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PTZ et investissement locatif : quelles sont les règles ?

En résumé

  • En principe, un prêt à taux zéro (PTZ) est réservé à l’achat d’une résidence principale et ne peut pas être utilisé pour financer un investissement locatif ;
  • Le logement financé par un PTZ doit être occupé par l’emprunteur pendant au moins 6 ans avant toute mise en location ;
  • Certaines situations exceptionnelles permettent de louer le bien avant ce délai, sous conditions strictes de loyer et de ressources du locataire ;
  • Le non-respect de ces règles expose à un remboursement anticipé de l’intégralité du capital emprunté ;
  • Pour un projet réellement locatif, mieux vaut se tourner vers un crédit immobilier classique et les dispositifs de défiscalisation dédiés à l’investissement locatif.

Vous souhaitez réaliser un investissement en LMNP ? La question de comment financer un tel projet se pose tout naturellement et avec elle, celle du prêt à taux zéro (PTZ). Ce prêt aidé, sans intérêts, séduit par son coût réduit, mais il obéit à des règles strictes qui ne semblent pas compatibles avec un projet locatif. Dans cet article, nous faisons le point sur ce que dit vraiment la loi : peut-on souscrire un PTZ pour louer un bien ? Dans quels cas et sous quelles conditions un logement PTZ peut-il finalement être mis en location ? Et quelles sont les alternatives de financement si votre objectif est bien de percevoir des loyers ?

PTZ et investissement locatif : quelles sont les règles ?

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Qu’est-ce qu’un PTZ ?

Le prêt à taux zéro (PTZ) est un prêt immobilier aidé dont les intérêts sont pris en charge par l’État. Son objectif est de faciliter l’accession à la propriété des ménages modestes ou intermédiaires qui achètent pour la première fois leur résidence principale.

Depuis le 1er avril 2025, il a été élargi aux logements neufs sur l’ensemble du territoire, alors qu’il était auparavant réservé à certaines zones géographiques pour ce type de bien. Le montant du PTZ n’est jamais forfaitaire. Il dépend de plusieurs critères qui se cumulent entre eux :

  • La zone géographique du bien (A, A bis, B1, B2 ou C), qui reflète la tension du marché immobilier local ;
  • Les revenus et la composition du foyer emprunteur ;
  • Le caractère neuf ou ancien du logement, sachant que l’ancien n’est éligible que sous condition de travaux importants et dans certaines zones ;
  • Le nombre de personnes destinées à occuper le logement.

À noter : le dispositif du PTZ est prolongé jusqu’au 31 décembre 2027.

Selon ces critères, le PTZ peut financer jusqu’à 50 % du coût total de l’opération dans les zones les plus tendues. Pour en bénéficier, vous devez notamment :

  • Ne pas avoir été propriétaire de votre résidence principale au cours des deux dernières années ;
  • Respecter des plafonds de ressources qui varient selon la zone géographique du bien et la composition de votre foyer.

Bon à savoir : le PTZ est un prêt complémentaire : il peut rarement financer à lui seul l’intégralité de l’acquisition et doit généralement s’accompagner d’un crédit immobilier classique, voire d’un prêt accession sociale (PAS) ou d’un prêt Action Logement.

Quelles sont les conditions pour bénéficier d’un PTZ ?

En plus de ne pas avoir été propriétaire de votre résidence principale au cours des deux dernières années et de respecter les plafonds de ressources, vous devez vous engager à faire du logement financé votre résidence principale pour bénéficier d’un PTZ.

C’est la règle centrale à retenir : le logement financé par un PTZ doit être occupé par l’emprunteur à titre de résidence principale pendant au moins 8 mois par an, et ce dès la première année suivant le déblocage des fonds. Cette obligation d’occupation dure 6 ans minimum.

Concrètement, cela signifie qu’un PTZ ne peut pas être utilisé pour financer directement un investissement locatif, même temporaire.

À retenir : cette obligation d’occupation concerne uniquement le PTZ classique. L’éco-PTZ, destiné au financement de travaux de rénovation énergétique, n’est pas concerné par cette règle mais le bien doit être mis en location dans les 6 mois à compter de la clôture du dossier éco-PTZ.

Cette règle n’interdit toutefois pas toute forme de location partielle. Tant que le logement reste votre résidence principale, vous pouvez louer une pièce clairement délimitée (une chambre d’au moins 9 m², par exemple), à condition d’en informer votre banque et de respecter les règles légales applicables à ce type de location.

Quand mettre en location un bien acquis avec un PTZ ?

PTZ obtenu avant 2016 : quelles règles ?

Si votre prêt à taux zéro a été accordé avant 2016, la mise en location meublée de votre logement est possible après 6 ans d’occupation, sous réserve de l’accord de votre banque. Avant ce délai, la location n’est envisageable que dans des situations exceptionnelles précisément encadrées :

  • Mobilité professionnelle ;
  • Divorce ou séparation ;
  • Chômage de plus d’un an ;
  • Invalidité ;
  • Retraite proche.

Attention, il est interdit de proposer une location meublée pendant les 6 premières années suivant l’obtention d’un PTZ (Prêt à Taux Zéro).

PTZ obtenu depuis 2016 : quelles règles ?

Pour les PTZ accordés depuis 2016, le principe reste le même : la mise en location dans les 6 années suivant le versement du prêt n’est autorisée que si vous vous trouvez dans l’une des situations exceptionnelles prévues par les textes. Passé ce délai de 6 ans, la location devient libre, sans condition particulière à respecter.

Exemple
Vous avez obtenu votre prêt en 2022 pour l’achat de votre résidence principale. En 2025, votre employeur vous propose un poste situé à 90 km de votre logement. Vous pouvez alors mettre ce dernier en location, à condition de respecter les plafonds de loyer et de ressources applicables, et sans dépasser une durée totale de location de 6 ans.

Quelles sont les conditions pour louer un bien financé avec un PTZ ?

Même lorsque votre situation vous autorise à louer votre bien avant 6 ans, plusieurs conditions cumulatives s’imposent :

  • Le loyer ne doit pas dépasser les plafonds fixés pour le logement locatif social (type PLS : Prêt Locatif Social) ;
  • Le locataire doit justifier de ressources elles aussi plafonnées ;
  • La durée totale de location ne peut excéder 6 ans.

Avant toute mise en location, même temporaire, vous devez impérativement en informer votre banque. C’est une obligation, que la location intervienne avant ou après le délai de 6 ans pour les prêts obtenus avant 2016.

Dans les deux cas, pour un prêt avant ou après 2016, une fois ce dernier remboursé, vous pouvez alors mettre votre logement en location librement, sans plafond de loyer ni condition de ressources sur le locataire, comme pour n’importe quel bien immobilier classique.

 

Que risque-t-on en cas de non-respect des règles du PTZ et l’investissement locatif ?

Si vous mettez votre logement en location en dehors des cas autorisés, ou si vous ne respectez pas les conditions de plafonnement imposées, vous vous exposez à une sanction lourde : la banque peut exiger le remboursement anticipé de l’intégralité du capital du PTZ. Vous perdez alors le bénéfice de ce financement à taux zéro, ce qui alourdit d’un coup le coût global de votre projet.

Au-delà du risque de remboursement anticipé, le simple fait de ne pas signaler une mise en location à votre établissement bancaire constitue déjà un manquement à vos engagements contractuels.

Si vous percevez des APL (aides personnelles au logement) de vos locataires, cette mise en location doit également être signalée à votre CAF (Caisse d’allocations familiales).

À retenir : en cas de doute sur votre situation, mieux vaut solliciter votre banque en amont plutôt que de risquer une régularisation a posteriori, souvent plus coûteuse.

Quelles sont les autres solutions de financement pour un investissement locatif ?

L’éco-PTZ et l’investissement locatif

Contrairement au PTZ classique, l’éco-PTZ n’est pas réservé à l’achat d’une résidence principale : il peut financer des travaux de rénovation énergétique sur un bien destiné à la location (ici).

Ce prêt sans intérêt, garanti par l’État, peut atteindre jusqu’à 50 000 €, remboursables sur 20 ans, sans aucune condition de ressources. Il est cumulable avec MaPrimeRénov’ et prolongé jusqu’au 31 décembre 2027.

Seule contrainte à anticiper : le logement doit être mis en location dans les 6 mois suivant la clôture du dossier éco-PTZ, ce qui implique de coordonner dès le départ la recherche de locataire avec le calendrier du chantier.

Le crédit immobilier classique et l’effet de levier

Pour un projet réellement locatif, le crédit immobilier classique reste la solution de financement la plus adaptée. Il permet de profiter pleinement de l’effet de levier : vous investissez avec de l’argent emprunté, et ce sont en grande partie les loyers perçus qui remboursent les mensualités. Contrairement au PTZ, ce type de crédit n’impose aucune obligation d’occupation personnelle du bien.

Passer par un courtier pour un investissement locatif peut faire toute la différence : il compare les offres de plusieurs banques, négocie le taux et l’assurance emprunteur, et connaît les établissements les plus ouverts aux dossiers d’investisseurs locatifs, souvent plus exigeants que ceux d’une simple résidence principale.

L’apport personnel et l’autofinancement

Un apport personnel d’environ 10 % du prix d’achat hors frais de notaire reste généralement attendu par les banques pour un investissement locatif. L’objectif recherché est souvent l’autofinancement : que les loyers perçus couvrent l’intégralité des mensualités de crédit et des charges liées au bien, sans effort d’épargne supplémentaire de votre part.

Pour constituer un dossier de banque solide pour un investissement locatif, misez sur des revenus stables, un taux d’endettement maîtrisé et une épargne de précaution suffisante : ce sont ces trois éléments, bien plus que le seul montant de l’apport, qui rassurent réellement l’établissement prêteur. Un bien situé dans un secteur à la demande locative avérée renforce également la solidité du dossier.

Les dispositifs fiscaux dédiés (Denormandie, Loc’Avantages, déficit foncier)

Plusieurs dispositifs permettent d’alléger la fiscalité d’un investissement locatif, sans passer par le PTZ :

  • La loi Denormandie offre une réduction d’impôt pouvant aller jusqu’à 21 % du coût total de l’opération (prix d’achat + frais de notaire + travaux), dans la limite de 300 000 € pour l’achat d’un logement ancien avec travaux, sous conditions de zone et de durée de location ;
  • Loc’Avantages récompense les propriétaires qui pratiquent un loyer modéré par une réduction d’impôt pouvant atteindre 65 % des revenus bruts du logement ;
  • Le mécanisme du déficit foncier permet de déduire les charges et travaux des revenus fonciers pour les locations non meublées, dans la limite de 10 700 € imputables sur le revenu global chaque année.

Ces dispositifs sont bien plus adaptés qu’un PTZ à un projet dont l’objectif premier est de percevoir des revenus locatifs.

Vous souhaitez en savoir plus sur le statut de LMNP ? Sur l’achat d’un bien LMNP ou sa fiscalité ? Consultez nos articles dédiés et posez vos questions en commentaire.

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Questions fréquentes

Puis-je financer un investissement locatif avec un PTZ ?

Non, le PTZ est exclusivement réservé à l'achat d'une résidence principale. Vous ne pouvez pas le solliciter directement pour financer un bien destiné à la location.

À partir de quand puis-je mettre mon logement acquis avec un PTZ en location ?

En principe, vous devez attendre 6 ans à compter du versement du prêt avant de pouvoir louer librement votre logement. Une mise en location anticipée reste possible dans des situations exceptionnelles précises (mobilité professionnelle, divorce, invalidité, retraite proche), sous conditions de loyer et de ressources du locataire.

Quel apport prévoir pour un investissement locatif ?

Comptez généralement environ 10 % du prix d'achat hors frais de notaire comme apport minimum pour un investissement locatif financé par un crédit classique. Les frais de notaire, qui représentent 2 à 3 % dans le neuf et 7 à 8 % dans l'ancien, restent en principe à votre charge en complément.

Que risque-t-on si l'on loue un bien PTZ sans respecter les conditions ?

Une mise en location non conforme aux règles du PTZ expose à un remboursement anticipé de l'intégralité du capital emprunté. La banque doit par ailleurs être informée avant toute mise en location, même dans les situations autorisées.

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