financiers complexes.
Régime social du dirigeant : TNS vs assimilé salarié
En SAS, le président relève du régime assimilé salarié. Ses cotisations sont proches de celles d’un cadre, soit environ 80 % de brut pour une protection sociale forte.
En SARL, le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non-salariés (TNS) : ses cotisations sociales sont calculées sur ses revenus professionnels, ce qui représente environ 45 % des revenus nets. Sa protection sociale reste moins importante qu’en SAS.
Le choix dépend souvent de l’équilibre recherché entre protection sociale et coût des cotisations.
Tableau comparatif SAS / SARL / SCI pour une holding
| Critère | SAS Holding | SARL Holding | SCI Holding |
| Nombre d’associés | 1 ou plus | 1 ou plus | 2 minimum |
| Activité commerciale | Oui | Oui | Non |
| Souplesse statutaire | Très élevée | Moyenne | Moyenne |
| Régime du dirigeant | Assimilé salarié | TNS ou assimilé salarié selon les cas | Gérant |
| Entrée d’investisseurs | Très facile | Plus encadrée | Peu adaptée |
| Usage principal | Groupe de sociétés | Projet familial ou stable | Gestion patrimoniale |
Des questions sur la SAS holding ? Ou sur la création d’une holding en général ? Laissez-nous un commentaire, l’équipe d’Indy se charge de vous éclairer 😀
